Live d’Algérie avec Abdou Semmar : L’histoire de Mohamed Lamine Bousteila, fils du défunt général-major Ahmed Bousteila, ancien patron de la Gendarmerie Algérienne de 2000 jusqu'à 2015, illustre parfaitement les contradictions d’une relation diplomatique complexe et tumultueuse entre Paris et Alger. Sous le coup de multiples mandats d’arrêt internationaux émis par la justice algérienne depuis août 2019, pour des accusations de corruption, blanchiment d’argent, transferts illicites et enrichissement illégal, Bousteila a échappé à l’extradition grâce à la justice française. En 2022, cette dernière jugeait les garanties de respect des droits humains insuffisantes s’il était remis aux autorités d’Alger. Cependant, cette protection a pris un tournant paradoxal. Bousteila, autrefois un privilégié du « système » algérien, a dû plaider la persécution politique pour éviter d’être livré à la justice algérienne. En 2024, la France décide de changer de posture. Le ministère de l’Intérieur français a émis une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) contre Bousteila, invoquant cette fois des risques pour la sécurité publique. La DGSI suspecte ses activités de nuire gravement à l’ordre public. En restant en France, Mohamed Lamine Bousteila bénéficiait jusque-là d’un statut
ambigu. Les juges, en 2022, l’avaient mis à l’abri d’un transfert vers l’Algérie au nom des droits humains. Deux ans plus tard, les autorités françaises brandissent le prétexte sécuritaire pour l’expulser vers on ne sait trop quel pays, ouvrant la porte à d’éventuelles manipulations diplomatiques : un rapatriement déguisé vers Alger, voire l’incertitude d’un transit par un autre État qui ne garantirait aucune protection. D’aucuns se demandent si Paris ne cherche pas simplement à se décharger d’un dossier encombrant, évitant d’éventuelles nouvelles frictions avec un régime algérien soucieux de récupérer un homme qui aurait vécu si longtemps dans les arcanes d’un
système politico-financier. D’autres s’inquiètent du risque que Bousteila, fils, en posture délicate, ne révèle des secrets troublants sur des circuits de corruption où se mêlent capitaux, haut-gradés et lobbys internationaux. Alors que l’on croyait l’affaire en veille, le 23 juin 2024, soit quelques semaines après le camouflet infligé par Bousteila au régime Algérien devant Interpole qui lui a
accordé l’effacement d’une de ses notices rouges jugeant la démarche de la justice
algérienne « arbitraire... », Voilà que le Pôle Pénal Économique de Sidi M’hamed relance la traque. Plusieurs suspects (huit personnes) ont été présentés devant le Parquet, et un nouveau mandat d’arrêt aurait été confirmé à l’encontre d’un principal accusé... dont seul Algérie Part révèle le nom : Mohamed Lamine Bousteila. Selon les informations de ce communiqué officiel, les autorités algériennes n’ont pas abandonné le dossier et tentent, par des moyens renouvelés, de poursuivre l’intéressé malgré son exil et la protection relative de la justice française. Ce développement montre que l’affaire ne se limite pas aux faits de 2019 : il s’agit d’un réseau criminel plus vaste, mis en lumière par les arrestations de complices dans l’administration algérienne mais aussi avec la complicité de la banque Société Générale Algérie qui est accusée de complicité d’évasion de capitaux et de blanchiment d’argent.
Un nouveau rebondissement : Les autorités judiciaires algériennes franchissent un
cap : elles ordonnent la saisie de plusieurs actifs liés à Bousteila, notamment :
• 300 hectares de terres agricoles à El Meniaa,
• Les sociétés Mars Logistique et Fennec Logistique,
• Les participations dans Abdi Ibrahim Remed Pharma et Arkas Algérie,
• Une villa et un local commercial situés à Alger,
• Et des comptes bancaires ouverts auprès de la Société Générale
Algérie.