Un appel à projets pour résoudre les problèmes climatiques dans la Vallée de Villé, déjà quelles sont les problématiques à l'origine ? Que ce soit en terme d'agriculture, de
réchauffement climatique, d'assèchement des sols et des cours d'eau… Il y a différentes problématiques en fonction des zones géographiques de la vallée ?
Thierry Frolicher : Alors oui, c'est vrai qu’effectivement, je dirais, avec les grosses périodes de sécheresse qu'on a connues ces dernières années, on a constaté un certain nombre de points qui vont dans le sens effectivement du changement climatique. C'est notamment une pluviométrie effectivement je dirais qui reste régulière sur le territoire mais avec effectivement je dirais ce qu'on appelle des « coups d’eau »,
c'est-à-dire des grandes quantités d'eau d'un coup puis des périodes sèches et de nouveau des grandes quantités d'eau.
Un dépérissement des forêts avec ce manque d’eau, ce sont surtout les résineux qui sont touchés, avec en l’impact des scolytes sur ces arbres qui font effectivement mourir un certain nombre de secteurs.
Les prairies qui souffrent énormément aussi. En forte chaleur les prairies grillent et les éleveurs manquent de fourrage pour leurs animaux. Cette année c'est assez exceptionnel, il a beaucoup plus, mais les années précédentes c’était assez récurrent, y compris des périodes de sécheresse assez longues juste qu’en automne.
Autre volet qui est surtout important aussi c'est les débits des ruisseaux, et derrière, on a des étiages, c'est à dire des niveaux d'eau qui sont de plus en plus bas. Et pour terminer des espaces minéralisés qui sont de plus en plus suffocants.
Le problème étant qu’il y a beaucoup d’agriculture, beaucoup d'élevage surtout et de la sylviculture dans la vallée. S'il y a de l'eau, c'est bien. S’il y a trop d’eau d'un seul coup ce n’est pas bon non plus.
T.F. : Alors les grosses quantité d'eau sur l'agriculture, ici, c'est essentiellement de l'herbe puisqu’on a beaucoup d'élevages. Alors c'est vrai que s'il y a trop de quantité d'eau pendant les périodes de fenaisons il y a des difficultés pour récolter les fourrages et ça altère aussi la qualité des fourrages.
Mais c'est aussi dans les cours d'eau avec des impacts d’inondations, d'érosion de berges qui sont plus atténués quand on a de la pluviométrie régulière dans le temps et pas des grosses quantités d'eau d'un coup.
Quelles sont les solutions que vous avez repérées ? Est-ce que c'est des solutions qui qui vont se faire en concertation avec les professionnels du monde agricole, les professionnels des forêts, les professionnels environnementaux ? Ça va être quelque chose en concertation avec tout le monde pour trouver ces différentes solutions ou
alors c'est une solution plus globale au niveau de la vallée pour essayer de combattre ce réchauffement climatique ?
T.F. : La Communauté de Communes la Vallée de Villé mène depuis un certain nombre d'années plusieurs actions en faveur de l'environnement et la préservation de ses paysages et qui ont des impacts sur les changements climatiques. Je pense à toutes les interventions qui ont été faites sur les cours d'eau sur les sources pour améliorer
les captages. Egalement, la sensibilisation des élèves, à l'éducation à l'environnement et d'aller leur faire découvrir leur territoire. Et surtout, on se rend compte avec chacun des professionnels les difficultés qu'il rencontre.
Et l'objectif par rapport à ça, c'est d'avoir répondu à un appel à projet « changement climatique », mis en place par la région. On va travailler sur trois niveaux. Un premier niveau qui est un diagnostic des quantités d'eau utilisées. Tant pour les communes, parce que là ça consomme aussi pour les fleurs, le fleurissement, en été, que dans le monde agricole, qu’au niveau des industriels. Qu'on ait déjà une base solide pour savoir quelles sont les quantités d'eau. Et à partir de ce diagnostic de mettre en place un certain nombre d'expérimentations qui pourront vérifier, permettre de vérifier, si on
arrive à changer de mode d'utilisation de cette eau de pluie.
L’idée aussi derrière ça c'est que ces expérimentations doivent permettre de démultiplier les actions sur le sur le territoire. Quelques exemples : en matière de réduction d'eau sur les communes, un travail sur le changement de style de plantes, de style de fleurs, moins consommatrices en eau.
Sur les systèmes de paillage, d'améliorer les paillages. Sur la mise en place
de container, de cuve, pour la récolte des eaux de pluie au lieu de se brancher
sur les hydrants.
En matière déménagement c'est, par exemple, de faire plus de parkings végétalisés plutôt que minéralisés. Ça permet d'une part, de faire moins d’ilots de chaleur et d’autre part, ça permet aussi d’absorber beaucoup plus d’eau en un temps réel pour que ça reparte directement sur les rivières.
Dans le domaine agricole, on travaillerait sur trois niveaux. Le premier c'est la récupération des eaux de pluie au sein de l'exploitation à partir des toits des bâtiments. L’eau de pluie pour faire l’abreuvement, à voir si ça tient la route. Pour nettoyer les locaux, notamment les salles de traite et autres et puis les locaux de transformation.