Au Burkina Faso, les petites et moyennes entreprises veulent donner un nouveau souffle à leurs développements. Face au retard dans le paiement des factures, aux difficultés d'accès aux prêts bancaires et à certains marchés publics, la confédération des petites et moyennes entreprises milite pour la mise en oeuvre d'une charte adoptée en avril 2018. Une charte qui offrira de nouvelles perspectives aux entreprises.
Même si leur contribution à l'économie nationale est estimée à environ 90 %, les petites et moyennes entreprises traversent des difficultés. Des problèmes, qui, selon Alassane Kouanda, le président de la confédération générale des PME, sont de plusieurs ordres.
« Quand vous avez une saison agricole qui n'a pas été bonne, quand vous avez des factures en attente de paiement, quand il y a des situations (politiques NDLR) telle que l'insurrection, quand vous n'êtes pas sûr de pouvoir transporter des marchandises jusqu'à Fada ou Niadabou à cause des engins explosifs, il est clair qu'il y a un ralentissement de l'activité économique. »
Dans la région du centre-ouest, comme partout ailleurs dans le pays, certaines petites et moyennes entreprises sont toujours en attente du règlement de leurs factures, après l'exécution des travaux. Et cela depuis bientôt 2, 3 voir 5 ans selon Issaka Rouamba, responsable de la coordination régionale du centre ouest de CGE PME.
« J'interpelle le gouvernement pour qu'il règle ces problèmes qui bloquent les petites et moyennes entreprises. »
En avril 2018, les responsables des PME, la Chambre de commerce et d'industrie, le Conseil national du patronat burkinabé et le ministère du Commerce ont signé une charte des PME. Un document qui devrait permettre aux petites et moyennes entreprises d'accéder aux financements sans grandes difficultés.
Pierre Yameogo, président de la Fédération nationale des artisans du Burkina :
« Par rapport au financement, nous demandons un accompagnement auprès des institutions financières qui exigent des garanties, ce qui n'est pas facile pour les artisans par exemple. »
Cette charte a également pour but de déterminer le cadre institutionnel de promotion des PME, de définir les avantages et les mesures de soutien à accorder aux PME des sa mise oeuvre.
Thomas Baguemzanré, secrétaire général de la confédération générale des PME :« Des avantages fiscaux, des avantages en matière d'investissements. Et même au niveau de la sous-traitante, il y a des dispositions qui devraient favoriser la sous-traitance des grandes entreprises vers les PME. »
La mise en oeuvre de cette charte est subordonnée à l'élaboration et à l'adoption d'un plan pluriannuel qui se fait toujours attendre.