Au salon international des professionnels du tourisme de Paris, l’IFTM Top Resa, qui se tient du 25 au 28 septembre, les pays africains les plus visités, comme l’Ile Maurice, le Maroc ou la Tunisie ont réservé de très grands stands, contrairement à des pays comme le Togo, le Sierra Leone ou la Tanzanie. Mais certains de ces pays de faible fréquentation ont pourtant un potentiel. Posséder des richesses touristiques ne suffit pas à attirer les voyageurs ; il faut une volonté politique et l’implication d’opérateurs privés.
Certaines destinations africaines sont promues par des agences privées. L’agence Akilanga travaille pour l’Afrique australe et depuis peu la Tanzanie et le Rwanda, dans l’est du continent. Elle met en avant cette année le Kwa Zulu Natal en Afrique du Sud. « On est réceptif sur le marché francophone, donc ça nous permet d’avoir une vitrine, de rencontrer nos clients et aussi des prospects, des agences de voyages ou des tours opérateurs qui ne connaîtraient pas encore nos services et qui peuvent faire appel à nous », explique Marion Girard de l’agence Akilanga.
Des touristes qu’il faut transporter. Dans un pays comme Madagascar avec un réseau routier en très mauvais état, les liaisons aériennes s’avèrent indispensables. La Compagnie publique de la Grande Île, qui vient d’ouvrir son capital à Air Austral, a créé une filiale exclusivement dédiée aux liaisons intérieures. « Tsaradia, c’est le nom de la nouvelle compagnie, est très réactive face à la demande du client », déclare Rolland Besoa Razafimaharo, directeur général d’Air Madagascar. « Elle a été lancée officiellement le 2 juillet. On a transporté pour les 3 premiers jours d’exploitation environ 90 000 personnes, ce qui est quand même dans la ligne de nos objectifs. »
Prédominance du tourisme d’affaires
Avec 230 000 personnes l’année dernière, la fréquentation du Tchad a doublé en 5 ans ; mais il s’agit principalement des touristes d’affaires. Le Tchad participe pour la 2e fois au salon Top Resa, la première fois c’était en 2015. Selon Fadoul Hamit Mouctar, coordonnateur adjoint de l’Office tchadien du tourisme, ce salon peut permettre de « changer l’image du Tchad qui est évidemment connue sur le plan international de manière négative. Nous sommes là également pour d’autres potentiels pays émetteurs de touristes, qui peuvent éventuellement constituer pour nous un potentiel à exploiter dans le futur. » Le Tchad a l’ambition d’attirer, à court terme, 500 000 touristes par an.
Ouverture au tourisme de masse
Le tourisme de niche domine dans la plupart des pays africains. Certains d’entre eux ont un potentiel touristique important, mais ne connaissent encore qu’une faible fréquentation. Le défi d’un pays comme le Maroc est en revanche de consolider les acquis et de progresser encore plus.
La majorité de ses visiteurs sont Européens, mais de nouveaux marchés se développent, selon Adel El Fakir, directeur de l’Office marocain du tourisme. « Depuis quelque temps, nous avons un bureau qui est ouvert sur Dakar et nous travaillons sur des destinations directes [de la compagnie Royal Air Maroc] avec le Gabon, la Côte d’Ivoire et d’autres pays », détaille-t-il. « L’autre marché qui est le plus en croissance, c’est le marché chinois. Nous allons terminer l’année à 200 000 voyageurs (Chinois), sachant qu’il y a 3-4 ans, il n’en y avait que 15 000. »
Plus de 11 millions de personnes se sont rendues au Maroc en 2017, soit une hausse de 9 % par rapport à l’année précédente.