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Or


Dans le cadre de ce podcast intitulé JURIDIQUEMENT VÔTRE, j’ai consacré trois épisodes déjà à la question constitutionnelle où je m’interrogeais sur le rapport entre la Constitution et nous. Ces épisodes étaient censés constituer en quelque sorte le socle sur lequel nous devions prendre appui pour aborder des points ou des problèmes constitutionnels spécifiques.
Ce que je vous propose aujourd’hui n'est pas cette suite, mais plutôt le bonus de nos 3 épisodes, une sorte d’élément de consolidation de notre socle.
Il consiste dans une intervention que j’ai faite récemment à l’occasion d’une table ronde organisée par une association de jeunes étudiants africains en France, l’Association Marifaa Assas, qui avait pour thème général « l’étude comparée des systèmes juridiques africains et français ». Le sujet de mon intervention était le « Constitutionnalisme africain et les réalités africaines ».
J’ai jugé que la teneur de mes réflexions d’alors sur ce sujet, pouvait utilement éclairer ce que nous avons vu auparavant.
Je vous livre donc ces réflexions, dans la forme où je les avais exprimées.
Bonne écoute.
Pr Akandji K*
Le terrain qui commande : pour dire : « mettez donc un peu en veilleuse vos principes », « épargnez-nous vos valeurs », « de grâce, oubliez un peu votre Constitution » ; bref, pour nous faire entendre que face à ce qu’ils appellent « le terrain », il n’y a ni valeurs de gouvernance ni Constitution qui vaillent ; qu'il ne devrait demeurer que notre silence et notre soumission... Comment se résoudre à cela ?
Avec ce troisième volet, il s’agit de souligner combien tout cela ne sert à rien si la Constitution n’est en définitive que le chiffon de papier que nous connaissons dans nombre de nos pays ; si elle est violée à tout bout de champ et impunément. Garantir l’application effective de nos Constitutions, en sanctionner les violations, voilà donc un enjeu central de nos systèmes juridico-politiques. C’est d’ailleurs sur cette garantie que va se jouer pour l’essentiel la crédibilité de ces systèmes, en tant qu’ordres démocratiques respectueux du droit en général, et des droits fondamentaux des personnes en particulier.
Une réflexion sur le contenu des Constitutions, qui propose de tirer la conséquence nécessaire de la conception de la Constitution comme expression de la volonté du Peuple, et qui décrypte les processus contraires de déconnexion des Lois fondamentales des sociétés et des peuples qu'elles ont vocation à régir...
Où il est question des procédures constituantes et des conditions pour qu'elles permettent de refléter au mieux la volonté du peuple souverain.
Le podcast est articulé autour de 3 propositions :
Pr Akandji K.
depuis plusieurs jours, parce qu’elle s’est exprimée devant le Conseil de sécurité et que la Ministre des Affaires Étrangères n’a pas pu le faire, notre compatriote Kessy Ekomo est traitée de tous les noms, et reçoit toutes les vomissures. « Elle n’aurait pas qualité pour représenter les Centrafricains ». Voilà ce qu’on dit d’elle. Et d’ailleurs, ajoute-t-on, cette "seulement consultante de la MINUSCA", serait une « traitresse » et ne serait même pas Centrafricaine, mais camerounaise ». Comme on le voit, une campagne de déni de Centrafricanité !
Comment de telles inepties ont-elles pu être prononcées, et comment ont-elles pu être relayées ? La réponse est : par ignorance crasse et par mépris pour les Centrafricains. Les choses se doivent d'être rétablies
Akandji K.
À PROPOS DE LA FORMULE POLITIQUE : "LE POUVOIR VIENT DE DIEU"
"Quand ils viennent chercher votre vote, ils vous servent du « peuple souverain » ; c’est le cas aussi quand vous êtes d’accord avec la politique qu’ils mènent : vous aurez alors droit à participer à la fête au rythme de « Vive le peuple souverain » !
Présentation de la série « Bê Africa Ti Mbi Na Mo – Centrafrique au cœur ».
Une série podcast proposée par Jean-François Akandji-Kombé pour échanger librement des sentiments, des analyses et des convictions concernant la République Centrafricaine. En partant du principe que nous, Centrafricains, ne sommes pas frappés par la fatalité ; que notre pays n’est pas condamné à produire le pire : les guerres, les massacres, l’arbitraire, la corruption, le mépris de l’être humain, la médiocrité, et j’en passe. En partant aussi du principe que nous, filles et fils de Centrafrique, nous avons les mêmes droits que les autres dans leur pays et à l’égard de leur pays : le droit à la paix, le droit de nous gouverner nous-mêmes, le droit à la liberté et à la dignité, le droit à l’épanouissement et, pour tout dire, le droit au bonheur. En partant, enfin, du principe que notre pays est capable de cette "révolution", qu’il est capable de produire le meilleur pour ses filles et pour ses fils ; mais aussi qu’il est capable de le faire avec ses filles et ses fils, qui sont sa première ressource, son premier gisement, un gisement de talents multiples jusqu’à présent ignorés.
Dans ce podcast, il sera question de tout ce qui touche ou qui peut toucher à la vie des citoyens centrafricains, de la politique aux enjeux sociaux en passant par l'économie, les arts, la culture, etc. Les langues utilisées seront le français et le sango, langue nationale de la République Centrafricaine.
Je m’exprimerai souvent seul, au début en tout cas. Mais l’objectif est aussi de vous donner progressivement, et de plus en plus la parole aux Centrafricains et amis de la RCA.
Bienvenue dans « Bê Africa Ti Mbi Na Mo – Centrafrique au cœur ».
Akandji K.
"Non, décidément non, nous ne sommes pas, et nous ne pouvons pas être considérés comme étrangers à la politique dans notre pays ; parce que la politique est exercice d’un pouvoir qui nous appartient ;
Parce qu’aussi et fondamentalement, notre appellation de citoyenne et de citoyen l’interdit, y compris à nous-mêmes ; car « citoyen » c’est précisément un statut … politique. Il nous désigne comme membre d’une communauté politique. Autrement dit, en tant que citoyens, nous sommes donc résolument politiques, détenteurs ultimes du pouvoir, et censeurs de son mauvais exercice, et ceci pas seulement au moment furtif des élections !
A nous de l’assumer, et à nous de le rappeler à nos gouvernants !
Faute de quoi nous mériterions bien cette sentence des anciens, lumineusement consignée par le penseur de la Grèce antique Thucydide : « Un homme ne se mêlant pas de politique mérite de passer, non pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile ». J’ajouterai même : pour un citoyen démissionnaire".
Citoyen Akandji K.
Adoptée en 1236 par une Assemblée constituante à la suite de la grande bataille de Kirina, décisive dans la constitution de l'Empire du Mali, et édictée la même année par Soundiata Keita, le Charte de Kurukan Fuga est au fondement de l’Empire du Mali. Acte constitutionnel au sens fort, c'est-à-dire Loi fondamentale gouvernant non seulement la société politique, mais aussi les relations sociales globales, ce texte contient par ailleurs l'une des premières Déclarations de droits connues de par le monde, après certes la Grande Charte - Magna Carta - anglaise (1215), mais avant, bien avant la Déclaration américaine des droits de l'homme (1776) ou encore la Déclaration française des droits de l'homme et du citoyen (1789).
On ne peut qu'être frappé par la modernité d'un document aussi ancien, qui impose d'ailleurs de revisiter un certain nombre d'idées reçues (disséminées aussi de l'intérieur du Continent), à tout le moins, quant au rapport de l'Afrique à la Constitution, aux droits de l'homme ou droits humains, ainsi qu'à la modernité politique et juridique. J'ai bien dit "à tout le moins" car la relecture de l'histoire des institutions et des peuples à laquelle ce document invite pourrait bien être plus globale, et toucher à certaines primautés actuellement solidement établies, ne serait-ce que les primautés d'idées.
Mais, trève de commentaires ! Place à la Charte de Kurukan Fuga.
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