Cycle de webinaires "Approches computationnelles du monde chinois" organisé par Cécile Armand (CNRS)
Approches Computationnelles du Monde Chinois (ACMC)
Réexaminer la “localisation” des sciences sociales en Chine : apport critique de l’analyse des correspondances multiples
Dans le champ des sciences sociales, des chercheurs notamment en Chine et aux États-Unis, promeuvent l'idée que les sciences sociales computationnelles révolutionneront nos approches et notre compréhension des sociétés contemporaines. Ces discours omettent souvent de rappeler qu'un certain nombre de ces méthodes, comme l'analyse des correspondances multiples (aujourd'hui assimilée à la famille des méthodes de « Machine Learning ») ou l'analyse des réseaux sociaux, sont employées de manière heuristique depuis les années 1960. Rendues plus accessibles par le développement de logiciels open source tels que R et Python, ces méthodes demeurent des « outils » potentiellement utiles aux spécialistes de la Chine.
Lors de cette séance, nous montrons comment l'analyse des correspondances multiples et les méthodes associées permettent de remettre en cause l'idée défendue par Li Junpeng. Selon lui, les opinions des enseignants-chercheurs sur la « localisation » des sciences sociales dépendraient de la structure et du volume de leurs capitaux académiques et politiques. Nous démontrerons plus précisément que, s'il existe des affinités électives entre une réputation établie via une carrière internationale et l'idée que la « localisation » est un « pseudo-débat », ou entre un faible capital académique et la volonté de « remettre en cause l'hégémonie occidentale » par le développement d'une science sociale indigène, il n'existe pas d'homologie structurale entre les positions dans l'espace académique et les prises de position sur la « localisation » des sciences sociales.
Durée: 00:56:38