
Sign up to save your podcasts
Or


Un nouveau locataire au 10 Downing Street. Le nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham, a pris ses fonctions ce lundi, après un entretien protocolaire avec le roi Charles III. Le successeur de Keir Starmer promet de réformer le Royaume-Uni et se projette déjà sur les 10 prochaines années. Avec un mot d’ordre : traiter la question sociale. Et une méthode : la décentralisation, en écho à son expérience d’élu de terrain à la tête du Grand Manchester. 10 ans après le vote du Brexit, ce travailliste de 56 ans peut-il stabiliser, enfin, le Royaume-Uni ? Quelles seront ses marges de manœuvre dans un pays décrit comme de plus en plus fracturé ?
Seulement deux ans après avoir été élu Premier ministre avec une large majorité des voix, Keir Starmer laisse sa place. À l'époque, Thibaud Harrois, maître de conférences en civilisation britannique contemporaine à l’université Sorbonne-Nouvelle, rappelle que son élection reposait beaucoup sur le mode de scrutin qui favorise les partis les plus importants, mais aussi sur l'impopularité de la population vis-à-vis des conservateurs. Selon lui, ce vote était "surtout un vote contre les conservateurs au pouvoir". Au-delà de promesses non tenues et de son implication dans l'affaire Epstein, Nicolas Jara-Joly, doctorant en science politique et en études anglophones à Panthéon-Sorbonne et Paris-Nanterre, affirme que sa chute fait partie intégrante de l'instabilité politique qui règne depuis 2016, faute de gouvernement stable. L'arrivée d'Andy Burnham au gouvernement fait ainsi l'effet d'une "deuxième chance" pour la gauche selon Nicolas Jara-Joly face à l'extrême droite. Néanmoins, pour Thibaud Harrois, il faut garder à l'esprit les divisions internes au Parti travailliste, avant de s'interroger : "Est-ce qu'il ne faut pas mieux avoir ses opposants à l'intérieur du parti [...] pour éventuellement renouer avec cette idée d'un parti qui embrasse largement ?"
La décentralisation et la nationalisation sont les mots d'ordre de la campagne d'Andy Burnham, qu'il regroupe sous l'expression de "manchestérisme". Cette expression tend à dissoudre le principe de nationalisation, tabou au Royaume-Uni et cela même au sein du Parti travailliste, rappelle Nicolas Jara-Joly. Sorti de la politique nationale, Andy Burnham devient en effet maire de Manchester pendant 10 ans, une ville particulièrement touchée par la désindustrialisation sous Margaret Thatcher. Il contribue au développement du Grand Manchester qui accorde davantage de pouvoirs aux régions - comme ça a pu être le cas en Écosse, ou encore au Pays de Galles - pour "définir des politiques qui leur étaient propres" et ne plus subir de politiques décidées par le gouvernement de Londres ou par la Chambre des communes. Selon Thibaud Harrois, il tire ainsi profit de cette expérience pour proposer un projet politique qui "redynamise des régions qui en ont besoin", notamment en matière de santé et de transport.
By Un nouveau locataire au 10 Downing Street. Le nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham, a pris ses fonctions ce lundi, après un entretien protocolaire avec le roi Charles III. Le successeur de Keir Starmer promet de réformer le Royaume-Uni et se projette déjà sur les 10 prochaines années. Avec un mot d’ordre : traiter la question sociale. Et une méthode : la décentralisation, en écho à son expérience d’élu de terrain à la tête du Grand Manchester. 10 ans après le vote du Brexit, ce travailliste de 56 ans peut-il stabiliser, enfin, le Royaume-Uni ? Quelles seront ses marges de manœuvre dans un pays décrit comme de plus en plus fracturé ?
Seulement deux ans après avoir été élu Premier ministre avec une large majorité des voix, Keir Starmer laisse sa place. À l'époque, Thibaud Harrois, maître de conférences en civilisation britannique contemporaine à l’université Sorbonne-Nouvelle, rappelle que son élection reposait beaucoup sur le mode de scrutin qui favorise les partis les plus importants, mais aussi sur l'impopularité de la population vis-à-vis des conservateurs. Selon lui, ce vote était "surtout un vote contre les conservateurs au pouvoir". Au-delà de promesses non tenues et de son implication dans l'affaire Epstein, Nicolas Jara-Joly, doctorant en science politique et en études anglophones à Panthéon-Sorbonne et Paris-Nanterre, affirme que sa chute fait partie intégrante de l'instabilité politique qui règne depuis 2016, faute de gouvernement stable. L'arrivée d'Andy Burnham au gouvernement fait ainsi l'effet d'une "deuxième chance" pour la gauche selon Nicolas Jara-Joly face à l'extrême droite. Néanmoins, pour Thibaud Harrois, il faut garder à l'esprit les divisions internes au Parti travailliste, avant de s'interroger : "Est-ce qu'il ne faut pas mieux avoir ses opposants à l'intérieur du parti [...] pour éventuellement renouer avec cette idée d'un parti qui embrasse largement ?"
La décentralisation et la nationalisation sont les mots d'ordre de la campagne d'Andy Burnham, qu'il regroupe sous l'expression de "manchestérisme". Cette expression tend à dissoudre le principe de nationalisation, tabou au Royaume-Uni et cela même au sein du Parti travailliste, rappelle Nicolas Jara-Joly. Sorti de la politique nationale, Andy Burnham devient en effet maire de Manchester pendant 10 ans, une ville particulièrement touchée par la désindustrialisation sous Margaret Thatcher. Il contribue au développement du Grand Manchester qui accorde davantage de pouvoirs aux régions - comme ça a pu être le cas en Écosse, ou encore au Pays de Galles - pour "définir des politiques qui leur étaient propres" et ne plus subir de politiques décidées par le gouvernement de Londres ou par la Chambre des communes. Selon Thibaud Harrois, il tire ainsi profit de cette expérience pour proposer un projet politique qui "redynamise des régions qui en ont besoin", notamment en matière de santé et de transport.