Observation participante et subjectivité de l’anthropologue Après avoir donné la définition de l’observation participante et discuté de sa mise en pratique actuelle de nos jours, nous nous attaquons à une grande problématique: la subjectivité de l’anthropologue. Nous en avions déjà un peu parlé dans l’épisode sur le conflit entre Margaret Mead et Derek Freeman, les anthropologues ne sont pas toujours d’accord entre eux, même s’ils ont parcouru le même terrain. Pourquoi ? Comment réagir face à ce problème ? Observation participante et subjectivité On le sait, le cerveau complètement vierge d’expériences et d’idées n’existe pas, les anthropologues doivent faire avec. La problématique étudiée, l’angle choisi, la méthode utilisée, le temps passé à faire l’étude, tout ou presque influence une observation. Nous avions vu que l’observation participante, qui prône un certain isolement, l’apprentissage de la langue locale et une bonne durée de séjour, élimine déjà un certain nombre d’interférences, mais quand est-il de celles générées directement par l’anthropologue ? C’est un vaste débat, mais voici déjà une première idée de la question, entourée d’autres… Questions et notes du podcast: Est-ce que l’observation participante ne nourrit pas l’illusion de pouvoir comprendre totalement la société ou il se trouve comme s’il était un indigène, alors qu’il reste, dans une certaine mesure, influencé par son bagage culturel et ne peut pas réellement tout comprendre ? (exemple, je suis en suisse allemande depuis 5 ans, je comprends l’allemand, mais je suis incapable de comprendre leur humour. Le comprendrai-je mieux dans 5 ans ? Pas sûr, je ne le comprendrai peut-être jamais, parce que je ne suis pas suisse allemand justement ? ) En effet les anthropologues du 19e siècle pensaient dans leurs monographies, pouvoir retranscrire une société dans son ensemble. On sait aujourd’hui que c’est impossible ne serait ce que parce que les sociétés changent chaque jour et qu’on ne peut en figer que des instants. Le temps que l’on écrit sur quelque chose et ce présent n’est déjà plus… Mais ces données sont éléments pour comprendre les mécanismes de l’humanité. On ne peut jamais être à la place de l’autre c’est sur, mais même […]