Avec Les Corps défendants, nous retrouvons les filles de l’écrivain Antonio Lobo Sepulveda, qui étaient au cœur de la création précédente, Les Sœurs Sepulveda. Marta, l’aînée, est devenue documentariste, Ana, metteuse en scène, et Clara, journaliste. Nous les retrouvons alors qu’Antonio est mort après avoir publié un dernier livre, Les Corps défendants. Avec ce roman, publié de manière posthume, l’écrivain a voulu explorer le thème de l’enfermement. Il se serait fait interner, dit-on, dans un hôpital psychiatrique, le temps de l’écriture de son livre, pour faire l’expérience de l’enfermement. Les Corps défendants, c’est d’abord cela : la violence faite aux corps quand ils sont enfermés contre leur gré. Mais ce roman s’attache surtout à ce que ces corps défendent, et qui est, selon l’écrivain, quelque chose d’essentiel, une humanité blessée, certes, et qui vient, là, se recueillir, mais également, et paradoxalement, une liberté fondamentale, celle qui s’exprime dans la danse ou le théâtre – cette liberté sans laquelle, pour reprendre le mot de Pina Bausch, « nous sommes perdus » et qui invite à inverser la perspective. N’est-ce pas la société, quand elle méprise cette liberté, qui devient folle ? Dans ce cas, qui sont vraiment les enfermés ? Ana veut mettre en scène le livre de son père et faire, comme lui, l’expérience de l’enfermement. Marta réalise un film autour de ce désir-là, qu’elle ne comprend pas bien. Où sommes-nous donc ? Dans un hôpital ou dans un théâtre ? Dans un rêve ? Celui d’Ana ou celui de Marta ?
Les Corps défendants est la restitution d’un travail mené par les élèves de la Classe à Projet Théâtre de 4e et de 3e du collège Henri-Barbusse avec le metteur en scène François Lamotte et la sculpteure Charlotte Herben. Il s’inscrit dans un ACTE subventionné et soutenu par la DSDEN, la DAAC et le théâtre Victor- Hugo.
Il est associé au travail mené par Véronique Guinet avec les élèves de l’ACTE La Fabrique du spectateur, en partenariat avec la vidéaste Frédérique Ribis et la Maison du Geste et de l'Image. Lors de sa création, la pièce a été précédée par la projection d’un court-métrage réalisé par ces élèves.