Madagascar, les petite mains de la mode française
Dans de gigantesques ateliers, les ouvriers sont payés 60 € par mois et travaillent 40 h par semaine pour confectionner ces vêtements, y compris ceux de marques de luxe.
Les usines de textile fleurissent à Madagascar, fournissant les plus grandes marques françaises. Le pays entend bien se positionner sur le marché extrêmement disputé de l'habillement.
A Madagascar(Nouvelle fenêtre) se trouve l'une des plus grandes usines de textile d'Afrique. Sur un immense plateau, en rangs serrés, plus de 2 000 salariés fabriquent à la chaîne des vêtements pour adulte et enfant. La Française Véronique Auger est à la tête de ce groupe qui produit pour des marques espagnoles, comme Zara, et tricolores. "Nous livrons aussi du tissu pour des marques comme Jacadi ou Petit bateau", explique-t-elle.
Quelque 28 000 vêtements sont produits par jour à faible coût, qui se retrouvent dans les rayons des magasins français. "Ce sont des produits qui quittent Madagascar entre 4 et 5 dollars, et qui sont vendus à 24", souligne Véronique Auger, une chemise pour enfant à la main. "Plus la marque est positionnée haut de gamme, plus la marge, évidemment est importante", déclare-t-elle.
A Madagascar, une centaine d'entreprises exportent dans le monde entier, y compris en Europe. La plupart sont situées à Antananarivo, la capitale. Les travailleurs locaux du textile vivent un quotidien difficile, avec énormément de précarité. Les trois quarts de la population vivent sous le seuil de pauvreté. "C'est parce que je n'étais pas assez d'argent que j'achète les repas au jour le jour", explique l'une des salariées de cette usine.
Le pays espère quant à lui pouvoir devenir un acteur incontournable du secteur, pour de nombreux pays. "Je voudrais qu'on positionne comme le pays de l'artisanat haut de gamme", défend Faranah Goulamaly, à la tête des ateliers Feel Good.
JT de 20h de France 2, Édition du lundi 2 juin 2025