Aujourd'hui l'économie

Au G20, les Chinois veulent se plaindre du protectionnisme


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La Chine se prépare à accueillir son premier G20, ce week-end à Hangzhou où elle espère bien faire avancer son propre agenda. Selon Pékin, la relance de la croissance mondiale passe par la lutte contre le protectionnisme.
Depuis quelques temps les populistes, de Donald Trump à Marine Le Pen, font des émules : de plus en plus de dirigeants politiques occidentaux accusent la Chine de ne pas jouer le jeu de la mondialisation, dont elle a tant profité jusqu'à maintenant. Et les gouvernements sanctionnent ce tricheur en lui imposant des droits de douane sur les produits bradés comme l'acier. Un sujet d’ailleurs inscrit à l’ordre du jour du G20.
Ce discours critique, ces barrières qui se hérissent, inquiètent les Chinois, car exporter demeure vital pour leur économie. Combattre le protectionnisme dont ils s'estiment être les victimes est devenu pour cette grande nation commerçante une nécessité impérieuse.
 Selon les Européens, ce sont eux les victimes et non la Chine !
 
Les Chinois achètent à peu près tout ce qu'ils veulent en Europe a souligné cette semaine la chambre de commerce de l'Union européenne basée à Pékin tandis que l'inverse est beaucoup plus compliqué. Ce coup de gueule, à quelques jours du G20, c'est un peu la réponse du berger à la bergère.
Ce manque de réciprocité dans les échanges est inadmissible pour les Européens. Pour étayer leur raisonnement ils rappellent la hausse exponentielle des investissements chinois en Europe. Leurs investissements ont bondi de 40% entre 2014 et 2015.
 
Le rythme des investissements chinois en Europe est encore plus ébouriffant en 2016
 
Au premier semestre ils ont déjà investi 60 milliards d'euros sur le vieux continent, c'est trois fois plus que ce qu'ils ont dépensé en 2016. Ils investissent aussi dans le reste du monde. Pour conforter leur montée en puissance, les Chinois ont compris qu'ils devaient se projeter hors de leurs frontières en prenant des parts, en contrôlant des grandes sociétés ou des multinationales. Cette offensive, selon l'analyste Jean-François Dufour (du cabinet Montsalvy), répond aussi à une demande très forte des Européens.
Asphyxiés par la crise, ils cherchent désespérément ailleurs les moyens financiers qui leur manquent. EDF a besoin de l'apport chinois pour construire un EPR au Royaume-Uni. « La Chine, de son côté, n'a rien demandé », fait remarquer Jean-François Dufour, elle n'a pas besoin des euros ou des dollars pour développer son pays. Ces attentes très divergentes expliquent en grande partie l'asymétrie des flux d'investissement entre les deux partenaires.
 
A l'Organisation mondiale du commerce, la Chine est plus souvent sur le banc des accusés que du côté des plaignants
 
Car Pékin en matière commerciale n'a toujours pas accepté les règles de l'économie de marché. Cela veut dire que l'Etat continue à soutenir des entreprises, même lorsqu'elles vendent à perte. La surabondance d'acier sur le marché mondial est due aux surcapacités chinoises. Elles se sont accumulées avec les plans successifs de relance financés par l'Etat après le choc de 2008. Les mesures de rétorsion prises par les Européens et leurs plaintes paraissent justifiées mais rien ne dit pour autant qu'elles seront efficaces.
Lorsque les panneaux solaires fabriqués en Chine avec des fortes incitations publiques ont été soumis à des droits de douane, les Chinois ont racheté des usines en Thaïlande pour exporter depuis un pays non touché par ces représailles. Ils sont en train de faire la même chose dans la sidérurgie : ils ont par exemple acheté cette année l'unique aciérie de Serbie.
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Aujourd'hui l'économieBy RFI