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Les séries relèvent du divertissement, ce sont des produits culturels, ce sont des œuvres d’art, mais ce sont aussi des exercices de pensée. Les séries pensent, elles philosophent, elles disent le monde et en donne le mode d’emploi, même quand il est à l’envers. Toutes les fictions parlent en fait de nous, du fait d’être jeté-au-monde et d’affronter la finitude. Parler des séries revient alors écrire un récit à la première personne, où les séries nous regardent autant qu’on les regarde. Surtout avec Stranger Things qui se déroule dans les années 80 et où les personnages principaux ont l’âge que nous avions à cette époque. Stranger Things est donc autant une série fantastique qu’une série historique, autant un roman d’apprentissage qu’une psychanalyse collective. Combien de Démogorgons, de Flagelleurs mentaux, de scientifiques fous, de Soviétiques et de Vecna faut-il affronter pour passer à l’âge adulte ? Et faut-il bien le faire en revisitant tout le Top 50 ?
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Emmanuel Taïeb reçoit Caroles Desbarats, Directrice artistique des Rencontres Havre Séries, qui se tiendront du 30 novembre au 3 décembre 2023, autour du thème : « Les séries et la sexualité ». Au programme : les séries Sex Education, Lycée Toulouse Lautrec, La Servante écarlate, En Thérapie, Salade grecque, entre autres, un atelier d’écriture d’un pilote de série, un quiz musical, et un concours d’éloquence. Seront abordées : la question de l’éducation à la sexualité, les manières de la filmer, l’abstinence sexuelle, handicap et sexualité, religion et sexualité, pornographie, psychanalyse, ou encore le nouveau métier de « coach d’intimité » sur les tournages.
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En rayon aujourd’hui, tout l’univers de David Simon, showrunner prolifique de HBO à qui l’on doit notamment The Wire/Sur Ecoute, plongée de longue durée dans les entrailles de Baltimore aux États-Unis. David Simon, dont on a pu voir tout récemment : We Own this City, toujours à Baltimore, sur une unité de flics corrompus jusqu’à l’os.
David Simon et ses collaborateurs habituels, Ed Burns, Eric Overmyer ou George Pelecanos, écrivent et filment des séries à haute teneur sociale, qui se saisissent des problèmes de l’Amérique contemporaine : le racisme systémique, la ségrégation, l’antisémitisme, les ravages de la guerre contre la drogue, les laissés-pour-compte du rêve américain, le capitalisme aveugle et les institutions démissionnaires.
Série après série, David Simon écrit une contre-histoire de l’Amérique, faite de compromissions et de violence, mais aussi d’individus qui résistent, qui restent attachés aux valeurs originelles du pays, à l’entraide, au pouvoir des liens locaux ; il dénonce la façon dont l’Amérique se trahit elle-même en laissant perdurer des inégalités flagrantes.
Simon est un feuilletoniste moderne, un observateur pessimiste, un réaliste qui refuse le divertissement et propose des séries très politiques. Ce sont souvent des séries à thèse, très documentées, et qui entendent dénoncer des injustices. C’est cet engagement qui habite littéralement Simon et qui lui a valu d’être surnommé « L’homme le plus en colère de la télévision » !
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Emmanuel Taïeb reçoit des créateurs de séries, des scénaristes, des producteurs, des gens qui organisent des festivals de séries (il y en a au moins en France) et des auteurs d'ouvrages sur…
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