Porte ouverte

Aurélie Verdier, Le Mur de l'atelier d'André Breton (1/2)


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Aurélie Verdier est conservatrice au Musée national d’art moderne, Centre Georges Pompidou, en charge de la collection moderne.
Elle a publié en 2020, Aujourd’hui pense à moi. Francis Picabia, Ego, Modernité, une étude appariant le moi et la modernité dans une double perspective freudienne maniaque/mélancolique.

Son champ de recherche concerne les problématiques du sujet dans la modernité, et en particulier les réflexions autour du nom propre et de la question des signaux identitaires « seconds » ou obliques. Elle oriente actuellement ses recherches sur l’interaction entre une « politique » du moi et le décoratif, en particulier autour des années 1980.

Directrice d’ouvrages (Picasso-Picabia, 2019; Matisse, comme un roman, 2020), Aurélie Verdier contribue régulièrement aux Cahiers du MNAM. Elle a récemment publié dans artpress, Camera Austria, RES, ou encore October.

En 2003 est entré au Musée national d'art moderne un ensemble unique au monde : un pan de la collection d'André Breton exposé sur l'un des murs de son atelier du 42 rue Fontaine à Paris, ce lieu où le poète et fondateur du surréalisme vécut et anima ce mouvement artistique et littéraire décisif du XXe siècle durant plus de quarante années.

Les objets du « Mur Breton » sont issus de cultures et d'aires géographiques variées : Océanie, Amériques, art populaire et art moderne européens (parmi lesquels des œuvres remarquables du Douanier Rousseau, Joan Miró, Pablo Picasso, Francis Picabia, Valentine Hugo ou Jean Degottex).

Le « Mur Breton » a fait l'objet en 1960 d'une célèbre campagne photographique par Sabine Weiss.

Cet ouvrage, publié pour coïncider avec le Centenaire du surréalisme en 2024, donne toute sa mesure à cet objet-monde exceptionnel, véritable musée au sein du musée.

Par des contributions scientifiques internationales et la mobilisation d'expertises aussi nombreuses que les domaines convoqués par la collection d'André Breton, l'enjeu est bien ici d'étudier pour la première fois, sous forme de catalogue raisonné, l'intégralité des objets qui composent ce Mur et le bureau du poète.

Un versant plus spéculatif vise enfin à penser des questions à la fois historiques, anthropologiques et muséales proprement contemporaines, tout en contribuant de manière décisive à ce pan inédit du surréalisme. « Aimer d’abord. Il sera toujours temps, ensuite, de s’interroger sur ce qu’on aime jusqu’à n’en plus vouloir rien ignorer » écrivait André Breton. Le mur de l’atelier du 42 rue Fontaine, lieu de vie et d’écriture du fondateur du mouvement surréaliste, est entré au Musée national d’art moderne en 2003. Le temps était venu de lever un peu du voile sur ce « mur » d’objets hétérogènes : objets d’Océanie, des Amériques, art moderne, art populaire, objets naturels, pièces majeures ou bibelots.


Le musée, cette institution occidentale, inventée au XVIIIe siècle dans le sillage des Chambres des Merveilles de la fin du XVIe siècle, opère un déplacement fondamental de signification du statut des objets qu’il a pour vocation de conserver, d’étudier et d’exposer au public. Écho de plusieurs projets modernistes des années 1920 et après, l’atelier d’André Breton ouvre une « porte dérobée » qui nous fait « parvenir au cœur de la nature humaine », (Siegfried Kracauer) avec ses fulgurances et ses ambiguïtés.

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Porte ouverteBy Yann Porte