Le Grand Témoin

Avec la révolution numérique, l’oralité va supplanter l’écrit et l’écran


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Jean-Dominique SÉVAL, prospectiviste, ex-président de la French Tech de Pékin, cofondateur de Topos, cabinet spécialisé dans les innovations de rupture. Auteur de La fin de Babel et autres effets inattendus de la révolution numérique (L’Harmattan)

« L'Astrologue ou Les faux présages », une pièce écrite « à la manière de Molière » et en vieux français avec l'aide de l'intelligence artificielle (IA), est présentée demain à l'Opéra royal du Château de Versailles, après trois années de gestation. Cette farce en trois actes est née de la rencontre entre La Sorbonne et Obvious, un collectif de trois artistes friands de nouvelles technologies. Leur idée : écrire une pièce que le dramaturge, emporté en 1673 par une maladie pulmonaire, aurait pu créer. La révolution numérique n’est pas une farce mais l’ironie la caractérise. Car, parmi ses effets inattendus, figure une sorte de « retour vers le passé ». C’est la thèse paradoxale défendue par le prospectiviste Jean-Dominique Séval, ex-président de la French Tech de Pékin, enseignant à l’École des Ponts, cofondateur d’un cabinet spécialisé dans les innovations de rupture, dont le nom s’appelle Topos en hommage au génie des mathématiques Alexandre Grothendieck. Ce retour vers le passé est un point d'arrivée, lequel se traduira par une prédominance de l'oralité numérique. Une nouvelle civilisation se met en place – qui relègue le texte et la lecture, même médiatisé par l'écran. Elle commande de mieux utiliser les outils de l'IA, comme la Chine s'emploie à le faire dès l'école primaire.

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Le Grand TémoinBy Louis Daufresne