Dr Jean Marie GOMAS, médecin généraliste, gériatre, ancien président du comité scientifique de la Société française de soins palliatifs (Sfap), ancien responsable d'une unité de soins palliatifs à Paris. Co-auteur de Fin de vie, peut-on choisir sa mort ? (Artège)
Érigée par Emmanuel Macron en priorité sociétale du second quinquennat, la loi sur la fin de vie verra-t-elle le jour avant 2027 ? Longtemps repoussé en raison de l'instabilité politique, le débat parlementaire a repris mercredi en commission au Sénat, où des oppositions persistent sur la création d'un dispositif d'aide à mourir, souhaité par l'exécutif mais remanié par les sénateurs. Mais ce que propose la chambre haute ajoute de la confusion, en parlant d’une assistance médicale à mourir, alors que le Conseil d’État préconise l’usage des mots euthanasie et suicide assisté, pour que l’opinion saisisse de quoi il s’agit au fond. Deux propositions de loi sont examinées en parallèle : une première plutôt consensuelle sur les soins palliatifs, et une autre sur la création d'une aide à mourir, nom destiné à euphémiser la réalité de la levée de l’interdit de tuer, ce qui constitue un basculement éthique majeur. On ne prend pas la mesure de ce qui est en train de se jouer en ce moment, une sorte de catastrophe éthique annoncée, alors que, des laboratoires d’idées comme la Fondapol ont déjà fourni aux législateurs tous les éléments pratiques, juridiques, statistiques permettant de comprendre qu’on s’achemine vers une situation incontrôlable, comme c’est le cas en Belgique, aux Pays-Bas ou au Canada. Le Dr Gomas défend le principe des conférences de consensus que le gouvernement aurait dû mettre en place sur un sujet aussi fondamental que celui de la vie et de la mort, de la toute-puissance de l’État, du lien entre des individus solidaires et responsables.
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.