Me Alain GARAY, avocat à la cour de Paris et de Bordeaux, enseignant à l’Institut catholique de Paris, ancien expert auprès de l’OSCE. Auteur de Le harcèlement politique contre la démocratie (éditions du Cerf)
La journée d’hier à la Maison Blanche a pris un tour singulier quand, après une livraison de McDonald's dans le Bureau ovale, Donald Trump tint une conférence de presse où se mêlèrent la guerre en Iran, les attaques contre le pape Léon XIV et une polémique autour d'une image représentant le président US sous les traits de Jésus, image que Donald Trump retira sous la pression de la droite religieuse américaine. Le président des États-Unis pensait que l’image en question, faite par IA, le dépeignait en médecin pour la Croix-Rouge ! Pendant ce temps, le pape, dans l’avion le conduisant en Algérie, s’écria qu’il n’avait pas peur du gouvernement américain tout en réitérant son message de paix pour le monde. Le vice-président américain JD Vance en ajouta une couche en exhortant le Vatican à « s'en tenir aux questions morales », sans interférer dans la politique américaine. Ce climat illustre une évolution des sociétés démocratiques vers la violence verbale, une sorte d’ensauvagement, lequel est favorisé par la plateformisation et l’anonymisation de la parole. Partant de cette actualité, cette émission ausculte un phénomène plus hexagonal, consécutif aux élections municipales. De plus en plus, les élus sont en effet la cible des réseaux sociaux, plus précisément d’un harcèlement destiné à contraindre leur action, à pourrir leur réputation ou à les intimider. On ne mesure pas encore les conséquences de cette évolution sur nos mœurs démocratiques et, paradoxalement, on note très peu de contentieux, comme si les politiques avaient peur de se défendre et de faire valoir leur droit. Me Garay entend s’attaquer à cet ensauvagement par tous les moyens que la loi met à la disposition du citoyen. Il préconise notamment la levée judiciaire de l’anonymat et l’allongement de la durée de conservation des adresses IP. Après, surgit inévitablement le débat entre le laisser-faire ou la régulation, la liberté ou la censure. Mais la liberté existe-t-elle sans la responsabilité ?
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