Damien BOYER, réalisateur du film Anesthesia
« Jamais la médecine ne pourra se faire la servante de la mort programmée », s’est écrié le pape Léon XIV devant des membres de la Fondation Lejeune qu'il recevait lundi, trois mois avant sa visite en France où le débat sur l'aide à mourir entre sans doute dans sa dernière phase, avant une adoption du texte prévue le 15 juillet. C’est bien de médecine qu’il s’agit. Qu’une personne en souffrance veuille en finir, pour de multiples raisons, c’est une chose. Que la loi oblige un tiers de confiance, le médecin, à le faire, c’en est une autre. La question, in fine, est toujours la même : quelle société voulons-nous ? Les opposants à l’euthanasie, à la mort programmée, ne renoncent pas et ils ont raison : plus le temps passe, moins les parlementaires soutiennent le texte. Le 17 mars, l’Ecosse rejetait même l’euthanasie en 3e lecture, c’est-à-dire au stade auquel la France se trouve aujourd’hui. Les opposants à la mort programmée ont lancé l’appel du 28 juin, dimanche prochain à 16h00 à Paris, place de Fontenoy près de l’Unesco (Paris VIIe), invitant ceux qui viendront à s’habiller en noir, excepté les soignants, appelés à porter leur blouse blanche. L’Unesco où le pape Léon XIV se rendra en septembre, de même qu’à la maison médicale Jeanne Garnier, établissement de référence en termes de soins palliatifs. Parallèlement, la sensibilisation continue. Le lobby pro-euthanasie s’est livré à une propagande à jet continu et à sens unique, axée sur le tout compassionnel. Sans voir l’envers du décor. Anesthésia, le documentaire de 1h42 sorti en salle mercredi, s’intéresse à l’effet mécanique que produit l’euthanasie sur l’entourage de la personne dont la mort est provoquée. Sans voix off, son réalisateur Damien Boyer en montre l’effet dépressif et contaminant sur l’entourage, lequel participe en fait à un suicide organisé. Qu’il s’agisse du Québec, des Pays-bas ou de la Suisse, partout, le caractère systémique, institutionnel de la mort programmée éteint les gestes de vie. Damien Boyer est une figure assez inclassable : protestant évangélique fasciné par l’Église catholique, c’est lui qui avait fait découvrir le visage de cinq baroudeurs du Christ, des prêtres des Missions étrangères de Paris. Avec Anesthésia, il invite l’espérance à se réveiller.
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