Bénédicte DELELIS, diplômée de l’École du Louvre, enseignante en théologie au collège des Bernardins, chroniqueur à Famille Chrétienne. Auteur de Pier Giorgio Frassati (éditions de l’Emmanuel)
Sans oublier ceux qui sont en bas, on peut monter très haut. Parcourir les taudis et gravir les sommets. En voilà un premier de cordée ! À force de monter, il finit par toucher le Ciel et à y demeurer, dès l’âge de 24 ans. Il y a du saint François d’Assise dans cette courte vie de Pier Giorgio Frassati, mort en 1925. Sa famille ne comprit point jusqu’où allait sa générosité. C’est à sa mort, due à une poliomyélite foudroyante, que les pauvres de Turin, affluant à ses funérailles, rendirent le premier hommage aux vertus de ce jeune italien, passionné d’alpinisme, béatifié par Jean-Paul II en 1990 et canonisé par le pape Léon XIV le 7 septembre 2025. Son père, fondateur du journal La Stampa, appartenait à la haute société piémontaise. Il sera aussi ambassadeur à Berlin. Il voulait que son fils lui succédât mais n’osa jamais le lui dire en face. Sa mère, moralement stricte, préférait qu’il fût mort plutôt que prêtre. Pier Giorgio Frassati était joyeux, parlait fort et chantait faux (on le surnommait « fracassati »). Sa tendresse et son espièglerie répondaient aux injonctions de son milieu. Il devait réussir, alors qu’il peinait dans ses études, et ne pourrait épouser celle que son statut social lui interdisait. Avec sa Compagnie des types louches, groupe d'amis chahuteurs qui partent souvent en montagne, il donna des jambes à son esprit de foi, lequel portait son engagement social et secret dans les quartiers défavorisés de Turin. Sa mort surprendra tout le monde. Le bon Dieu cueillit son « ange des pauvres » comme un edelweiss sur le fumier de la misère. Sa soeur Luciana, qui mourut à 105 ans en 2007, contribua beaucoup à sa mémoire.
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