Le Grand Témoin

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By Louis DaufresneNews
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Le Grand Témoin episodes

  • La fécondité des époux Maritain, sans enfant, et dont le vœu de renoncement charnel étonne toujours

    Florian MICHEL, professeur d'histoire contemporaine à l'université Paris 1-Panthéon-Sorbonne, vice-président du Cercle d'études Jacques et Raïssa Maritain. Auteur de Les époux Maritain - entre controverses et sainteté (éditions Desclée de Brouwer)

    Jacques et Raïssa Maritain demeurent des figures du catholicisme français qui continuent d’intriguer les historiens. Ils se rencontrent à la Sorbonne au début des années 1900, se marient en 1904, se convertissent en 1906, notamment sous l’influence de Léon Bloy. Leur maison devient un lieu de rencontres intellectuelles, à Meudon puis à New York et Princeton pendant la guerre. Dans cette émission, Florian Michel ne traite pas du parcours intellectuel et politique du couple, du fait qu’une mythologie se construisit autour d’eux : si les Maritain étaient proches de Charles Péguy et d’Henri Massis, ils ne furent jamais maurrassiens, légende fabriquée à leur dépens après la condamnation de l'Action française en 1926, il y a 100 ans. Ici, Florian Michel aborde un sujet intime. Car huit ans après leur mariage, ils font le vœu de renoncer aux relations conjugales. Quelle fut la fécondité de ce choix que les contemporains ignoraient ? Leur histoire invite à considérer la philosophie de l'amour conjugal, y compris pour les chrétiens exposés à la question de la régulation des naissances et dont l’intensité de la foi est souvent indexée au nombre d’enfants mis au monde.

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    16 min
  • Et si La Mecque était en fait Jérusalem ?

    Rémi BRAGUE, historien de la philosophie, en particulier juive et arabe, professeur émérite de l’Université Paris I Sorbonne et à l’université Louis-et-Maximilien de Munich, membre de l'Institut, essayiste, prix Ratzinger 2012

    Le propre du journalisme, c’est la curiosité, et aussi la liberté d’aborder des questions sensibles, sans malveillance. Il y a quelque temps, on me sollicita pour faire écho à un ouvrage paru sur l’islam, intitulé La Mecque, ville imaginaire. Un livre publié par Odon Lafontaine, auteur et conférencier, et un collectif de musulmans convertis au christianisme, appelé Nour Al Aalam, Lumière du monde. Les travaux historico-critiques, notamment ceux menés par l’école française ou l’école allemande, ont beaucoup fait progresser notre connaissance de cette religion, pour savoir si ce qu’elle dit d’elle est factuellement exact. Toute religion, toute croyance doit se prêter à cet examen, quitte à subir les assauts injustes de cette démarche, notamment quand Michel Onfray affirme que Jésus n’a pas existé. Rémi Brague est une sommité française et européenne. Il explique en quoi la thèse défendue par ce livre lui semble tout à fait recevable. Une kyrielle d’indices concrets permettent de penser que le site très aride de La Mecque n’a pas pu héberger l’histoire racontée aux musulmans et qu’au lieu du désert d’Arabie, les textes islamiques désignent en fait la ville de Jérusalem. 

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    17 min
  • Que pensent les Suisses de ce qui se passe en France ?

    Jean-Claude USUNIER, professeur émérite à l’université de Lausanne, spécialiste de la dimension culturelle des rapports économiques. Auteur de Symbolique de la Suisse (éditions des 3 Colonnes)

    Si proche et pourtant si loin : la Suisse, où l’on parle aussi français, est une sorte d’ovin au cœur de l’Europe. Son modèle et sa bonne santé économique ne cessent d’interroger une France qui s’abîme dans la violence et le déclin. Ce pays que la nature n’a pas du tout favorisé affiche, par l’exercice de la démocratie directe, une forme d’insolence, tant il arrive à maîtriser son destin, à côté de nations de l’UE qui peinent à exister et sont globalement dépressives. Jean-Claude Usinier montre que la Suisse mêle générosité et mesquinerie, cet attelage lui réussissant plutôt bien. Le principe de subsidiarité qu'elle applique si bien au niveau cantonal pourrait-il corriger la verticalité française, où l'État se révèle à la fois fort et faible.

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    16 min
  • Avec Cédric Villani, mathématique, IA et... poésie !

    Cédric VILLANI, mathématicien, médaille Fields 2010. Anime une conférence littéraire et un seul en scène Mathématique en poésie au théâtre de poche tous les lundis à 21h00

    Mathématicien, médaille Fields en 2010 à 36 ans, l’équivalent du prix Nobel, Cédric Villani s’est essayé à la politique, où l’on observe que, selon le principe d’Archimède, tout corps intact, plongé dans un milieu acide, finit par en être corrompu ou expulsé. Cédric Villani fut député LREM de l’Essonne, candidat à la mairie de Paris, quitta le parti présidentiel pour concourir en indépendant, devint conseiller du XIVe arrondissement, rallia le groupe Écologie Démocratie Solidarité. Sa trajectoire décrit une sinusoïde, comme s’il avait dû onduler pour échapper aux mâchoires prédatrices des appareils politiques. Aujourd’hui, Cédric Villani préfère exercer sa liberté, si ce n’est la reprendre : dans un seul en scène, le professeur-orateur conjugue mathématique et poésie, deux arts dont il célèbre le cousinage, deux langages qui ont peut-être quelque chose à voir avec la manière dont l’infini nous parle. Mais tout cela est peut-être déjà périmé si l’on songe à l’IA qui risque de tout reconfigurer. Les mathématiciens sont-ils voués à être remplacés ? Membre ordinaire de l’Académie pontificale des sciences, Cédric Villani, en écho à l’encyclique Magnifica humanitas, plaide pour que l’humanité continue.

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    16 min
  • De la basilique Saint-Denis à la monarchie alaouite, la longue histoire, passion de Stéphane Bern

    Stéphane BERN, journaliste, animateur, spécialiste des familles royales et du patrimoine. Auteur de Mohammed VI - héritage et destin de la monarchie alaouite (Albin Michel)

    Dans le cœur des Français, Stéphane Bern est une sorte de super ministre de la Culture, en tout cas le visage de la promotion du patrimoine et, à travers lui, de la longue histoire, celle qui nous unit. Cette longue histoire comprend les églises et les cathédrales. Dimanche, le diocèse de Saint-Denis fête ses 60 ans, érigé qu’il fut en octobre 1966 par le pape Paul VI en même temps que la création du département de la Seine-Saint-Denis. Une journée festive dont nous nous ferons l’écho en cette Semaine missionnaire mondiale organisée par les OPM, notre partenaire. De 16h00 à 18h00, Étienne Pépin et Madeleine Vatel seront sur place, à la Basilique Saint-Denis, pour vous faire vivre cet anniversaire. La longue histoire, c’est aussi celle du Maroc, la monarchie alaouite, à laquelle Stéphane Bern s’intéresse depuis longtemps et dont il restitue tous les traits singuliers au travers d’une biographie de Mohammed VI. Le souverain chérifien est sur le trône depuis la mort de son père Hassan II, il y a 27 ans. Il porte le titre d'Amir Al-Mouminine, traduit par « commandeur des croyants ». Cette fonction lui confère une autorité religieuse constitutionnelle : Mohammed VI veille au respect de l'islam et garantit le libre exercice des cultes. Pour Stéphane Bern, il est plus facile d'être chrétien au Maroc que dans la plupart des pays islamiques. Cette biographie s'inscrit dans le cadre de relations bilatérales au beau fixe, après quelques années de tension autour, notamment, de la question des visas. Un traité d'amitié franco-marocaine sera même signé au début de l'année prochaine. Une première.

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    17 min
  • Pourquoi saint François d’Assise, l’extrémiste de la pauvreté, fascine-t-il nos contemporains ?

    Alessandro BARBERO, historien, spécialiste du Moyen Âge. Auteur de Les sept vies de saint François d’Assise (Flammarion)

    800 ans après la mort de saint François d'Assise, des questions se posent toujours : qui était vraiment cet extrémiste de la pauvreté ? Nous avons déjà parlé d’un François doux, pacifique, ami des oiseaux et de la nature, image désirable dans un monde urbain, frénétique et angoissé, éloigné des beautés et de la quiétude de la Création. Ce François contemplatif tend à évincer le caractère radical du poverello. L’historien Alessandro Barbero s'efforce de reconstituer son image au fil d'une enquête reprenant les récits de ses contemporains du XIIIe siècle. Si l’on dispose de la biographie de Thomas de Celano, d’autres regards se portent sur celui qui mêle une tendresse infinie à une dureté déroutante, celui dont le rejet de la vie matérielle attire à sa suite les hommes de toutes les époques. Comment cette figure prêchant la pauvreté absolue put-elle fonder un ordre immense et se retrouver à sa tête ? Si saint François renouvelle le visage de l’Église, il aura l’intelligence et l’habileté de ne jamais la critiquer. Son paupérisme s'exercera en son sein. D’ailleurs, le poverello ne critiquera jamais personne, même les riches dont il fuit pourtant les vanités et les illusions.

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    14 min
  • De Gaulle-Pompidou, un autre duel de la Ve République

    Quentin PAILLÉ, 33 ans, journaliste à L’Usine nouvelle. Auteur de Pompidou et de Gaulle, le premier duel de la Ve République (Passés composés)

    Un duo, un duel, le premier de la Ve République eut lieu entre le général de Gaulle et Georges Pompidou. C’est à l’époque où la France avait suffisamment de poids pour s’offrir un chef d’État et un Premier ministre, tous deux de grande envergure. En 1962, De Gaulle nomme Pompidou à Matignon. L’Auvergnat normalien ne vient pas du sérail. Il restera pourtant à son poste jusqu'en 1968. Sa mise à l’écart après le mois de mai va l’émanciper de la statue du commandeur, lui permettre de s’imposer non comme héritier mais comme successeur. Pompidou va faire passer la France dans une autre époque, dans une forme de régence, qui aura refermé assez vite la parenthèse du général à laquelle, pourtant, la Ve République doit tout. Georges Pompidou s’opposera notamment à la participation, grande idée gaulliste destinée à surmonter la lutte entre le capital et le travail.

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    16 min
  • 800 ans après, saint François d’Assise ou l'art de réenchanter le monde

    Sébastien LAPAQUE, journaliste et critique littéraire au Figaro. Auteur de Le rappel des oiseaux (Actes sud)

    Pourquoi saint François d’Assise continue-t-il de nous parler, huit siècles après sa mort ? Lui qui voulut ne rien posséder ici-bas, non pour s’appauvrir, mais pour recevoir le monde autrement : comme un don. François parle aux oiseaux, au loup, au soleil, à la lune. Cette poésie qui enchante le monde est-elle encore possible dans une vie moderne aseptisée et robotisée - qui a perdu tout contact autant avec le cosmos qu’avec le divin ? 800 ans après sa mort, le poverello, et son acolyte sainte Claire, ouvrent toujours la voie de l’Évangile en acte. Sébastien Lapaque médite sur une vie transfigurée par la révolution franciscaine.

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    16 min
  • Pourquoi les populismes supplantent-ils la démocratie représentative ?

    François DUBET, sociologue, professeur émérite à l’université de Bordeaux et directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales. Auteur de Populismes - pourquoi la démocratie ne convainc plus (éditions de l’Aube)

    Comment se fait-il que milieux politiques modérés, ceux qui se reconnaissent du « cercle de la raison » face aux promesses irréalisables, soient devenus « inaudibles », ainsi que le relève François Dubet qui, « plutôt que d'expliquer la montée des populismes, interroge l'échec du camp démocratique à convaincre ». Même s’ils refusent la symétrie morale entre LFI et le RN – et qu’il conteste que le populisme puisse être incarné par un extrême-centre – l’universitaire identifie un point commun, celui du sentiment du peuple d’être méprisé par des élites méprisantes et méprisables. Ce sentiment s’enfle à mesure que ces élites profitent pour elles-mêmes de la mondialisation et de la mobilité qu’elle offre, alors que les structures d’ascension collective périclitent ou s’effacent, qu’il s’agisse de l’école, de la santé ou même de l’armée. Le fait que la France soit au plus bas dans le classement Pisa, soit au bord d'une crise de la dette, et qu’elle soit en perte d'influence à l'international, entretient l’idée que le déclin résulte d’une trahison des élites. Ce sentiment de déclin « imbibe les mentalités depuis longtemps », avec des répercussions « majeures » pour la présidentielle, selon Brice Teinturier, directeur délégué d'Ipsos-BVA. « C'est un marqueur du populisme. Le populisme gagne du terrain quand les gens ont le sentiment qu'on est en déclin et que la responsabilité en incombe aux élites, aux gouvernants passés », souligne-t-il. François Dubet explique ce qui nourrit l’adhésion populiste, au-delà de la reconfiguration des media, passés d’une logique monopolistique et verticale (la TV d’autrefois) à une réalité partagée par tous et horizontale (les réseaux sociaux), qui donnent un accès de plain-pied à l’espace public.

    En duplex des studios de RCF-Bordeaux

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    15 min
  • Mouvement lycéen ou pré-guerre civile ?

    Jean-Paul BRIGHELLI, enseignant, essayiste, romancier

    Enseignant, essayiste et romancier, ancien élève de l’École normale supérieure de Saint-Cloud et agrégé de lettres modernes, Jean-Paul Brighelli a enseigné du collège aux classes préparatoires, notamment au lycée Thiers de Marseille. Il s’est fait connaître en 2005 avec La Fabrique du crétin, critique de l’évolution de l’Éducation nationale et du « pédagogisme ». Auteur de nombreux essais sur l’école, il tient également le blog « Bonnet d’âne » sur Causeur. Pour lui, le mouvement lycéen n’est pas bien nommé. Il s’agit en réalité d’une répétition avant une « guerre civile », titre de son prochain essai, voulue par LFI si Marine Le Pen est élue à l’Élysée. À ses yeux, on arrive dans tous les domaines à une fin de cycle et, comme cela s’est déjà produit en 1789 et en 1917, où des minorités extrémistes ont « ramassé » un pouvoir affaibli et contesté avant et d’éliminer par la terreur toutes les voix qui cherchaient le dialogue et la modération.

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    16 min

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