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Pierre JOVA, journaliste à l’hebdomadaire La Vie. Auteur de Peut-on programmer la mort ? (Seuil)
On vit une époque déroutante, faite de bruit et d’insouciance coupable. Sans être grandiloquent, on sait que le texte sur l’euthanasie, qui arrive lundi en seconde lecture à l’Assemblée, va nous faire basculer dans un autre monde, qu’il sera le plus permissif et le plus répressif s’il devait être adopté en l’état. Mais en le disant, on se fracasse sur le mur médiatique, les media étant acquis au seul principe qu’il s’agirait d’une liberté facultative accordée en plus, comme s’il s’agissait d’une tirette offrant un droit supplémentaire. Alors que, dans l’hémicycle on va jouer au dés d’énormes enjeux d’humanité et de civilisation. On paie aussi la facture d’un héritage Le sociologue Norbert Élias dénonçait déjà l’hygiénisme d’une société refusant la dimension tragique et traitant la souffrance en termes socio-économiques et médicamenteux. Une pulsion de mort traverse aussi toute la société, constate le psychiatre Faroudja Hocini. La fixer dans une loi ne peut que la développer en influant psychologiquement sur les mentalités. Il existe un effet d’atmosphère, d’inconscient collectif. On focalise sur l’autonomie individuelle, sans voir que l’individu intériorise les contre-valeurs de la société. Ce qui se passe ressemble à l’ultime détricotage de la discipline sociale et morale que le christianisme, malgré son affaiblissement, parvenait encore à imposer. Mais loin d’enfermer le débat dans une opposition gauche/droite ou athée/croyant, Pierre Jova montre qu’une bonne partie de l’opinion, fort éloignée d’une pratique religieuse, a toutes les raisons de se méfier de cette loi, laquelle enterrera un modèle français de la fin de vie qui, malgré ses insuffisances, représentait un point d’équilibre. Il dénonce aussi le cynisme institutionnel consistant à faire mine de soutenir parallèlement les soins palliatifs, alors que l’euthanasie auront pour effet d’en dissoudre le principe et les moyens. « Sait-on, ajoute-t-il désappointé, qu’il y a en France plus de parlementaires (925) que de médecins de soins palliatifs (748) ? »
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
By Louis DaufresnePierre JOVA, journaliste à l’hebdomadaire La Vie. Auteur de Peut-on programmer la mort ? (Seuil)
On vit une époque déroutante, faite de bruit et d’insouciance coupable. Sans être grandiloquent, on sait que le texte sur l’euthanasie, qui arrive lundi en seconde lecture à l’Assemblée, va nous faire basculer dans un autre monde, qu’il sera le plus permissif et le plus répressif s’il devait être adopté en l’état. Mais en le disant, on se fracasse sur le mur médiatique, les media étant acquis au seul principe qu’il s’agirait d’une liberté facultative accordée en plus, comme s’il s’agissait d’une tirette offrant un droit supplémentaire. Alors que, dans l’hémicycle on va jouer au dés d’énormes enjeux d’humanité et de civilisation. On paie aussi la facture d’un héritage Le sociologue Norbert Élias dénonçait déjà l’hygiénisme d’une société refusant la dimension tragique et traitant la souffrance en termes socio-économiques et médicamenteux. Une pulsion de mort traverse aussi toute la société, constate le psychiatre Faroudja Hocini. La fixer dans une loi ne peut que la développer en influant psychologiquement sur les mentalités. Il existe un effet d’atmosphère, d’inconscient collectif. On focalise sur l’autonomie individuelle, sans voir que l’individu intériorise les contre-valeurs de la société. Ce qui se passe ressemble à l’ultime détricotage de la discipline sociale et morale que le christianisme, malgré son affaiblissement, parvenait encore à imposer. Mais loin d’enfermer le débat dans une opposition gauche/droite ou athée/croyant, Pierre Jova montre qu’une bonne partie de l’opinion, fort éloignée d’une pratique religieuse, a toutes les raisons de se méfier de cette loi, laquelle enterrera un modèle français de la fin de vie qui, malgré ses insuffisances, représentait un point d’équilibre. Il dénonce aussi le cynisme institutionnel consistant à faire mine de soutenir parallèlement les soins palliatifs, alors que l’euthanasie auront pour effet d’en dissoudre le principe et les moyens. « Sait-on, ajoute-t-il désappointé, qu’il y a en France plus de parlementaires (925) que de médecins de soins palliatifs (748) ? »
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