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  • Khalid Kouhen – Du Maroc à l’Inde, le Groove n’a pas de frontière.

    Bonjour les grooveurs créatifs,

    L’invitée d’aujourd’hui est Khalid Kouhen

    Aujourd’hui, je vous présente un nouvel épisode de la série Conversation de Pig dans lequel on va parler de placements rythmiques, de voyage, de culture et de métissage musicale.

    On a la chance d’avoir un rythmicien extraordinnaire qui va nous partager son expérience de pro et sa vision de la basse en tant que percussionniste, un vrai régal pour nous les bassistes.

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    Conversation de Pig avec Khalid Kouhen

    Parcours d’apprentissage depuis le Maroc dans sa famille jusqu’à l’Inde avec son maitre de tabla Pt Shankar Ghosh.

    Né à Fès au Maroc et établi en France depuis 1978, Khalid Kouhen est reconnu comme l’un des plus talentueux percussionniste de sa génération. La richesse et la virtuosité de son jeu ainsi que les multiples couleurs de son instrumentation sont très recherchées sur les scènes actuelles.

    Khalid s’accomplit aussi bien dans les musiques actuelles, jazz, pop, musiques du monde, que dans les répertoires traditionnels, brésilien, afro-cubain, indien…

    Il s’est notamment illustré auprès d’Archie Shepp, Chico Freeman, Glenn Ferris, Claude Barthelemy, Pandit Shankar Ghosh, El Hadj N’Diaye, Majid Bekkas, Karima Skalli, Paddy Kelly…

    Musicien sans frontières et improvisateur inspiré, il excelle également dans la composition et les arrangements pour orchestre de percussions.

    Voici une liste des Topics que nous avons abordés :
    • La transmission orale.
    • La magie de l’assise rythmique quand on est percussionniste et bassiste.
    • L’importance d’avoir un esprit ouvert à d’autres cultures et de s’ouvrir à l’autre sincérement.
    • La musique Gnawa, le Chââbi marocain, la musique aïssaoui, etc.
    • Le Konnokol et le chant pour progresser rapidement et efficacement.
    • Comment n’importe quelle personne passionnée par le rythme peu comprendre l’autre.
    • Le lien et le pont entre le Gumbri Marocain et la basse électrique.
    • Ressources dont nous avons parlé durant la conversation avec Khalid Kouhen
      • Pt Shankar Ghosh, le maître Indien de Khalid.
      • Prabhu Édouard : tabliste de génie. (lui aussi est un élève de Pt Shankar Ghosh comme Khalid). Il a prêté son groove à Jordi Savall, Joachim Kühn, Jeff Mills, Nguyen Lê, Magic Malik, Moriba Koïta, Saïd Shraïbi, Kudsi Erguner, Jamchid Chemirani, J.P.Drouet, Vincent Ségal.
      • Pour contacter Khalid Kouhen
        • Le Facebook de Khalid Kouhen
        • Le site internet de Khalid Kouhen : khalid-kouhen.com
        • Photos de Khalid par Rémi Hostekind
        • Témoignage de Khalid Kouhen
          Université GROOVE LIKE A PIG

          Nous aurons très certainement le privilège d’accueillir Khalid Kouhen dans l’université GROOVE LIKE A PIG pour animer quelques masterclass.

          Je vous en reparle très vite, raison de plus pour rejoindre l’université GROOVE LIKE A PIG maintenant en cliquant ici : groovelikeapig.com 🙂

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          Blog BassistePro.com – Cours de musique

          APPRENDRE LA MUSIQUE AVEC DES PROS PASSIONNÉS

          École de musique GROOVE LIKE A PIG® : groovelikeapig.com

          La Plus Grosse Communauté Francophone des Musiciens Motivés et Bienveillants qui Veulent Passer au Niveau Supérieur.

          38 min
        • Sunny Adroit, l’Art de la Musique et les Leçons de Vie – Une Conversation Inspirante et Révélatrice

          Bonjour les grooveurs créatifs. Aujourd’hui, dans ce nouvel épisode du BassistePro Show podcast conversations de pig, j’aimerai te présenter un collègue bassiste réunionnais Sunny Adroit. J’adore le talent de ce petit jeu réunionnais et ça me fait sincèrement plaisir qu’il soit davantage découvert.

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          Conversation de Pig avec Sunny Adroit
          Musique de Sunny Adroit
          Ressources pour contacter et suivre le travail de Sunny Adroit

          Son instagram : https://www.instagram.com/sunbassschool/
          Son Facebook : https://www.facebook.com/Ouane
          Son YouTube : @SunnyAdroit

          Témoignage de Sunny Adroit
          Rejoins l’Université GROOVE LIKE A PIG®

          Profite de ta période d’essai gratuit pour tester l’Université GROOVE LIKE A PIG®.

          Suis l’autoroute du play-jouïr, un programme pas à pas pour te faire gagner des années de plaisir à la basse.

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          ——->>>>>>> Quels sont les prochains artistes/musiciens que tu souhaites voir prochainement dans les Conversation de Pig ? Dis-le moi dans les commentaires (ci-dessous) !

          Transcription Texte de la conversation avec Sunny Adroit

          Johann Berby
          Bonjour les Grooveurs créatifs et bienvenue dans ce nouvel épisode des Conversations de Pig. Comment vas- tu, Sonny ?

          Sunny Adroit
          En pleine forme, ça va super. Un peu en bas de roue par rapport à la saison d’été, mais là, c’est en train de se calmer gentiment au niveau des prestations. Ça fait du bien de rentrer à la maison et faire ce qu’il y a à faire. D’être posé. Ouais, c’est ça, d’être posé.

          Johann Berby
          Tu as eu une bonne saison, une saison assez chargée ou une saison assez cool ? Comment ça s’est passé ?

          Sunny Adroit
          Non, c’était cool et full.

          Johann Berby
          C’est bon, ça. Ok, super. T’es en vadrouille où ? T’as bougé un peu en France ou t’es allé partout à l’étranger ?

          Sunny Adroit
          Principalement en France, en Europe. Est- ce qu’il y a eu de l’étranger ? Non, c’était principalement en Europe. Ibiza, on est parti aussi en Irlande.

          Johann Berby
          Chouette, j’adore aussi.

          Sunny Adroit
          Oui, c’est ça, c’est très paysan. La majorité des prestations, c’était vraiment sur la côte d’Azur.

          Johann Berby
          Chouette, bien. Tu habites dans le Sud de la France ou rien à voir Si, c’est pour ça.

          Sunny Adroit
          Je suis à proximité de Toulouse depuis dix ans. Déjà, je ne savais pas. Oui, c’est ça.

          Johann Berby
          Tu dois connaître… Je ne sais pas s’il est dite à Toulouse, mais je pense que lui, Julien Babou, ça te dit quelque chose ?

          Sunny Adroit
          Oui, exactement. Ok.

          Johann Berby
          Je le connais de loin. Je ne sais pas s’il écoute l’émission, mais au cas où, coucou si tu écoutes cette émission. Je le connais de loin, je le connais je ne le connais que virtuellement. Je ne le connais que virtuellement, en fait, depuis l’époque de MySpace. Dès que je vois qu’il y a des musiciens réunionnais, je suis dans la solidarité. Si on peut être solidaire, je suis toujours partant sans me poser de questions. Je partage. Solidarité ultramarine.

          Sunny Adroit
          C’est comme ça, mais je ne sais pas si tu es monté un peu sur Paris et tout, mais là- bas, il y a une grosse… Il y a la solidarité et le stade au- dessus, c’est la mafia. Il y a une mafia anti-aise là- bas.

          Johann Berby
          Il y a une mafia de.

          Sunny Adroit
          Toutes les nations, en fait, à Paris. Exactement, c’est ça. À La Réunion, je me dis qu’on pourrait aussi… C’est bien d’avoir cet état d’esprit, c’est de se connecter entre nous, un peu comme on fait là en ce moment. C’est top.

          Johann Berby
          Moi, j’apprécie. Exactement. C’est- à- dire que si on peut mettre en lumière un ami, un collègue, et pas forcément uniquement parce qu’on est de la même île, qui est la île la plus géniale au monde, il faut le dire.

          Sunny Adroit
          En toute objectivité.

          Johann Berby
          Mais c’est sûr que si on peut rendre service, ça coûte rien, même si ça coûte quelque chose, I don’t know, but I don’t know. Don’t care. C’est juste pour le principe de rendre service. C’est génial. Je ne savais pas que tu étais dans le suite. Ça, c’est bien. On va démarrer cette conversation. Est- ce que tu peux nous expliquer ton parcours, ce que tu fais ? Quels instruments tu joues ? Parce que maintenant qu’on a ouvert les vannes à tous les instruments pour notre école de musique en ligne, c’est bien de toujours préciser si tu es bassiste, contrebassiste, chanteur, danseur, joueur de cuillère à claquettes.

          Sunny Adroit
          Moi, mon instrument, c’est de la basse. Je fais de la basse électrique. C’est mon premier instrument. Mon second instrument, mais de façon professionnelle, je travaille plus avec cet instrument- là. J’ai commencé par la guitare.

          Johann Berby
          Comme pas mal de bassistes.

          Sunny Adroit
          Oui, c’est ça, exactement. Et après, on va dire qu’au niveau du switch, c’est un peu un classique parce que souvent, les gens, il y a 10 000 guitaristes pour eux. J’exagère un peu pour cinq bassistes.

          Johann Berby
          Je vais avoir plus de boulot si je deviens bassiste que si je reste guitariste.

          Sunny Adroit
          C’est vrai, j’étais en formation à la base dans une école à Bordeaux, le SIAM En cursus, je ne sais pas si tu connais. En cursus, vraiment, la guitare, mais en cursus vraiment à la guitare. Mais quand même, j’avais pris soin de… Parce que justement, c’était en 2010, je venais de la réunion après le bac, je me suis dit « Tiens, je vais essayer de suivre un peu les pas des musiciens d’avant ». Je les appelle les tontons, les Médie Gerbils, les.

          Johann Berby
          Les amis.

          Sunny Adroit
          Pedro et compagnie. Et en fait, on était tous une bande de copains comme ça, partageant le même projet, c’est- à- dire venir se former en métropole, parce qu’à la réunion, il n’y avait pas encore d’infrastructure sérieuse, par rapport au Conservatoire, que j’ai fait aussi là- bas un an. Donc, je me suis retrouvé au Siam en guitare et justement, par rapport à la basse, juste avant de prendre l’avion, je me suis dit « À la c’était vraiment sur un coup de tête, il y avait une basse là, sur la commode de la chambre de mes parents et j’ai vu qu’il y avait une basse et tout. Vraiment, je serais même pas comment t’expliquer ça. Je l’ai vu comme ça.

          Johann Berby
          Non, mais je comprends l’appel de la basse.

          Sunny Adroit
          C’est ça, j’ai dit « Je prends ça au cas où ». L ui, il bossait depuis la maison, il me regarde comme ça, un peu au loin, comme ça, il me dit « Mais tu fais quoi ? » Je dis « Je prends la basse ». Il me dit « Mais c’est ma basse ». En fait, il m’a dit ça comme ça, mais pas en mode refus total. C’était genre « C’est ma basse, mais prends-la quand même ». Du coup, je l’ai prise comme ça. E n fait, je me suis retrouvé au Siam aux portes ouvertes, vraiment, tu sais, le les premiers jours, tu fais connaissance. Q uand tu fais la démarche de quitter ton île pour faire de la musique, t’as un objectif précis, donc tu fais beaucoup de sacrifices quand tu quittes ton île. Au niveau du mindset, c’est pas la même chose. Donc, je suis arrivé là- bas, j’avais pas d’appartement, donc il fallait tout faire un peu sur place. On était bien entourés. Et pourquoi je te dis tout ça ? C’est juste que je suis arrivé et là, j’ai envie de jouer avec mes copains et tout. Et en fait, il y avait beaucoup trop de guitaristes et il fallait attendre, attendre, attendre.

          Sunny Adroit
          Et je me suis dit « Vas-y, tant pis, je prends la basse ». Et j’ai pris la basse et ça a été un moment magique.

          Johann Berby
          Je ne retourne pas une seule semaine.

          Sunny Adroit
          Donc, il m’a fallu un an pour vraiment me décider. Et au bout d’un an après, je me suis dit « Tiens, je vais faire musicologie ». Je te donne des éléments de mon parcours comme ça, mais peut- être que je suis plus… Oui, mais super. Voilà, je suis à Toulouse. Musique portugaise à Toulouse.

          Johann Berby
          Une licence. Ça te sert encore le fait d’avoir fait musicologie ou pas du tout ?

          Sunny Adroit
          Absolument. Génial.

          Johann Berby
          Est- ce que tu pourrais nous expliquer ?

          Sunny Adroit
          Oui, oui. Ça me sert déjà à faire … J’ai fait de très, très belles rencontres de musiciens. Nous, c’était musicologie jazz, donc on avait régulièrement, une fois par semaine, des artistes, des master class, des rencontres avec des musiciens, notamment Jean-Marie Ekaï, André Ceccarelli, Mario Canonge, Michel Alibo, Dre quelque chose. Je n’ai plus les noms, mais il y en avait beaucoup en tout cas à l’époque.

          Johann Berby
          Je me.

          Sunny Adroit
          Suis imaginé. Juste avec ça, les artistes que je t’ai cités, j’ai eu la chance de jouer, d’être sur scène avec eux, vraiment je partageais un concert avec Jean-Marie et Caï. C’est pareil pour André Ciccarelli, on a pu avec un pote pianiste réunionnais d’ailleurs, Guillaume Ramay, on a pu justement faire un trio avec André Ciccarelli lors d’un festival Drone Summit à Toulouse, organisé par le gérant de l’école de batterie à Agostini. Je ne sais pas si tu vois.

          Johann Berby
          Oui, très bien. Je suivis un peu les méthodes.

          Sunny Adroit
          Oui, c’est ça. Tu as la méthode Agostini, justement. Et donc voilà, tu me poses la question de « Est- ce que ça me sert toujours ? » En fait, si tu veux, pour le carnet d’adresses, c’était énorme. Alors aujourd’hui, non, je joue pas avec André Cicarelli. Par contre, j’ai pu faire une remplaie au pied levé avec Mario Canonge. Je l’avais rencontré à la fac et en fait, il s’est rappelé de moi et ça s’est fait comme ça. Donc déjà, juste pour ça. Et ensuite, la seconde chose, quand t’es dans un environnement comme ça, il y avait une énorme émulation entre nous. De ce fait, Donc, c’est pareil pour le carnet d’adresses, le réseautage. Et enfin, les connaissances. Les connaissances parce qu’ il y avait… Tu arrives à la fac comme ça, tu te lances dans une licence comme ça et tu te dis « Tiens, il y a des partiels de standard, des standards de jazz ». Moi, je rigolais. Je fais « Ah ouais ». « Écoute, c’est parfait ». Tu vois, c’est pas des partiels de maths ou… Oui, oui, bien sûr. Mais c’est ou des histoires, des trucs comme ça. On avait quand même des cours pratiques et qui étaient quand même très bien coefficientés.

          Sunny Adroit
          Ça m’a beaucoup apporté d’un point de vue théorie et aussi pratique théologique. C’est ce que je peux dire au niveau de la fac.

          Johann Berby
          Excellent. Est- ce que t’as été, comme beaucoup de musiciens, ensuite sur Paris ? Parce que tout à l’heure, tu parlais de de Paris, de mafia.

          Sunny Adroit
          Oui, j’ai parlé de la mafia.

          Johann Berby
          Tu as évoqué ça ? Est-ce que tu as eu une ou des expériences à nous partager avec… Pas forcément une mafia en particulier, juste pour les anecdotes comme ça, mais nous partager ton retour d’expérience. Est- ce que tu as trouvé ça utile d’aller à Paris ? Quels ont été les avantages, les inconvénients ? Et pourquoi t’as plutôt choisi Toulouse, de rester sur Toulouse que de rester sur Paris ? Parce que j’imagine qu’il y a une raison forcément derrière ça.

          Sunny Adroit
          Oui, c’est vrai. Paris, pour synthétiser. Oui, c’est ça, parce que Paris, c’est toute ma vie. C’est juste pour dire que par rapport à la musique, vu que la musique, c’est toute ma vie. Avant de prendre l’avion pour quitter la réunion, la réunion avec un très bon ami, toujours le pianiste réunionnais dont je mentionnais tout à l’heure. Quand on a commencé la musique ensemble et on était beaucoup sur YouTube et on avait eu des infos les vidéos de jam sessions, des concerts, des choses comme ça. Et on passait nos nuits entières à regarder les jam sessions dans les clubs de jazz, le best des salés, pour ne pas le citer. Et puis voilà, on était vraiment les musiciens qui nous plaisaient beaucoup, notamment Lien Lehmart ou des gars comme ça qui étaient des gars des îles. Lien Lehmart, il est Mauricien, c’est vraiment un C’est ça. On se sent très proche de lui. Et en plus.

          Johann Berby
          À l’époque-Salut. Si tu nous.

          Sunny Adroit
          Écoutes.

          Johann Berby
          Au passage ? Je lui dois beaucoup aussi.

          Sunny Adroit
          Lien Lehmart, oui, c’est ça. La première fois que j’ai entendu son nom, c’était à La Réunion. À La Réunion, il faut savoir que j’étais très bien entouré. Et donc, on me dit « Oui, il y a un concert là à Saint-Pierre. » C’était au bateau à l’époque. Et voilà, assez jazz, Linae Mars et tout. » Je fais « Bon, OK, d’accord, j’y vais. » Je faisais encore de la guitare et tout. Je vois le truc en live comme ça, je fais « Ah ouais ». Le lendemain, j’ai dit « Bon, je vais faire de la basse, c’est sûr. » Ça, c’était le premier rapport avec Ninae Mars. Mais pour revenir justement sur Paris et tout, sur les vidéos YouTube, on faisait que des recherches comme ça et on voyait. Ça me plaisait beaucoup. Je trouvais ça très rigolo, je me dis « C’est marrant ». Et à ce stade- là, le fait de se dire que la musique puisse être un métier où je vais en vivre et tout, c’était vraiment à des années lumière. Pour revenir sur Paris, déjà, le premier rapport, c’est sur Paris, donc c’était un peu ça et c’était un peu l’El Dorado.

          Sunny Adroit
          Je me suis dit « Franchement, le jour où on n’ira jamais au Béziers Salé avec les Vicaro et compagnie, ça va être de la folie, les Damien Schmidt et tout. Et donc, pourquoi Toulouse ? Du coup, moi, j’ai quand même un an à Bordeaux. Je me suis dit si je vais à Paris directement comme ça, ça va pas être cool parce que j’ai commencé l’ASIC et il me fallait vraiment que je me forme et je me sentais pas d’aller directement sur Paris. Et l’idée, c’était que justement, quand j’ai formulé mon projet pour venir me former en France et justement choisir la ville, en fait, j’étais pas tout seul. Franchement, on était une dizaine de réunionnaires à avoir le même projet. Et je me suis dit « L’union fait la force ».

          Johann Berby
          Exactement, on va plus loin ensemble. Voilà, c’est ça.

          Sunny Adroit
          Et on avait le même projet commun et je me suis dit « Bon, on y va. Moi, je vais pas être seul et on va se tirer vers le haut ». Et c’est exactement ce qui s’est exactement produit. On se dit qu’il faut être là au bon moment.

          Johann Berby
          C’est super intelligent. Moi, quand je suis allé à Paris, justement, t’as cité plein de musiciens, Nicolas Viccaro, Damien Schmidt. Je les connais super bien parce qu’on a tous démarré en même temps à Paris. On jouait tous ensemble au Béziers Salé, mais surtout notamment au Cavo des Oubliettes à l’époque. On était tous fourrés là- bas et puis de temps en temps, on faisait des jam sessions chez Damien, parce qu’il avait déjà acheté son premier appartement avec sa cave et tout ça, aménagé. Et on jouait aussi avec un batteur, je ne sais pas si tu le connais, qui s’appelle Yoann Schmitt, qui est du Nord comme moi. On était une section ensemble, on jouait avec ses parents et lui. On faisait du bal ensemble pendant des années.

          Sunny Adroit
          Étonnant. Bien sûr que si.

          Johann Berby
          Parce qu’ on s’est formé au même conservatoire à l’ENM de Valenciennes. Et Yoann bossait la contrebasse basse avec mon sensé à la contrebasse, feu Charles Kless. O n avait des cours en commun de contrebasse et puis on se partageait des trucs de batterie. C’est pour ça que je connais très bien tous les trucs d’ Agostini, puisque j’ai vu Yoann en bosser et tous mes amis batteurs. Moi, je transposais ça à la basse à l’époque comme un fou, les Paradidoles, les moulins, tout ça, comme un fou, parce que je suis en rythmicien, j’adore le rythme, tout ça. Mais en fait, c’est là où je voulais en venir, parce qu’il s’agit de toi, c’est que le fait de venir à plusieurs, c’est vraiment très intelligent parce qu’effectivement, tu as dit, c’est bien d’être tiré vers le haut. Effectivement, il y a aussi, il faut en parler et j’aime bien en parler aussi dans les conversations, parce que je prône la transparence, il peut y avoir de temps en temps des personnes ou des environnements un peu toxiques. Si on peut se créer son cocon de positivité, d’être avec une bande de potes avec qui ça se passe super bien, franchement, c’est génial.

          Johann Berby
          Ça vaut tout l’or du monde. C’est même plus intéressant que d’être famous ou d’être populaire ou d’avoir la hype, parce que tu fais un travail sur le long terme et ça, c’est génial, donc bravo.

          Sunny Adroit
          Oui, c’est ça. C’est exactement ça. J’ai applaudi ton courage. C’était un début de mafia, pour revenir sur le.

          Johann Berby
          Truc de la mafia. Oui, c’est ça. Oui, parce qu’effectivement, pour rebondir là- dessus, effectivement, sur la mafia, il y a plusieurs réseaux dans Paris et moi, c’est un peu ce qui me a soulé, qui fait que je suis allé voir ailleurs et que j’ai développé ma carrière internationale de mon côté. J’ai mis Paris de côté le jour où j’ai décidé que j’en avais marre, justement, de ces clubs de jazz, que je ne voulais pas faire ça de toute façon. En plus, je t’ai tombé dans ce milieu- là parce qu’il n’y avait que ça à l’époque, parce que moi, je viens du nord de la France et que si tu ne fais pas ce que les gens attendent de toi, on ne t’appelle pas aussi. Il y a ce côté- là, en fait, qui est un peu cruel quand tu veux te professionnaliser, c’est- à- dire que si tu ne fais pas ce que les gens attendent de toi, on ne t’appelle pas aussi. Il y a ce côté- là, en fait, qui est un peu cruel quand tu veux tefaire voir dans les clubs de jazz et que tu n’aimes pas le jazz, qui était un peu mon cas, complètement mon cas, je ne suis pas un jazz man et tout ça, si tu ne joues pas ces musiques- là, tu es un peu vu comme quelqu’un d’inférieur.

          Johann Berby
          Et ça, c’est un peu des dénigrants des fois, alors que tu as plein de choses à proposer. Tu vois là, tu es peut- être un super compositeur, un super arrangeur, un super chanteur, un super groveur ou improvisateur, etc. Mais si tu ne joues pas d’une certaine manière, on ne va pas t’appeler, tu ne vas pas pouvoir rebondir après sur des geeks de variété, des geeks de ceci, des geeks de cela. C’est pour ça que je pense que c’est que c’est vraiment super intelligent ce que tu as fait et c’est en plus exactement ce que je recommande à chaque fois. Si vous pouvez venir en groupe ou être dans un environnement, comme tu l’as très bien intelligemment dit, qui va te tirer vers le haut, pour aller plus loin, tu as déjà gagné. Ça, c’est super. Moi, ce que j’aimerais, c’est que tu nous expliques pourquoi ton papa a une basse. Est- ce que tu es issu d’une famille de musiciens professionnels, amateurs, amoureux de musique ? J’aimerais en savoir un peu plus, s’il te plaît.

          Sunny Adroit
          Oui, c’est ça. Je suis issu d’une famille de musiciens. Ils ne seront pas dans l’Orchestre du Capitole. Il n’y a pas de besoin. En fait, mon père est lui, il est musicien d’église.

          Johann Berby
          Waouh, chouette.

          Sunny Adroit
          Voilà, donc lui, depuis l’âge de 16 ans, il fait de la guitare et il fait du synthé. Il n’aime pas quand je dis qu’il fait du piano, il dit « Non, je fais du synthé, donc je te respecte.

          Johann Berby
          » « OK, coucou, bonjour à ton papa.

          Sunny Adroit
          » C’est ça, il le verra, je pense. Et voilà, vu qu’ils sont croyants, mes parents, les dimanches à l’église, ma mère a chanté. Moi, j’y étais aussi. Par rapport justement à la famille de musiciens, il y avait toujours de la musique à la maison. À la maison ? C’était plutôt une connotation religieuse, mais ça reste de la musique. Et puis mon père, lui, il jouait aussi à l’église. Il y avait des concerts, des choses comme ça et des répétitions, notamment. Et j’ai des souvenirs, justement, quand il partait moi, je voulais partir avec lui. Alors que moi, à l’époque, je faisais pas du tout de musique. J’ai toujours fait du foot. J’ai fait dix ans de foot. Et voilà, donc par rapport à cette histoire de basse, justement, j’ai posé la question, j’ai dit… Parce qu’il y a une anecdote, c’est marrant, parce que justement, quand j’ai commencé à faire de la basse et je commençais à publier des vidéos, mais bien avant Instagram et tout. J’avais commencé à publier des vidéos comme ça. Et mon père, à un moment donné, il s’est inscrit sur les réseaux sociaux et il a mis un commentaire, mais juste un commentaire comme ça.

          Sunny Adroit
          Je ne sais plus exactement, genre « C’est ma basse » ou un truc comme ça. Je t’ai eu mort de rire, tu vois, ce n’est même pas genre « Salut », c’est genre « C’est ma base ». C’était genre trois ans après mon départ. Je revenais au pays au moins une fois par an. Le gars, il a eu ça, moi, j’étais mort de rire. Pour revenir sur cette histoire de base, j’ai posé la question, j’ai dit « Oui, mais pas sur les réseaux, bien évidemment. Bien sûr. Quand je vais pas se l’appeler pour échanger. Je me suis dit, mais cette basse-là, il me semble que ça faisait un moment, elle était tout là-haut.

          Johann Berby
          Poussiéreuse et tout. Ouais. C’est ça, elle prenait les toiles d’araignées.

          Sunny Adroit
          Ouais, exactement. Et tout. Et j’ai dit, mais toi, tu utilises pas la basse ? Et il me dit, oui, non, mais c’est vrai. En fait, je l’ai acheté juste pour jouer pour un mariage. Donc voilà, c’est par rapport à mon père et la basse, c’est la basse. Après, il fait de la basse. En fait, lui, il fait un peu de tous les instruments. Il fait de la batterie aussi. Ouais, chouette. Il vient de cette école- là.

          Johann Berby
          C’est ce qu’il faut de toute façon. C’est le bon état d’esprit. Touche à tout.

          Sunny Adroit
          Oui, c’est ça. Donc, par rapport à la famille de musiciens, tu fais je veux. Que ce soit mon père ou ma mère, il y a toujours eu un environnement- Encouragé. Ouais, encouragé. Ma mère, je me rappelle, elle a six ans, sept ans, elle est venue à la maison, elle m’a demandé quel instrument je voulais faire. J’ai dit « Moi, je vais faire de la batterie ». Elle va m’inscrire en batterie, elle vient à la maison et je lui ai dit « C’est bon, t’es inscrite en batterie ? ». Je lui ai posé la question « Est-ce qu’il y a du solfège ? ». Elle me dit « Oui » et en fait, j’ai jamais voulu y aller. C’est un peu what the fuck, mais tout ça pour dire que oui, l’environnement musical était très présent. Moi, je faisais les chorales. Je touchais toujours à la guitare petit, même si je savais pas comment jouer. Mais je me rappelle encore l’odeur du bois de la guitare acoustique. Tu mets la rosace et tout, c’est ça.

          Johann Berby
          Génial, mortel. T out à l’heure, tu as évoqué Instagram. J’aimerais qu’on puisse en parler un petit peu, parce que tu fais de la pédagogie, si je dis pas de bêtises. Correct ? Oui, c’est ça. Comme dis- moi, if I am wrong. Est- ce que tu peux nous expliquer ton attirance, ton amour pour la pédagogie ? Comment t’as été amené à ça ? Et est- ce qui te passionne vis- à- vis de ça ?

          Sunny Adroit
          Oui, bien sûr. Moi, je viens de loin par rapport à ça. Par quoi débuter ? On va peut- être débuter par quelque chose d’un peu marrant, c’est que c’était ça vers 2015-2014. Moi, le but du jeu avec des potes, avec un pote en particulier, c’était « Je quitte la réunion, on va se former en musique ». Lui, il est parti directement à Toulouse. Moi, je lui ai dit « Je te rejoindrai à Toulouse, mais toi, tu as les droits. Il était au lycée, il était en L, option musique, alors que moi, rien à voir, vraiment rien à voir. Et je dis « Bon, toi, t’as déjà des connaissances, tu prends des cours et tout ». Moi, je connais rien. Je suis une bi en théorie. Je viens tout juste de me lancer. Je me forme un an, je mets le paquet et puis je te rejoins à Toulouse et voilà. Donc je l’ai rejoint à Toulouse et en fait, on était tout le temps ensemble. Et lui, son projet, c’était, il fait la fac, la licence de jazz et le conservatoire en même temps. Et ensuite, quand il a fini ce cursus- là, il switche pour faire le diplôme d’État, pour passer le diplôme d’État en jazz.

          Sunny Adroit
          Et après ça, on switche, on monte sur Paris, on va passer notre certificat d’aptitude, le CA. Pour ensuite, une fois qu’on a fait tout ça, revenir à La Réunion et enseigner au Conservatoire à Saint-Pierre, là, sur le pont de mer, manger des samosas. C’était ça, en fait, notre projet de vie.

          Johann Berby
          Super projet de vie, je valide. Surtout la fin, manger des samosas.

          Sunny Adroit
          Exactement, parce qu’en fait, on était au Conservatoire à sa pierre et à chaque fois, on avait notre prof, Philippe Arias-Kawa, prof de basse, super gars. Lui, c’était notre prof et il était posé. Il jouait monstrueux, il venait de nous donner des cours, il était très inspirant. Par rapport à la pédagogie, moi, je me suis dit « Tiens, ça me plaît ce projet, on est ensemble de toute façon ». Je me suis dit « Si je vais passer mon DE, mon CA, ça ne m'empêchera pas de faire de la musique à côté ». Par rapport à la pédagogie, moi, je suis allé par rapport à ce projet- là, qu’est- ce qui s’est passé ? J’ai fait la licence, j’ai eu mon prix de conservatoire. J’ai été pris à Opal Sup à Toulouse, à Lisdedat, et on était dans la même classe. Ça se passait bien. Mais, au bout de trois ou quatre mois, moi, je ne suis pas très « école », même si j’ai des facilités, entre guillemets. Ça ne me penche pas trop d’aller en cours et tout. Surtout, ça dit « il faut rédiger à mémoire ». Je fais une petite parenthèse, mais justement, l’apprentissage que j’ai eu, le rapport que j’ai eu justement avec l’apprentissage de mon instrument, ça a été quelque chose d’assez rapide, un peu dans l’urgence et très YouTube.

          Sunny Adroit
          C’était sans arrêt YouTube, les sessions avec les copains. Après, j’ai eu comme un peu de dans les écoles, musicologie et conservatoire, mais j’ai énormément appris sur YouTube.

          Johann Berby
          Ça, YouTube, c’est des trucs-là. Et ça, je veux dire, on est déjà dans le futur. Je fais une petite parenthèse, je me permets peut-être un petit peu. Je dis souvent quand je fais des constructings business, tout ça, parce que je fais ça aussi à côté avec GURVEL & KUPEC, que ce soit pour des artistes ou des choses qui n’ont rien à voir avec la musique, c’est que si tu n’es pas sur Internet aujourd’hui, tu es mort. Parce qu’ Internet, on est co-commencement, mais ce qui arrive d’ici 2030, c’est les hologrammes avec l’intelligence artificielle, les clones de toi- même. Même moi, je suis en train de me former en ce moment là- dessus pour avoir des clones de moi- même pour faire des lives. C’est comme moi. C’est un clown de moi, mais en hologramme qui fait des lives 24/7 à ma place sur les réseaux sociaux. C’est ça l’avenir, c’est qu’ on doit trouver des manières alternatives de donner accès à l’information. Après, chacun fait sa méthode. Ça peut être de manière ludique, de manière fun, etc, mais en tout cas, d’utiliser ces canaux- là et de ne plus se limiter à « Il faut venir en présentiel uniquement dans mon école du lundi au vendredi de 8h00 à 16h00.

          Johann Berby
          Sinon, vous ne pouvez pas avoir…

          Sunny Adroit
          C’est pas qu’elle ait révolu.

          Johann Berby
          C’est ça. J’ai fini ma petite parenthèse.

          Sunny Adroit
          C’est super intéressant. Ouais, c’est intéressant et ça rejoint un peu ce vers quoi je voulais aller. Je t’ai expliqué par rapport au rapport que j’ai avec la pédagogie. Je te disais, moi, c’est YouTube, YouTube, YouTube et en fait, ça fonctionnait beaucoup. Ça marchait bien sur à moi. Et donc, il y avait une grosse dissonance par rapport à la pédagogie parce que moi, j’avais un discours « les profs, ça ne sert à rien ». Alors que justement, j’allais justement me former DE de jazz, je fais la pédagogie et tout. Et moi, tout de suite, « les profs, ça ne sert à rien ». Mais ce n’était vraiment pas du tout par arrogance ou quoi.

          Johann Berby
          Que ce soit. Non, c’est ton côté rebelle réunionnais, c’est tout. Je me reconnais un peu dans ce.

          Sunny Adroit
          Que tu dis. Oui, parce que je me suis quand même pas mal débrouillé avec YouTube, comme je disais précédemment, sur le terrain, des choses comme ça. Et même, on peut être autodidacte et engranger des connaissances. Parce qu’en fait, on a souvent de l’autodidacte qui ne sait pas ce que c’est qu’un solmineur sept quarts de bémol, alors que…

          Johann Berby
          Parce qu’on n’en est pas d’accord.

          Sunny Adroit
          Les gens se disent « Moi, je suis autodidacte. » Alors oui, il y a 20 ans, la formation était peut- être moins accessible.

          Johann Berby
          Je suis entièrement d’accord, complètement.

          Sunny Adroit
          Une espèce de mérite d’être autodidacte maintenant. Tu dis « Tu es autodidacte. Pour revenir à mon rapport à la logis, comment j’ai le switch ? Par curiosité, j’ai quand même fait quatre mois pour le DE. J’ai interrompu cette formation- là parce que j’avais commencé à avoir beaucoup de doublons au niveau de l’agenda, parce qu’au niveau de la carrière professionnelle, j’avais des résidences, des concerts, des tournées, des propositions comme ça. Il fallait faire un choix. Et je me suis dit « Tiens, là, de toute façon, en ce moment, ce que je suis en train de voir en formation, déjà, je donne pas de cours, je n’ai pas de cours. Très, très peu. C’était vraiment en époutique. » Je me sentais pas du tout connecté avec le contenu de la formation, parce qu’en fait, en fait, souvent, t’avais le type de profil des gens qui donnaient déjà des cours, une certaine expérience, qui mettaient justement en relation les connaissances. Et je trouvais ça génial. Sauf que moi, en fait, j’étais déjà dans un truc où ça ne sert à rien les cours. Et j’ai essayé justement de trouver justement une porte de sortie, mais de me dire.

          Johann Berby
          «.

          Sunny Adroit
          Tiens, les profs c’est utile et tout. » Et je l’ai eu ce déclic. Donc j’ai respiré, je me suis dit « De toute façon, je le passerai en V. A. E. Ou un truc comme ça. J’ai le temps. De toute façon, j’ai mon DEM, donc après rien ne m'empêchera de revenir vers cette formation, le diplôme d’État.

          Johann Berby
          Oui, de toute façon, tu es libre d’évoluer comme tu veux. Ce que j’entends par là, c’est que ton projet initial d’aller manger des samosas à Saint-Pierre sur la plage en étant prof, peut- être un petit peu différent dans le sens que tu manges toujours des samosas à la plage, mais sauf que, au lieu d’être prof, tu es musicien de session à La Réunion ou à Toulouse ou n’importe où, ou à New York, parce que tu apportes une valeur, une vision qui est complètement différente de ce qu’on a l’habitude de voir et d’entendre. Moi, je sais que je suis aussi dans une démarche comme ça. C’est pour ça que tout ce que tu dis, ça me parle et on va rester en contact. Merci. Voilà. Mais parce que c’est sûr, au bout d’un moment, si tu fais que des études, tu ne fais qu’engranger de la connaissance et que tu n’as pas le temps de mettre une toute petite partie de ta connaissance en application sur le terrain, au final, moi, je donne toujours l’analogie suivante, c’est comme connaître 100 000 recettes de cuisine, mais quand tu cuisines un truc, c’est fade. Je préfère quelqu’un qui sait faire qu’un couscous ou un rougail saucisse ou peu importe ce que tu veux en Colombo.

          Johann Berby
          Il sait cuisiner qu’un plat, mais quand tu ouvres la porte et que tu rentres chez lui, t’es déjà rassasié par l’odeur et par ce qui se passe sur la table et tu sais que tu vas passer un bon moment.

          Sunny Adroit
          C’est une belle image.

          Johann Berby
          L’idée, c’est ça. Quand t’es musicien, des fois, vaut mieux connaître un peu moins, mais tu dégommes, tu défonces dans ce que tu fais. Tu maîtrises « you know what you’re talking about », que d’être un grand théoricien. C’est bien, t’as la validation des autres, de tes pairs, tout ça, mais t’es un peu moins efficace, moins efficient après, parce que là, c’est encore un autre niveau, l’efficience, dans ce que t’as envie de partager, de promouvoir avec ton instrument ou tes instruments. Je pense que c’est un bon choix. C’est l’avenir qui nous le dira. Il n’y a que toi, de toute façon, qui peut déterminer si c’est un bon choix ou pas d’avoir mis ça un peu de côté par.

          Sunny Adroit
          Rapport au fait que- C’est ça, carrément. La question de choix, je discute souvent avec les musiciens et tout. Moi, je pense que j’aime bien discuter parce que justement, quand t’ apprends la musique ou quand t’es dans ce domaine- là, tu vas parler de musique, instruments, de des choses très terre à terre. Et en fait, sur Toulouse, moi, j’ai eu la chance de rencontrer un très bon collègue, ami, une très belle personne, musicien aussi, qui s’appelle Yoann Danier. Je dis que c’est mon batteur, mais il ne m’appartient pas, mais en fait, malgré nous, quand on se retrouve, c’est l’aimant. C’est deux aimants et ça colle à tous les niveaux. Et lui, justement, il m’a beaucoup parlé de choix. Il y a aussi la question du flair. Quand t’es musicien, il faut avoir le bon flair et Yoann, il m’a beaucoup aidé. Pourquoi je le mentionne ? Parce que justement, dans cette période où, justement, j’étais appelé pour des tournées, des choses comme ça. J’ai dû faire un choix. Yoann, je discutais beaucoup avec lui et justement, il m’a dit « À un moment donné, il faut faire des choix. » Ça me paraît un peu un peu de fad de se dire « Tiens, on fait des choix » parce que la vie, c’est que des choix, mais ça a pas mal résonné.

          Sunny Adroit
          Parce que lui, justement, lui, par rapport à… Il était au même endroit au même moment. Sauf qu’il avait choisi une autre voie. Lui, pour lui, c’était clair, il voulait devenir musicien professionnel. Direct. Il voulait pas faire de formation, des choses comme ça. On est toujours en contact d’ailleurs. Lui, il développait le savoir- être, le savoir- faire. Le savoir- faire quand t’es musicien professionnel. Et aussi le flair. Le mot flair, c’est essayer d’être là au bon moment, essayer de faire le bon choix. Parce que justement, à ce moment-là, l’intuition, les intuitions. Exactement, c’est ça. C’était une petite parenthèse par rapport à ça. Si j’avance par rapport à la pédagogie, j’ai eu une période où je n’avais que de la zik, j’étais pas en mode études et j’ai bien aimé et c’est d’ailleurs à ce moment- là où je me suis professionnalisé vraiment, les premiers cachets et tout. Et à un moment donné, j’ai une proposition d’être prof au CFPM, Centre de Formation Professionnelle Musique, sur Toulouse. Ça s’est fait comme ça parce que sur les réseaux, sur Instagram notamment, je balançais beaucoup de… Je tissais ma toile, mais un peu de façon non volontaire. C’était pas calculé.

          Sunny Adroit
          J’évoluais avec mon environnement et je trouvais ça juste normal. D’ailleurs, peut- être qu’on pourra en discuter justement par rapport aux outils, les vidéos, à quoi ça sert, etc, dans la pédagogie et même quand t’es musicien profilé professionnelle, la vitrine et etc. Mais du coup, par rapport à la pédagogie, je me suis dit « Tiens, c’est pas beaucoup d’heures, c’est à côté de chez moi. » C’est vraiment à côté de chez moi. Et dans un premier temps, c’était pour des cours de basse. Je me suis dit « Tiens, je vais faire mes armes » parce que moi, j’ai toujours voulu. J’ai essayé de donner des cours. Moi, je suis avec une femme qui est prof de piano, qui m’a beaucoup appris. Le problème, c’est que j’arrivais pas à tenir mes élèves. C’était des cours à la carte, des s. Si ils venaient déjà, moi, j’étais content. Je me disais « Tiens, ils sont venus ». Il est venu. Il y avait beaucoup de déprogrammation. Je n’arrivais pas à trouver un cadre, une structure, un mode de fonctionnement qui faisait que c’était « win-win ». Et donc, dans cette école- là, j’ai commencé à donner des cours de basse et rapidement, ça a matché.

          Sunny Adroit
          Il m’a donné… Je me suis dit « Moi, je peux faire des cours d’atelier jazz ». Donc là, je me suis retrouvé avec une dizaine d’élèves comme ça. Et je lui ai proposé un atelier de jambe aussi. Parce qu’en fait, moi, je faisais énormément de jazz et dans les jazz, je voyais les gens et entre ceux qui n’étaient pas du tout à l’aise, mais qui étaient bons… Tu vois, ceux qui étaient bons et qui étaient… Comment rester diplomate ? Pas futé. C’était tout un environnement, la jambe. Et je me suis dit « Si tu prends l’objet de la jambe, si tu le prends du bon côté de la chose… » Moi, j’ai appris la musique comme ça. Je ramenais ma guitare, justement, au lycée et du coup, c’était la jambe. Vraiment, en feu de camp, sur les plages et tout. C’est ça, les gars. Ouais, mais exactement ça. Et on se montrait les choses. Je me rappelle, moi, je faisais que des accords barrés, ça me casse les doigts. Et un mec qui m’a dit « Tiens, pourquoi tu fais pas cet accord à trois sons, là ? C’est très soul, jazzy. J’ai appris des trucs comme ça, mais en un claquement de doigts, je me suis dit « C’est trop bien le partage.

          Sunny Adroit
          » Donc pour moi, la jambe, c’est synonyme de partage. C’est pas que ça. Exactement. Ça peut être où il peut y avoir des requins avec des crocs, il y en a qui mordent. Mais j’ai été à l’atelier de jambe et l’objet, c’était « Comment avec la jambe, comment tu les élèves ? » Parce que c’est un cursus au CMP, t’as des cours de FM, des cours de rythme, des cours de piano, etc. Mais quand t’ arrives en jambe, comment tu peux connecter les connaissances que tu as pu avoir dans d’autres matières et que tu arrives en jambe ? Comment tu peux essayer de faire un va- et- vient et essayer de créer une espèce de cercle vertueux ? C’est- à- dire, nous, quand j’étais à la fac, c’était assez simple le schéma. Le matin, tu te réveilles, tu vas en cours et après les cours, tu vas faire une session, une session en petit comité. Et après, le soir, tu vas jammer. De toute façon, il y a une jam tous les soirs et tu vas jamber. Et en fait, à la jam, déjà, t’as l’aspect social, ça te sort un peu de ta zone de confort. Et surtout, la jam, c’est pas que ça, mais tu peux quand même tester des choses.

          Sunny Adroit
          Et du coup, tu ramènes des copains et après plus le carnet d’adresses, etc. Et voilà, l’atelier de jazz… Jam, pardon. Je crois que je faisais jazz, jam et tout. L’atelier de jam, c’était ça le but et ça a bien fonctionné. C’est toujours d’actualité. C’est juste l’année dernière, j’avais un peu freiné au niveau du volume hebdomadaire par rapport aux cours que je donne là- bas. Et donc, par rapport à la pédagogie, ça a été un genre de déclic, parce que je me suis dit « Tiens, en fait, c’est cool la pédagogie ».

          Johann Berby
          Quand tu trouves ta propre voie, ouais, complètement.

          Sunny Adroit
          Exactement. Ça a été les prémices. Après, bien évidemment, par rapport à ce qu’on peut voir sur Instagram, les vidéos virales que je peux faire et tout, ça, c’est encore un « step après », si je peux dire, dans le sens où moi, j’étais dans Toulouse, hyper centre, il y a eu le Covid. Du coup, il y a eu le Covid, nous, à la maison, on a fait plein d’enfants et on s’est dit « Bon, on ne va pas rester en plein centre- ville pour les enfants, on va s’excentrer un peu. » Du coup, on s’est avancé, on s’est excentré un peu de Toulouse, vraiment à la campagne. Et donc là, pendant le Covid, il y a eu vraiment une explosion par rapport aux cours en visio, des choses comme ça. Déjà, mon école à moi, en fait, à mon école à moi, l’école dans laquelle je travaille, le CFPM, ils m’ont demandé de quand même assurer les cours, mais en visio. Donc, il fallait trouver des solutions parce que moi, c’était un cours d’atelier pratique en visio. Je me suis dit « Bon, je vais essayer de trouver des solutions », chose que j’ai faite.

          Sunny Adroit
          Et en fait, par rapport à la pédagogie, par rapport aux contenus que je peux proposer aujourd’hui, ça vient un peu de là. Il y a eu eu le Covid et après le Covid, je me suis dit « Mais là, en fait, les gens, ils sont dans le truc. Ils ont gardé les réflexes qu’il y a des choses qui fonctionnent à distance. Et je vais… Il ne faut pas que je me rate. Je vais profiter entre guillemets de l’après Covid. C’est- à- dire que les gens, en fait, ils sont… Il y en a qui ont acheté des webcams parce qu’il fallait absolument faire du télétravail. Ils sont équipés, tu vois, avec cartes sons et des choses comme ça. Et je me suis dit « Tiens, je vais proposer ça ». Mais ça a été fait un peu de façon un peu non structurée. Là, aujourd’hui, j’ai envie de structurer davantage et d’en faire un business. Mais c’est vrai que c’était vraiment un tâton. C’était du cadre du loisir, entre guillemets. Je me suis dit « Tiens, quand j’arrive à la maison, je fais ça ». Donc voilà, par rapport à la pédagogie.

          Johann Berby
          D’accord. Et du coup, est- ce que tu as créé ta propre école en ligne ou tu continues de travailler pour le CFPM ? C’est ce que tu as dit tout à l’heure, si j’ai bien mémorisé. Oui, c’est ça. Cfpm, c’est ça, oui. Cfpm, OK. J’avais peur de me tromper. Est- ce que tu fais les deux en même temps ? Comment ça se passe ?

          Sunny Adroit
          Le CFPM, moi, là, je suis toujours au CFPM parce qu’on a trouvé un arrangement, parce qu’il y a des locaux et du coup, on s’est arrangé et je peux donner quelques cours en visu… Pardon, en visu, mais en présentiel.

          Sunny Adroit
          Voilà, exactement, à mon compte.

          Johann Berby
          Donc.

          Sunny Adroit
          Voilà, on s’est arrangé comme ça et justement, par rapport à mon école, c’est un cours de création. Il y a déjà des choses qui sont en ligne. J’ai appelé ça la Sun Bass Cool. Je ne sais pas si ça va être définitif. Oui, c’est ça. Parce que hier, justement, avec un collègue, on mais c’est une petite anecdote très, très rapide. Mais justement, on était en déplacement et voilà, retard d’avion, deux ou trois heures. En fait, tu passes toute la journée à l’aéroport. Et en fait, quand c’est comme ça, de toute façon, c’est pas hors sujet parce que c’est un peu justement dans la pédagogie, le fait de travailler à distance. Et en fait, moi, justement, la petite parenthèse que je veux faire, c’est que déjà, en fait, dans ce moment d’attente, une journée dans l’aéroport, j’exagère à peine, c’est que du coup, la discussion, j’étais avec un seul collègue parce que les autres collègues, ils partaient ailleurs. Nous, on rentrait à Toulouse et du coup, on était dans une joie quand même. On était à Valais chanteur, il y a des coachs vocals et tout. Pourquoi pas des coachs piano, coach basse, coach guitare ? Tu vois, des trucs comme ça.

          Sunny Adroit
          Du coup, je me suis dit « Mais c’est quoi la différence entre coach et prof ? » On était dans les trucs comme ça. C’est pas du tout pareil.

          Johann Berby
          Oui, c’est ça.

          Sunny Adroit
          Mais du coup, nous, on était comme ça, à moitié en train de rigoler, genre « Ouais, c’est quoi le truc ? » Donc là, je fais une petite recherche B2B. « Coach, c’est quand t’as un objectif, tu prépares pour une audition, c’est comme une compétition, coach de sport », un truc comme ça. On n’a pas plus creusé que ça, mais c’est juste pour te dire que Et puis, à un moment donné, mon pote qui me sort, justement, j’ai dit « Coach de basse, ça claque pas », parce que coach vocal, c’est deux mots, coach vocal. Et puis, je lui ai dit « Coach de basse », le deux, ça me gêne ». Et puis, il me dit « Ouais, coach basse », je dis « Ouais, je sais pas ». Donc on était dans ça et puis finalement, on a trouvé un truc, un nom trop bien, ça n’a rien à voir avec « coach », avec les fréquences et tout, trop bien. Donc justement, je me suis dit « Mais ça déchire et tout », on a fait le logo et tout, et tout de suite, c’est parti comme ça. Et donc, par rapport au nom de l’école, c’était une petite parenthèse.

          Sunny Adroit
          Là, pour le moment, c’est Sun Bas School, mais il y a de fortes chances que ça change d’ici peu. De toute façon, là, je suis en train de structurer ça pour petit à petit. C’est juste le temps qui me manquait parce qu’il y a eu la saison d’été et justement, je parlais de moments d’attente lorsque je vais faire des prestations, des choses comme ça. En fait, là, je suis rentré justement dans un groupe d’événementiel où on est tout le temps en transit, on est tout le temps en déplacement, parfois, on ne rentre pas forcément à la maison, on est dans des hôtels. Il y a beaucoup de moments d’inertie On appelle ça les moments de flou. Tout le monde est là.

          Johann Berby
          Mais- Je connais.

          Sunny Adroit
          Je me suis dit… C’était une composante, pour moi, c’était assez nouveau. Après, dans la ZIG, je me suis dit « Attends, ne serait- ce que pour les balances, des choses comme ça. » Mais là, ça passe à un stade au- dessus. Le fait d’être souvent- En déplacement.

          Sunny Adroit
          C’est ça. Ça multiplie les risques d’ imprévus, des choses comme ça. Je me suis dit « C’est soit ça ne me correspond pas et je ne fais pas ce métier- là, ce truc exactement- là, soit ça me va et j’essaie de conjuguer avec. Je me suis dit « Ça tombe bien, j’ai des choses que j’aimerais développer à distance comme ça, notamment les cours en visio à distance. Je parle de cours. Je me suis dit, mais en fait, si on part dix jours comme ça et qu’on a des jours off, pendant les jours off.

          Johann Berby
          Je rentabilise mon temps. Tu rentabilises ton temps.

          Sunny Adroit
          Voilà, c’est ça. Je rentabilise mon temps. C’est-à-dire pour pas dire « Je vais gagner du fun ». C’est ça, en fait. Je rentabilise mon temps.

          Johann Berby
          C’est les deux, c’est un ensemble, c’est.

          Sunny Adroit
          Tout ça. C’est exactement ça. Je me suis dit parce que sinon, je vais mal le vivre. J’aurais l’impression de perdre mon temps, ce qui n’est pas juste une impression.

          Johann Berby
          C’est la vérité. Moi, je l’assume encore plus et je suis un peu extrémiste vis- à- vis de ça pour être passé par là. Moi, avant l’âge de 30 ans, j’ai fait quatre tours du monde et au bout d’un moment, je me suis posé la question, je me suis dit « Johan, c’est mignon, c’est cool. Tu as réalisé plus que ce que tu aurais pu rêver dans ta vie. » J’ai pu remplacer l’hymne sur plein de trucs, des choses comme ça ou rencontrer des gens comme rencontrer Richard Bonnard, faire plein de choses. Je n’aurais jamais cru faire ça de ma life. Je me suis dit « J’ai de la gratitude, merci l’univers, mais maintenant, est- ce que tu vas faire ça toute ta vie ? Est- ce que tu t’imagines à 60 ans, monter dans un avion encore, même si les conditions sont géniales ? Moi, je n’ai jamais fait de tourner dans un van, des trucs comme ça. Je n’aurais jamais fait de toute façon. J’ai mon standard. Je me suis toujours imposé ça, mais je me suis dit même si tu gardes ton standard, ton minimum de cinq étoiles, etc, est-ce que tu t’imagines à 60 ans toujours faire ça ?

          Johann Berby
          Et la réponse est que c’était « hell no » et c’était un big no. Donc je me suis dit « qu’est- ce que tu fais maintenant ? » Et l’idée, en fait, c’est de ne pas culpabiliser, de ne pas avoir honte, de dire « OK, je suis musicien, je suis aussi un businessman, je suis un homme d’argent et c’est normal que je veuille rentabiliser mon temps, mon énergie parce que ce sont des ressources qui sont limitées. » Et à la fin, il y a une chose qui est garantie, ça s’appelle la mort. Maintenant, qu’est- ce que je fais avant que ça arrive ? J’utilise mon temps intelligemment, de la manière la plus honnête avec ce que je suis, les choses avec lesquelles je suis alignée. C’est pour ça que ce que tu dis, ça me parle, ça résonne et je t’encourage justement à aller davantage là- dedans et de te dire comme ce que tu viens de dire, c’est- à- dire que t’es en tournée, on a beaucoup de temps qui sert à rien, disons- le franchement, ça sert à rien. Tu vois, tout ce temps d’avion, comment tu peux rentabiliser ça ? Si c’est pour créer un business, pour créer ton école ou alors, je ne sais pas moi, level up tes connaissances ou des compétences sur des choses même qui n’ont rien à voir avec la musique, mais qui te permettront d’avoir un meilleur épanouissement dans ta vie, fais- le.

          Johann Berby
          Parce que c’est vrai qu’en tant que musicien, moi je regarde en tout cas, je vais parler de mon expérience, je me permettrais pas de le dire, mais le temps est extrêmement mal utilisé. C’est du gâchis, c’est un truc de fou. Et je me suis toujours promis qu’il était hors de question que ce soit mon standard, ça aussi. Que les gens fassent ce qu’ils veulent dans leur coin, ils acceptent, c’est OK, mais c’est leur vie. Mais c’est important de se dire « Tiens, moi, mon standard l’air, il est là. Qu’on ait des enfants ou pas, c’est juste que c’est ta propre vie, elle t’appartient à un moment donné, encore une fois, elle va devoir s’arrêter. C’est bien si t’as un moment de prise de conscience comme ça, c’est.

          Sunny Adroit
          Go, jump. Après, ça s’est fait assez naturellement, mais limite, j’étais tout excité. Je me suis dit « tiens ». Par rapport à ça, ce truc d’utilisation du temps tout, cette dernière année, j’ai fait vraiment la rencontre de plein de gens. Pour moi, c’est des rencontres très importantes, un peu comme maintenant. Justement, comme tu dis, tu parles du mot « raisonner », mais ça va vraiment dans la direction dans laquelle je souhaite partir. J’ai été appelé justement pour travailler en Colombie avec un très bon ami gabonais, chanteur qui est coach vocal. Lui, il est basé sur Genève. Gwen, s’il est par là, je lui passe le salut. Et en fait, il m’a dit « Bon, voilà, ça serait pour un mois. » Je lui ai dit « OK, d’accord. » Je lui ai dit « C’est pour faire une tournée ? » Il dit « Non, c’est pour répéter. » Je lui ai dit « Bon, d’accord, OK. Je te passe les détails. » Mais tout ça pour dire que je me suis retrouvé là- bas, j’avais dealé mon truc. À la fois, j’ai pu faire le travail qu’il me demandait, bosser pour lui, et à la fois, j’ai pu conserver mes cours en ligne, mes cours en visio à l’époque.

          Sunny Adroit
          C’était il y a moins d’un an, par rapport à la formule que je propose, c’est cours trimestriels. Là, pour le coup, je suis en présentiel la présentielle, mais derrière ma caméra. Mais maintenant, il faut tout préciser. C’est important. En visio. Clarifier. Parce que maintenant, ça va arriver en visio, mais genre hologramme, genre le truc…

          Johann Berby
          Non, mais ça, je te dis, les gens sont pas encore prêts là. Mais bref.

          Sunny Adroit
          Je crois. Donc, en fait, je me suis retrouvé là- bas et tout. J’étais content d’être là- bas, mais le fait de travailler depuis là- bas… Moi, je travaille depuis chez moi ici, c’est quelque chose aussi. Mais depuis la Colombie, on était à la plage, on était dans une villa, piscine, machin et tout. Et même la réaction des élèves, ils étaient juste contents. Limite, pour eux, ils étaient aussi « dépaysés » à me poser des questions, alors que la Colombie, les choses comme ça, ça ramenait à bien aussi un coup de fraîcheur aux cours. Je donnais le cours, derrière, les palmiers, les choses comme ça. Et moi aussi, avec l’énergie du lieu aussi.

          Johann Berby
          Il.

          Sunny Adroit
          Y avait clairement une plus- value. Et en plus, le fait que les élèves savaient pourquoi j’étais là- bas, parce que moi, je suis transparent. Je me dis « Là, on préparait un show, le bassiste de base, il pouvait pas, il m’a appelé en catastrophe », des choses comme ça. Et il y avait un contexte qui était… J’ai trouvé ça intéressant par rapport aux aux produits. Tout ça pour te dire par rapport aux rencontres, lui, justement, Gwen, on répétait et les moments où on ne répétait pas, il y avait des moments off où on vit tout simplement, on fait des moments- Normal. La plage, les apéros, etc. C’est super intéressant. Mais quand même, on discutait un peu comme ça. Lui, il bossait sur son business. Il était en train de tourner des vidéos. Justement, il a dit « Ouais, en fait, là, je vais… » Je ne sais plus exactement ce qu’il disait parce que lui, il a une formation en business. Je ne sais plus s’il parlait d’horizontaliser son business ou quoi que ce soit. Quoi qu’il en soit, il disait que jusqu’à maintenant, il était en présentiel, mais là, il a juste envie de se filmer et de proposer une formation.

          Sunny Adroit
          Et je me suis dit « Mais ouais, c’est logique ». Du coup, il était en train de tourner, il avait ramené son matos, tout le nomade et tout, il était en train de tourner ses vidéos par rapport aux formations qu’il souhaite proposer. Il était en train de réfléchir à son business, tout simplement. Ça a fait tiff. Je me suis dit « OK, d’accord. Je prends l’information. » Et je me suis dit « Mais ouais, c’est c’est logique ». J’ai fait au moins cinq, six rencontres comme ça. J’ai une nana, Sandra Brandon, coach vocale, pareil. On discutait de ça, de business, de choses comme ça. Et de courant visuel, elle me dit « Qu’est-ce que elle fait ? » Et puis, elle m’a expliqué qu’elle, à un moment donné, elle a fait une formation. Elle a produit une formation. Elle n’a pas suivi une formation, elle a produit une formation et elle a mis en vente. Moi, je te dis des chiffres hasards, mais elle a dit « Oui, je l’ai mis en vente à 79 €. » Elle me dit « Du coup, je n’ai même pas fait attention. » Et trois ou quatre jours après, j’ai vu qu’il y avait des ventes et j’ai fait « Ah ouais d’accord ».

          Sunny Adroit
          En fait, je me réveille et j’ai des revenus complémentaires, des revenus qui arrivent.

          Johann Berby
          Bien sûr, mais c’est important. C’est de… Et en plus, je pense, moi, là où je forme, par exemple, on va rester dans la musique parce que je fais des formats singles, c’est la ta ligne pour des entreprises. Mais récemment, il y a une chanteuse suisse qui s’appelle Florence Coman qui est venue collaborer avec nous parce qu’on a créé sa chaîne YouTube, on est en train de développer sa gamme de produits et tout ça. Et l’idée, c’est ça, c’est de se rendre compte que regardez quelle est la belle leçon que le Covid a donné c’est qu’il faut apprendre aux artistes et pas qu’aux artistes, mais à diversifier tes sources de revenus. Parce que si tu dépends qu’une seule source de revenus qui sont les concerts, dès le Lockdown, il y en aura d’autres. Dès le confinement, pour parler en français. Il y en aura d’autres. Si ce n’est pas le Covid, ce sera les extraterrestres ou ce sera… On est dans un monde qui est complètement insécur et machiavélique, gouverné par des psychopathes milliardaires. Ça, après, c’est encore une autre conversation, mais c’est quand même ça aussi la réalité et il faut en parler. Et il y aura d’autres choses.

          Johann Berby
          Donc l’idée, c’est de nous, comment on peut élever nos enfants dans un monde un peu plus secure à la maison, avoir un peu plus de sécurité, avoir un peu plus de marge de manœuvre et d’avoir un petit tapis financier secure. Si je ne dépends que de mon temps, je suis mort. Pourquoi ? Parce que j’ai une contrainte géographique. Je suis obligé de me déplacer à un endroit X. J’ai une contrainte hiérarchique et j’ai un boss. Je ne suis pas mon propre boss. Il y a des toutes ces contraintes- là qui entrent en jeu. L’idée, c’est comment je supprime ces frictions- là en tant qu’artiste pour avoir le moins possible de contraintes géographiques, hiérarchiques et financières, etc. Je te le dis sans toute transparence, moi, je le partage, je l’ai même partagé, je vais le montrer, dans mon livre Le Talent ne paye pas tes factures. Je partage les revenus de l’entreprise Groove Like a Pig, que pour la partie musique où j’explique qu’on fait plus de 150 000 €, que sur la partie basse, sur ce segment- là. J’explique comment on a développé ça, etc. Comment j’ai d’abord créé tout seul. Ensuite, j’ai créé une équipe que j’ai formée, j’ai processisé plein de choses, etc.

          Johann Berby
          Et c’est important, parce que parler de tout ça en France, c’est un vrai tabou. Genre « T’es un capitaliste », on se croirait dans une cour de récréation. Mais moi, je préfère être vu comme un capitaliste que d’être ce que j’appelle, parce que je suis passé par cette case- là, que d’être un Los Cazos favelas. Parce que si c’est pour être famous sur les réseaux sociaux ou dans le milieu artistique, mais de dépendre du gouvernement, du RSA, etc, ce n’est pas de la vie dont je rêve et je ne souhaite ça à personne. Et ça, c’est la triste réalité de nos corps de métier qui, je le rappelle, pendant le Covid, a eu l’étiquette de « non essentiel ». À un moment donné, il faut être intelligent, il faut arrêter ces trucs- là. Si les gens n’aiment pas ce discours- là, j’ai envie de dire essaye la médiocrité, on en reparle après. C’est quand même pas cool. Moi, j’ai joué pendant deux ans à Paris et j’en parle dans le livre, j’ai joué pendant deux ans avec ma contrebase dans la rue. Est- ce que je voudrais, sous prétexte d’être un vrai artiste, la bohème à la française, « Oui, mais c’est un pur, c’est un vrai de vrai.

          Johann Berby
          » Tu vois les gens qui se la jouent héros à deux balles, être quelqu’un qui joue dans la rue pour subvenir à ses besoins ou « Non, je suis un artiste, donc je suis un proponeur, donc c’est normal d’avoir des business, donc c’est normal de proposer des choses, point barre. Parce que tu ne fais rien de mal, tu veux juste vivre de ton talent, ce qui est tout à fait logique. Si je mets la casquette aujourd’hui, je m’appelle Dr. Dre. Yeah, I’m Dr. Dre. Yeah, I have a business, I’m making 5 millions per year and I’m selling this and this. Yeah, c’est normal, les récas, ils sont trop forts. Mais dès que c’est la casquette, « Bonjour, je suis français, j’ai lancé un business. » Tu vois, c’est ça.

          Sunny Adroit
          C’est la mentalité, c’est ça.

          Johann Berby
          C’est ça. Et moi, je me bats contre ça. Si ça dérange les gens, c’est what problem ? It’s not mine. Tu vois, moi, je pense que je suis toujours friand d’aider les artistes quand les artistes viennent me frapper à ma porte. « Yes, qu’est- ce que tu as mis en place ? Viens, on regarde les datas, viens, on regarde ci, viens, on regarde ça. Comment on peut t’aider ? Voilà les autres qu’on a point barre. Après, ça match ou ça match pas, mais nous, on est transparent aussi là- dessus. Et j’ai vraiment une démarche empathique, j’insiste sur le côté empathique d’aider les artistes. Parce qu’encore une fois, je sais de quoi je parle, jouer dans la rue, c’est humiliant, c’est humilant. Tu te dis « J’ai envie de vivre de la musique » et tu te dis pas « Je vais jouer pendant deux ans dans la rue avec une contrebasse ». Moi, c’est ça aussi mon leitmotiv qui me dit « Non, je m’en fous de pas être célèbre, je m’en fous quand même ou quand même pas de comment je joue de la basse. Je n’ai pas besoin de la validation des autres. Je sais que je déchire et je sais où est mon vrai talent en musique.

          Johann Berby
          Que ce soit à la basse ou en composition ou en arrangement, je sais où se trouve mon vrai talent. Maintenant, vis- à- vis de ça, comment je peux aider les autres aussi à trouver leurs vrais talents, leurs vraies voix ? Parce que des fois, il y a des artistes qui sont complètement paumés, qui veulent justement avoir la validation des autres. Si, par exemple, on reste dans le milieu de la basse, « Tiens, moi, je voudrais que Michel Alibo ou que Linley ou qu’Intel valident mon talent. » Donc, en fait, ils commencent à jouer d’une certaine manière, mais ce n’est pas eux. Je fais « Mais non, mais tu n’as pas besoin de ça, c’est pas toi. Tu es un clown clown. Toi, ton talent, c’est d’être un grooveur ou c’est d’être un soliste ou c’est d’être un pédagogue ou c’est d’être un chanteur. Tu n’as rien à foutre là- dedans. Dégage. Tu vois, trouve ta voie et une fois que tu vas le voir avec tes propres yeux, que ça va résonner. Mais c’est là où tout va se débloquer. Tu n’auras même plus besoin de courir après l’argent. Ça vient naturellement et c’est ça qui est beau, en fait.

          Johann Berby
          Tu vois, on peut le prouver de manière quantique parce que je m’intéresse vraiment énormément à la science quantique. Tu vois, c’est un peu ce que dit la religion, sauf que c’est de la science. Et c’est ça aussi qui est super intéressant quand on découvre. Alors, je fais des petites parenthèses un petit peu perché par ci par là. Un « entanglement », je ne sais pas comment on appelle ça en français. Tu vois, quand tu envoies des ondes à des années- lumière et que tu te rends compte que tu bouges quelque chose ici, l’autre, ça fonctionne. C’est le lot, ça fait, ça ressemble à… Comment on appelle ça ? Le ligne et le lien, c’est ça, en entanglement, en science quantique, en physique quantique. Tu vois ? Et tu te rends compte que oui, mais en fait, tout est interconnecté instantanément. Donc à partir du moment où j’enlève mes blocages, mes barrières mentales, mes barrières émotionnelles, mes traumas, les traumatismes. Nous, on est réunionnais, on traîne derrière nous la blinde de trauma parce que nos ancêtres, c’est des esclaves. Il y a plein de gens qui ne veulent pas admettre ça parce qu’ils ont honte, ils sont fiers.

          Johann Berby
          C’est genre « Non, non, dans ma famille, tout va bien. Dans la vie… » Non, ce n’est pas vrai. Tu te fait plein de trucs et je peux te le prouver. Je peux te le prouver, que ce soit conscient ou inconscient. Donc juste le fait de déjà d’être humble vis- à- vis de ça, de se dire « OK, c’est vrai que dans ma famille, je vois qu’il y a des pattes dans mon arbre générologique qui se répètent. Tu vois des choses comme ça, des boucles. Maintenant, comment on peut nettoyer ça ? » Avec la science quantique, on peut cleaner ça. Donc si tu arrives avec une démarche de « OK, j’ai envie de cleaner ça. » Par exemple, qu’il y avait de la violence dans ma famille ou ceci ou cela, ou des alcooliques ou ceci ou cela. » C’est parce qu’il y a une un certain trauma qui… Je m’éloigne un peu de la pédagogie, mais parce qu’en fait, tout est lié, c’est ça qui est rigolo. Si tu arrives à virer ça et à travailler dessus, tu te rends compte que tu débloques plein de choses, en fait. Vraiment, c’est monstrué ta carrière, tes relations, tes relations humaines, tes relations avec tes collègues, tes relations amoureuses, tes relations avec tes enfants aussi.

          Johann Berby
          Tu te rends compte que « Tiens, ça, c’est peut- être un pattern que mon papa ou mon grand- père faisaient. » Je n’avais pas conscience, mais maintenant que je réfléchis là- dessus, je me rends compte que moi, j’étais en train de reproduire inconsciemment les mêmes choses. Totoche ! Je sais que je fais encore ce travail là- dessus et je sais que je ne vais pas reproduire ça.

          Sunny Adroit
          Bienvenue au club.

          Johann Berby
          Je ne veux pas reproduire ça. Life is priceless, man. It’s too short and it’s priceless. Il faut être intelligent, il faut y aller. Let’s go. J’ai terminé mon petit pitch, désolé, mais j’avais envie de partager ça parce que je pense que c’est vraiment important d’en parler ouvertement, sans honte, parce que ce qui empêche de parler de tout ça, c’est la honte et la culpabilité, qui sont des émotions avec des étiquettes négatives. Mais quand on apprend à travailler.

          Sunny Adroit
          Sur- T’as de la jalousie aussi. T’as beaucoup de ça.

          Johann Berby
          Oui, voilà. C’est ça. Mais ça vient d’où la jalousie ? Ça vient des frustrations. Ça vient des frustrations. Moi, quand j’ai lancé Groupe Black Upig, il y a beaucoup de musiciens qui m’ont dit « GROUPE LIKE A PIG en anglais, ça veut rien dire. J’ai déposé quand même la marque, j’ai fait tout ce qu’il fallait faire. Et à chaque fois que j’en parle avec des collègues entrepreneurs qui eux brassent des millions, etc, sur le marché anglophone, « Yeah man, that’s a killer name brand. Groove like a big motherfucker. Yeah. » Et là, je fais « Yeah, c’est cool. I know it. Je le sais au fond de moi. C’est pour ça que je l’ai fait. That’s it. » Mais je n’ai rien à prouver en même temps. Mais tu as quand même toujours en face des gens qui, eux, n’ont pas fait ce que tu as fait, mais qui veulent t’apprendre des choses. Tu vois, c’est là où je vais en venir. C’est « Man, est-ce que tu as déjà généré 100 000 € net de bénéfice par an ? Non. S’il te plaît, tu viendras me donner des conseils et partager ton avis quand tu auras déjà réussi à faire ça avec de la musique.

          Johann Berby
          Moi, je reste humble, j’ai tout à apprendre, je ne sais pas tout, mais j’adore ouvrir mes oreilles et mon esprit quand les gens ont généré plus que moi de résultats que je n’en ai fait pour le moment dans ma vie. Et là, je baisse la tête, je joue grand mes yeux, mes oreilles, mon esprit, mon âme et je fais « Waouh, je ne savais pas ». Et là, j’apprends. Mais quand c’est des gens qui sont juste gêlés, qui sont dans la jalousie, dans la vibration de la jalousie où je vais te donner des leçons parce qu’ils ne mettent pas les choses en place parce que ça les fait peur, parce que ça les bloque, parce qu’eux sont dans le peur de… Mais qu’est- ce qu’ils vont penser les autres ? Le regard de jugement. Parce que finalement, c’est que ça dont il s’agit, c’est que je suis, au final. C’est d’assumer ça. C’est d’assumer « Est- ce que j’assume qui je suis ? » Non. C’est pour ça que tu ne te lances pas. C’est là où justement, prendre un coach, quelqu’un qui a déjà réalisé ce que toi, t’as envie de faire, c’est important. Ça te fait gagner du temps, ça te fait gagner des années, ça t'empêche de faire plein de bêtises.

          Johann Berby
          Parce que tout ça, ça coûte cher en temps, en énergie, en argent, en émotion. Et là aussi, je lève la main, je sais de quoi je parle.

          Sunny Adroit
          Vu le background, oui.

          Johann Berby
          Je voulais qu’on parle aussi de… On va rester dans la pédagogie, mais c’est cool de faire toutes ces parenthèses. Merci du coup du cœur. Sincèrement, d’avoir cette ouverture d’esprit et d’avoir cette démarche- là. J’aime bien quand je peux, dans l’émission, accueillir des artistes qui ont cette démarche- là. Encore une fois, je suis vraiment friand d’A/D.

          Sunny Adroit
          Le plus attire le plus. Pardon, je voulais juste vous dire.

          Johann Berby
          C’est de parler de ta pédagogie au niveau de l’harmonie, de ton approche avec la basse. Parce que les bassistes qui sont en train d’écouter cet épisode, en tout cas les auditeurs et auditrices qui sont en train d’écouter cet épisode. Forcément, t’as un super pouvoir que d’autres bassistes ou peu de bassistes n’ont pas, ou alors même si ils l’ont, t’as ta manière à toi de le faire. Est- ce que tu peux nous en parler s’il te plaît ? Parce que moi, je connais un peu ton super pouvoir pour avoir écouté tes vidéos et les premières fois où j’ai regardé les vidéos, je me suis dit « Yes, badass, j’adore.

          Sunny Adroit
          Déjà merci. Le premier truc que je pourrais dire, c’est les bassistes jouaient de la guitare. Quand vous pouvez, jouez de la guitare. Bon, de la guitare basse, mais de la guitare à six cordes. Moi, je trouve ça super important. Pourquoi je dis ça ? Parce que moi, ce qui m’a assez rapidement déplu, c’est ce truc, vraiment, les gens, ils veulent vraiment dissocier des instruments et notamment la guitare et la basse. Pourquoi ? On a toujours eu ce problème. On a toujours entendu ce genre de remarque. « Lui, il joue comme un guitarriste » et des choses comme ça. N’ayez pas peur de ça. Je ne suis pas en train de dire qu’il fallait jouer comme un guitarriste. De toute façon, qu’est- ce que ça veut dire Je voulais juste faire ce petit disclaimer- là. Par rapport à ma pédagogie et notamment par rapport à mon rapport à l’harmonie, parce que dans ma pédagogie, je ne fais pas que ça, j’ai plusieurs volets, c’est juste que pour le moment, c’est sorti comme ça. Je me suis concentré essentiellement sur le volet harmonique, mais notamment autour de l’improvisation à la basse que j’appelle… Moi, le concept, c’est l’improvisation cadentielle.

          Sunny Adroit
          Ça vient d’où ? On peut se dire justement que moi, j’ai longtemps traîné avec le fameux pianiste que je parle, Guillaume Ravaille, qui dit piano dit harmonie, c’est aussi, mais piano encore plus. L ui, c’est un bosseur, mais c’est un mec qui bosse énormément. Il s’enferme et du coup, je dis « Si tu veux t’enfermer, moi, je veux bien m’enfermer avec toi ». Et en fait, du coup, lui, il bossait des choses, des concepts de harmoniques et tout. Et je me suis dit « Mais il faut absolument que… ». Moi, j’aimais bien ce gars parce qu’ il a vraiment quelque chose au niveau impro. Et je me suis dit « Tiens, je vais bosser avec lui comme lui ». Et donc, que ce soit pédagogiquement, mais aussi en termes de connaissance, au niveau de la basse, ça vient de là, déjà. Ensuite, par rapport à la pédagogie à proprement parler, je parlais de l’improvisation cadentielle.

          Johann Berby
          Je.

          Sunny Adroit
          Me suis rendu compte qu’ à la basse, on me l’a dit aussi souvent, on me faisait des éloges par rapport aux improvisations que je proposais dans les geeks, dans les jams et sur les vidéos. On me posait des questions. On me dit « Comment tu fais pour être si mélodique ? Comment ça se passe concrètement ? » Je me suis dit « Tiens, ça serait cool d’expliquer ça. » Par rapport à l’improvisation cadentielle, c’est le concept que je explique en ce moment en tout cas, c’est par rapport au fonctionnement américain, par rapport au gospel, tout simplement. C’est- à- dire qu’ on connaît tous, enfin connaît tous, c’est Snarky Puppy, pour ne pas citer… Il y a cette vidéo, Lingus, qui a fait un petit buzz dans la sphère. Et le solo de Cory Henry. Alors, il n’a rien inventé, lui, Cory Henry. Après, il est monstrueux. Quand je dis qu’il n’a rien inventé, c’est par rapport à l’ improvisation qu’il propose et au concept qu’il utilise. Je me suis dit « Tiens, mon pote ». Tout le monde était en train de relever son solo et moi, il fallait absolument que je puisse relever des choses, conceptualiser des choses pour pouvoir les réutiliser dans d’autres contextes.

          Sunny Adroit
          Le truc, c’est que mon fameux pote au piano, lui, il relevait, mais il avait son… Il relevait des pianistes, donc tout de suite, il y avait déjà une voix.

          Johann Berby
          Une base de données, d’informations.

          Sunny Adroit
          Exactement. On peut dire ça comme ça. Sauf qu’à la base, c’était pas du tout adapté. Je me suis dit « En plus, je vais oublier. » Donc il fallait absolument que je trouve quelque chose. Et par rapport aux cadences, à l’imposition cadentielle, quand je relevais des gris d’accord, des chansons dans la variété ou autre, dans le jazz ou autre, en fait, rapidement, rapidement, je me suis dit « Tiens, je vais arrêter de relever les accords sol mineur, la mineur, les choses comme ça. Je vais relever les degrés. » Et en fait, je me suis rendu compte qu’ assez rapidement, dans les chansons pop et tout, t’as les mêmes suites d’accords qui reviennent. Et donc, moi, pour moi, j’appelle ça une cadence. Et donc, pour revenir à l’improvisation cadentielle, je me suis dit « Tiens, lorsque je vais relever l’improvisation de quelqu’un, et notamment les pianistes, parce que les pianistes, ils ont leurs mains gauches, en jazz, je parle, quand ils font… En jazz, je parle. Quand ils développent leur solo à la main droite, harmoniquement, à la main gauche, je parle des pianistes expérimentés, ils peuvent justement souligner le chemin harmonique. Le chemin harmonique, tout simplement.

          Johann Berby
          Oui, en.

          Sunny Adroit
          Faisant la basse. C’est ça, oui. À la basse, nous, on n’a pas… Nous, c’est monophonique, on peut faire des accords et tout, mais on n’a pas de main gauche. Et je me suis dit tout simplement, cette main gauche- là il suffirait juste de l’avoir dans la tête. Et justement, la direction harmonique dans l’extrait qu’on est en train de relever, cette direction harmonique- là, on pourrait tout simplement la convertir en gris d’accord et du coup, en cadence.

          Johann Berby
          On appelle ça une grille mentale dans le jazz.

          Sunny Adroit
          Carrément. Je ne connaissais pas, mais mentalisé le truc, oui, ça me semble tout à fait logique. Pour donner un exemple, par exemple, en jazz, tu dois improviser sur un accord de la mineure, tu peux te faire une grille mentale, comme tu le dis.

          Johann Berby
          Exactement. Toute une série de progressions génial à faire.

          Sunny Adroit
          Tu peux utiliser des outils de réharmonisation, des choses comme ça, tu peux vraiment t’amuser. Le truc, c’est que justement, ta grille mentale, si tu le penses en degrés, là, du coup, t’as plus à réfléchir à te dire « Tiens, tu gagnes du temps ». E n plus, si tu connectes justement ces degrés avec les réflexes digitaux au niveau du manche, tu sais exactement où sont tes degrés par rapport à une tonalité donnée. Que tu connectes tous les.

          Johann Berby
          Éléments, apprendre.

          Sunny Adroit
          Les gammes, entre autres. C’est génial.

          Johann Berby
          Pour ça, c’est Paul Schoenberg qui m’a le plus appris pour ce concept- là, notamment avec John Coltrane, justement, sur les morceaux comme Mister Pieces ou plein de morceaux modal où tu vas voir juste qu’un do mineur et ce mec, il est juste trop fort. Ou même Jimmy Garrison, où justement, t’as l’impression qu’il joue des notes comme ça, tu dis « La Walking Bass, elle est géniale », et en fait, quand t’ analyses la Walking Bass, tu de la walking bass et que t’ analyses le choix de notes, tu fais « Mais non, mais ça, c’est un do majeur. Ça, c’est une substitution. » En fait, il pense l’harmonie. Ça, c’est un super moment de révélation Donc oui, je valide carrément. Toi, tu dis « Il faut apprendre la guitare », mais j’insisterai, pour les auditeurs et les éditrices, je valide la guitare, mais si vous êtes pas branchés par exemple par la guitare, ça peut être le piano. Moi, je sais pas jouer de guitare. Enfin, j’en joue très mal, mais très mal. Je sais en jouer, mais très mal. Je joue le piano. D’ailleurs, je faisais les gammes en t’attendant tout à l’heure, pendant que tu brochais ton matériel.

          Johann Berby
          Je faisais des exercices de déliateur. Mais oui, effectivement, jouer d’un instrument harmonique, de toute façon, que tu sois flanteur, percussionniste ou quoi, c’est la base. Parce que ça va te donner une vision de l’harmonie, une compréhension. Et là aussi, je te rejoins à 4 milliards de pour cent les yeux fermés. Si on se limite qu’à la basse, ça va être limité à un certain moment à cause de l’instrument, de ses possibilités techniques. Et le fait de pouvoir pratiquer un autre instrument, forcément, ça va te donner une vision plus large. Et j’irais encore plus loin, si tu peux aussi te permettre de jouer d’un instrument percussif, d’évelopper ton vocabulaire rythmique. Tout à l’heure, tu parlais de batterie, tout ça. Pareil, j’applaudis que ce soit les batteries, les tablas. Moi, je joue les Memorydom-GAM, les tablas et les cascasses. J’ai toujours mes cascasses à portée de main parce que j’adore les polyrythmes. J’ai vu ça.

          Sunny Adroit
          J’ai vu justement ton volet sur les polyrythmes, c’est super intéressant. Il te manque plus que le petit point, sans manquer de respect.

          Johann Berby
          C’est ça. T’es qu’un Ouais. Parce qu’en fait, ça va t’amener à grouver différemment qu’un bassiste lambda. Je dis toujours que malheureusement, et tu l’as très bien dit tout à l’heure dans le volet précédemment, c’est qu’ on nous oblige quelque part en Occident, dans la pédagogie, à être dans des cases. C’est pas cool. L’idée, justement, c’est d’être musicien. Même si tu te considères comme bassiste, le but, c’est de délivrer de la musique. Tu délivres pas juste du groupe des basses. T’es pas juste là pour faire « ping ping ping ping ping ping ping ». T’es pas instrumentiste, sauf si c’est un choix. L’idée, c’est que si tu veux être musicien, you have to speak music. Et pour parler musique, il faut comprendre la musique, donc comprendre l’harmonie, comprendre le rythme, comprendre la mélodie et au- delà de ça, les émotions humaines. Parce qu’il y a toute une échelle. J’ai rédigé des articles là- dessus, sur les échelles émotionnelles. Et ce n’est pas juste un concept de développement personnel. C’est vraiment vrai. Si tu es triste, que tu prends ta basse et que tu fais une mélodie, on va la sentir, ta tristesse. Moi, je viens de perdre mon grand- père, il y a une semaine.

          Johann Berby
          Je peux dire des mélodies tristes, j’en ai pondu pendant une semaine. Et si je te joue un truc, tu vas dire, Johan, t’es dans un mood, t’es dans un bad trip. Oui, effectivement. Parce que je viens de perdre mon pépé. Mais si, a contrario, tu joues une mélodie super joyeuse, ça me rouvre ton truc. C’est quoi que t’as fait là, Soni ? À la balade, je vais rencontrer la femme de ma vie, je vais être papa pour la 12ème fois. Ça va se sentir. L’idée, c’est comment je rassemble toutes ces connaissances que j’ai acquises, que je maîtrise, etc, pour en faire de la musique et pour que ça touche l’âme et le cœur des personnes qui vont écouter. Le but, c’est vraiment d’aller là- dedans. Ça passe par ces phases- là.

          Sunny Adroit
          C’est super intéressant. Justement, on parle de l’harmonie et tout par rapport à la guitare, au piano Alors le piano, moi, j’en fais aussi. C’est magnifique, le piano. C’était juste une petite astuce comme ça pour les bassistes qui nous écoutent. C’est un conseil. Il faut avoir une guitare, ayez une guitare chez vous. Vraiment, ayez une guitare. Parce que autant au piano, vous allez entendre l’harmonie. Il faut le faire aussi. Je le fais aussi à la maison. Je fais beau, je compose beaucoup à la maison, ici. D’ailleurs, si je peux me permettre, j’ai ma chaîne YouTube où je.

          Johann Berby
          Mets-permets-toi, s’il te plaît.

          Sunny Adroit
          Elle est bien, elle est déjà structurée, mais je suis en train, justement, de faire un gros travail, d’amener du contenu que j’ai déjà, mais sur.

          Johann Berby
          Des disques- De toute façon, on partagera le lien dans les ressources, dans l’article du podcast.

          Sunny Adroit
          Parce que les vidéos en fait, moi, j’en fais… Je ne sais pas d’où ça vient. Je viens d’où ça vient. Moi, je fais des vidéos. J’ai toujours fait des vidéos parce que j’ai trouvé que cet outil… Dès le moment où on a commencé à avoir des smartphones qui tenaient à peu près la route, dès que j’ai eu mon premier smartphone, tu peux commencer à faire des vidéos et des choses comme ça. Je n’ai pas arrêté parce que c’est un super outil d’auto- correction. C’est comme les danseurs. Quand tu danses, tu danses devant un miroir. Tu vois, je te filme. Tu vois où je te filme, tu vois ce que je veux dire. Du coup, par rapport aux vidéos, j’ai énormément de vidéos. Il y a des vidéos qui sont bien, il y a des vidéos qui sont moins bien, mais ce n’est même pas le propos, c’est juste le fait d’avoir des vidéos et de faire de l’auto correction. Pour revenir sur cette chaîne YouTube, là, je suis en train de nourrir cette chaîne- là parce que jusqu’à maintenant, j’étais principalement sur Instagram et sur YouTube. Jusqu’à maintenant, je me suis dit que je vais dédier cette page YouTube à mon projet d’album, mais il y a des choses qui ont bougé entre temps, des priorités et tout.

          Sunny Adroit
          Sur ma chaîne YouTube, vous trouverez des extraits de mon… Des maquettes d’album, des vidéos aussi axées sur la pédagogie et des choses pour entretenir l’hygiène bassistique, si je puis dire. Par rapport à la chaîne YouTube, comme Johan le disait, il y aura.

          Johann Berby
          Tous les trucs- On va mettre toutes les informations, ton YouTube, ton Instagram, ton Facebook, tout ça.

          Sunny Adroit
          Je venais sur le … Pourquoi je parlais de YouTube ? Parce que justement, on parlait de guitare et de choses comme ça et je parlais de composition. Justement, sur cette chaîne- là, dans les maquettes, vous pourrez me voir au piano. J e disais « J’assiste », si le message peut être passé, c’est par rapport à la guitare. Pourquoi ? Parce que tout simplement, à la guitare, vous allez pouvoir faire quand même de l’harmonie. Peut- être, je dis « peut- être », pas autant par rapport à la vision globale du piano. C’est vrai que c’est vraiment un instrument… T’as toute l’orchestre avec le piano, au niveau des tessitures, etc. C’est bien pratique. Mais par rapport à la guitare, je vais cracher le morceau, c’est tout simplement le manche. C’est la main gauche, c’est la main gauche, c’est le fait… C’est cette posture- là. Tu vas bosser l’harmonie, mais tu seras dans cette posture. Tu vas appuyer sur des cases et tout. Les cordes seront un peu plus fines, mais tu seras toujours la mécanique de la main gauche et même la main droite, tu seras un médiateur, mais ne joue pas au médiateur, joue au doigt. Je conseille de jouer au doigt.

          Sunny Adroit
          Même avec les ongles coupés, tu joues au doigt, tu joues au pouce, tu fais les basses, machin. Et moi, à chaque fois, ça fait un moment que je n’ai pas pu parce que c’était la saison et tout, je n’étais pas trop à la maison.je n’étais pas à la maison. Je vous dis, à chaque fois que je gratouille un peu, que je joue de la guitare, quand je reviens sur la basse, je le sens directement. Là, je parle purement mécanique. Et après, il y a aussi le côté, tu vois, quand tu changes d’instruments et quand tu reviens sur la base, t’as l’impression d’avoir un souffle nouveau. Il y a ce truc- là, par rapport au fait de pratiquer plusieurs instruments. Et enfin, je termine par rapport au volet rythmique, parce qu’on était sur l’harmonie. Mais par rapport au volet rythmique, tout à l’heure, je parlais d’ Agostini. Eux, ils me connaissent par cœur. Moi, je suis du genre, à l’époque, justement, tu es étudiant, tu es vraiment libre de tout. J’avais énormément de temps et j’aimais bien diversifier un peu les temps de musique. Tout ça pour dire que je partais souvent à Agostini en mode espion.

          Sunny Adroit
          Espion, ce n’est pas espion, mais j’étais vraiment curieux. Je me suis dit « Ah ben tiens ». Parce que j’avais un très bon pote, Yoann Danier, qui est batteur et qui partait à cette école et il me dit « Ouais, en fait, je ne suis pas dispo, mais après Agostini, je serai dispo pour une session. » Je me suis dit « Bon, écoute, je vais venir avec toi à Agostini comme ça, on va se la faire cette session ». Je voulais m’assurer de faire la session. Et donc, tout ça pour dire que j’étais dans l’envie environnement, vraiment, mais littéralement sur le terrain. Vraiment là où tu as six, sept batteries et tu regardes un peu comment ils travaillent. Et il n’y a pas si longtemps, justement, lors d’un entretien avec un élève qui s’est inscrit pour le trimestre prochain, il me parlait de… Parce que moi, dans la formule que je propose au trimestre, c’est inclus. T’as un entretien de 30 minutes qui nous permet de faire connaissance, d’établir ton programme, de s’assurer que le micro fonctionne bien, que la technique marche bien et tout. Justement, dans ses souhaits, il disait « Là, en ce moment, on voit un morceau de » Je ne sais plus exactement, c’était un truc d’Instru and Fire.

          Sunny Adroit
          Il me dit « J’étais bloqué parce que j’avais envie de temps en temps de faire des fils justement pour structurer un peu la musique, pour ponctuer un peu la musique et je n’arrivais pas à faire des feels. » Justement, pourquoi je te parle de ça ? Justement, je lui ai dit « En fait, en fait… » On s’est dit plein de choses, mais justement, à Agostini, je ne sais pas si tu as déjà vu des batteurs bosser, mais ils aiment bien faire cet exercice, c’est qu’ ils font de la grosbrie, tu vois, une tournerie très cyclée. En plus, ça te permet de travailler les cycles et les carrures, ça, c’est énorme. Sur quatre mesures et à la quatrième mesure, par exemple, tu as cinq batteurs qui bossent. Les trois mesures, ils font exactement la même chose. Donc, pour bosser vraiment le son et vraiment le métronome, vraiment le placement, etc. Et à la quatrième mesure, à tour de rôle, à chaque cycle, t’as un batteur qui fait un fil. Et ils font ça pendant dix minutes. Une heure. Ouais, voilà, je voulais pas exagérer, mais bon, voilà.

          Johann Berby
          C’est ce que j’ai connu mieux avec les potes de chez Agostini, d’ailleurs, dédicace à Romuald Cabardos.

          Sunny Adroit
          Ils font ça pendant une heure. En tout cas, dans ma pédagogie, dans les solutions que je propose, dans mon approche, dans les solutions que je peux proposer, je peux proposer ce genre de choses. Parce que le langage de la batterie, la façon dont ils travaillent, il faut vraiment qu’on soit informé. Le backbill, le back beat, le down beat, le débit, etc.

          Johann Berby
          Tu dois ressentir les moments aussi.

          Sunny Adroit
          Exactement. Les cycles, les carrures à ressentir. Il y en a qui ont plus de facilité que d’autres, mais c’est même pas un problème. Après, il suffit d’être accompagné et d’y aller. Mais voilà, par rapport au langage rythmique. Donc, je disais avoir une guitare. La batterie, moi, ça a été très difficile. J’avais des problèmes, on va dire, c’était plutôt psychologiques. Je ne comprenais pas l’instrument, mais là, j’adore. D’ailleurs, les élèves, en présentiel, j’ai eu la chance d’avoir une… Enfin, il y a une batterie dans la salle de cours et tout de suite, assez rapidement, on fait du basse batterie. Il faut vraiment mettre en musique les choses qu’on apprend. Je ne sais pas pourquoi on est venu là- dessus, mais on parlait du volet harmonique et je voulais rebondir justement sur le volet rythmique. Tu parlais que tu faisais des percussions, des choses comme ça.

          Johann Berby
          C’est ce qu’on disait, c’est que tu recommandais aux élèves d’apprendre à jouer de la guitare pour l’aspect harmonique et aussi pour l’aspect rythmique, de bosser la batterie et tout ça, ressentir les cycles, savoir faire des « feels » et tout. C’est génial, on a plein de choses en commun à partager, donc ça, c’est cool.

          Sunny Adroit
          I like it. Je vais juste préciser, merci. Justement, que ce soit par rapport à la guitare, par rapport à l’harmonie ou par rapport à la rythmique, moi, je conseille aussi, il faut vraiment que ce soit vraiment connecté avec l’instrument. Tu peux pas apprendre le truc… Je sais pas, t’ apprends un pattern de batterie et tu le connectes pas à la basse. Il me semble que c’est Victor Winton, j’ai dû voir ça sur une vidéo, c’est que lui, quand il joue une partie basse, il a la partie basse de la partie batterie. Il se chante la partie batterie dans sa tête. Et ça, c’est accessible à tout le monde, même aux débutants. C’est même pas une question de chanter toutes les grosses notes. Pourquoi pas ? Tu peux partir déjà du back beat, down beat, c’est grosse caisse, caisse claire. Déjà savoir la grosse caisse sur le 1, 3, caisse claire, 2, 4.

          Johann Berby
          Moi, je vais plus loin encore dans le délire. C’est- à- dire que quand je joue en groupe, je me suis toujours imposé de connaître les parties de tout le monde par cœur et ça m’a toujours sauvé les fesses. Et je donne un exemple. Par exemple, j’étais en tournée avec Humus Angare au Mexique et le guitariste, c’était un guitariste sénégalais. Et il n’avait pas eu le temps d’apprendre ses parties pour une raison qui se regrette, parce qu’il était en tournée avec d’autres artistes. Et je fais « Écoute, sur le nouvel album, la partie guitare sur ce morceau-là, ça fait « tink tink » et puis je joue les parties à la basse ». Donc je sais que cette attitude, ça peut être des fois agacer les gens, parce que des fois, c’est un peu pris, genre « Ouais, tu fais ton show off. » Alors qu’en fait, pour moi, non, c’est important, c’est que j’apprends les parties de basse. Je connais les solos de tout le monde par cœur. Je connais les parties des guitares, les parties de chant, mais c’est vraiment pour faire le lien pour la musique. Ça m’a toujours aidé aussi à composer.

          Johann Berby
          Je trouve que c’est bon pour l’hygiène mentale du musicien qui part en tournée. Tu n’apprends pas juste bêtement de manière mécanique que ta partie de basse. Parce que Le Jour et ça, ça m’a aussi beaucoup aidé avec T rilok. Par exemple, avant de faire le spectacle, on a fait un spectacle à la salle Playel avec Mousson Néré, Yann Garbarac. C’était un gros succès en 2008. C’était pendant les grèves des aiguilleurs. Tu sais, à Paris, ça arrive souvent chaque année, les tours de contrôle font grève, donc il y a des avions qui peuvent pas arriver et tout ça. La France, tu connais.

          Sunny Adroit
          Oui, on a fait l’effrayeur.

          Johann Berby
          C’est ça. Et au lieu de se retrouver en quintet ou en sextet sur scène, on se retrouve en trio. Donc, T rilok, batterie, tabla, moi à la basse et Carlo continu au violon. Et c’est là où je me dis, mais c’est génial d’avoir… Pas pour m’auto- lécher, genre « Je suis génial, non ? » Mais c’est génial d’avoir ça. Et là où ça a sauvé le groupe, c’est que je connaissais les parties de tout le monde, les parties de sax, les parties d’harmonie, les parties de guitare. Donc, les parties qui étaient essentielles, j’en ai fait la synthèse et j’ai mis ça dans la ligne de base. O n avait tous les points de repère. On savait « Tiens, là, je vais faire l’unisson pour donner du poids. Là, je vais mettre plutôt de l’harmonie. Je vais faire le jour d’accord, les mises en place avec T rilok pour que ça tombe en place avec les parties du violon, tout ça, les parties de percussions. » Et boum, ça fonctionne et on a pu faire un show comme ça en tri vidéo. Moi, je vous invite vraiment aussi à cultiver ça dans votre routine de pratique et de pas juste…

          Johann Berby
          C’était juste pour faire une petite parenthèse. On va se taper à la base, etc.

          Sunny Adroit
          On fait de la musique ensemble après, c’est un groupe.

          Johann Berby
          Exactement. En tout cas, je te remercie pour cette conversation ultra généreuse. J’espère qu’on en aura d’autres, surtout quand tu feras des promos de tes albums, parce que j’espère que tu vas en sortir. J’espère sincèrement que ça arrivera. Je veux faire partie en tout cas des premiers à pouvoir promouvoir ça sincèrement. Et puis surtout d’avoir la chance de t’avoir dans l’université pour une master class ou des master class sur les thématiques de ton choix, parce que j’aime bien toujours donner carte blanche aux musiciens. Est- ce que tu veux nous partager un petit dernier mot de la fin ? Un conseil sympa ?

          Sunny Adroit
          Ouh là, un conseil sympa. Tu me prends un peu de court, mais un mot de la fin, déjà, moi, j’étais super ravi d’être là pendant… C’est quoi ? On a fait 1h40 à peu près ? 1h30 ? Merci du coup de m’avoir rappelé. Parce que ça fait un moment que je suis justement ton école, un peu de loin. Et justement, moi, je me suis dit « Tiens, il y a Réunionnais et tout, la mafia et tout » Et je me demandais justement où t’étais. Du coup, toi, t’es basé en Estonie.

          Johann Berby
          En Estonie, c’est ça ?

          Sunny Adroit
          Ouais, c’est ça. Et justement, moi, des bassistes réunionnais, basés sur l’Europe, en France et tout, justement, il y a Julien Babou que je connais. Mais voilà, c’est tout. Donc ouais, moi, je vais garder ton contact bien, bien au chaud. C’est ça, il y a pourquoi pas venir faire un petit tour par là- bas. Moi, c’est pas- Quoi que tu veux ? C’est pas à côté, mais moi, j’ai eu la chance de travailler en Pologne avec un Gabonais, justement, et c’est pas nul. C’est pas comme ici. Je dis pas qu’en France, c’est nul, mais c’est vraiment… Quand j’étais là-bas, je sentais qu’il y avait une part de simplicité, de liberté.

          Johann Berby
          L’estonie, c’est encore plus fou que ça. C’est simple. On en parlait tout à l’heure avant l’émission, pour les auditeurs qui nous écoutent. C’est simple. Moi, en tant que chef d’entreprise, je gère trois entreprises. Je ne fais jamais d’administration. Ça, c’est cool. Je suis focalisé sur mes clients, les élèves pour la partie pour le business de la musique, mais pour le business d’IT, le business sur la nourriture, tout ça, on est focus avec les équipes sur ce qu’il faut. Ça, c’est cool, ce qui nous permet de grandir, de grossir plus rapidement et puis, si tout est clair d’un point de vue légal, tout ça, je ne fais pas une attaque cardiaque, comme j’ai dit tout à l’heure, hors cadre émission, parce que pour les auditeurs qui nous écoutent, vous ne savez pas, mais avant qu’on démarre l’émission, je disais que quand j’étais en France à chaque fois que je recevais une lettre du gouvernement et moi, j’avais le cœur qui palpitait comme ça, je faisais « aah ». Est-ce que c’est une mauvaise nouvelle ? C’est une bonne nouvelle ? Il n’y a pas de ça ici. Parce que tout est clair, donc tu sais dans quoi tu t’engages.

          Johann Berby
          Et ça, c’est super important. Tout est digitalisé, donc tout se fait avec le téléphone en quelques clics. Créer une entreprise, ça prend moins de dix minutes chrono, avec les statuts qui sont pré remplis, etc. À l’époque, en France, j’avais pris l’expert comptable de Luc Besson pour créer Massagy et ça coûte quatre bras. Tout ça d’argent. Entre le capital, j’avais dû mettre, je ne sais plus, 5 000 euros de capital, je crois, et la rédaction des statuts au tribunal de greffe et tous les frais annexes, etc. C’est très compliqué. C’est très compliqué en France, tout n’est pas clair. Et puis, dès que tu commences à générer de l’argent, tu payes l’impôt sans la société, tu te défonce s sur tes bénéfices. Et je vais te donner un exemple encore très sincère et très honnête. De toute façon, j’en parle dans mon livre très honnêtement. C’est que tu as fait ta première année à 100 000 euros etc, avant de pouvoir te payer un salaire sur lequel tu vas devoir donner 50%. Tu dois donner presque 70% au gouvernement. Moi, je n’ai rien contre le fait de payer des taxes, mais quand on voit comment c’est mal géré, que tous les ministres et tout ça vivent au- dessus de leurs moyens, moi, je suis contre ça.

          Johann Berby
          Je n’ai rien contre le fait de payer des taxes. Je suis contre le fait de donner de l’argent à des gens qui vivent dans un hôtel pour qu’il y a Matignon, déjà, tu ne peux pas payer ton loyer toi- même comme Monsieur et Madame tout le monde. Je veux dire en Allemagne, en Estonie, en Suède, les ministres, tout ça, ils payent leur loyer. Ils n’ont pas besoin d’habiter dans un hôtel au frais du contribuable. C’est la base, déjà. Si on veut parler de réduction de frais, des économies en temps de crise, on commence par le B. A. Ba. Et Et ce qu’il y a de cool, c’est que tu peux croiser des ministres dans la rue. Ils n’ont pas besoin d’avoir des gardes du corps. Pourquoi en France ils ont des gardes du corps ? Parce qu’ils savent qu’ils font mal leur job. Ils savent qu’il y a des choses qui ne vont pas en détournement d’argent, qu’ils ne remboursent jamais et que s’ils se mélangent avec le peuple, ils vont se faire défoncer la gueule. Il faut le dire les choses clairement. Moi, j’aime la transparence, l’honnêteté, disons les choses clairement. Ici, tu n’as pas tout ça.

          Johann Berby
          C’est propre. Le système scolaire extraordinaire, il y a le système PISA que j’invite tous les parents qui aiment leurs enfants à aller voir ça. La France, on est loin derrière. Moi, je suis arrivé en Estonie en 2019, l’Estonie était cinquième sur le podium. En 2019, la France était 25 ou 29ème, ça on dit non, sur le système scolaire et les enfants n’ont l’école que le matin, pas l’après- midi et très peu de devoirs. Et ce n’est pas parce que c’est un petit pays, c’est comme la Suède, la Norvège, la Finlande. C’est parce qu’ils ont compris que ça ne sert à rien de faire du gavage droit, de leur mettre des informations qui, en plus, ne leur serviront à rien toute leur vie. Disons les choses aussi clairement. Est-ce que Pythagore te sert dans ta vie ? Non. Est-ce que Thalès te sert dans ta vie ? Non. Donc c’est bien d’en parler, mais de passer autant de temps sur beaucoup de choses qui vont te servir à rien dans ta vie d’adulte, au bout d’un moment, c’est stop le bullshit. Ayant une pédagogie alternative qui aide les enfants à créer un monde meilleur basé sur l’écologie, basé sur le bien- être, l'empathie.

          Johann Berby
          Et là, on crée un monde meilleur. Et moi, je suis pour ça. Donc oui, le système estonien, finlandais, suède, je valide. J’ai mon fils qui parle cinq langues. Depuis l’âge de six ans, sa maman est japonaise, donc il parle japonais. Il parle français, il parle anglais, il parle estonien et un peu créole réunionnais, même si ce n’est pas reconnu comme une langue. Mais voilà, moi, je suis fier de ça. Après, tout n’est pas négatif et mauvais en France. Je voulais quand même mettre sur un truc positif, donc j’ai dit beaucoup de choses contre la France. Il y a plein de choses qui sont bien. Il y a plein de choses qui sont bien. Et ce n’est pas que le système social, parce que le système social, parce que le système Estoni en plus, c’est meilleur que le système français. Donc, tu vois, à chaque fois, on nous vend quand tu creuses, on nous vend des trucs, c’est faux. Mais en fonction de ton projet de vie, de ce que tu as envie de faire, si tu as des enfants… Moi, je sais que je mettrais pas mes enfants aujourd’hui, par exemple, en France, dans un système scolaire normal.

          Johann Berby
          Je mettrai des choses comme ça. Il n’y a pas que Montessori, des choses alternatives comme ça. Il n’y a pas que Montessori, il y en a plein, mais pas dans un système scolaire de base. Dès le sixième ou la maternelle, on te met la pression, il faut que tu saches faire des calculs. Quand j’ai lu ça pour mon fils, je me suis dit « What the fuck ? Il a quatre ans, pourquoi vous lui mettez la pression sur des maths ou sur les couleurs, sur les lettres ? » C’est pas normal. Un enfant, il est pas fait pour rester fixe dans un établissement comme ça. Il est fait pour grimper aux arbres, pour courir, poser des questions, s’ennuyer. C’est comme ça qu’il développe sa créativité, qu’il développe tout ça. C’est ça, exactement.

          Sunny Adroit
          Ok, c’est vendu. Je vais en nettoyer les ménages.

          Johann Berby
          À tout à l’heure, là, tout.

          Sunny Adroit
          De suite.

          Johann Berby
          La sécurité, moi, c’est ça que j’aime aussi. T’es dans un café, tu laisses ton MacBook, Flo qui était là il y a encore quelques jours, tu laisses ton MacBook Pro avec ton porte- monnaie et un billet de 500 €, tes cartes bleues, les clés de la voiture, tu vas faire caca, tu reviens 20 minutes après, tout est là Tu vois, c’est ça que j’aime, la bienveillance et la vraie sécurité. Ça, tu ne peux pas faire ça en France, n’importe où et ce n’est pas que Paris. Ce n’est pas normal que le standard d’acceptation ce soit « Oui, mais c’est normal. » Non, ce n’est pas normal. Ce n’est pas normal que ce n’est pas normal d’accepter que si tu laisses tes affaires, on te vole. Il y a un problème dans la manière de penser. Donc là aussi, d’un point de vue standard, on doit revoir nos valeurs. On doit revoir c’est quoi les standards d’acceptation. Est-ce que quand je vois quelqu’un qui se fait agresser, c’est normal de ne pas réagir ? Non, le standard, ce n’est pas ça. C’est je dois faire quelque chose. Si c’est une femme qui se fait agresser, qui se fait gifler, je dois réagir et venir l’aider.

          Johann Berby
          Ça, c’est important. Ça, c’est ce qu’on se sont mes valeurs.

          Sunny Adroit
          Oui, écoute, que je partage bien évidemment.

          Johann Berby
          En tout cas, merci pour cet épisode super riche et puis, au plaisir de te revoir prochainement.

          Sunny Adroit
          Auparavant, Johan. Bonne journée à toi et à très vite.

          1 hr 41 min
        • Laurène Vatier, élégance rhyme avec créativité
          Conversation de Pig avec Laurène Vatier

          Bonjour les grooveurs créatifs. Aujourd’hui (comme chaque jour d’ailleurs), tu es sur le point de faire une découverte musicale exceptionnelle. Permets-moi de te présenter une artiste extraordinaire, à la fois talentueuse bassiste et chanteuse éblouissante, la remarquable Laurène Vatier.

          Dans cet épisode, nous explorerons en profondeur :

          • La magie de la créativité musicale.
          • L’art harmonieux de la basse et du chant.
          • Une performance envoûtante de Laurène Vatier alliant sa maîtrise de la basse et sa voix envoûtante.
          • La music Business.
          • Son impressionnante collaboration avec Jennifer, une expérience à ne pas manquer
          • Mettre en lumière le talent des femmes musiciennes
          • Des conseils précieux sur la pédagogie adaptée aux plus jeunes
          • Comment Jaco Pastorius a influencé son jeu, n’oublie pas de suivre notre tuto Havona pour augmenter ta technique.
          • En somme, cet épisode d’une heure est un voyage captivant où l’apprentissage se mêle à la passion.

            Prépare-toi à être transporté, à (re)découvrir des notions fondamentales, et surtout, à t’amuser comme jamais auparavant !

            —->>>> Chez GROOVE LIKE A PIG® on adore la musique. Alors partage cet article sur les réseaux sociaux afin qu’il puisse aider, et encourager d’autres amateurs de basse motivés à progresser !

            Musique de Laurène Vatier
            Biographie de Laurène Vatier

            Bassiste de formation et de tournées, Laurène dévoile une nouvelle facette de sa créativité avec un répertoire de chansons francophones.

            Toujours fidèle à son instrument de prédilection avec lequel elle tisse des arpèges profonds et envoutants, elle délivre sa quête de lumière d’une voix assurément délicate.

            Musicienne depuis l’âge de 12 ans, Laurène a commencé par la guitare en autodidacte.

            Elle a découvert la basse lors des cours de l’association « Les Nuits Secrètes » où elle a eu un vrai coup de cœur pour l’instrument.

            Par la suite, elle multiplie les rencontres musicales, diversifie son répertoire et participe à plusieurs sessions de création ( Secrètes Sessions ) sur Paris et Bruxelles.

            Après sa formation d’éducatrice spécialisée, elle décide d’étudier pleinement sa passion en s’inscrivant à l’École de Formation aux Métiers de la Musique de Tourcoing, dont elle est sortie diplômée en 2017.

            Le pas franchi, elle vit désormais de la musique et accompagne des artistes français, belges, néerlandais, et notamment

            Jenifer, dont elle a assuré la basse sur la tournée « Nouvelles pages ».

            Aujourd’hui, Laurène ressent le besoin de partager sa créativité.

            C’est en collaborant avec l’artiste Alexis Doche qu’un répertoire de chansons francophones voit le jour.

            © des photos : © Christophe Naeyaert

            Ressources pour contacter et suivre le travail de Laurène Vatier

            Sa chaîne YouTube : https://www.youtube.com/@laurenevatier
            Son compte Instagram : https://www.instagram.com/laurene_vatier/ @laurene_vatier

            Témoignage de Laurène Vatier

            —->>>> Partage cet article sur les réseaux sociaux afin qu’il puisse aider, et encourager d’autres amateurs de musique motivés à progresser avec les Conversations de Pig !

            Transcription texte de la conversation avec Laurène Vatier

            Johann Berby
            Salut les Grooveurs créatifs et bienvenue dans ce nouvel épisode des Conversations de Pig. Aujourd’hui, je n’ai pas un musicien, mais j’ai une super musicienne et en plus, elle est ch’tie comme moi, donc ça fait plaisir.

            Comment vas- tu Lorène ?

            Laurène Vatier
            Ça va très bien. Je suis contente de participer à ce podcast.

            Johann Berby
            Voilà. Donc, tu n’es pas limitée à être une super musicienne et à être ch’tie, tu es bien plus que ça, je tiens à le préciser.

            Mais comme j’adore déconner, voilà, c’est ma personnalité.

            On peut être sérieux sans se prendre au sérieux.

            J’espère que ça ne t’offense pas. Est- ce que tu peux nous présenter ton parcours ? Qui tu es ? Est- ce que tu fais ? Nous présenter, tout simplement.

            Laurène Vatier
            Ok, ça marche. J’ai commencé la musique tard. Je suis autodidacte et j’ai commencé la musique, j’avais 13-14 ans. J’ai commencé par la guitare. La guitare ?

            Johann Berby
            Pourquoi la guitare Pourquoi c’est tard ?

            Laurène Vatier
            Parce que moi, tous mes copains à l’école de musique, ils ont commencé à six ans au conservatoire et moi, j’ai commencé la musique avec mes oreilles et l’envie. C’est ça qui m’a motivée.

            Johann Berby
            Mais est- ce que ces copains- là font toujours la musique aujourd’hui ?

            Laurène Vatier
            Oui. Après, est- ce qu’ils sont intermittents ? Je ne pense pas. Non, ce n’est pas bien.

            C’est vrai que le cursus traditionnel, c’est conservatoire et tout ça et moi, je ne fais pas du tout ce bagage- là. J’ai commencé par la guitare quand j’étais ado.

            Ensuite, il y a une association dans le Nord qui s’appelle Les Nuits Secrètes, qui organise un festival, mais qui organise du coup à l’année.

            Johann Berby
            À.

            Laurène Vatier
            Honneau et Ruyigi. Oui. Eux, à l’époque, ils me proposaient un truc super pour les…

            Moi, je suis de la classe ouvrière, mes parents n’avaient pas beaucoup d’argent. Donc, on va dire que la musique et les cours de musique, c’est un budget. Et surtout guitare. Moi, je voulais faire… Moi, j’écoutais du rock, donc si tu veux…

            Je ne voulais pas faire de la guitare classique, je ne voulais pas aller en conservatoire. Donc j’ai trouvé via cet asso des cours et tu étais quand même scisse au roller, ce qui n'empêchait rien. Clairement, c’était ultra subventionné.

            Et du coup, j’ai pu faire des cours de tour de guitare. Et il y avait aussi ce qu’on appelle des ateliers de jeune en groupe où on pouvait…

            Où j’ai eu l’occasion, à 14 ans, de jouer avec une batterie, une basse, un piano.

            C’est dingue de pouvoir toujours faire ça. Retoucher à tout.

            Johann Berby
            C’est ça. C’est super.

            Laurène Vatier
            Et j’ai découvert la basse via ces ateliers- là et je me suis dit « Non mais en fait, je crois que c’est ça que j’ai besoin ».

            Je fais toujours un peu de guitare, mais j’ai vite bifurqué un an et un an après les cours de guitare pour faire des cours de basse. Et après, je ne me suis plus arrêtée. C’est la révélation.

            Johann Berby
            C’est ce que je voulais dire quand même.

            Laurène Vatier
            En tout cas, la basse, j’ai l’impression que c’est cocooning. Ça m’enracine, en fait. C’est grave et ça me… Je ne sais pas. Je me suis toujours sentie…

            J’ai l’impression que c’est super complémentaire avec mon tempérament. Moi, je suis toujours dans le cosmos. Et du coup, la vatte, ça me ramène un peu sur Terre.

            Même si on m’a souvent dit que j’avais un jeu assez aérien quand même. Parce que bon, je pense qu’ on a une personnalité et on joue aussi avec qui on est.

            Donc forcément, ça toujours paraît, mais ça m’aide à en racinement. Et voilà.

            Du coup, suite à ça, j’ai… Bon, ça a été compliqué quand j’ai dit à mes parents que je voulais faire de la musique mon métier, clairement. Ils m’ont dit « Non, ce n’est pas.

            Johann Berby
            Un métier. » Carrément ? Oui.

            Laurène Vatier
            C’était un peu barbare et « T’es une femme dans ce milieu ?

            Johann Berby
            » C’est dans tous les milieux, mais au final…

            Laurène Vatier
            C’est ça, mais en tant que femme, t’as encore moins le choix.

            Johann Berby
            Parce que je veux dire que tu sois banquière ou musicienne ou pâtissière ou quoi que ce soit, t’es une femme et rien que ça, cette condition- là, c’est pas évident dans n’importe quel métier, au final. Mais bref, continuons.

            Laurène Vatier
            Et du coup, je ne sais plus où j’en étais. Oui, voilà, mes parents n’étaient pas super d’accord, mais j’ai rien lâché. J’étais déterminée. Et après le bac, je suis éduc.

            Spé de formation. J’ai fait l’école à Maubeuche, là où je suis née, parce qu’il y a une école d’éduc. Spé.

            Et je faisais déjà que de la musique tout le temps et tout. Et le deal avec mes parents, c’était « T’as ton diplôme d’éduc et après tu fais ce que tu veux.

            Johann Berby
            T’es.

            Laurène Vatier
            Culottée. C’est ça. Donc j’ai passé mon diplôme et après je suis partie en école de musique actuelle sur Tourcoing, donc une école qui s’appelle le F2M. E

            t j’ai fait deux ans en classe de basse et c’était trop bien, mais c’était trop dur.

            Moi, je débarque en mode feeling, sans vraiment savoir aller sur les notes sur mon manche, je savais les bases, mais j’étais vraiment pas branchée technique et harmonie et tout ça, je comprenais pas trop ce que je faisais. Je créais avec mes oreilles.

            Du coup, il y a eu une … Un moment de réalignement où il fallait que j’accepte les contraintes, s’appeler ça comme ça. Parce que moi, j’étais un peu rebelle.

            Laurène Vatier
            Bref, du coup, ça n’a pas été simple pour moi au début. Après, je me suis rendu compte que tout ça, c’était des outils qui me servent encore aujourd’hui pour m’exprimer.

            Tout simplement, c’est du vocabulaire, c’est du langage. Et après, tu l’appropries avec ton jeu et ce que t’as envie de raconter.

            Donc, c’est vachement cool d’avoir eu la chance d’avoir rencontré tous ces profs, tous ces gens qui m’ont fait apprendre des morceaux que je n’aurais pas forcément relevé, d’avoir appris l’harmonie aussi, comment tout ça, ça fonctionne, comment ça marche.

            Johann Berby
            Ça te donne un cadre.

            Laurène Vatier
            Ouais, complètement.

            Et après, ça fait évoluer avec les années, parce qu’il y a des choses que…

            Moi, j’ai vraiment digéré l’école peut- être deux ou trois ans après.

            Johann Berby
            Je comprends bien sur des trucs. Je vois de quoi tu parles.

            Laurène Vatier
            C’est ça, on te blinde d’infos pendant deux ans.

            Et après, il faut le temps de décantation, digestion. C’est trop bien. Tu te replanches sur des trucs, tu fais « Mais c’était ça, j’ai même pas compris ».

            Donc, suite à ça, j’étais déjà sur Nile, du coup, dans des groupes et tout ça. Et j’ai été recrutée par une compagnie de théâtre pour être comédienne et bassiste sur un spectacle.

            Ce qu’il faut savoir sur le théâtre par rapport aux musiques d’actuelles, c’est que c’est subventionné et que du coup, on a des cachets en résidence et tout ça. En tout cas, il y a du budget.

            En tout cas, cette compagnie- là, elle se débrouillait bien. Surtout cette compagnie, j’ai pu avoir mon intermittence un an et demi après la sortie de l’école.

            Ce n’est quand même pas simple, ce moment où tu n’es pas encore intermittente.

            Du coup, tu fais des cachets, mais moi, à côté, je bossais parce que tu ne t’en sors pas assez.

            Clairement, tu ne gagnes pas assez pour te payer un loyer et tout ça. La première année d’intermittence, c’était bien compliqué.

            Johann Berby
            Tu faisais quoi comme travail.

            Laurène Vatier
            À côté ? J’étais en intérim, dans un train d’agrément de fringues.

            Johann Berby
            Rien à voir.

            Laurène Vatier
            Rien à voir, mais l’intérim, c’est bien parce que ça me permettait de dire « Je suis pas à dispo là, j’ai un concert. Je suis pas à dispo là, j’ai un concert. »

            De libérer des semaines entières sans contraintes, entre guillemets. Et puis, j’avais vraiment une équipe. Maïdure était super cool. Il était grave motivé pour que je sois intermittente et tout. Donc, C’est cool. Et après, j’ai mon statut.

            Je tournais avec un band aussi néerlandais. C’était Sept Nanas. Moi, j’étais la seule à ne pas parler. C’était flamant, belge, mais du côté flamand.

            Clairement, je ne comprends pas quand elle parlait. Sur scène, elle racontait des blagues et moi juste… C’était assez marrant.

            C’était une super expérience d’être immergée dans un groupe qui parle pas ta langue. Et ça, c’était trop bien.

            En tout cas, je m’amusais bien parce qu’en plus, la chanteuse, elle a la Sinatra. Elle était folle, en fait, et c’était super.

            Donc, j’ai tourné avec elle pendant un petit moment. Après, j’ai aussi accompagné des artistes, Lilouaze, Oliver, d’autres petits projets. Et c’était quand ? Il y a cinq ans, cinq ans, cinq. Ouais. J’ai eu la chance de passer des auditions pour la tournée de Jennifer et j’ai été sélectionnée.

            Laurène Vatier
            Donc ouais, j’étais très contente. Bravo !

            Ouais, voilà. Et du coup, voilà, grosse aventure, un an et demi de tournée avec elle, en passant des zéniths jusqu’au petit théâtre. Et ça, ça a été vraiment…

            L’école, ça forme, mais le terrain, c’est.

            Johann Berby
            Encore moins. Là, tu prêches à convaincre. Je ne jure que.

            Laurène Vatier
            Par tout. Vraiment, j’ai pris du niveau sur cette tournée Puis, j’ai eu un directeur artistique qui est bassiste aussi et qui m’a appris plein de choses, puisqu’il a un bagage super intéressant.

            Johann Berby
            C’était qui le directeur artistique ?

            Laurène Vatier
            Il s’appelle Boom. Tom l’appelle Boom. Ok.

            Johann Berby
            Boom.

            Laurène Vatier
            Il porte bien son nom, exactement. C’est un peu ça. C’est un mec incroyable. Franchement, je vous conseille de suivre sur les réseaux parce qu’ il bosse avec beaucoup de productions. Il a fait Angèle cette année, Claire Luciani.

            C’est le directeur artistique de tous ces artistes- là et il fait vraiment un travail incroyable. Ce qui était cool, c’est que sur la Tour Eiffel, on n’était que des meufs.

            Donc il y avait vraiment une sororité qui s’est installée, un truc très bienveillant, mais aussi on était assez exigeants avec nous- mêmes.

            Donc franchement, vraiment, je crois qu’on devait se rencontrer avec les filles de la team.

            Johann Berby
            C’était l’histoire. Qui les musiciennes de cette tournée- là ?

            Laurène Vatier
            À la guitare, il y avait Audrey Tesson. Au piano, il y avait Nirina Racotto-Mavo. Et à la batterie, il y avait Camille Bigiau.

            Johann Berby
            Ok, super.

            Laurène Vatier
            Génial. Super équipée. Belle, belle team, des meufs qui défoncent tout.

            Laurène Vatier
            Franchement, c’était vraiment trop bien de jouer à.

            Johann Berby
            Leur côté. Vous avez fait des Poules et Ritmi sur la tournée de Jennifer ou pas du tout ? Il y.

            Laurène Vatier
            Avait un solo de batterie, Camille, il y avait un solo, si tu veux. Et des fois, c’est… Du coup, nous, on devait tenir le truc et il ne faut vraiment pas l’écouter, Camille, parce que sinon, tu…

            Johann Berby
            Il faut… Si, si, il faut le faire. C’est pas bon de couper ce que je fais. Ça dépend des approches de chacun, mais oui.

            Laurène Vatier
            Bien sûr. Il fallait rester dans le temps. Il fallait que nous, on reste. Enfin, qu’on tienne la barrette, parce que sinon, elle part loin.

            Johann Berby
            C’est.

            Laurène Vatier
            Trop bien. Camille, c’est incroyable. En tant que récomissionnée.

            Johann Berby
            J’adore ce genre de musicien, parce que moi, je comprends bien tout ce qu’elle fait, justement, et on bosse avec des gens comme Trilok Gurtu ou Terry Bozzo ou Prabhu Édouard.

            Et c’est vrai que souvent, pourquoi j’ai réagi quand t’as dit « Il faut pas l’écouter. » ?

            Et j’ai dit « Si, au contraire, il faut l’écouter. » Moi.

            Laurène Vatier
            Je l’écoutais pas du tout.

            Laurène Vatier
            Pour lui permettre de faire un solo. C’est parce qu’au tout début, en tout cas, de la tournée. Après, avec le temps, j’étais plus droite.

            J’y ai forcément fait un peu de tournage, mais au début, « tandant » et puis elle fait son « tendance », il faut être bien le truc. Et je l’écoutais tellement.

            Johann Berby
            Que- Des excitoyantes, bien sûr.

            Laurène Vatier
            Je n’arrivais pas à revenir sur le temps.

            Johann Berby
            C’est intéressant parce que ça permet de développer davantage ton ton vocabulaire rythmique et t’amuser avec l’espace- temps, de te dire « Tiens, là, je vais volontairement être super droit ». I

            l y a des batteurs comme Manu Katie qui ont un time super comme ça.

            Et à contrario, tu peux t’ inspirer, te dire « Tiens, moi, je vais m’amuser avec des polyrhythmes et je vais faire entendre volontairement une pulsation, mais je vais penser en cinq temps au- dessus ou en sept ou de faire des sept tolés.

            L’idée, c’est vraiment de s’amuser avec tout ça.

            Moi, j’adore jouer avec des batteurs qui maîtrisent ça aussi, parce qu’ on peut vraiment faire des groupes de fou. On se regarde, on se dit « C’est méchant ce qu’on fait.

            Laurène Vatier
            » Carrément. Puis, Camille, j’ai l’impression qu’elle a quatre cerveaux.

            Elle arrive quand même à faire des polyrhythmi es assez incroyables.

            Johann Berby
            C’est une belle démarche artistique. Je ne peux que valider.

            Laurène Vatier
            D’ailleurs, elle chante aussi super bien Camille.

            Elle a fait la baguette La Belle et Joe, ça se dit comme ça, je ne sais plus. Et elle a fait un morceau Patrick Chande qui est trop bien, c’est trop stylé.

            Johann Berby
            Ça me fait rebondir à ma prochaine question. Il me semble que tu chantes toi aussi.

            Laurène Vatier
            Oui.

            Johann Berby
            Est-ce qu’on peut parler de ça ?

            Laurène Vatier
            C’est ça. Elle a dit oui.

            Et le chant, il est arrivé encore plus tard que la basse. Ça fait quoi ? Ça fait trois ans que je chante vraiment.

            Johann Berby
            C’est génial.

            Laurène Vatier
            Je prends des cours de chant et je m’y suis mis. Et c’est marrant parce que que sur la tournée de Jennifer, je faisais des chœurs qui n’étaient pas compliqués.

            En vrai, c’était plutôt la pianiste qui faisait les tiers, c’est des trucs un peu tendus. Moi, j’étais plutôt l’ entsoutien, l’octave, tout ça, donc ce n’était pas compliqué.

            Et je n’ai jamais pris de cours de technique. En tout cas, je ne savais pas trop ce que je faisais, comment passer ma voix. On me demandait tout le temps de faire des chœurs.

            Et j’ai passé une audition après la tournée de Jennifer pour rejoindre l’équipe de Laura Cox et j’étais finaliste.

            Et en fait, je me suis rendu compte en écoutant et tout ça, qu’ils cherchaient plus une chanteuse basseiste qu’une bassiste- chanteuse.

            Et la nana qu’ils ont recrutée là, elle était vraiment chanteuse.

            En tout cas, en ligne, elle était super à l’aise et tout ça. Et moi, je n’étais pas du tout à ce niveau.

            Et le fait de ne pas avoir eu cette audition, ça m’a boostée.

            Je me suis dit, non, mais en fait, je ne peux pas rester sur cet échec, entre guillemets.

            Laurène Vatier
            Des petits acquis.

            Cet échec qui m’a permis de me motiver à bosser le champ. C’est bien. Je suis bien fait de ne pas être…

            Même si j’adore Laura et que je trouve que c’est une super belle personne.

            Je pense que mon chemin était pas là, mais de m’être rendu compte que là, tu n’as pas été prise parce que c’est le chant, OK, là, il faut que tu t’y mettes. Et puis ça.

            Johann Berby
            Faisait longtemps que- Il faut que tu ailles pourquoi plus fort, en fait.

            Laurène Vatier
            Et ça faisait longtemps que je voulais en plus m’y mettre et tout ça. Je n’osais pas trop parce que le chant, c’est particulier.

            Johann Berby
            C’est notre intimité, on est vulnérable tout de suite.

            Ça n’a rien à voir avec l’instrument. On peut se cacher derrière des effets ou de la technique, tu vois, pour pour essayer de combler.

            « Je ne suis pas bon rythmiquement ? » « C’est pas grave, je vais faire de la technique. » « Je ne suis pas bon techniquement ? » « Je vais me combler avec…

            Laurène Vatier
            » Et en même temps, c’est super thérapeutique, le chant aussi.

            Laurène Vatier
            La musique de manière générale de toute façon, c’est clair. Mais le chant en particulier, ça m’a vraiment aidée.

            Du point de vue confiance en soi, assurance, prise de parole, tout ça. C’est dingue, mais ça a des répercussions sur toute ta vie.

            Johann Berby
            De chantée. Absolument. Je conseille à tout le monde.

            Parce que si t’as une posture qui est comme ça, qui fait « Bonjour, alors je suis bassiste et chanteur, je suis motivée. » Et puis t’arrêtes « Yeah, so, today… » Déjà, ça ne dégage pas du tout la même chose.

            Laurène Vatier
            Ouais, c’est clair.

            J’ai plus, je crois, d’écouteurs de chanson depuis trois ans et du coup, ça m’a donné envie avec les ans, de monter un projet solo. Actuellement, je travaille dessus. Je chante en tant que Française parce que je ne me vois pas de chanter en une autre langue.

            Johann Berby
            Si c’était ma langue de cœur. Ou en néerlandais si tu le sens.

            Laurène Vatier
            Non, c’est clair que non. Je ne l’ai pas appris à l’école, moi, en France. Je n’ai aucune base. En anglais.

            Johann Berby
            Ou en estonien, ça marche très bien aussi.

            Laurène Vatier
            Toi, tu chantes en estonien ? Non. Tu n’as pas déjà essayé ?

            Johann Berby
            Non. J’apprends l’estonien comme je vis ici depuis 2019, mais chanter en estonien, ce n’est pas pour tout de suite.

            Mais par contre, parler tous les jours avec les voisins, tout ça, ou mon portable, c’est cool. C’est cool. I like it. De toute façon, tout le monde parle anglais ici, donc c’est tellement simple.

            Laurène Vatier
            Ouais, c’est cool ça. C’est cool. Peut-être que je lui mette ? Voilà. Du coup, j’ai monté un répertoire en français avec mon copain, qui est aussi musicien, auteur, compositeur, guitarriste.

            Laurène Vatier
            C’est ça. C’est ça, ouais. Et on est assez complémentaires et tout est plutôt fluide.

            On a mis du temps avant de faire de la musique ensemble, parce que je pense qu’on avait chacun notre truc à dos. Et voilà, ça ne s’est pas fait. Et en fait, après…

            Johann Berby
            Je me mets dedans de toute façon.

            Laurène Vatier
            Ouais.

            Puis quelque part, comme c’est quelqu’un que tu aimes beaucoup, il y a une forme d’admiration mutuelle sur nos compétences.

            Quand quelqu’un qu’on aime nous dit il y a quelque chose en lien avec notre jeu ou notre musicalité, c’est tout de suite un peu plus…

            Johann Berby
            Vélicat.

            Laurène Vatier
            Voilà.

            Johann Berby
            Ça touche aux émotions tout de suite, à l’ego et à plein d’autres choses. C’est ça.

            Laurène Vatier
            Donc, il faut juste savoir faire la part des choses quand on est en couple et quand on travaille, c’est important.

            Après, j’ai eu des copines qui m’ont dit « Attention, travailler avec son copain, ça peut être hyper dangereux. » Oui, c’est sûr. Parce que du coup, tu mélanges un peu vie perso et vie pro. Mais il faut juste bien communiquer et bien géré.

            Johann Berby
            J’allais venir. La communication et les règles, en fait.

            Laurène Vatier
            C’est.

            Johann Berby
            Exactement ça.

            Laurène Vatier
            Franchement, je suis super fan de sa façon d’écrire et de sa fluidité.

            Pour moi, c’était évident qu’ il allait faire partie de ce projet que je défends toute seule, mais qu’on est deux autour de ces compos, autant dans l’écriture que dans l’arrangement.

            Dans l’arrangement basse, ça, c’est plutôt moi, mais dans l’arrangement général des chansons, des choix, des accords et tout ça, il y a un peu de nous deux dans ce projet.

            Ça, j’aime bien.

            C’est toujours plus riche quand tu fais des créations en groupe, je trouve. Tiens, j’en ai pas parlé, mais un truc que j’ai aussi beaucoup aimé dans ma jeunesse.

            J’étais vieille, mais j’ai participé à des sessions de création collective qui s’appellent les Secret Sessions.

            Le principe, c’est on a deux heures pour créer un morceau qui se sent en monte sur scène et au bout de deux heures, c’est enregistré, filmé sur scène.

            Et ça dure trois ou quatre jours et il y a une trentaine de musiciens qui vont, qui viennent. Et ça a été incroyable pour moi, cette expérience.

            Tu joues avec des gens avec des musiciens à tout horizon. Il y a des choses qui sortent, qui sont incroyables, qui sont vraiment du moment, de l’inspi.

            Laurène Vatier
            J’ai fait ça à Paris, je fais ça à Bruxelles.

            Ça continue à Bruxelles via le festival francophone qui aurait utilisé le concept de secrétisation pour ouvrir son festival.

            Johann Berby
            Du coup, quelle est ta démarche dans ce genre de contexte ? Tu préfères partir de la ligne de basse ou d’une ligne mélodique ou alors on donne une grille d’accords, ça t’inspire la ligne de basse ? Comment tu fonctionnes ?

            Laurène Vatier
            La plupart du temps, il y a une idée qui est lancée.

            Ça a déjà été des idées à moi, mais ça a déjà été des idées d’un guitariste ou d’une chanteuse, d’un pianiste. En fait, on communique, on se dit « Tiens, c’est pas mal ça ».

            Et puis, on jambe, on fait tourner des trucs. Et au bout d’un moment, on essaie de structurer un peu. Et après, des fois, ça m’est arrivé deux fois d’assister en tant que…

            Là, je ne participais pas, parce que j’ai été bénévole une année aussi sur ce dispositif.

            C’est un truc qui ne marche pas sur une vie de danse dans une scène. Ils essaient de créer, mais ça ne marche pas.

            Sur une musique-sans-sourc e scène, ils essaient de créer, mais ça marche pas. Et voilà, ça arrive aussi.

            Johann Berby
            C’est génial aussi.

            Laurène Vatier
            C’est intéressant de voir comment humainement, tout ça, ça se construit aussi d’un regard extérieur.

            Qui a plus un rôle de lead ?

            Qui est plus suiveur, mais très à l’écoute, en essayant vraiment de porter et de servir ce qui est en train de se créer ?

            C’est intéressant. C’est de la sociologie.

            Johann Berby
            Non, mais complètement.

            Parce que tout ça, au final, c’est que de la psychologie. De toute façon, ce que tu viens de dire, comme d’hab quelque chose de super intéressant.

            Tu as dit, tu vas avoir le leader et celui qui est suiveur. Et en fait, socialement, on fonctionne aussi de toute façon comme ça.

            S’il se passe une situation catastrophique, tu as toujours une personne qui va faire « Bon, on réorganise, on prend la nourriture, on fait du stock.

            Ensuite, qui sait faire des soins ? Les premiers seins, toi, toi, toi, toi.

            Ok, allez vous occuper des personnes.

            Ok, qui est-ce qui s’est bricolé ? Toi, tu vas là. Toi, tu vas là. » Parce qu’on a besoin de leaders et on a besoin de suiveurs aussi.

            Laurène Vatier
            Oui.

            Johann Berby
            Oui. Et les deux.

            Laurène Vatier
            Sont complémentaires, parce qu’ être suiveur, c’est être un suiveur entre guillemets, il faut une écoute quand même qui fine. Empathique.

            C’est ça. Et puis, ils vont être dans la nuance, la subtilité, servir la musique, en fait. Ils sont un.

            Johann Berby
            Peu là pour ça. Ouais.

            Laurène Vatier
            Là, de.

            Johann Berby
            Son ego.

            Laurène Vatier
            C’est vrai que à l’école, on me disait souvent que… Une première chose qu’on m’a dit et j’ai retenue, c’est que tu as une super musicalité, mais tu n’es pas technique.

            C’était le début, c’est pas grave. C’est vrai, en tout cas, j’étais pas une bassiste technique. Je le fais un peu plus maintenant, mais en tout cas, j’étais plutôt feeling et écoute, en fait. É

            coute de ce qui se passe et de ce que la batterie me raconte et la guitare aussi. Pour moi, créer quelque chose qui est cohérent. La musicalité, je trouve que c’est quand même… Pour moi, c’est la base.

            Johann Berby
            Bien sûr, mais de toute façon, tout est lié.

            On a quand même de toute façon besoin d’une certaine technique.

            Et plus tu en auras et plus ta musicalité prendra de l’ampleur après, ce qui fera la différence, ça va être tes goûts et comment tu arrives à faire en sorte de connecter tout ça avec les personnes qui écoutent.

            Parce que tu as plein de personnes qui ont une technique monstrueuse à la base pour la batterie et tu.

            Laurène Vatier
            Écoutes, tu fais des.

            Johann Berby
            « blblbl » et à contrario, tu as des personnes qui ont le même niveau de technique, voire plus, et mais qui savent se connecter avec les autres parce qu’ils mettent la musicalité en avant.

            Laurène Vatier
            La technique doit servir de la musicalité.

            Johann Berby
            Tout à fait.

            C’est une question d’approche. Moi, j’ai beaucoup appris avec la musique indienne vis- à- vis de ça, parce que en rencontrant Zakir Hussain et en ayant plein de gourous sur place, Sultan Khan, etc, ou Ari Prasad Shurasia, qui ont une technique que je n’ai jamais vu quelqu’un en Occident avoir un level technique et rythmique comme ça.

            En Europe, aux États-Unis, même dans le jazz, ils en sont encore à des années- lumière. Quand tu écoutes des mecs comme ça qui font juste « ouh » et puis ils partent dans des trucs de fou.

            Tu entends la complexité, mais en fait, ce n’est pas ça que tu entends au premier, c’est la musicalité.

            Tu as envie de pleurer, tu as les larmes qui montent.

            Et après, quand tu analyses, tu fais « Et en plus, techniquement, c’est complexe. Mais what ? » Mais what ?

            Laurène Vatier
            C’est tout un autre d’autres codes, d’autres façons d’entendre.

            Johann Berby
            Oui, parce que l’approche est différente.

            Johann Berby
            C’est connecté à la nature, à la spiritualité, aux étoiles.

            Les raagas, on va les jouer à une certaine heure de la journée. Tu vois, chaque instrument est lié à une divinité.

            Moi, je joue du meridien gamme, des tablas, donc c’est Ganesh, le dieu des musiciens qui est là pour la prospérité, etc, l’abondance. Tout ça, c’est super intéressant d’étudier ça, les vibrations, l’énergie.

            Tu vois, c’est waouh. Il y a.

            Laurène Vatier
            Quelque chose de très spirituel. Moi, je trouve dans les fréquences basses, il y a aussi ça.

            Dans tous les instruments, mais moi, je suis vachement plus sensible à ces vibrations. Je ne sais même pas comment dire.

            Johann Berby
            Ça.

            Laurène Vatier
            Détend. J’aime bien utiliser des effets, des shimmers, des delays, quelque chose de très ambiant. C’est un punchline de la base qui détend, qui est.

            Johann Berby
            Vraiment dans le ventre.

            T’as un super univers.

            Je ne sais plus comment je t’ai découvert, je crois que c’était une de mes assistants, soit Chloé, Manager Support ou Koloina, peu importe, mais qui m’a envoyé un email dans un logiciel en interne, où toutes les infos sont centralisées.

            Puis elle m’a dit « Tu connais cette bassiste ? Ce serait intéressant de l’interviewer. En plus, elle est ch’tie comme toi.

            Laurène Vatier
            » C’est génial. Non mais c’est fou parce que, bon, moi je serais perdue au fin.

            Johann Berby
            Fond du Nord.

            Laurène Vatier
            C’est cool.

            Johann Berby
            Ça a captivé mon attention. Je me suis dit « Bon, si les filles m’envoient ça, je prends cinq minutes pour regarder. » Et j’ai regardé effectivement quelques vidéos et j’ai adoré ta voix, j’ai adoré ton jeu et l’ambiance qu’il y avait autour.

            Je fais « Ah non mais of course », je te contacte direct et tout de suite, je t’ai envoyé un message.

            Je t’ai dit « Bon voilà, on a une série de podcasts, est-ce que tu voudrais participer ?

            Parce que ce que tu fais, c’est super, ça me touche en plus. » Et je vois qu’on a plein de choses en commun.

            C’est génial. Merci d’avoir dit oui.

            Laurène Vatier
            Franchement, j’ai jamais fait de ça. J’ai jamais fait de podcast.

            Johann Berby
            Je te souhaite d’en avoir des centaines de milliers d’autres.

            Laurène Vatier
            Non, mais ouais, c’est cool.

            Johann Berby
            Ça te dirait de nous jouer un petit morceau, un petit extrait comme ça, quelques secondes.

            Laurène Vatier
            Ou quelques extraits ? Carrément. Dans ma démarche, avant de jouer, je vais t’expliquer un tout petit truc.

            Ma démarche solo, elle a aussi émergé parce que j’ai découvert The Bassist que tu connais, qui s’appelle Jaco Pastorius.

            Je l’ai surtout relevé, en fait. J Et surtout, « Portrait of Tracy », c’est vraiment pour moi un morceau qui m’a ouvert mon champ des possibles.

            Je me suis dit « En fait, on peut faire tout ça avec une basse ».

            Laurène Vatier
            J’ai mis du temps à savoir faire ce morceau. Je l’interprète à ma façon, puisque je pense que c’est un peu la preuve de Jaco, de manière générale, de s’approprier. Et du coup, voilà, juste pour dire ça avant de commencer un petit morceau.

            Johann Berby
            Yes. Pour tous les auditeurs et auditrices qui nous écoutent, dans l’université Groupe Black EP, on a fait une formation dédiée à Jaco Pastorius. Avec les tablatures, il y a tout relevé, note à note, solo inclus. Donc, je crois à l’époque, ça m’a pris deux mois à tout filmer.

            Laurène Vatier
            Incroyable. C’est vraiment un truc qui…

            Laurène Vatier
            Il a vraiment changé la donne dans l’ouverture, dans Il a osé des choses, il a expérimenté et ça peut que faire des petits ce genre de démarche auprès de plein de musiciens. C’est vraiment trop bien.

            Johann Berby
            Parce que c’est quand même un musicien bien, qui impressionnent beaucoup.

            C’est pour ça que je voulais dire ça aussi.

            Pour ceux qui ont toujours rêvé de jouer les lignes de basse, mais qui sont, je ne vais pas dire dégoûtés, mais qui ont peur parce qu’ils disent « J’ai pas assez de technique », etc, il faut pas avoir peur, justement, dans ce programme- là.

            Je joue tout lentement, je joue tout au tempo médium et ensuite tout au tempo normal. Et encore une fois, il y a les tablatures, des backing tracks, faites- vous plaisir.

            Et on donne en plus, déjà gratuitement aussi toutes les partitions.

            Laurène Vatier
            Voilà. C’est cool. Voilà, si je vous conseille à un moment donné. Je crois que moi, c’est un peu un indispensable d’un moment, se poser sur Jaco, rien que même écouter. C’est trop bien beau.

            Johann Berby
            Ça libère trop de choses techniquement, c’est un truc de fou.

            Laurène Vatier
            Franchement, c’est pas comme ça à la reprise de Blackbird.

            Franchement, c’est trop bien. Et puis surtout, cette technique liée aux harmoniques aussi, moi, elle m’a tout de suite plu. Ce que je trouve que c’est…

            Dans mon projet, je vais faire souvent des harmoniques et des atmosphères comme ça. Je vais faire un petit coup de gel coat et après je vais faire un petit coup de…

            Réinterpréter, évidemment, chose. Voilà. Merci. Bye. Une

            Laurène Vatier
            ampoule dans l’univers, des ampoules au long de la Terre.

            Je navigue sur une drôle de toile que l’on a tissée dans les étoiles et quand je veux rejoindre la Terre, je rebondis sur son atmosphère, repoussée par le tonnel, par la peine et la colère. Ma maison faite de lumière. Ma raison est une poussière.

            Je m’enracine dans quelques nuages et je continue ce long voyage, passant parfois près de votre terre, celle que mes aïeux travaillaient. Je la laisse loin derrière avec ses drames et ses guerres.

            Je m’amuse avec cette drôle de toile et je dessine entre les étoiles d’autres constellations à mon goût, la vieille branche et le marabout.

            Le pyjama le hibou, les esquimaux dans les glous. Une ampoule dans l’univers. Des ampoules loin de la Terre All right. Je me suis un peu trompée à des moments, mais bon.

            Johann Berby
            Personne ne sait parce qu’on ne connaît pas, on n’est pas dans ta tête, donc il n’y a que toi qui le sait.

            Laurène Vatier
            Ok, d’accord. C’est très tôt, je n’ai jamais fait ça.

            Johann Berby
            Mais non, mais c’est cool.

            On est entre nous, c’est ça qui est bien. Et en plus, dans cette communauté des grooveurs créatifs, on n’est pas là, comme je le dis toujours et je le dirai jusqu’à mon dernier souffle, on n’est pas là pour se juger.

            On est là pour se tirer vers le haut.

            C’est ça qui est cool, c’est qu’on attire que des profils comme ça.

            Parce qu’ en ayant un discours comme ça, les gens qui savent qu’elles sont judgementales ne sont pas attirés par nous.

            Tant mieux, allez ailleurs, please.

            Allez mettre une salle ambiance ailleurs et comme ça, on n’est qu’entre nous et ça reste chaleureux, humain et positif. Ça fait du bien.

            Laurène Vatier
            Et quand on toute neuve. J’aime bien quand elles sont un peu usées, mais là elles sont brillantes. Et du coup, je joue sur une Sadowski Jazz Bass avec le préamplice Sadowski qui est incroyable.

            Johann Berby
            Est- ce que tu peux nous parler de…

            Si on peut continuer, parce qu’on a parlé de Jaco, mais est- ce que tu peux nous parler de tes autres influences musicales ?

            Quelles sont les autres influences musicales que tu as ? Et s’il y a des non-bassistes, tant mieux. Et si tu peux nous en parler, nous expliquer de quelle manière ça t’a influencé, par exemple ?

            Laurène Vatier
            En fait, moi, j’écoute beaucoup des projets francophones et notamment des projets québécois, parce qu’il y avait des trucs trop bien par.

            Johann Berby
            Là- bas. Bien sûr, tout à fait.

            Laurène Vatier
            J’écoute des projets de Louis Jean Cormier, par exemple, c’est un auteur, compositeur, chanteur québécois.

            C’est incroyable. J’adore sa façon d’écrire. Marie-pierre Arthur aussi. Carquois, ça, c’est le projet de Jean-Cormier Jean-Cormier.

            Il y a aussi… Après, en basse, j’ai aussi beaucoup écouté Wulfpeck. C’est mon, ça dépend. Et le jeu du bassiste est super impressionnant avec son débit de double crochet.

            C’est incroyable. Je trouve ça d’une stabilité inspirante. Après, voilà. Peut-être que j’écoute plus de choses différentes.

            J’ai écouté aussi beaucoup Rora une période. Je trouve que c’est une artiste…

            Toute tes live sessions, je trouve qu’elle dégage un truc très spirituel, elle danse et j’aime beaucoup. Après, en artiste francophone d’aujourd’hui, j’écoute plus des artistes francophones du Québec, j’avoue.

            En France, il y a Pomme que j’aime bien aussi, Jeanne Adèle qui est basseuse, qui a des fois appris la basse sur scène.

            Si je vous dis des trucs, je te le dis. J’ai pas de style à proprement parler où je me dis là, c’est mon truc. J’aime bien aller un peu voir partout.

            Johann Berby
            Oui, c’est génial.

            Laurène Vatier
            Après, ce style de base, c’est vrai que je trouve que le Slap, sur la montre, on est rad comme ça. C’est cool.

            Le sap, ça peut être cool, mais par contre, j’en ai pas dans mes morceaux.

            Peut- être un jour, mais en tout là, pour le moment, je suis propre de quelque chose de plutôt doux et d’aérien, donc c’est pas très approprié dans du Slap.

            Johann Berby
            Sauf si tu fais un Slap doux et un morceau groovy aérien, qui sait ?

            Laurène Vatier
            Oui, c’est clair. On peut tout en dire qu’il y a plein de techniques.

            Johann Berby
            Oui, parce que Slap ne veut pas forcément dire débier.

            Laurène Vatier
            L’ethnique agressive. C’est vrai que je l’associe vachement à un truc très incisif.

            Johann Berby
            C’est pas forcément… Ça peut être doux, ça peut être soft, ça peut être caliente, chaleureux.

            Laurène Vatier
            C’est ça, mais complètement, ouais. Après, j’aime beaucoup le genre d’accord. Ça, c’est vraiment mon jean d’accord.

            Johann Berby
            Pour moi, c’est un truc… Génial. Tu m’étonnes. Je ne peux que valider. Surtout, en plus, pour jouer de la basse et chanter en même temps, c’est juste extra.

            Laurène Vatier
            Ouais, et puis ça donne vraiment une autre couleur, je trouve. Je ne sais pas, il y a un truc très jazz, même. Si on enrichit les accords tout de suite, je trouve qu’il se passe quelque chose.

            Johann Berby
            Oui, comme on est limité par le nombre de choix, on est obligé d’aller à l’essentiel dans le choix des voicings.

            C’est ça qui est génial.

            Ce que j’adore, par exemple, c’est créer des balades en accord et chanter par- dessus, quelque chose de super émotionnel, de mélancolique, de tragique, de triste. Ça marche super bien à la base.

            Laurène Vatier
            Franchement, c’est clair. T’as fait une vidéo sur les accords à la base ou pas ?

            Johann Berby
            Je ne sais pas. Pas tant que ça. Il faudrait que je développe un peu plus ça. Ça, c’est Ouais, je ferai. Je partagerai mes petits secrets avec grand plaisir.

            Laurène Vatier
            Oui, c’est le connaissance. Je trouve ça plutôt…

            Il ne fallait pas qu’on a compris le truc, qu’on a compris les positions et comment on roulait les tierses et les septième, parce que c’est en fait ça qu’on peut jouer notre intervalle.

            Et puis, il y a le dé renversement et tout ça, mais je trouve que ça ouvre le champ des possibles.

            C’est trop cool.

            C’est vrai que je le dis plus quand je m’accompagne en solo, mais je ne l’utilise pas beaucoup quand je suis bassiste dans un band et qu’il faut être des fondations du truc avec la batterie. C’est vrai que je joue moins en accord.

            Johann Berby
            Non, mais ça peut se faire. Ça peut se faire aussi.

            Tu tiens à un groupe et même si tu fais un intervalle harmonique, c’est- à- dire deux notes, tu fais par exemple, je ne sais pas, do mineur, tu fais C au huitième case, corde de mi et mi bémol, huitième case, corde de sol.

            Rien ne t'empêche de dire « Tiens, je vais faire une petite extension. Je reste C au huitième case, corde de mi. Je vais faire si bémol, huitième case, corde de ré et je vais faire sol, 12ème case, corde de sol. »

            Boom, là, je mets la quinte et puis ensuite, je vais faire des renversements, mais tout en gardant le groupe.

            J’adore faire ça. Ça s’y prête bien, surtout quand il n’y a pas beaucoup d’instruments.

            Si on est en trio, quartet, tête qu’un tête comme ça, pas tout le temps, mais sur certains passages, ça assoit l’harmonie en même temps le groupe. Tu vois, tu es là et…

            Parce que ça se fait beaucoup dans les groupes de Chicago, tout ça, dans les groupes de basse.

            Tu vois, je ne sais pas si ça se fait un peu en Europe, mais tu vois, tu prends des gros mal à la tour of power, tu as un petit débit et de temps en temps, tu places ça dans ta ligne de basse, c’est genre « Yes, chaleur dans le gazole total.

            Laurène Vatier
            »des petites interventions.

            Johann Berby
            Exactement.

            Laurène Vatier
            Ça.

            Johann Berby
            Enrichit, ça met du soleil, de la chale. C’est trop cool. J’adore dire « chale ». Ayant grandi dans le Nord, il n’y avait pas beaucoup de chaleur C’est ça.

            Laurène Vatier
            Elle était dans le cœur. Elle n’était.

            Johann Berby
            Pas dans l’air. C’est ça, elle est dans le cœur des gens.

            Laurène Vatier
            C’est ça.

            Johann Berby
            Est- ce que tu peux nous parler de tes autres projets ? Je crois que tu as un projet avec des enfants autour de la pédagogie. J’aimerais qu’on puisse parler de ça, s’il te plaît.

            Laurène Vatier
            Oui, complètement. J’ai pas mal manqué de modèles féminins, en tant que musicales, en musique actuelle notamment.

            J’ai créé un spectacle à partir de trois ans.

            C’est un conte musical qui s’appelle Éclore et qui raconte l’histoire d’une petite fille qui veut vivre de la musique.

            Et il y a un peu des bouts de ma vie, évidemment, mais il y a aussi des bouts de la vie de mes copines musiciennes. Je voulais vraiment pouvoir leur donner la parole aussi à travers ce spectacle.

            Parce que c’est compliqué de vivre de la musique, on va pas non plus se cacher. Il faut quand même être déterminé, il faut rien lâcher. Il y a des.

            Johann Berby
            Moments- Ça dépend. J’ai un discours différent.

            Laurène Vatier
            Moi, vis- à- vis de ça. Ah vas-y, ça m’intéresse.

            Johann Berby
            À l’heure d’aujourd’hui, si on embrasse la technologie et qu’on utilise les réseaux sociaux intelligemment, je dis ça parce qu’on a un programme qui s’appelle Groove Like a Pig Profit Boost » dans lequel j’enseigne aux musiciens à gagner de l’argent grâce à Internet.

            Et je n’ai pas honte ni peur de parler d’argent parce que c’est un vrai tabou en plus en francophonie, c’est ce qui est ridicule et hypocrite à la fois.

            Donc cassons un peu ces tabous une bonne fois pour toutes.

            L’idée, pour moi, n’est pas d’avoir le plus de vues, parce que ce n’est pas en ayant le plus de vues sur les réseaux sociaux qu’on gagne de l’argent. Mais c’est en sachant vendre ses produits de la manière la plus intelligente avec ce que j’appelle tout simplement des systèmes automatisés.

            Ce n’est pas moi qui ai inventé ça. Je suis allé me former depuis 2009 aux États-Unis, en Angleterre, en Australie, etc. E

            t comme avec GROOVE LIKE A PIG®sur le segment basses, j’en ai parlé d’ailleurs, j’ai rédiger un livre, je me permets de faire un peu de publicité.

            Désolé, ce n’était pas prévu.

            Mais vu qu’on en parle autant, j’ai écrit un livre qui s’appelle Le talent ne paye pas tes factures, dans lequel je partage le chiffre d’affaires de GROUVE LIKE A PIG avec des captures d’écran de manière transparente.

            Johann Berby
            Voilà, j’explique que quand on n’a pas de chance, rien que sur le segment basses, on génère son dans les 120 000 €.

            Mais l’idée, c’est de faire ça intelligemment, parce que les musiciens, il y a très peu de personnes qui enseignent comment gérer ses finances à des musiciens ou même à des gens normaux.

            À l’école, on n’apprend pas ça.

            Donc d’avoir une éducation financière, déjà, c’est la base pour soi, pour son couple, pour ses enfants, avoir des projets, etc.

            Savoir gérer ses priorités, donc gestion des finances. Ensuite, comment attirer des personnes qui seraient susceptibles d’être intéressées par ce que tu fais ?

            Parce que tout le monde a un public. Tu peux faire du Death metal punk, funky, hardcore. Il y a quand même des gens qui vont adorer.

            Donc maintenant, comment tu mets des systèmes en place pour attirer ces personnes- là ? Et ensuite, comment tu fais pour vendre tes produits et services à ces personnes- là ?

            En utilisant les réseaux sociaux de manière intelligente et la communication bienveillante, on peut vivre confortablement sans avoir besoin de donner son temps.

            Parce que malheureusement, si on ne fait pas de concert, c’est ce que j’explique dans le livre, si on ne fait pas de concert et le Covid a été un très bel exemple, si on ne fait pas de concert et qu’on n’a pas diversifié ces sources de revenus, on est un petit peu malheureusement dans le baba, alors qu’Internet, ça travaille pour nous 24 heures sur sept.

            Johann Berby
            C’est ça qui est beau avec la technologie.

            Laurène Vatier
            Je suis carrément à la ramasse pour actus et.

            Johann Berby
            Tout ça. Non, mais il n’y a pas de souci. C’est mon travail d’éduquer.

            Laurène Vatier
            Oui, carrément.

            Franchement, c’est intéressant parce que c’est vrai que, en tant que musicienne, on doit faire tellement de trucs différents, gérer tellement de choses au- delà de juste pratiquer notre instrument. C’est une gestion autour de.

            Johann Berby
            On est multi casquettes. On est producteur, éditeur, tu vois, c’est producteur, tour manager.

            Laurène Vatier
            Trop de casquettes, au bout d’un moment.

            Johann Berby
            C’est pour ça que je me tue à déconstruire le cliché et je me bats vraiment sincèrement depuis des années.

            En ayant ce discours, je ne changerai jamais de position jusqu’à ce que ce soit réellement fait, de déconstruire le truc que t’es musicien », « c’est pas un métier », « t’es musicien », « c’est un décent, tu demandes 2 000 € pour une date », « mais ça va pas ou quoi ? Moi, les gens qui ont un discours comme ça, j’adore les casser avec plaisir.

            Laurène Vatier
            Oui, complètement.

            C’est comme les musiciens qui jouent gratos. C’est ça ? Non, mais ils peuvent si c’est du loisir et tout ça, mais il faut que les musiciens prennent…

            Ça peut permettre de rémunérer. Il y a des gens qui vivent de ça. Tu acceptes, tu es gratuit, gratos, au bout d’un moment… Bref.

            Johann Berby
            Mais on paye nos factures, on s’achète nos maisons, on emmène nos familles en vacances avec notre talent, en jouant cet instrument qui est derrière.

            Moi, l’idée, c’est plutôt de dire pourquoi on a un état d’esprit misérable en France avec l’argent ?

            Ça, c’est une vraie problématique.

            Travaillons dessus, faisons-nous des câlins et virons ce tabou une bonne fois pour toutes. Parce que parce que pourquoi on accepte qu’un plombier ait des honoraires, qu’un médecin…

            Ou si t’as le cancer, tu vas aller voir un cardiologue qui n’a pas de solution, mais t’es prêt à payer 1 000 €, 2 000 € parce que tu sais que tu vas mourir. Mais un musicien qui demande ça, parce que moi, c’est mon tarif, sinon je ne joue pas.

            Chacun a ses honoraires. « Ouais, mais c’est trop cher en France. » Je vais aller voir ailleurs.

            Au Brésil, si je dis « Tiens, moi, mon tarif avec tout ce que j’ai fait dans ma carrière internationale, c’est 2 000 €. » Les mecs rigolent. Ils se foutent de ma gueule. « Tu n’es pas sérieux, Johan ? Tu n’es pas crédible ? » En Inde, c’est pareil.

            Donc pourquoi dans le reste du monde, l’état d’esprit est inversé ?

            Johann Berby
            Et en France, on cultive ce côté misérable.

            Genre, non, on est en France, c’est comme ça et ça doit être comme ça. Non. Il faut vraiment s’éduquer, se dire « Tiens, mon standard, peut- être qu’actuellement, il est bas.

            Et c’est le standard de plein de gens. Et c’est OK pour ces gens- là. Mais ce n’est pas OK pour moi.

            Parce que j’aspire à aller plus haut. J’aspire à faire de grandes choses avec tout ce que j’ai travaillé, tout ce que j’ai appris, tout ce que j’ai acquis, l’expérience.

            Parce qu’on peut trop tirer ta base de main, on peut la brûler, on peut brûler ta maison, tout ce que tu veux.

            Mais il y a une chose qui restera toujours, c’est ton expérience, ton expertise, ton savoir- faire. Tu vois ça ? Et ça, c’est une valeur inestimable, la valeur des choses.

            C’est super important d’éduquer de cette manière- là.

            Laurène Vatier
            Ouais, ouais, je suis d’accord.

            Après, l’intermittence, c’est quand même un statut qui peut être pratique. Mais voilà, ça a aussi ses limites parce que du coup, on peut vite être dans une sécurité qui…

            Johann Berby
            Qui est en prison.

            Laurène Vatier
            Voilà, en fait. Et des fois, tu acceptes des jobs que tu n’aurais pas forcément acceptés si.

            Johann Berby
            Tu n’étais pas interdit. Je ne l’aurais pas dit dans un podcast, je l’ai dit dans le livre.

            Mais plus qu’on est en discussion sincère et authentique et transparente et que c’est aussi ma démarche, tout à fait, c’est ce que je pense.

            Dans le livre, je dis même que les musiciens qui ont pour ambition de se professionnaliser, que leur ambition, c’est d’être intermittents, et je le dis comme ça, ça veut dire que ton ambition, c’est d’être chômeur, point barre.

            Laurène Vatier
            Oui, il faut aussi savoir que c’est un statut. Et encore, c’est un régime du chômage. Je comprends toi.

            Johann Berby
            J’ai rien en soi contre ça, mais malheureusement, on s’en ferme dans d’autres choses.

            Là, tu vois les images, mais pour ceux qui écouteront la version podcast, j’explique pourquoi il y a des grosses entreprises américaines qui n’ont rien à voir avec la musique qui viennent me voir pour me demander des conseils et je travaille avec eux.

            Tout ça, c’est disponible sur Internet, c’est transparent et ce n’est pas du blabla, bullshit, vendeur de rêve, vendeur de tapis comme on pourrait voir les influenceurs.

            Achète ma formation grâce à mon programme, c’est pas que tu vas devenir millionnaire en un clic. Non, je ne fais pas ce genre de choses.

            J’aime l’honnêteté, la transparence. J’ai une réputation aussi à tenir. Je fais attention à ça. Et l’idée, c’est vraiment de partager sincèrement.

            Voilà ce qu’on peut faire aujourd’hui quand on est artiste, qu’on est motivé, qu’on est prêt à se retrousser les manches, qu’on est prêt à mettre de l’huile de coude sur la table et envoyer du lourd. Parce qu’ avoir du talent, ça ne suffit pas.

            Ça n’a jamais suffi de toute façon. Mais on est dans un monde qui, politiquement, est très complexe, qui est gouverné en plus par des milliardaires complètement tordus.

            Johann Berby
            Je rentrerai pas dans les détails.

            Donc des situations comme ça, on va en avoir malheureusement de plus en plus.

            Si ce n’est pas le Covid, ça va être parce que oui, c’est des catastrophes naturelles, écologiques, ou alors parce que c’est l’effondrement de l’argent, ou alors c’est parce que c’est l’effondrement social et du capitalisme.

            Il va y avoir plein de problèmes géopolitiques à gérer dans les prochaines décennies.

            Donc, nous, en tant qu’artistes, on ne peut plus se permettre juste de gratouiller notre instrument et de se dire « On va vite grâce qu’à la scène. » Non. On doit apprendre à divertir nos sources de revenus. C’est très, très important.

            Laurène Vatier
            Oui.

            Après, un côté positif avec l’intermittence, c’est que parfois, ça te force, ça te sort de sa zone de confort.

            Dans le sens où moi, mes cachets, c’était principalement les autres projets.

            J’étais rattachée à des autres projets et j’ai eu la volonté que, au moins, toute la moitié de l’intermittence dépend de moi, clairement, de mon projet solo parce que c’est important.

            Tu te dis que tu ne dépends que des projets des autres pour vivre.

            Au bout d’un moment, moi, j’ai senti un peu le limite à ça.

            Je me suis dit « En fait, il va falloir que je me débrouille aussi moi par moi- même, et puis j’avais des propos, j’avais envie de créer, d’exprimer des choses et tout ça.

            Et du coup, ça m’a aussi forcé à créer des choses, à me dire non, mais je veux que une partie de mon intermittent soit liée à mes concerts, solo, à moi et à mon spectacle public.

            Et franchement, c’est bien.

            C’est bien. C’est bien le côté positif du truc.

            Johann Berby
            Mais clairement, mais continue du coup de nous parler. On a fait une petite parenthèse.

            Laurène Vatier
            De.

            Johann Berby
            Revenir à ton projet pour les enfants.

            Laurène Vatier
            La pédagogie.

            C’est vraiment super. Le but, c’est de parler des rêves et de croire en soi et de croire en ses rêves.

            Je trouve ça important dans cette société de dire aux enfants « Allez- y, si vous avez quelque chose au fond de vous qui ne demande que ça, je parle de l’enfant intérieur, un peu de la l’enquête intérieure, c’est un peu l’artiste intérieur, c’est pareil.

            Et on a, de temps en temps, dans notre société à l’étouffer, à bien lui dire de bien rentrer dans les cases, où en fait, c’est pas possible.

            Ça donne des burn out et j’ai pas envie que les gens tombent vers ça. Donc je me suis dit, on va attaquer à la source, les enfants.

            Et voilà, on va partager tout ça, toutes ces belles valeurs qui sont importantes pour moi.

            Et surtout aussi parler de femmes, de filles et j’ai été construite aussi dans ce spectacle, le prendre soin, le fait que tout un peu ces cases qu’on a pu mettre sur les femmes.

            Non pas que c’est mal, que c’est mauvais, c’est bien, mais on n’est pas…

            La femme n’est pas que ça. Elle peut être plein d’autres choses.

            Laurène Vatier
            Donc voilà, je défend tout ça dans ce spectacle.

            Et je fais aussi, je fais découvrir la basse, puisque c’est un ensemble qui est pas super connu.

            Et du coup, j’ai tout un petit Medley où je raconte l’histoire de la basse. Je fais les deux basses super connues, c’est un peu interactif, tout ça. Yes, trop intelligent.

            C’est important. J’éduc. Il y aura plein de bassistes et tout.

            Johann Berby
            Ça sera trop cool. Écoute, j’espère bien. Surtout dans notre belle région un peu ravagée.

            Il faut le dire aussi, soyons honnêtes.

            Nous, on était famille d’accueil. Ma maman, en tout cas, était assistante maternelle. Je crois qu’on appelle ça assistante familiale aujourd’hui.

            J’ai le lui, j’ai vu malheureusement beaucoup d’enfants tristes, violentés, etc, passer à la maison. On prenait soin d’eux.

            Si on peut apporter de la joie, du bonheur à travers la musique, l’éducation, la pédagogie, forcément, je ne peux que soutenir, valider et tu le sais, promouvoir.

            Laurène Vatier
            Oui, en tout cas, c’est marrant parce que les adultes…

            En fait, il y a un peu deux niveaux de lecture. Les adultes, ils sont vraiment…

            J’ai beaucoup de gens qui viennent me voir et qui sont touchés par l’histoire.

            Et je pense que ça fait vraiment écho à leurs enfants, intérieurs à eux, de toutes les choses qui se sont un peu interdites de faire ou qui se sont dit « Non, ce n’est pas.

            Johann Berby
            Pour moi. » Tu n’y arriveras jamais, ce n’est pas pour toi.

            Mais il n’y a personne dans la famille qui est devenu X ou Y ? » Des.

            Laurène Vatier
            Trucs de base qu’on n’entend pas. On se met beaucoup de limites de soi- même.

            « Est-ce qu’on a peur de l’échec ? » Du jugement. C’est ça, c’est exactement ça. Et en fait, au bout d’un moment, il n’y a qu’en faisant que tu vas t’améliorer, que tu vas faire mieux. Il n’y a pas d’autre moyen.

            Johann Berby
            Et puis, il n’y a pas d’échec. Ça n’existe pas, l’échec.

            Laurène Vatier
            C’est ça.

            Johann Berby
            Aussi. Tu vois, tu l’as bien dit tout à l’heure et je ne peux que valider.

            Tout à l’heure, tu as dit « Je n’ai pas été prise. » Donc, il y a deux états pour l’audition. Il y a deux états d’esprit.

            L’état d’esprit négatif et l’état d’esprit positif, même si le côté négatif et positif n’existe pas vraiment dans l’univers.

            Mais c’est plutôt une question d’approche, de comment je vois la vie. L’état d’esprit négatif, c’est « Je n’ai pas été prise. Dommage.»

            Laurène Vatier

            « Je suis nul.

            Johann Berby
            » Voilà, exactement. Je ne mérite pas, je suis qu’une merde et j’en passe.

            Et l’état d’esprit positif, c’est « OK, je n’ai pas été pris trop bien. Quelles sont les leçons à en tirer ? » «

            Soit je ne suis pas fait pour la voix, donc ça ne sert à rien que je fasse des auditions pour la voix et je ne me concentre que sur mon instrument. »« Ah non, moi, j’ai vraiment envie de faire de la voix, donc je vais prendre des cours de chant, donc je vais devenir une chanteuse badass et je vais défoncer et je vais partager plein de choses.

            Yes, that’s it. Et c’est réglé, point barre. Il n’y a que des leçons.

            Laurène Vatier
            C’est tout. Quand on est dans le côté négatif, puisqu’au début, forcément, quand on reçoit la nouvelle, c’était plutôt temps smooth, je ne vais pas le cacher, il faut être honnête.

            En fait, il faut l’accepter aussi. Ok, bon, là, je suis en train de me juger, je suis en train de faire des mots OK.

            Ça va être une force, quoi qu’il arrive. Mais en tout cas, ça marche souvent comme ça. J’ai toujours la phase un peu « je suis nue ». Et après, j’ai le côté « non, mais non, mais non, mais il faut prendre le positif » et tout ça.

            Johann Berby
            Bien sûr. Parce que ça se trouve, en plus, si tu avais été pris pour la tournée, ça ne se serait pas bien passé avec les musiciens.

            Ou il y a des trucs qui t’auraient saoulé, ça t’aurait demandé trop d’énergie, trop de temps, trop d’émotion que tu ne sais pas maintenant, mais que tu sauras peut- être.

            Laurène Vatier
            Plus tard. En fait, il y a plein de choses qui…

            Et puis, je pense qu’en fait, il faut aussi être à l’écoute de l’univers, entre guillemets.

            Des fois, il faut se laisser…

            En fait, les choses, elles arrivent si c’est le moment, si c’est là. Il faut être à l’écoute de ça et si ça se passe entre guillemets mal, c’est que ta place, elle n’était pas là.

            Ou alors que tu as des choses à apprendre de ça, qu’il faut aller les chercher. Mais en plus, je pars pas avec un background très confiance en soi.

            J’ai toujours du chemin à faire là- dessus et je le sais.

            Est- ce que c’est aussi le fait que je suis une femme ?

            Peut- être. Peut- être que ça a joué dans l’éducation que j’ai reçue.

            Johann Berby
            On en parlera après.

            Laurène Vatier
            Oui, c’est quelque chose que je vais démonstrer.

            Johann Berby
            C’est rigolo que tu dises ça, mais on en parlera après l’émission. J

            ‘ai eu des petites pensées comme ça hier, après notre conversation, parce qu’ hier, vous ne le savez pas, nos chers auditeurs et chères auditrices qui nous écoutaient, on s’est appelé pour faire les tests et tout ça. Et puis, ça a matché direct.

            Niveau feeling, on a commencé à parler sans s’arrêter, tout ça.

            Et ça m’a permis aussi de faire un petit portrait psychologique. Tout ça, j’aime bien faire ça. C’est l’habitude de faire du coaching.

            Depuis des années, tu discutes avec les personnes, tu arrives à plus ou moins à faire… Enfin, plus ou moins, non.

            En vrai, soyons vraiment humbles à fond, à faire le portrait psychologique émotionnel des personnes, juste en voyant la posture, la manière dont tu parles, l’intonation, le choix des mots.

            Tout ça, ça joue et tu es là- dedans.

            Parce que forcément, on voit des patterns qui se répètent chez les êtres humains, parce qu’on est tous pareils.

            On est des êtres émotionnels, des êtres sociaux.

            Donc, on voit plus ou moins les points de blocage. Et en plus, étant musicien, et je suis amené à coacher beaucoup de musiciens, même si je ne fais pas que du coaching pour les musiciens, je vois les points de blocage qui reviennent souvent.

            Johann Berby
            Donc, je me suis dit, il y a ça, il faut que je te partage ça.

            Laurène Vatier
            » En même temps, la musique permet de débloquer.

            En tout cas, c’est un processus qui ne fait que tendre vers le plus.

            Johann Berby
            Oui, c’est un accélérateur, complètement.

            Laurène Vatier
            C’est ça.

            Johann Berby
            Mais après, si on peut utiliser d’autres leviers liés sur la psychologie, les émotions et le système nerveux aussi, parce que souvent, les programmations, parce que tout à l’heure, tu as parlé de famille, peut- être, de choses que tu as reçues de ta famille.

            Souvent, c’est aussi lié à ça.

            Tu as le système nerveux ou alors les gènes, la mémoire génétique, l’épigénétique, tout ça. Mais bon, on en parlera après.

            Laurène Vatier
            Oui, super intéressant l’épigénétique. Je suis contente.

            Johann Berby
            Est- ce qu’il y a d’autres choses que tu aimerais partager avec l’audience ?

            Laurène Vatier
            Croyez en vous, t estez des choses, sortez de votre zone de confort. Même si on a super peur de le faire, on n’apprend que comme ça.

            Johann Berby
            Yes. Je ne peux que valider.

            Laurène Vatier
            Voilà.

            Johann Berby
            En tout cas, j’espère qu’on aura le plaisir de te voir dans l’université Grubach et Pig, que ce soit pour venir animer une master class ou partager tes vidéos, faire la promotion de tes activités.

            Et ça, je n’en doute pas une seule seconde, tu es la bienvenue.

            Je te remercie du fond du cœur d’avoir partagé ton expérience avec nous. Et puis, je te dis à très bientôt.

            Laurène Vatier
            À bientôt. Merci.

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            Et en plus, je pourrais lire vos commentaires dans un prochain épisode pour vous remercier chaleureusement de vive voix.

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            Blog BassistePro.com – Cours de musique

            APPRENDRE LA MUSIQUE AVEC DES PROS PASSIONNÉS

            École de musique GROOVE LIKE A PIG® : groovelikeapig.com

            La Plus Grosse Communauté Francophone des Musiciens Motivés et Bienveillants qui Veulent Passer au Niveau Supérieur.

            1 hr 6 min
          • Explore la Musique et la Liberté avec Martin Labat-Labourdette : Une Conversation Inspirante

            Bonjour les grooveurs créatifs ! Aujourd’hui, on embarque pour un voyage passionnant au cœur de l’univers du piano en compagnie d’un musicien exceptionnel : Martin LABAT-LABOURDETTE. Si, comme moi, tu es un fervent amateur de musiques improvisées, notamment le Jazz, alors tu es au bon endroit pour une expérience musicale qui va te faire vibrer.

            Alors, installe-toi confortablement, fais-toi play-jouïr de cette escapade sonore, et surtout, ne décroche pas jusqu’à la fin.

            Au programme, des anecdotes, des notes qui s’entrelacent, et peut-être même quelques astuces pour stimuler ta créativité musicale.

            Prépare-toi à plonger dans le monde captivant du piano et de l’improvisation.

            —->>>> Chez GROOVE LIKE A PIG® on adore la musique. Alors partage cet article sur les réseaux sociaux afin qu’il puisse aider, et encourager d’autres amateurs de basse motivés à progresser ! 🙂

            VIDEOS / AUDIOS de Martin LABAT-LABOURDETTE 
            Video JEZEKEL PROJEKT

            Vidéo YOUTUBE “You Say”

            Vidéo YOUTUBE “Status Go”

            Audio JEZEKEL PROJEKT

            Lien Spotify : https://open.spotify.com/artist/0ITrwyB3cgGl3zykDnWRlx?si=4pP4iEq5Sw-lpn5AvmXNWw

            Nom Artiste sur plateformes : Martin LABAT-LABOURDETTE 
            Ce nom va devenir prochainement → Martin LABAT

            Lien Spotify – https://open.spotify.com/artist/4yYTlHOuugmYZG3jvG6xHq?si=yi83vjXWSu2uoAuhi5XuLw

            Believe – Extrait maquette

            Heart hurt – Composition maquette (en cours)

            Biographie de Martin LABAT-LABOURDETTE

            Martin LABAT-LABOURDETTE, pianiste, claviériste et saxophoniste, a fait ses premiers pas musicaux au conservatoire de Dax.

            Son parcours musical éclectique a débuté il y a 16 ans, au sein de la maîtrise du conservatoire (chant).

            Débuter ainsi le motiva à poursuivre avec une formation classique au piano tout en explorant le jazz en parallèle sous la guidance de Didier Datcharry, pianiste de jazz-swing localement renommé (Nouvelle-Aquitaine).

            Au fil des années, Martin a évolué au sein de divers groupes tels que J4ZZARY, Jezekel Projet et continue de collaborer avec de nombreux artistes, dont Chacha Angela, Sunny Adroit, Kemi, Alex & les Funky Mosquitos…

            Son amour pour la musique l’a conduit à embrasser une variété de styles musicaux (jazz, musique latine, funk, rock, folk, rap, soul, gospel…) révélant ainsi sa polyvalence et sa passion inébranlable.

            Depuis quelques années, Martin s’est initié et se perfectionne dans la composition et l’écriture.

            Aujourd’hui, ces dernières sont exécutées sur scène, notamment avec son groupe J4ZZARY.

            Étant originaire du Sud-Ouest, Martin a également une forte influence hispanique et la culture des musiques de rue.

            C’est pourquoi, le saxophone a fait son apparition.

            Aujourd’hui, il joue au sein de divers groupes : Txarang’amigos, Anis Maniacs et la banda de Dax « Los Calientes ».

            En quête de perfectionnement, en 2022, Martin entreprend un voyage musical jusqu’à Paris.

            Là-bas, il s’est immergé dans l’étude du piano jazz en solo ainsi qu’en trio, sous la tutelle attentive des professeurs Etienne Guéreau et Bruno Angelini.

            Son désir incessant de repousser les limites artistiques et de maîtriser différentes facettes de la musique en dit long sur son engagement envers son art.

            Aujourd’hui, de nombreux projets veulent et/ou sont prêts à émerger.

            Projet solo, collectif, collaborations, compositions…

            Bref, si certaines personnes pensaient qu’un musicien s’ennuie, c’est raté…

            Témoignage vidéo de Martin LABAT-LABOURDETTE
            Comment contacter Martin LABAT-LABOURDETTE 

            Son Instagram : https://www.instagram.com/martin__lbt/

            Écouter Martin LABAT-LABOURDETTE jouer
            Photos de Martin LABAT-LABOURDETTE
            Transcription texte de l’épisode avec Martin LABAT-LABOURDETTE
            Introduction: Accueil et Remerciements

            Bonjour les Grooveurs créatifs et bienvenue dans cette nouvelle émission, dans ce nouvel épisode. Aujourd’hui, j’accueille Martin. Comment vas- tu ?

            Salut, merci. Merci déjà de m’accueillir. Ça va et toi ?

            Appréciation des Rencontres Musicales

            Ça va super. Ça fait plaisir, comme j’aime le dire.

            Ça fait plaisir de pouvoir t’accueillir et j’en profite pour remercier aussi Christine Lannusse pour la connexion.

            Merci Christine, on te fait un coup de pouce pour tout cet épisode.

            Merci Christine. Je suis toujours friand de pouvoir découvrir et de rencontrer des musiciens, et pas uniquement dans le cadre de l’émission Conversation de Pig, mais parce que c’est une démarche honnête, sincère et authentique que j’ai toujours eu aussi dans la musique en fait, c’est- à- dire de pouvoir rencontrer des musiciens, des univers que je ne connais pas, du matériel que je ne maîtrise pas, parce que c’est comme ça qu’on grandit.

            Comme je ne te connaissais pas, je ne connais pas du tout ton parcours et je aime bien aussi préparer les émissions.

            Ce n’est pas préparer du coup, dans le sens où je ne vais pas fouiner dans le parcours des personnes que j’interviewe, ce qui me permet de découvrir de manière authentique ce que les personnes font. Comme ça, ça me permet d’approfondir la conversation et de ne pas avoir des questions « Alors, j’ai vu comme 1972.

            Je te laisse te le présenter pour celles et ceux qui ne te connaissent pas et puis c’est parti, conversons.

            Présentation de Martin et Son Parcours Musical

            Super. Moi, ça va c’est Martin Labatte-Labourdette. Je suis pianiste et également saxophoniste et récemment chanteur. Mon premier instrument, ça reste le piano et j’ai commencé à Dax, c’est dans le Sud-Ouest.

            Diversification Musicale et Influence Classique

            J’ai dans ce magnifique Axon chantant.

            Voilà, peut- être, sans doute. Au final, je suis tombé sous les mains d’ Didier Dacari, qui était au Conservatoire à Dax.

            J’y reviendrai, mais c’est sans doute un peu après, parce qu’il m’a appris énormément de choses et ça a été une superbe rencontre.

            C’est vrai que j’ai eu un cursus classique et cursus jazz et depuis, j’ai toujours continué les deux. Là, en ce moment, je suis beaucoup plus dans le jazz et ses dérivés, on va dire.

            La Formation Classique pour le Chant et le Saxophone

            Super. J’imagine le classique pour le piano, mais comme tu joues d’autres instruments, est-ce que tu fais du classique aussi pour le chant, le saxophone ?

            La Naissance de la Vocation Musicale

            C’est une bonne question. Le saxophone, je l’ai également fait au Conservatoire, en cursus classique, par contre. J’ai fait très peu de jazz en sax, mais vraiment classique pour avoir la technique et autres.

            Et après, on ne chante pas du tout. Je suis un vrai autodidacte, même si j’ai fait un peu la maîtrise au Conservatoire à Dax.

            Mais c’est quand j’étais gamin, donc je devais avoir à peu près six, sept ans, je criais plus que je ne chantais, je pense. Mais non, c’est bien.

            Par contre, j’ai continué quand même dix ans, donc je ne sais pas si le chef était d’accord, mais au moins, moi, je me suis amusé et c’est pour ça que j’ai été un peu autodidacte ces derniers temps, niveau chant.

            Ça ne me ferait pas de mal de prendre des cours, d’ailleurs.

            Oui, je comprends.

            Complètement pour gagner en clarté, savoir ce que tu fais, atteindre tes objectifs.

            C’est quoi qui t’a donné envie de devenir musicien ? Pourquoi le piano ?

            L’Éveil Musical grâce à l’Influence Fraternelle

            C’est une bonne question parce qu’ aujourd’hui, je ne sais même pas si j’ai envie de devenir musicien. Je pense qu’on le devient naturellement.

            En fait, on le devient, mais parce qu’ on a fait des rencontres et parce qu’en fait, la vie avance. O n se retrouve un peu sur le fait accompli.

            En tout cas, moi, je vois comme ça et je suis ravi, par contre, de l’être.

            Par contre, pourquoi le piano ? Tout simplement parce qu’en fait, j’ai un grand frère et ce grand frère faisait du piano.

            Il le fait toujours et forcément, quand on est petit, j’ai voulu suivre l’aîné. Donc, je me suis dit « Je vais faire du piano. »

            Je fais le piano et aujourd’hui, ça m’a toujours suivi. Mais c’est un peu grâce à mon frère aussi que j’ai commencé le piano. On n’est pas du tout dans une famille, par contre, de musiciens.

            Vraiment pas. C’était la question que j’allais poser. Exactement. Tu anticipais. Bravo.

            Vraiment pas.

            Tu n’as pas eu de moments « Ah ha ! », révélations ? Comme t’as eu un petit frère ? Parce que par exemple, pour moi, dans mon cas, j’ai voulu devenir musicien parce qu’ à l’âge de trois ans, je suis tombé sur une vidéo de Michael Jackson et.

            J’ai fait «.

            Je vais faire ça. Je vais faire ça dans ma vie.

            » Je te comprends, mais pas.

            Du.

            Tout. J’entendais mon frère jouer et du coup, je me suis dit « Je vais faire la même chose ».

            Je n’y arrivais pas au début et après, au final, on m’a inscrit au Conservatoire grâce à mes parents aussi qui m’ont poussé et que je remercie.

            Au final, j’ai toujours continué.

            C’est quoi qui te motive encore aujourd’hui à continuer, à poursuivre, à travailler d’arrache- pied ?

            Parce qu’on ne le dit jamais assez souvent, mais le travail de musicien, c’est vraiment un travail qui est dur, qui, malheureusement, a une valeur perçue inférieure par rapport à la réalité.

            Moi, je fais partie des personnes qui se battent pour ça. J’en parle même dans mon.

            Livre et tout.

            Le salon ne paye pas tes factures.

            C’est quand même quelque chose d’acquis, genre un musicien, t’es un galérien.

            Non, en fait, dans tous les métiers, on a des galères, mais la valeur perçue par rapport aux musiciens, c’est tellement grotesque. J’aime bien poser cette question parce que pour moi, c’est important aussi.

            Ça m’aide à gagner aussi davantage en clarté et de voir quand on n’a pas les mêmes opinions, de respecter ça déjà.

            Et puis de se dire « Peut- être que t’as pas tort ».

            J’aimerais bien avoir ton point de vue là- dessus, si ma question est claire.

            Bien sûr. Moi, ce qui me pousse aujourd’hui, c’est peut- être hyper bateau, mais j’ai envie de dire que ce sont les rencontres avec les gens.

            Parce qu’avec la musique, en tout cas, que l’on peut rencontrer, je trouve, ce genre de personnes qui t’inspirent et qui t’aident à aller plus loin.

            Par exemple, dans des concerts où de temps en temps, on se dit « C’est un concert, je sais pas ce que ça va donner.

            Il y aura peut- être pas grand monde, on sait pas, etc. Mais au moins, je vais faire ma musique et je serai content. »

            Et hop, on tombe sur des gens qui vont faire « J’adore ce que tu fais, mais moi, je fais ça, etc. »

            Je pense que n’importe quel musicien va être curieux et est curieux aujourd’hui, parce que je pense que pour faire de la musique, il faut qu’on soit curieux.

            Par contre, naturellement, on va se dire « OK, si tu fais ça, fais- moi écouter ce.

            Que tu fais. »

            Et derrière, il va nous faire écouter, on se dit « OK. » On se dit « Moi, j’aimerais bien faire ça aussi. » Ou en tout cas « OK, comment tu fais ça ? »

            Et derrière, je trouve qu’on avance aussi comme ça. Après, avoir une rigueur, ça, c’est autre chose. Moi, je pense que c’est aussi une éducation qu’on a pu avoir ou que l’on se donne.

            Mais.

            C’est quand même pas évident. C’est plus ça, aujourd’hui, qui est compliqué. C’est d’avoir une rigueur sur une année, par exemple, où on doit travailler, où on se dit « Aujourd’hui, je suis pas forcément bien, mais je vais travailler. »

            Ça, c’est compliqué. Ça, c’est très compliqué. Et même aujourd’hui, je ne sais pas si j’ai des réponses.

            Ça demande beaucoup de courage, exactement. Parce qu’on est dans ce qu’on appelle des catégories métier.

            Passion.

            Qui, là aussi, rappelons- le, n’est pas assez valorisé par la société. Beaucoup de personnes ont pris pour acquis et accepté cette idée erronée de faire un métier pour le gain d’argent et pour avoir de la pseudo sécurité.

            J’aime toujours le dire, la sécurité n’existe pas. Si demain un fou appuie sur un bouton, on meurt tous. Vu que la sécurité n’existe pas, autant chercher la liberté et le pléjuire dans quelque chose qui nous passionne.

            Et en plus, là où c’est gratifiant, c’est que quand on affronte des difficultés, peu importe, ça peut être des difficultés relationnelles dans le couple, avec les amis, les collègues, etc.

            Mais le fait de faire un métier qui te passionne, déjà, c’est pas considéré comme du travail, en tout cas pour moi.

            Je calcule mes heures parce que j’ai des applications de la police dans l’entreprise qui calculent mon nombre d’heures.

            Je pense que la moitié des personnes auraient envie de se suicider. Tu vois, entre le… Oui. Entre le côté boulot- musique, le côté boulot pour gérer l’entreprise, diriger l’équipe et puis après, les autres projets que je dirige à côté, parce que j’ai d’autres choses en dehors de la musique, j’ai une entreprise d’IT, une entreprise de café, etc.

            Je pense que les mecs auraient envie de se pendre.

            Et je me dis, non, en fait, pourquoi j’arrive à tenir ? »

            C’est parce que c’est la passion et je pense qu’on a tous ce potentiel- là en nous, pour faire des choses de fou.

            Mais comme on n’est pas, pour les gens qui ne sont pas musiciens comme nous, comme on est on est pas calibré sur la fréquence passion, on limite notre potentiel.

            Tout à Fait.

            Complètement. Non, mais tu as raison de dire la passion et je pense que c’est ça qui nous fera avancer jusqu’au bout. C’est le long terme.

            C’est ça, le long terme, complètement.

            Je parlais de rigueur, je parlais de tout ça, mais ça, c’est vraiment sur le moment et l’instant T que sans la passion, on peut rien faire.

            Mais c’est pour tout. Tu as parlé également d’avoir d’autres entreprises. Moi, ce qui est assez rigolo, c’est que je fais aussi du marketing à côté.

            Je suis à mon compte en marketing et pareil, on est obligé de…

            Je fais ça parce que j’aime ça. Je ne vais pas faire ça parce qu’on me l’a forcé et parce qu’on m’a dit de le faire ou autre. Tu as entièrement raison sur la passion.

            On peut revenir sur la pédagogie.

            Tout à l’heure, tu as dit que tu devais beaucoup de choses à ton sensé dont j’ai oublié le nom.

            Je suis désolée. Didier Dacari, oui.

            Tout à fait.

            Sans lui, je ne serais pas ici en train de parler et je ne ferais pas de musique.

            J’en suis persuadé.

            Parce qu’en fait, du coup, mon parcours, j’ai commencé à six ans à peu près, le piano, six, sept ans au Conservatoire et je suis directement tombé sur cette personne.

            Il faut savoir que Didier, lui, c’était aussi un pianiste classique, etc, mais également un pianiste de jazz et un peu reconnu dans la scène Nouvelle-Aquitaine, même bien connu dans la scène Nouvelle-Aquitaine et aussi national par la suite.

            Mais moi, quand j’ai commencé, je ne savais absolument pas, je ne connaissais pas le jazz et même la musique en général.

            Moi, j’ai fait mes cours et tout de suite, il m’a dit « Écoute, achète le bouquin Les joies du boogie et du blues, je me rappelle avec… » Il me dit « La couverture, c’est bleu.

            Tu l’achètes pour la semaine prochaine et on verra si ça te plaît. »

            Au final, ça m’a bien plu. J’ai toujours continué et au- delà de m’apprendre la musique, il m’a appris le respect envers les gens et le respect surtout envers la musique.

            Ça, c’était une personne qui m’intimidait jusqu’au bout parce que malheureusement, je parle au passé parce qu’il est malheureusement décédé il y a quelques années.

            Ça m’a beaucoup peiné et- Et aujourd’hui, quand je joue, je suis obligé de penser à lui.

            Notamment, hier, par exemple, j’ai une répétition hier matin et directement, j’ai joué avec son ancien contrebassiste dans le trio.

            Alors évidemment, j’étais tellement heureux de me dire la chance que j’ai parce que je me dis là, je poursuis ce qu’il aurait toujours voulu faire, je pense.

            Je ne peux que le remercier pour tout et surtout, voilà, toutes les valeurs qu’il m’a inculquées dans l’apprentissage et dans la vie personnelle et quotidienne.

            C’est génial que tu parles de ça parce que j’ai exactement le même rapport avec tous mes profs. En tout cas, toutes les personnes que je considère comme profs.

            Une des premières personnes, c’est Eric Plantin, mon professeur de maths.

            Ensuite, il y a mon regretté prof de contrebasse, Charles Kless, qui est décédé aussi il y a quelques années.

            C’est génial parce que ce que tu viens de dire, ça me parle et ça me touche parce que j’ai vécu ça plusieurs fois.

            C’est comme un cycle, une boucle qui se répète.

            À chaque fois que j’ai rencontré des musiciens qui m’ont ouvert la voie sur des choses que je n’arrivais pas à voir ou à comprendre ou à entendre ou à accepter, j’ai fait « Waouh, OK. » Il y a toujours ces notions de respect, de valeur, de ouverture d’esprit, de tolérance.

            Je pense à Oscar Stagnaro qui m’a introduit à Warwick il y a quelques années quand j’ai commencé avec Trilok Gurtu.

            Sinon aujourd’hui, je ne serais pas sponsorisé par Warwick, je n’aurais pas de basse Warwick. Et c’est lui, parce que je démarrais avec Trilok, j’étais un peu effrayé, tout ça à l’époque.

            Je dis « Ouais, il y a les journalistes qui nous attendent, qui m’attendent au tournant, ils s’attendent à ce que je fasse des trucs comme 2 minutes 10 piazza ou tous ces mecs- là.

            Je n’ai pas envie de faire ça.

            Moi, j’ai envie de faire du gros. J’ai envie de bouriner sur le gros et tout. Qu’est-ce que je dois faire ? » Le premier truc qu’il m’a dit, « Je change de basse. »

            Je jouais sur Fender à l’époque et j’étais genre mono voix.

            Je ne sais pas comment dire ça.

            Je ne durais que par Fender, je n’étais pas ouvert.

            Jusqu’au jour où ? C’est ça. Ça a ouvert le champ des possibles. J’ai compris plein de choses sur la technologie, le son et tout. C’est pour ça que quand tu dis ça, je comprends. Je suis passé par.

            Là et voilà.

            Est- ce qu’il y a d’ailleurs d’autres profs qui t’ont touché comme ça dans ton parcours ?

            Bien sûr, mais notamment mon professeur de saxe, Philippe Lacroix Ruzed et c’est vrai que pareil, c’était la même envie, la même passion qu’ils portaient les deux et la même génération aussi.

            Vraiment un grand merci à lui parce qu’il a apporté aussi, par contre, lui, beaucoup de calme et de sérénité.

            Ça aussi, c’est indispensable, je pense, pour la musique, de savoir être calme au bon moment.

            Ça, il m’a beaucoup apporté. Récemment, j’ai fait la rencontre de Bruno Angelini et Étienne Giraud à Paris, donc de superbes pianistes qui ont été aussi mes professeurs.

            C’est vrai que tout de suite, on sent qu’ils apportent autre chose, une autre vision. Et ça, encore une fois, merci. Merci vraiment à tous.

            Je n’ai même pas de professeur où je me suis dit « Non, lui, ça a été compliqué », etc. Évidemment que c’est compliqué, mais ils ont raison de rendre la tâche compliquée et de nous pousser et d’aller plus loin. Mais avec du recul aujourd’hui, on se dit « Merci, c’est trop bien ».

            Le but, c’est de grandir.

            Il faut toujours garder l’envie d’apprendre. J’avais rencontré Kenny Barone à Martiac pour une Master class et j’avais pris une sacrée claque quand il nous a dit « Je continue à prendre des cours ». « Toi, tu continues à prendre des cours ?

            Tu fais des tournées, ça fait des années et des années que tu es reconnu et plus que reconnu ». « Non, je continue d’apprendre. Je demande à des amis de me dire qu’est- ce qu’ils pensent de ça, ça, ça, ça ». Et là, on se dit « D’accord, c’est une humilité énorme ».

            Mais de toute façon, c’est que les grands qui ont une humilité. »

            Oui, c’est la base. J’allais venir surtout par rapport à ce que tu disais avant, dans le sens où tu restes curieux et tu veux toujours apprendre.

            Parce qu’en fait, malheureusement aussi, et ça, on n’en parle jamais assez souvent, j’aime la transparence, en parlons- en, dans le milieu professionnel, beaucoup de musiciens sont blasés, ils ont perdu le feu sacré.

            Ils ont perdu ce côté passion parce que c’est vrai, il y a beaucoup de difficultés. En plus, récemment, les dernières années, on a eu le Covid, il y a eu ceci, il y a eu cela.

            Donc il y a eu des grosses claques. Comme on dit, ceux qui se la pétaient, ils peuvent plus se la péter parce qu’il y avait plus de boulot.

            Si t’avais pas mis de l’argent de côté, il y a toute cette réalité qui revient comme un élastique à la figure.

            Et j’en parle souvent, notamment avec les copines du milieu classique.

            C’est un des sujets qui revient souvent dans nos conversations WhatsApp. L’idée, c’est de trouver quelque chose, un élément qui va te permettre justement de garder le feu sacré tout le temps. Tout le temps, tout le temps, malgré les difficultés.

            Il peut y avoir un nouveau Covid ou je ne sais pas comment ça s’appellera, mais ça reviendra, c’est obligé, malheureusement.

            Il y aura d’autres situations catastrophiques comme ça, mais qu’est- ce que tu fais ?

            Qu’est- ce que tu mets en place pour garder le feu sacré, pour garder la motivation, pour ne pas céder à des émotions négatives qui vont faire que je deviens musicien de la zone ».

            C’est pas évident.

            Non, c’est pas évident, complètement.

            J’avoue que je suis honnête, gâte aussi.

            De temps en temps, je me dis « Qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce que je fais ?

            Je m’amuse pas », etc. Je pense que c’est normal de l’avoir à un moment.

            Il y a des jours où on n’est pas forcément bien, on a mal dormi, je ne sais pas, je ne sais quoi. Mais par contre, je pense qu’il faut être un peu naïf.

            On perd un peu l’esprit enfantin, ce qui est normal, on grandit et on devient adulte et après, etc.

            Mais je pense que quand on est gamin, on est émerveillé partout. Dès qu’on apprend quelque chose, on est là « Ah ».

            On fait quelque chose et après on se dit « Non, j’aime pas le faire. En tout cas, j’aime pas ça, donc je vais faire autre chose. »

            Nous aujourd’hui, même sans l’avoir fait ou sans l’avoir pratiqué, on va se dire « Non, je ne veux pas le faire parce que moi, on m’a dit ça ou parce que je n’ai pas envie ».

            De temps en temps, des croyances, c’est ça.

            Aujourd’hui, de temps en temps, je me force aussi à me dire « Vas-y, fais ça ou va là et fais telle chose ou participe à ça, même si c’est quelque chose que tu ne connais pas, que tu as pas l’habitude, etc. »

            Je pense que quand on sort de là, on se dit « OK, je l’ai fait. »

            Je trouve que ça réactive un peu la machine et ça nous pousse à, au bout d’un moment encore, aller avoir autre chose et à maintenir ça. Et comme je l’ai dit tout à l’heure, on n’arrête pas de découvrir. Et si on s’arrête au bout d’un moment à rester qu’avec des gens de nos proches, etc, ce qui fait du bien et ça, c’est indispensable aussi à être hyper bien entouré. Mais par contre, il faut aussi aller voir ailleurs et ce n’est que mieux. Même s’il y a peut- être une année où ce sera un peu compliqué. Comme tu l’as si bien dit avec le Covid, ça a été très compliqué, on était complètement perdus, on ne savait pas où on allait. Mais aujourd’hui, je pense qu’avec du recul, on se dit « Ça m’a permis de faire ça. Ça m’a permis de faire ça. » Parce qu’on a été confronté au bout d’un moment.

            C’est ça, il y a des cadeaux qui se réveillent.

            C’est ça. Et est-ce qu’il ne faut pas continuer à se confronter nous- mêmes maintenant ? Même si on n’a pas de gros épisode comme ça et à se dire « Attends, je vais faire ça, je vais faire ça. » On se vote, on se vote, ce n’est pas grave, mais personne ne va pas s’arrêter parce qu’on s’est trompé ou autre Il faut pas. C’est comme ça que je vois un peu la chose là- dessus et ce qui me pousse, ce qui me maintient en tout cas à continuer et à ne pas être blasé.

            Oui, bien sûr. C’est ça qui est important exactement. Je le vois même moi, j’habite ici à Tallinn, en Estonie et pourtant, c’est un tout petit pays. Je ne sais plus combien de millions de personnes il y a, mais c’est vraiment un tout petit pays. Mais je vois, même dans le peu de musiciens professionnels que je peux rencontrer, c’est vraiment international cette attitude. Mais je pense que c’est parce que c’est aussi des personnes, des profils où ils n’ont pas, comme j’ai dit tout à l’heure, conscience du potentiel réel qu’ils ont. Tu sais, quand tu es monovoix, tu dis « C’est que ça ma réalité. » Et Et par rapport aux problèmes que t’es en train de te manger dans la figure en ce moment, tu te dis « Comment je vais faire ?

            Comment je vais faire ? » Et.

            Alors que si tu te dis « Tiens, je peux faire ça, je peux faire ça, je peux faire ça. Yes ! » Déjà, c’est plus managerial d’un moment, en fait.

            Ouais, complètement. C’est indispensable tout ça. Je me bats là- dessus parce que je donne quelques cours également à côté et je me dis « Il faut le dire dès le début.

            Dès le début, il faut ou rire, être ouvert et se dire « OK, vas- y ». Je fonce, je me vois que c’est pas grave. J’y arrive, c’est encore mieux.

            Mais dans tous les cas, des années après ou peut- être encore après ou peut- être des jours après, pas de regrets. Et en plus de ça, on va se dire « En fait, ça m’a apporté ça ».

            Ça m’a apporté soit des valeurs, soit ça m’a apporté une leçon de vie, une morale, une pratique, une technique, etc. Là- dessus, il faut y aller.

            J’ai une démarche similaire par rapport à ça aussi, par rapport à l’enseignement.

            Par exemple, quand des élèves viennent me voir pour le jazz ou des trucs comme ça, je suis pas un spécialiste de jazz, ce n’est même pas du tout ma zone de génie, mais j’ai eu l’occasion de remplacer des bombes ma cite de jazz ou de tourner avec des bons artistes.

            Je leur dis « C’est génial que tu veuilles faire ça, mais garde en tête, s’il te plaît, par transparence que ce n’est pas une musique qui paye et que ce n’est pas avec ce style- là que tu vas t’acheter ta maison.

            Mais si, par contre, c’est vraiment ça qui te passionne, fais-le à fond, mais développe d’autres choses à côté pour t’acheter ta maison.

            Parce que sinon, justement, c’est la voie de la réussite pour être blasé. Et je veux pas que mes élèves, justement, « Non, mais c’est important. Je ne veux pas que mes élèves soient après quelques années, genre « Tu t’es rafraîchis ».

            J’ai tellement vu ça, des personnes qui n’arrivent pas à apprécier, à écouter un Christophe Maé, un Jean-Jacques Goldman. Et tout ça, c’est important de savoir le faire, même si ce n’est pas ta musique de prédilection, ce qui est mon cas.

            Je n’ai pas grandi, par exemple, en écoutant de la variété française. Moi, j’avais des parents qui écoutaient que de la musique noire.

            À partir du moment où c’est de la musique noire qui groue, on peut taper dans les mains, chanter, danser, chaleur. Moi, j’ai grandi là- dedans.

            Tu as James Brown, de la musique américaine, africaine, antillaise, aussi en indien, etc. Mais je me suis dit que quand j’ai démarré la musique, il faut que je sois plus intelligent que ça.

            Il faut que je m’ouvre à d’autres choses parce que ça va nourrir ma culture musicale, ça va ouvrir ma tolérance et je vais comprendre comment ça fonctionne aussi.

            Bien sûr.

            Donc, quand j’enseigne, je veux que les élèves aient cette démarche- là aussi de « Tiens, je veux faire que du jazz ou que du blues ».

            Ok, mais il faut prendre aussi les bons et les mauvaises choses de ces genres musicaux- là, surtout si tu veux te professionnaliser.

            D’autant plus et de toute façon, si on ne le fait pas, c’est peut- être bête, mais on va être en retard, mais aussi on va être moins bon, je pense.

            Il n’y a pas forcément de bons musiciens, de mauvais musiciens, on est tous musiciens et- Yes.

            C’est vrai, j’en ai marre d’en train de dire « Lui, il est monstrueux », « Toi, t’es pas très bon ». Ça se dit pas. On est tous dans le même truc, on est tous copains.

            On est bons dans ce qu’on a décidé d’être bons.

            Exactement. A u final, on choisit d’être bon dans telle ou telle chose ou en tout cas de faire telle ou telle chose et de jouer ce style de musique, mais pas parce qu’on connaît les autres et pas parce qu’on se dit « C’est ça que je veux faire ».

            Tu as raison que le jazz, c’est compliqué d’en vivre aujourd’hui, c’est même ultra compliqué, mais ce style reste toujours actuel.

            Ça n'empêche pas d’avoir du plaisir, d’apprécier.

            Je me dis, s’il est actuel, c’est pas une coïncidence.

            Avant aussi, c’était très compliqué d’en vivre un avec le jazz quand on regardait des documentaires aux États-Unis, etc.

            Les années 60, très hardcore.

            Oui, tout à fait. Là, aujourd’hui, c’est presque plus simple, mais c’est toujours compliqué. C’est sûr qu’on peut rêver un peu à se dire « Moi aussi, j’aimerais bien faire le même festival que Dua Lipa » ou etc.

            Il.

            Faut rêver, mais par contre, il faut aussi se dire « Qu’est-ce que j’ai vraiment envie de faire ? » Il faut pas tomber, je pense, dans le Parce que j’écoute aussi beaucoup de styles de musique et de temps en temps, j’ai envie de dire « Vas-y, j’ai envie de faire ça », mais en fait, je me dis « Attention, fais vraiment ce que tu sais faire aussi.

            T’en écoutes, t’apprends, mais par contre, pars pas non plus n’importe où parce qu’ au contraire, on peut vite tomber aussi dans le « je fais de tout ».

            Je ne vais pas en payer.

            « Est- ce que je le fais vraiment bien ou est- ce que je sens que je le fais bien ? »

            Ça, je pense pas, mais il faut aussi se mettre à sa place. Moi, pendant pas mal de temps, j’ai eu un moment pendant un an ou deux ans, je me suis dit « Est- ce que tu as vraiment envie de faire du jazz ? » alors que je sais très bien que c’est ma passion et que j’adore en écouter, j’en écoute beaucoup.

            Après, je dis jazz et c’est dérivé, vraiment.

            Oui, les musiques.

            Improvisées, on se comprend.

            Exactement. Mais à un moment, « Vas-y, pourquoi pas faire vraiment la musique actuelle de la pop ou un truc comme ça ? »

            Même du rock à un moment, je me suis dit « Mais vas- y, attends, on sait jamais ». « Non, Martin, calme- toi, reviens à la un peu, tu rajoutes des trucs français, ça va aller, tu.

            Vas tout doux. Il faut que ça reste dans les tripes.

            Aussi, tout à fait. Ouais, exactement. Il faut que ça ait du sens.

            La découverte de sa zone de génie

            Moi, j’aime bien justement, j’ai cette vision comme toi d’être éclectique. Et après, c’est de se dire « OK, bon, maintenant, j’essaie d’être focus comme un laser.

            C’est quoi ma zone de génie au final ? Est-ce que c’est vraiment la basse ?

            C’est vraiment la contrebasse ? Les percussions ? » Tu vois, est- ce que c’est vraiment la basse, est-ce que c’est vraiment la contrebasse, les percussions ? Parce que, pardon, je joue des percussions indiennes, etc.

            Et au bout d’un moment, je me suis vite rendu compte, et ça, dès le début de mon parcours que mon talent, c’est l’écriture musicale.

            C’est composer et arranger que ce soit pour moi ou pour les autres. Et au final, une fois que tu sais ça, tu te mets moins de pression.

            Oui.

            De barrière. C’est ça, moins de pression, moins de barrière sur son instrument.

            Et c’est comme ça aussi que tu débloques le passage et t’as plus d’opportunités. Parce que tu sais que moi, j’ai jamais été dans le délire de « Je vais être le meilleur bassiste du monde. »

            Ça m’a jamais fait rêver. Et comme je dis aux élèves, pour ceux qui écoutent et qui ont l’habitude, je vais jouer de la basse, mais j’écoute quasi jamais de bassiste.

            J’écoute beaucoup de batteurs, de percussionnistes. J’apprends par cœur des solos de batterie, des solos de percussion, des solos d’autres instruments, mais très peu de la basse au final.

            Je l’ai fait à un moment donné, mais ça fait des années que je ne fais plus ça.

            L’écoute et l’apprentissage musical

            Parce que quand j’écoute des bassistes, ça m’ennuie. Je n’ai plus de kiff à faire ça.

            Tu vois, c’est marrant. Tu baignes là- dedans, c’est normal. Moi, j’ai envie de dire que c’est un peu pareil avec les pianistes jazz et Dieu sait qu’il y en a.

            Mais par contre, évidemment, j’en écoute plein, mais je pense que je regarde beaucoup plus de partitions de cuivre, de soufflants et c’est une technique de jeu aussi complètement différente.

            Au piano, je pense que le fait d’avoir fait du sax, ça m’a permis aussi de jouer différemment au piano. Parce qu’ on souffle, déjà, c’est avec le ventre, donc y a toujours un maintien constant dans le morceau.

            Par contre, au piano, il faut que ce soit pareil. Je pense qu’à la basse, ça doit être pareil. Il faut toujours garder quelque chose.

            Rytmiquement, c’est indispensable de garder un soutien permanent tout le long du morceau.

            Ça, les soufflants, ils peuvent vraiment nous apprendre beaucoup de choses là- dessus. Je pense que c’est très intéressant d’aller les voir, dire « Est-ce que tu peux venir me voir jouer ? » Ils vont te dire « Je m’en fiche, je vais rien t’apprendre.

            Je sais pas faire. Si, tu vas m’apprendre parce que en fait, vraiment là, tu sens que…

            Le placement rythmique, oui.

            J’ai un très bon ami, de très bons amis parce que c’est vrai que dans le Sud-Ouest, on a beaucoup de bandas, de fanfares, etc, d’harmonie.

            Et donc depuis tout petit, on peigne là- dedans, dans cette culture musique de rue, musique vivante, cuivre, soufflant, etc.

            Mais c’est vrai que c’est quand même une leçon parce que quand on fait cinq jours, par exemple, d’affilée, de fête, parce que j’habite à Dax, donc il y a les fêtes d’Adax, les fériats, etc, c’est cinq jours d’affilée.

            Moi, je joue du coup au saxophone avec une banda et pendant cinq jours, on joue constamment de 10h00 jusqu’à 2h00 du matin. Finalement, on a toujours l’adrénaline, on a toujours ça. Il nous reste des lèvres étonnamment à la fin, difficilement, mais il nous en reste un peu.

            En fait, on y arrive quand même et ça, il faut en apprendre aussi. Comment on y arrive ? Ça, je sais pas trop, mais comment on y arrive ?

            C’est vrai. Je pense que du coup, en concert et en rythmique piano, basse, batterie, guitare et tout le reste, il faut garder ce soutien permanent de fou. Je me suis complètement éparpillé, je suis désolé.

            Non, c’est très bien. Moi, je trouve pas en plus. Moi, ce que j’aimerais pour faire le lien, c’est que tu nous partages tes projets, tes différents projets par rapport, par exemple, à tes instruments.

            Si t’as des projets en tant que chanteur, des projets en tant que saxophoniste, comme tu viens de l’évoquer avec les fanfares de rue et un projet, forcément, en tant que pianiste jazz ou rock.

            Non, pas rock. Surtout, au piano, j’ai un quartet de jazz qui s’appelle Jazz Harry, composé d’un trombone, trompette, batterie et clavier. Tu vas peut- être me gronder, mais je fais la basse aussi au clavier.

            Je devrais te.

            Gronder, je ne sais même pas.

            C’est vrai que le bassiste « Il n’y a pas de basse. » Mais si, je la fais quand même. Ça amène un nouveau son, mais ça amène un nouveau son.

            C’est vrai que c’est un projet qui s’est créé en 2020, fin 2020. Pareil, une très bonne période pour monter des projets.

            C’est vrai qu’ on a fait un an où on a eu le temps de se mettre en place, de faire surtout des reprises.

            Aujourd’hui, par contre, on a essentiellement des compositions, des reprises et je chante également aujourd’hui dans ce groupe.

            C’est un peu grâce aux trois autres musiciens où j’ai pu… Ils m’ont poussé à me dire « Non, il faut que tu chantes, il faut qu’on mette du chant ».

            J’ai dit « Pendant un an, j’ai bataillé en disant « Non, je ne veux pas, ça va pas être bien ». Au final, ils ont bien fait parce que je pense que ça passe.

            Ça demande beaucoup de travail, mais au moins, on se fait plaisir.

            J’ai ce groupe- là et c’est vraiment chouette.

            Ensuite, je joue aussi dans Jessica Project. C’est un autre groupe- là, par contre, qui me fait du bien parce que ce n’est pas du jazz, c’est de la soul, new soul même.

            J’ai fait. C’est hyper cool. J’étais très content qu’on me le propose l’année dernière. Ça, c’est super aussi, que des compositions, donc un gros challenge.

            Ensuite, niveau OSAX, par contre, là, je joue plus de la musique de rue, ce qui était mon objectif en commençant cet instrument.

            J’ai des brasses bandes, même un peu…

            On peut parler aussi brasses New Orleans, etc, ce qui peut s’apparenter un peu à tout ça, et aussi des brass ou des bandas qui, elles, ont une culture beaucoup plus espagnole.

            On va jouer des Passos d’Oble, des Passacalliers, ce qu’on peut appeler… En tout cas, c’est ce style- là.

            C’est quoi des Passos d’Oble ou des Passetacalliennes ? Vous avez des noms plus longs ?

            Passacalliers, oui.

            En fait, les Passos d’Oble, c’est joué avant et encore aujourd’hui en Espagne, en tout cas pendant les corridas et autres, et c’est souvent des harmonies qui le jouent. C’est très joli. C’est une danse, le Passo d’Oble.

            Ça se danse et il y a des générations avant, par exemple, je sais que mes grands- parents, voire même mes arrière- grands- parents, le dansaient.

            Aujourd’hui, ça se danse beaucoup moins, mais c’est très joli. En tout cas, je te conseille d’aller écouter parce que c’est très mélodieux. Il y a de très belles mélodies et après, tu ressens vraiment la culture hispanique.

            Par contre, les Passacalliers, c’est souvent des morceaux joués pendant les défilés.

            Quand on voit les fanfares partir, aller à un point A à un point B, souvent, on va appeler ce genre de morceaux les Passacalliers. Ils vont jouer un Passacallier et animer les rues tout en défilant.

            Est- ce que tu as des enregistrements, des CDs de chacun des projets que tu as présentés à la saison.

            Jazz à l’Arie, le premier, on a des enregistrements, tout à fait. Et là, les projets de l’année qui arrivent, c’est on fait un enregistrement en studio, faire vraiment un CD et le sortir.

            Parce qu’ au final, c’est vrai qu’en 2020, c’est ça a été compliqué. 2021, 2022. 2022, c’est nos nouveaux concerts. On a présenté un nouveau concert.

            Donc le fait que je chante, on a inclus des percussions et toutes les compositions. Donc c’est pour ça, on a envie d’enregistrer là. Après, j’ai toujours des enregistrements, mais plus live, du coup Ouais. C’est quand même chouette.

            Je peux partager de ça.

            Avec grand plaisir. Avec Gé zekiel, par contre, eux, ils avaient enregistré un CD avant que j’arrive, par contre.

            C’était en 2017, il me semble. Ça, on peut le trouver sur toutes les plateformes.

            Par contre, fois en musique de rue. Moi, je joue dans la bande à Los Calientes et pareil, c’est une association.

            Ça fait 63 ans qu’elle existe. C’est incroyable, c’est intergénérationnel.

            Moi, je fais partie de la commission musicale, donc c’est vrai que j’ai la chance aussi de pouvoir participer, arranger, écrire un peu et diriger de temps en temps.

            Par contre, là, il me semble, on peut trouver des vinyle s pour les Fana. Il y a des vinyles, des cassettes ou des CD, et par contre, c’est sur toutes les plateformes aussi, Los Calientes de Dax.

            Orgasme total. C’est cool, ça.

            Voilà, c’est ça.

            Trop bien. J’imagine, tu as pour chaque projet une chaîne YouTube où on peut voir les vidéos ou pas du tout ?

            Oui, Jazzari, là, je suis en train de la faire d’ailleurs. Là, je vais mettre certaines vidéos incessamment sous « peu » et sinon, tout le reste, il y a tout.

            Sinon, après, on peut tout retrouver aussi sur les réseaux sociaux Instagram et Facebook. Là, on est présent partout.

            Génial. Pour en revenir à la pédagogie tout à l’heure, tu enseignais à ta plateforme de cours ou alors tu enseignes juste de manière locale pour.

            Le moment ? Exactement. J’ai commencé à donner quelques cours en particulier parce que je ne savais pas si ça allait me plaire et autres.

            Oui, bien sûr, je comprends.

            Cette année, c’est tout nouveau pour moi, mais je suis rentré au Conservatoire.

            Là où j’avais mon professeur, Didier. Je suis rentré dans le Conservatoire, donc c’est une boucle, c’est assez rigolo.

            Hier, par exemple, j’ai fait ma réunion de rentrée en tant que professeur, par contre professeur d’accompagnement et jazz.

            C’est aussi un nouveau challenge pour moi parce que j’ai déjà enseigné le jazz dans mes cours particuliers, mais par contre, dans une structure comme un conservatoire, c’est aussi des projets à mettre en place, un accompagnement, un suivi avec des élèves qui font aussi autre chose, donc du solfège et qui font ils se sont inscrits et ils ont une motivation sûrement différente.

            C’est assez intéressant et il me tarde un peu de commencer vraiment l’année.

            Tu as beaucoup d’élèves ?

            Pour l’instant, je ne sais pas trop parce qu’en tant qu’accompagnateur, déjà, je vais avoir une grosse partie de travail pendant les examens, parce que là, je vais devoir accompagner toutes les classes, tous les élèves quasiment.

            Il y a à peu près une cinquantaine d’élèves au Conservatoire aujourd’hui, pour une petite ville.

            Bien sûr, mais c’est énorme.

            C’est hyper cool. Ça va faire une grosse charge de travail à ce moment- là.

            Par contre, en jazz, par exemple, il va falloir qu’ aller chercher les élèves aussi, parce que même s’il y avait une classe jazz avant, mais comme on n’en peut plus guider et malheureusement parti, cette classe s’est un peu arrêtée.

            Donc, les élèves.

            Aujourd’hui- Il faut l’animer et tout ça.

            Exactement. Et la nouvelle génération n’a pas connaissance de cette chance- là d’avoir du jazz dans un conservatoire.

            Là, il va mon rôle, surtout au tout début, il va falloir que j’aille les chercher, à y introduire cette notion- là et leur donner envie. Donc ça va être aussi pas évident, je pense.

            Pas évident, mais ça va être génial. Parce qu’en créant des ateliers, en faisant des démonstrations- Exactement. -et sons trio, basse- batterie contre basse, ça va leur donner envie.

            Surtout le mindset, l’état d’esprit dans lequel on est quand on fait du classique. Je vais pas dire que c’est tout le monde comme ça à 100 %, mais quand même plus de 90 % de personnes qui font du classique se sont fermées.

            Malheureusement, il faut le dire. Pourquoi ? Il y a rien de péjoratif. C’est parce que c’est pour les auditeurs.

            C’est parce que quand on est dans un état d’esprit de musique classique, on n’écoute que le répertoire classique.

            C’est le grand répertoire, la grande musique, la musique savante, la musique de l’élite. En tout cas, c’est ce que j’ai vécu, moi.

            Quand je me suis inscrit au Conservatoire, c’était bizarre de voir que les personnes ne connaissaient pas le jazz, le rock, le blues. Par contre, sont hyper calés sur Stravinsky, Dvorak, tout ça.

            Et toi, forcément, tu prends une claque parce que tu n’as jamais entendu parler de ces noms imprononciables.

            Tu dis « t’as un téléphone quoi ? » À tes souhaits, t’as un Doliprane.

            C’est pour ça que je dis que c’est génial, c’est une chance parce que même pour toi, en tant que pédagogue, ça va te permettre de développer davantage ta créativité pédagogique pour rendre ça de manière ultra ludique.

            C’est une super chose de fou, c’est génial.

            En plus de ça, c’est aussi la première fois, pour avoir échangé aussi avec les professeurs actuels au Conservatoire, ils sont tous d’accord pour dire que c’est l’élève. On apprend de l’élève. Aujourd’hui, on est là pour transmettre.

            On est là pour dire « Écoute, moi je sais faire ça, je suis là pour te donner ça et te donner des outils et t’accompagner. »

            Mais par contre, dès que l’élève ouvre la porte ou dès qu’il est là devant toi ou pour apprendre je ne sais où en visio, etc.

            Mais en fait, on va apprendre de lui. Nous, on est là clairement pour apprendre aussi. Même pour les débutants, même pour les premiers cours.

            Dès le premier cours, on se dit « D’accord, OK. » Moi, je me dis en jazz en plus, pour avoir une vraie classe de jazz, c’est ma première classe de jazz officielle, entre guillemets.

            Là, je me dis que je sens que je vais prendre des grosses claques aussi à un moment où je vais dire «

            D’accord, c’est comme ça. »

            C’est comme ça et ça va même faire redescendre un peu aussi, ça fait du bien. Oui, bien sûr, toujours. Ça va être bien.

            Non, mais il faut le dire, ça va faire du bien.

            Ça va vraiment faire du bien.

            Parce que de temps en temps, on est là « Ouais, moi, je fais du jazz et tout ça. » « Ouais, d’accord, OK. Attends, calme- toi.

            Tiens, vas-y, regarde, on va te mettre deux élèves là. » Là, tu fais « OK, bon, d’accord. »

            En plus, ils vont jouer forcément mieux. Là, tu fais « Bon, OK, c’est pas grave. Comment vous avez fait ça ? » Et voilà quoi.

            Ça arrive, mais c’est bien.

            Ça fait partie de l’aventure. De toute façon, vu qu’on n’est pas dans un état d’esprit de compétition, il y aura toujours mieux. Il y a des gamins de 14 ans, 15 ans, 16 ans qui jouent de la basse comme jamais j’arriverai à en jouer de toute ma vie et.

            C’est cool. Mais bien sûr, heureusement.

            Sinon, ça veut dire que la musique s’arrête là ou en tout cas quasiment. Elle n’arrête pas d’évoluer et ça se voit. Ça se voit.

            On n’a encore rien vu. La journée ne fait que démarrer. C’est ça, exactement.

            Tout.

            À l’heure, tu as dit « Je fais aussi du marketing à côté. » Est- ce que ça a un rapport avec la musique ou pas du tout ?

            Pas du tout. J’ai fait le Conservatoire, etc.

            Et j’ai également fait une école de commerce et marketing à côté. A u bout de mes cinq années, je me suis dit « Qu’est- ce que je fais maintenant ? »

            Au final, je me suis dit « T’as quand même voulu faire de la musique, ça te prend beaucoup de temps et il faut aussi s’investir, il faut faire des choix. »

            Je me disais, c’est un peu contradictoire parce qu’ aujourd’hui, je fais les deux.

            J’ai pas fait le choix, on va dire, mais en quelque sorte, si. C’est juste que je me suis dit « Ne perds pas la main là- dessus, fais de la musique, joue, mais par contre, le marketing t’aime ça, donc mets- toi à ton compte. »

            Aujourd’hui, je suis en micro-entreprise et je fais de la communication, marketing digital et aussi stratégie de marketing. Le fait de faire ça, ça fait du bien.

            Je pense que tu vas me rejoindre là- dessus étant donné que t’as aussi d’autres sociétés, de ce que j’ai compris.

            C’est vrai que le fait de parler avec d’autres personnes qui s’en fichent un peu de la musique ou sont juste mélomanes ou sont juste « on aime ça mais voilà » et « on y connaît rien » par contre, mais ça fait un bien de fou aussi.

            C’est ça, c’est une vraie richesse.

            Complètement.

            Ça m’aide aussi à mieux comprendre les besoins, les attentes, les frustrations des autres, pour pouvoir mieux les servir, mieux les aider plus rapidement, de manière plus efficace et transparente.

            C’est l’idée.

            Et aussi parce que je me suis toujours dit « Je suis plus qu’un musicien et je ne suis pas qu’un musicien. »

            Je ne veux pas être limité parce que pour moi, j’aime pas les étiquettes et j’aime pas faire qu’une seule chose.

            Par exemple, je donne souvent l’exemple qui est vrai et c’est prouvable.

            Quand je rentre dans un projet, je me donne toujours une deadline de deux ans et au bout de deux ans, j’arrête le projet.

            Et un des projets que j’ai fait le plus longtemps, c’était Triloguurtou, par exemple, c’était cinq ans et demi.

            Et c’était dur pour moi de rester dans ce groupe- là pendant plus de deux ans, parce que je fais toujours la même chose, toujours la même chose, toujours la même chose.

            Et au bout d’un moment, je me dis « J’ai l’impression d’être fonctionnaire.

            Et j’ai raconté fonctionnaire, mais moi, je ne suis pas à la recherche de la sécurité, je suis à la recherche de la liberté.

            Parce que pour moi, la liberté sera toujours supérieure à la sécurité. Quand tu as la liberté, tu peux faire tout ce que tu veux.

            Donc la notion de sécurité disparaît. C’est des plans d’échelle qui sont complètement différents. C’est un état d’esprit différent. Pas que je suis mieux ou supérieur à qui que ce soit, non.

            C’est mon constat personnel de ma vie. C’est ce que la vie m’a appris.

            Je te rejoins complètement. Je te rejoins complètement. C’est sûr que la sécurité, on la cherche. En tout cas, moi, personnellement, on y pense forcément.

            Je me dis « Écoute, c’est peut- être un peu risqué quand même. Faire ça, est- ce que tu vas vraiment tenir ? Est- ce que c’est vraiment bien ?

            » Mais… En fait, on a le droit de se planter, c’est OK aussi. C’est ça.

            C’est ça, c’est complètement ça.

            C’est que des années après, comme je disais tout à l’heure, on va se dire « Qu’est-ce que j’ai bien fait ? » ou à la limite « OK, c’était pas le bon choix. » Je me suis complètement trompé.

            Moi, par exemple, à un moment, un jour, je suis parti sur Paris pour travailler en production Metabol, c’est un ensemble vocal.

            Là, par contre, c’est entièrement classique et très intéressant. Mais par exemple, c’était la première fois que je faisais de la production.

            À la base, c’était pas du tout pour faire de la production. En tout cas, sur le papier, c’était pas pour faire pour ça et je suis tombé là- dedans. Je me suis dit « Ça me convient pas. »

            J’ai fait quatre mois et ces quatre mois ont été un peu compliqués parce que j’étais pas heureux, je me disais « C’est pas ce que je veux faire. »

            Je voyais que les échanges, c’était pas du tout constructif et ça n’avançait absolument pas. À partir de ce moment- là, je me suis dit « Il va falloir arrêter. Il faut aussi se dire stop. »

            Et sur le moment, je me suis dit « Je me suis complètement vautré.

            J’ai peut- être perdu du temps et tout ça. » En fait, pas du tout. J’ai énormément appris avec eux parce que j’ai appris à faire de la production.

            Même si ça me plaisait pas, maintenant, je sais un peu ce que c’est. Les gens que j’ai rencontrés aussi, les échanges non constructifs m’ont fait apprendre aussi que c’était un peu à cause de ma faute.

            Parce que comme j’étais moins heureux ou en tout cas peut- être moins accessibles, j’avais peut- être plus d’envie que ça aille plus vite, etc. Est- ce que je les comprenais vraiment ?

            Je pense pas. Il y a une tempatique.

            Exactement. Parce que quand on a envie de dire « J’aimerais sortir ou j’aimerais faire ça, ça, ça », « Mais en fait, Martin, mets- toi à ta place aussi.

            T’es là pour apprendre si t’es pas prévu, essayer de voir avec eux si on peut pas faire les choses différemment. C’est ça, au final, t’as raison.

            La sécurité, c’est bien.

            Je pense que c’est bien. Il faut quand même l’avoir en tête, mais par contre, il faut pas non plus se priver d’aller ailleurs.

            Parce qu’en fait, quand tu penses pas à la sécurité et que tu mets plein de choses en place, ça s’installe sans que t’ aies besoin d’y penser.

            C’est ça qui est contradictoire.

            Au final. Tu dis « Bon, je vais me faire plaisir.

            Ok, je veux gagner ma vie, avoir suffisamment d’argent pour avoir une vie confortable, acheter une maison comme tout le monde, partir en vacances à l’une fois par an au minimum.

            Si c’est possible, c’est pas possible.

            Une fois tous les deux ans. Moi, j’aime pas aller en vacances, ça m’ennuie.

            Moi, c’est l’angoisse. Les vacances, c’est genre « Je vais rien faire.

            Mais quelle.

            Perte.

            De temps ? » Tu n’as pas l’habitude.

            C’est ça. Je travaille là- dessus, je me fais accompagner.

            Pour de.

            Vrai, en plus, je me fais coacher. Je travaille sur mon système nerveux, sur l’acceptation de trauma du.

            Passé, tout ça. Mais il faut lâcher prise aussi. En plus, même toi, tu l’as dit tout à l’heure.

            Je le sais. Je le sais, mais c’est l’idée de me dire de rien faire qui, pour moi, est angoissant. Je me dis parce qu’ on peut tellement faire de choses, que ce soit…

            Je peux faire des concerts, je peux bosser mon piano, je peux bosser ma basse, je peux bosser mes percussions, je peux bosser mon chant, je peux améliorer mon entreprise de café- chocolat et thé, je peux travailler sur d’autres projets encore.

            Parce qu’au bout d’un moment, j’ai conscience que je vais devoir mourir un jour comme tout le monde.

            Malheureusement, je ne suis pas immortel.

            J’ai envie de rentabiliser mon temps le plus intelligemment possible.

            Je me dis partir en vacances pour rester sous le soleil et faire la carotte, c’est…

            Par exemple, au lieu de faire la carotte, il faudrait prendre un livre.

            Tu prends un livre avec des limites intéressantes, mais du coup, tu perds pas de temps parce que c’est chouette.

            Tu peux le faire à la maison, donc pourquoi partir ailleurs ?

            D’accord, ça c’est vrai. Un point, un zéro pour toi, parce que c’est pour le pays d’Agen, on va dire ça.

            Souvent, quand je parle de ça, c’est rigolo, on est parti un peu ailleurs, mais c’est pas grave.

            Restons honnêtes et transparents, quand j’en parle aux personnes qui me coachent là- dessus et qu’on fait tout le travail sur le système nerveux, je me rends compte de ça que oui, c’est parce que j’ai l’impression que c’est une perte de temps, que mon temps, je le rentabilise mal.

            Ça me correspond pas.

            Et aussi, j’en suis venu à savoir, ça je voulais dire, c’est que j’ai l’impression que les gens qui partent en vacances souvent, c’est parce qu’ elles sont dans la fuite de la réalité, parce qu’elles font un métier qui leur plaît pas.

            Donc quand c’est les vacances, c’est la récréation.

            Enfin, c’est un peu comme quand tu attends le week end, c’est bon, je peux me bourrer la gueule, c’est du week- end. Sauf que moi, je fais déjà un truc qui me plaît, donc je n’ai pas besoin de fuir quoi que ce soit.

            C’est pour ça aussi que le côté vacances, c’est genre « Bah non, si dans la semaine, je n’ai pas envie de travailler pendant quatre jours, je peux me le permettre.

            Je vais appeler l’équipe.

            Je vais dire « Bon, les gars, vous prenez le relais, s’il vous plaît. Là, je me prends quatre jours, je vais dans la nature.

            Avec mes petits-fils ».

            Ouais, mais c’est parce que là, t’en as besoin.

            C’est un besoin, au bout d’un moment, c’est pas une office. Tu as sûrement raison. En tout cas, c’est une des raisons, je pense, pour beaucoup de personnes.

            Je me dis que vacances, ça me fait pas rêver.

            Écoute, au moins, ta mort, c’est le principal.

            C’est rigolo, à chaque fois, ça revient. Même dans la famille, on en parle, c’est rigolo. « On va pas en vacances cette année ? »

            « Vous pouvez y aller sans moi, les gars. » « Vous êtes là-bas ? » « Oui, voilà, je m’accompagne. Mon fils partent en vacances, ils se font des petits délires et.

            Moi, j’ai un peu de faire des photos. « Envoyez-moi des photos. » J’ai envoyé moi des photos et voilà.

            C’est ça. Ou je vous rejoins juste pour les deux derniers jours, mais moi, c’est pas mon truc.

            J’ai du mal avec ça. Je. C’était cool. J’ai aimé cette conversation. Est- ce qu’il y a d’autres points que tu voudrais partager avec l’audience qui nous écoute ?

            Pas forcément, à part juste continuer à fond et être passionné et surtout, comme on a fait en train de parler un peu ailleurs, de se permettre ça, de se permettre d’aller n’importe où.

            Même si ça fait un peu grinçage, donneur de leçons, etc. Absolument pas. Je suis.

            Vraiment pas ça. La voix que tu.

            Trouveras absolument pas. Par contre, il faut aussi faire autre chose.

            La musique, c’est bien, il faut continuer, il faut être à fond.

            Ça aide à plein de choses, tant personnel que pro, quand on a envie d’en faire son métier. Ça permet beaucoup de choses, mais par contre, on en a un peu parlé, mais aller un peu voir autre chose, d’autres arts, d’autres personnes et même des personnes qui vous semblent un peu bizarres, on ne sait pas, ou des artistes qui sont « Lui, il est complètement barré. Je ne sais même pas du tout ce qu’il fait.

            Ok, il faut peut- être aller voir aussi ce qu’il fait et pourquoi il a fait ça », etc. » Et même des gens qu’on voit dans la rue qui disent « Pourquoi tu fais ça ? » Il faut être curieux. Vraiment, pour moi, la curiosité, ça aide à beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses.

            Oui, et puis ne pas se limiter à l’idée, pour reprendre ce que tu as dit, ne pas se limiter à la musique pour l’inspiration. Aller voir des expositions, des vernissages.

            Exactement.

            Et là, on me parlait de lecture.

            La lecture aujourd’hui, moi, je l’ai un peu abandonnée à un moment. Mais par contre, aujourd’hui, je l’ai beaucoup reprise et on se rend compte que c’est aussi un peu une base et un art complètement inspirant.

            En plus, ce n’est pas pour rien qu’on retrouve des musiciens qui font des biographies ou des biographies sur des musiciens bien, mais parce que les phrases et les mots sont presque plus forts de temps en temps que juste des images ou même, et ça, ça m’est déjà arrivé, que la musique.

            La preuve, le chant n’existerait pas sans mots. En tout cas, il existerait- Avec des sons. Avec des vocalises, etc.

            Mais par contre, pourquoi on a mis des mots ?

            C’est pour dire des choses.

            Et il y a des musiques, elles sont peut- être que les instruments, etc. Ou juste le bac n’est pas fou, mais par contre, les paroles sont dingues. Et en fait, cette musique a été réputée par les paroles. Et donc, c’est la même chose. Il faut lire, il faut aller voir des articles- Ça.

            Intensifie.

            L’émotion et c’est expo, etc. Ouais, complètement. Juste être curieux.

            Pour moi. Yes. Putain, merci pour ce partage.

            C’était cool. Merci beaucoup à toi. C’était vraiment chouette.

            J’espère que cet article t’a plu, n’hésite pas à me faire part de tes commentaires ou à me poser des questions si besoin !

            Bonne créativité, Bon groove, Bonne musique.
            GROOVE LIKE A PIG®

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            Pour aller plus loin

            Tu es libre de rejoindre l’Université GROOVE LIKE A PIG® dans lequel nous avons des cours dédiés à l’improvisation, les cours sont structurés, organisés et dans le bon ordre. Tu pourras avancer à ton rythme, étape par étape.

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            APPRENDRE LA MUSIQUE AVEC DES PROS PASSIONNÉS

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            La Plus Grosse Communauté Francophone des Musiciens Motivés et Bienveillants qui Veulent Passer au Niveau Supérieur.

            56 min
          • Flo Comment : Fusion Créative de la Pop, l’Afrique et de l’Inde

            Bonjour les grooveurs créatifs ! Aujourd’hui, nous plongeons au cœur de l’univers du groove musical avec Flo Comment, une véritable pépite musicale où l’Afrique, le funk, l’Inde, les mesures impaires et les polyrythmies se rencontrent pour créer une expérience sonore inoubliable.

            —->>>> Chez GROOVE LIKE A PIG® on adore la musique. Alors partage cet article sur les réseaux sociaux afin qu’il puisse aider, et encourager d’autres amateurs de basse motivés à progresser !

            Vidéo YouTube : Découvre le Lien Inattendu entre Hadrien Ferraud, L’inde, Tryo, et Hariprasad Chaurasia avec Flo Comment

            Pour regarder la vidéo directement sur YouTube, clique ici.

            L’essence du groove

            Le groove, c’est cette sensation indéfinissable qui te fait bouger instinctivement.

            C’est la base de la musique qui te fait taper du pied et secouer la tête sans même t’en rendre compte. Mais qu’est-ce qui le rend si spécial ?

            Le groove, c’est comme l’âme de la musique.

            C’est ce qui te fait sentir chaque note dans ton corps.

            Dans les compositions de Flo Comment, il peut être subtil ou explosif, mais il est toujours présent. Il se trouve dans le funk de James Brown, la musique africaine de Fela Kuti et les ragas indiens de Ravi Shankar, Zakir Hussein, Hariprasad Chaurasia, ou encore Kishori Amonkar.

            Fusion des cultures musicales

            La musique et les compositions de Flo Comment sont un melting-pot de cultures musicales. L’Afrique apporte ses rythmes hypnotiques, le funk ajoute sa touche de soul, et l’Inde apporte ses mélodies envoûtantes.

            C’est comme si différentes parties du monde se réunissaient pour une grande fête musicale.

            Comment contacter Flo Comment

            Sa chaîne YouTube : @FloCommentVocal
            Son Site internet : https://flocomment.com/
            Son Instagram : @FloComment007

            Transcription texte de la vidéo YouTube avec Flo Comment

            Bonjour les grooveurs créatifs et bienvenue dans cette nouvelle vidéo. On est à Tallinn, en Estonie, avec une invitée particulière qui s’appelle Flo Comment. J’ai hâte de vous la présenter. Comment vas- tu Flo ?

            Très bien, merci, ça va. Super contente d’être là, en Estonie, pour la première fois.

            Yes, l’Estonie, c’est juste de la balle. Je vous invite d’ailleurs à venir me voir quand vous pouvez. Faites- vous un cadeau dans la vie, venez me voir en Estonie parce que franchement, c’est super. Voilà, je n’arrête pas de vendre l’Estonie à Flo Comment. C’est vendu, c’est vendu.

            C’est bien vendu.

            La sécurité, la propreté et tout ça, la gentillesse des gens. Cet épisode, il est un petit peu particulier dans le sens où Flo Comment a joué un rôle très, très, très important dans mon parcours professionnel.

            Peu de personnes le savent et j’aimerais qu’on puisse discuter de ça ensemble d’ailleurs, parce que c’est la première personne qui m’a emmené en Inde.

            Et si Flo Comment n’existait pas, je serais certainement jamais allé en Inde. Est-ce qu’on peut commencer la conversation avec ça ?

            C’est parti. Allez, c’est parti. Est-ce que tu peux expliquer à nos auditeurs comment tu m’as découvert et pourquoi tu avais besoin d’un bassiste aux rires un peu loufoques.

            Pour aller en Inde ? Moi, j’avais…

            Oui, j’avais reformé mon groupe en Inde qui s’appelait Fula. On était donc Flute Bonsouris, Tabla, on avait un joli trio. On tournait un peu en Inde et il manquait un peu de groove.

            Un peu de fat.

            Un peu de fat dans cette musique et surtout, on avait pour objectif de faire une petite tournée en France. Donc on s’est dit que ça serait bien quand même de trouver le bassiste idéal pour cette musique. Et on a un petit peu cherché des bassistes.

            Quand on est rentré à Paris, on a auditionné quelques bassistes et on a trouvé quelqu’un qui s’appelait Hadrien Ferraud, qui était censé faire la tournée avec nous.

            Mais le problème, c’était que sur une date, une seule des dates de la tournée, il n’était pas dispo. Et donc, il a eu la présence d’esprit de me donner ton nom.

            Et je t’ai appelé tout de suite, je crois. Je t’ai appelé.

            Tout de suite. Merci encore à Adrien du fond du cœur.

            On s’est rencontrés. Et merci à Hadrien du fond du cœur, parce que du coup, on s’est super bien entendus tout de suite, je crois. Ça a très.

            Bien marché. Ça a bien matché dès la première répétition.

            On a fait la tournée en France et j’ai dit « Suis-nous à Bombay pour continuer l’aventure. » C’est ça ? Ça s’est passé.

            À Bombay. Bombay.

            Exact.

            C’est l’adresse où on habitait. Exact. Parce que pour cette mission, je devais rester deux mois et finalement, je suis resté six mois. C’était magnifique.

            Il voulait plus partir, notre Doudou. En plus, il a fait copain- copain avec tous les gens du marché. Parce que « Doud », ça veut dire « lait » en Inde, donc c’est assez drôle.

            Parce que mon surnom, c’est Doudou, pour les intimes.

            Ça a bien fonctionné. Tu t’es bien entendu avec tout le monde tout de suite. On a on a fait des concerts, des workshop et tu t’es intégré très, très rapidement.

            On a fait le festival de Calagodda aussi, festival. Super souvenir, absolument. Et on a rencontré plein de musiciens et t’as voulu rester avec nous et j’en suis contente.

            Oui, dans Les musiciens, il y avait le regretté Sultan Khan, super joueur de Sarangi, Zakir Hussain que tu m’as présenté, qui lui- même m’a présenté après à Terribozio. C’était juste une répétition de rencontres, de suite comme ça, de rebondissements.

            C’était super. On allait écouter Harry Placide sur Othasia, on allait voir beaucoup de grands musiciens ensemble.

            On va parler de tout ça un peu plus en détail. Ce que j’aimerais, pour les auditeurs et les auditrices qui ne te connaissent pas encore, que tu puisses s’il te plaît nous expliquer ton parcours. Comment on fait pour devenir musicienne quand on est suisse ?

            Je passe de la Suisse. Moi, j’ai l’image de la Suisse, les banques, la nature, le chocolat. Comment on fait pour passer de la Suisse à la musique indienne avec Hariprasad Chaurasia, Zakir Hussain, etc.

            Est-ce que tu peux nous expliquer ça ? C’est un enchaînement de circonstances, évidemment. D’abord, je suis venue à Paris dans l’optique, justement, de fonder mon groupe, de faire de la musique, de trouver des musiciens qui pouvaient m’accompagner.

            Le souci un peu en France, c’est que j’avais des idées qui paraissaient assez spéciales pour le musicien occidental. C’était que j’avais des métriques.

            Je jouais déjà naturellement avec des métriques assez spéciales, impaires. Je jouais et je créais des morceaux avec des gammes qui semblaient bizarres. Je n’étais pas toujours compris par les musiciens français.

            Et il s’est trouvé que j’ai rencontré un disciple de Hariprasad Chaurasia que j’ai invité sur un de mes concerts, qui m’a accompagnée à la Flûte Bonsori et qui a fait écouter notre concert à son maître, Hariprasad Chaurasia, qui a bien aimé la musique et qui m’a invitée carrément en Inde.

            Pour le concert de l’an 2000, le passage à l’an 2000. Pour l’accompagner sur scène, il y avait 25 musiciens de la nouvelle génération de la nouvelle génération de musiciens indiens.

            C’est comme ça qu’il l’a présenté. Moi, j’étais un peu la pièce rapportée là, au milieu, avec ma kalimba, tu sais, je chantais toujours avec ma kalimba.

            C’est ça un peu qui m’a propulsée, vraiment propulsée dans le monde de la musique indienne.

            Suite à ce concert, j’ai rencontré un grand percussionniste, Anandan Shivamani, que tu connais aussi, qui m’a invitée pour d’autres concerts.

            Et ça s’est enchaîné d’une manière assez magique, jusqu’à ce que je réalise qu’en fait, je n’avais pas le langage pour expliquer mes morceaux, la musique. Je n’avais pas le langage.

            Les musiciens comprenaient tout de suite ce que je faisais. Ils donnaient des noms, même à mes rythmes. Enfin, ils disaient « C’est ça, ça, c’est ça. Comment ça se fait ? » Ça, c’est assez magique. C’est génial. C’est assez magique.

            Deux points de vue opposés, de deux cultures qui n’ont rien à voir. D’un côté, ce que tu fais, c’est chelou, c’est bizarre, ce n’est pas normal.

            Peut-être que tu as un problème. Et de l’autre côté, yeah, there is a name, Madame. It’s OK. So, the Matrix is 5 and the rag is… C’est tout à.

            Fait ça. C’est tout à fait ça. C’est assez extraordinaire. C’est assez extraordinaire, effectivement.

            Donc, bain de fil en aiguille, je suis allée rencontrer une chanteuse et j’ai été épatée par sa liberté vocale et aussi le fait qu’avec sa tempura, son instrument à quatre cordes, elle pouvait faire ce qu’elle voulait.

            La liberté vocale, c’est Dana Schriepp-Anditt, qui est devenue une très bonne amie.

            Hello Dana ! Donc, elle m’a épatée et je me suis dit « Il faut absolument que j’apprenne ce langage, que je l’apprenne non seulement pour moi, parce que j’avais envie d’apprendre tout ça et d’arriver à donner des noms moi- même à ce que je faisais, mais aussi de pouvoir communiquer avec les musiciens avec lesquels j’avais envie de jouer.

            C’est- à- dire, j’avais envie de jouer avec des tablas, un tabliste, ça, c’était évident. J’adore les tablas.

            J’avais envie de jouer avec des tablas.

            De jouer avec des instruments comme le Sarangi, comme la flûte bansuri. Il fallait que j’arrive à expliquer un peu. Il fallait qu’on ait le même langage.

            C’est pour ça que j’ai tout fait pour revenir en Inde et étudier cette musique. Je tiens à le dire, c’est la seule musique que j’ai vraiment étudiée, la musique classique indienne, parce que pour le reste, j’étais vraiment autodidacte.

            Flo Comment et la pédagogie

            Tu as étudié la musique indienne pendant combien.

            De temps ? J’ai étudié en Inde pendant sept ans et demi. C’est une chose quand même. J’ai passé un peu de temps. J’ai fini par faire une grande école parce que j’ai voulu avoir quand même…

            Une certification ? Oui, une certification en diplôme pour l’enseignement, mais j’ai eu aussi des grands maîtres en musique indienne, gènes. C’est pas la même chose.

            J’ai commencé par l’enseignement traditionnel et puis après, au bout de trois ans, je me suis dit « On va quand même faire un petit papier pour papa- maman, pour les rassurer et pour se rassurer soi- même » et même aussi peut- être.

            Et puis pour enseigner aussi après, parce que c’est vrai que l’enseignement traditionnel, c’est une chose, et enseigner en Europe ou en Occident, c’est autre chose. Il faut un peu de pédagogie.

            Oui, un peu de pédagogie, puis surtout pouvoir prouver que tu maîtrises le sujet que tu souhaites présenter.

            Même si après, les diplômes, la certification, ça ne fait pas tout. Ça, c’est que mon point de vue. C’est ça. Ok ? Dans le sens où souvent, les gens qui ont des diplômes en Occident ou ne sont pas forcément qualifiés.

            Encore une fois, j’insiste à mon point de vue. C’est un art Flo Comment. Et des fois, les gens qui sont autodidactes ont plus de choses à raconter, à partager, à donner pour le développement d’un élève que quelqu’un qui a passé toute sa vie à étudier pour avoir un bout de papier, mais qui au final, ne sait pas très bien jouer.

            Il sait bien expliquer de manière théorique, mais la démonstration laisse à désirer.

            J’avais juste envie d’en parler parce que c’est une problématique qu’on rencontre souvent chez les élèves quand ils rejoignent l’université.

            C’est la clarté. « Pourtant, j’ai fait le Conservatoire pendant 25 ans et alors Ce n’est pas juste pour vendre l’univers, c’est vraiment par transparence, parce que c’est une vraie démarche sincère, honnête et authentique de se dire « Au final, qu’est- ce que j’ai envie de faire ?» On reste pragmatique.

            « J’ai envie de jouer d’un instrument.

            J’ai envie de kiffer. J’ai envie de faire kiffer les gens qui m’écoutent.

            J’ai envie que les gens qui m’écoutent me fassent kiffer parce qu’on me donne des compliments. Qu’est- ce que je dois mettre en place pour ça ? »

            Et de se dire « Au final, je n’ai pas besoin d’avoir une tonne de connaissances, c’est mieux d’avoir une tonne de pratiques et un gramme de connaissances.

            Et par la pratique et un gramme de connaissances, et par la pratique et l’expérience on fait des choses extraordinaires. Petite parenthèse.

            Il faut dire qu’à l’époque, je n’avais pas du tout pour objectif d’enseigner.

            Et c’est quand même l’enseignement à l’indienne, c’est- à- dire cette idée de transmission qui m’a donné envie d’enseigner. Parce que déjà sur place, j’avais des élèves de Hariprasad Chaurasia qui sont des flûtistes, qui me disaient « Écoute, Hari nous dit que c’est bien de chanter aussi parce que ça donne de la présence. » Et qui sont venus en fait.

            Pratiquer avec moi.

            Et moi, je n’ai pas pu m'empêcher de leur apprendre tout de suite ce que j’apprenais déjà. J’étais encore étudiante, mais j’avais envie de transmettre tout de suite ce que j’apprenais.

            C’est le.

            Meilleur moyen. Et c’est comme ça que je suis venue à l’enseignement.

            C’est vraiment parce que d’une manière complètement naturelle, moi, j’avais des grands rêves de tournée et d’album. Et l’enseignement, c’est l’enseignement est venu à moi.

            Quand j’ai compris qu’enseigner, c’est transmettre et qu’enseigner, c’est pas s’asseoir sur un banc d’école et dire « Tu vas faire ça, ça, ça. » Mais c’est donner- Croche-tu, croche-tu. Elle est.

            Groove maintenant.

            Soit créatif. C’est pas évident. Alors que la transmission, quand tu sens que tu apportes- Ta personnalité. Ta personnalité, ton vécu.

            Et puis surtout, dans la musique indienne, c’est magique si tu arrives à expliquer à quelqu’un des choses que toi, tu es allée chercher très loin.

            C’est vrai que ça fait vraiment plaisir.

            Hariprasad Chaurasia et Flo Comment

            Et comme tu dis, ce qui va être fascinant dans la pédagogie indienne, et notamment avec Hari Prasad, qui était fascinant quand on allait à l’école le matin, c’est que lui, justement, il est assis, prend sa fuite.

            On est tous assis par terre en tailleur. Moi, j’avais la basse, tu avais ta guitare, je me souviens. Guillaume, le flûtiste du groupe, avait sa flûte dans le souris. Hari Prasad va jouer une note. Il ne nous dit pas quelle note il joue, quelle rague il va faire et on doit juste répéter ce qu’on entend instantanément.

            Et il y a rien de plus formateur que ça, en fait.

            Que de juste dire « Bon, les gars, on va faire la gamme de deux majeurs, la gamme de pentatoniques et ensuite on va faire la gamme des modes. »

            On a trop d’informations, c’est difficile à digérer alors que je me concentre sur ce que j’entends, j’essaye de reproduire.

            Au début, forcément, on fait n’importe quoi. Il a joué un DO, j’ai fait un Si bémol.

            « Ah, bon, c’est des ouf de deux. » « Ah, c’est là. Ok. Ensuite, il fait DO, RE, A. Do, RE, RE, A.

            Do, RE, A. Ok. Et puis ensuite, il construit des phrases.

            Et plus on monte et plus ça se complexifie rythmiquement au niveau des notes, des ornementations. Et ça, c’est une très, très, très bonne très bonne école. J’aimerais bien que tu nous parles de ton expérience avec Zachy Russell, avec Manu Evno du groupe de Trio aussi.

            Ce qui fait partie de la bande, si je puis dire. Est-ce que tu peux nous parler de ça, s’il te plaît ?

            Manu Eveno, c’est assez simple.

            On te fait un coucou Manu, on t’aime.

            Les Grooveurs Créatifs, j’espère que ce format vidéo vous plaît. On est en train de tester ça.

            Comme vous savez, j’adore avoir votre avis parce qu’on fait tout ça pour vous, tout simplement. Si c’est le cas, mets cette vidéo en pause tout de suite et mets un commentaire.

            Dis-nous si tu aimes ce format.

            Quand j’invite des musiciens chez moi, à Tallinn en Estonie, qu’on se retrouve sur mon canapé, à parler de musique, de pédagogie et faire des exercices.

            Et si ce n’est pas déjà fait, je t’envoie invite à cliquer sur le premier lien qui se trouve dans la description ainsi que le lien qui se trouve dans le petit « i » en haut à droite pour rejoindre gratuitement l’université et avoir accès à la deuxième partie de cette vidéo.

            J’arrête de parler, fais-toi plaisir et écoute bien la suite parce que ça envoie du lourd.

            On vivait ensemble.

            Quand je suis partie en Inde, il est venu me rejoindre quelques fois. Il était aussi attiré par toutes sortes de musique.

            Il a pris des cours de tabla, il a fait des allers- retours. Il a participé aussi à quelques enregistrements qu’on a fait ensemble.

            Super musicien.

            Pour ceux qui ne connaissent pas. Magnifique musicien.

            En fait, moi, j’étais mon coloc de l’époque, Stéphane, était un disciple de Zakir Hussein.

            Il m’a amenée toujours à sa classe. Pareil, on allait assister aux classes de temps en temps et surtout aux concerts.

            On avait beaucoup de concerts de Zakir parce que moi, tu sais, je suis amoureuse des tablas. Je l’ai rencontré souvent et j’ai assisté à de nombreux concerts de Zakir.

            Je n’ai jamais vraiment étudié avec lui parce que le tabla, c’est encore autre chose. Ça prend une vie, deux vies, trois vies.

            Mais je me suis beaucoup laissée imprégner par ce son, par ses métriques, rien qu’en l’écoutant. On a eu la chance d’être assisté à des concerts extraordinaires.

            C’est clair, il n’y a même pas de mots. Mystico, magique. Je n’ai pas le vocabulaire.

            Hariprasad Chaurasia, il faut vraiment le rendre hommage parce que c’est lui qui, en plus des concerts, tournait dans le monde entier.

            Mais en plus des concerts, il faisait tout pour être à sa classe le matin à 11h00.

            Et ça, c’est admirable parce qu’ en Occident, on fait souvent la différence entre la musique de la musique, qui serait un musicien concertiste et un enseignant.

            Et là, tu as le plus grand concertiste de la planète qui, le matin, fait tout pour être à l’heure, à sa classe. Gratuitement. Gratuitement. Pour les élèves. Gratuitement pour ses élèves. Et ça, franchement, c’est énorme.

            Franchement, c’est extraordinaire.

            On ne le remerciera.

            Jamais assez. À un autre level.

            C’est vraiment à un tout autre niveau.

            Flo Comment et Sultan Khan

            Il y a aussi un musicien que j’évoquais tout à l’heure, qui s’appelle Sultan Khan.

            Est-ce que tu pourrais nous parler de ce Sultan Khan, nous parler.

            De lui ? Sultan Khan, qui est décédé, malheureusement. Son fils a pris un peu la relève, Sultan Khan, qui est un joueur de Sarangi.

            Le Sarangi, c’est le violon indien qui se joue un peu à la musique. À la verticale. Et qui est l’instrument par excellence qui me fait pleurer, qui me fait vraiment…

            Tu vois dans tous les films indiens quand tu as la scène un peu… Non, mais même la scène un peu de déchirement, l’amour, que ça commence…

            Émotionnel. Émotionnel.

            C’est un instrument absolument incroyable qui avait pour but de vraiment imiter la voix humaine. Le but, c’était vraiment de suivre toutes les glissando, l’intonation, mais qui est un instrument très, très difficile.

            Très difficile à jouer et qui a un peu disparu dans la pratique parce qu’il s’est fait remplacer par l’harmonium.

            On verra ça, l’harmonium. Mais Sultan Khan, justement, qui chantait aussi d’ailleurs et qui faisait beaucoup de concerts avec Zakir en duo. C’est une belle soirée, ça aussi. Table à sarangi, je crois.

            Que c’est… Des belles soirées, des super souvenirs.

            Ça, ça nourrit la créativité. Et c’est bien parce que ça va faire le lien avec ma prochaine question. Comment nourris- tu ta créativité ? Et comment perçoivent les autres musiciens ta musique ?

            Quand tu expliques justement ton parcours qui est super riche avec tous les musiciens que tu viens de citer, est- ce que tu as déjà été confrontée des fois à « Ouais, mais tu es une blanche, tu fais du musical jazz », « Le musical jazz, c’est comme les musiciens indiens, c’est le coin d’une famille, la gamme à jeunes ».

            Est-ce que tu as été confrontée à des choses négatives comme ça ? Et si oui, comment tu arrives à surmonter tout ça ? Il y a beaucoup de questions dans.

            Ma question. Oui, il y a beaucoup de questions.

            Je me suis un petit peu protégée, c’est- à- dire que je suis restée proche de l’adolescente autodidacte qui voulait s’exprimer.

            Moi, je pense que j’ai plutôt, en tout cas en ce qui concerne ma musique, j’ai plutôt colorié ma musique en l’habillant de musique indienne, c’est- à- dire que je me suis entourée de musiciens magnifiques.

            Justement, Guillaume Baraud, merci Guillaume pour la flûte.

            C’est très bien. Sanket Naik, Othabla. Si tu veux, j’ai habillé des compositions qui sont somme toutes quand même assez pop.

            Je les ai habillées puisqu’elles avaient déjà les métriques, les gammes et elles avaient déjà un tout petit air indien. Mais je les ai surtout habillées en musique indienne.

            Mais je suis restée proche de ce qui it vraiment du fond du cœur. Et pour la musique indienne, celle que j’ai étudiée, la musique classique, quelque part, je l’ai pratiquée pour moi et je l’ai enseignée à mes élèves.

            J’ai très rarement l’occasion ou l’envie même de la reproduire sur scène parce que, justement, il y a une grande attente au niveau de la virtuosité.

            Et puis, parce que je n’ai pas voulu forcément reproduire ou essayer de reproduire ce que font ses grands maîtres.

            Parce qu’il faut dire aussi que le standard est très élevé. Le standard est très élevé. Ça veut dire, et c’est ce que surtout, il y a une immense attente au niveau de la virtuosité. Et comme tu sais, Doudou, moi, je suis pas forcément quelqu’un qui- Démonstre.

            Démonstre, pardon.

            Démonstre, ouais. C’est vrai que les musiciens que j’adore sont des musiciens extrêmement virtuose.

            Mais par contre, moi- même, je préfère m’entourer de virtuose, comme tu sais. Et rester dans ma simplicité pour pouvoir être proche de moi- même plutôt que de juste ment de…

            Prétendre que tu n’es pas…

            Oui, tu peux, mais tu fais la musique des autres. Donc la musique classique indienne, je la pratique quotidiennement. P

            our nourrir ta créativité. Pour moi et pour mes élèves, mais la musique que je joue sur scène ou que j’enregistre, ça reste de la composition.

            Ça grouve. Toujours. Ça grouve. Je certifie que ça grouve.

            C’est gentil.

            Pas juste parce que je fais de la basse, mais vraiment parce que ça groue, c’est mortel. C’est super à jouer, c’est fun.

            On partagera certainement un extrait si vous écoutez cet épisode jusqu’au bout. Voilà, parce qu’après tout, pourquoi pas ?

            Je voulais parler, parce qu’on était sur le côté virtuosité, chanteur et prestations, Cénique, est-ce que tu pourrais nous parler de Kishori Amankar ?

            C’est le grand dossier. Kishori Amankar, c’est la diva du siècle passé. Malheureusement, elle est décédée aussi il y a deux ou trois ans, à 82 ans.

            84 ans. Je l’ai vu avant son décès.

            Oui, alors Kishori Amankar, ça a été ma Guruji, on peut dire.

            C’est donc la grande diva chez qui j’ai étudié la musique classique, la musique classique pendant environ trois ans avant d’aller chez Tulika Ghosh qui m’a préparée pour mon diplôme. Kishore Yamakawa, c’est un peu le dernier des Mohicans de la musique classique hindoustanie avec Jazz Raj aussi qui est vraiment la génération de grands maîtres un peu justement disparus.

            C’est une incroyable diva chez qui j’ai intérêt aussi presque par hasard, dans le sens que j’avais entendu un enregistrement et j’ai trouvé ça fabuleux.

            Et sans réfléchir, je me suis dit « Finalement, pourquoi pas elle ? Je vais aller me présenter chez elle comme ça ». Il n’y a pas de hasard.

            Que des rencontres. Elle était très étonnée, parce que c’était quand même une personne pas facile à approcher et qui faisait assez peur.

            Et moi, tout le truc des débutants, la naïveté du débutant, je vais sonner chez Kishore et à mon cas, « Bonjour, j’aimerais bien apprendre la musique indienne. »

            Elle était extrêmement surprise, mais je pense que ma démarche qui était- Honnête et sincère. Honnête, sincère, très volontaire. Elle m’a fait chanter deux ou trois petits trucs basiques et elle m’a dit « OK, on commence demain ».

            Ça a été l’expérience indienne par excellence, parce que j’ai pu toucher un peu à ce que c’était que cette relation Guru-Shisha-Parampara, de maître à élève en main.

            Merci d’avoir fait la traduction. J’allais demander.

            Pour les auditeurs. Guru-shisha-parampara, c’est la tradition entre le Guru et l’élève, qui est justement…

            En Inde, c’est plutôt le maître qui choisit son élève et pas le contraire. Déjà, tu es mis à l’épreuve.

            C’est la relation avec ton maître, c’est une relation beaucoup plus forte. Ce n’est pas « Je vais apprendre un cours de musique, voilà 20 balles. »

            Ce n’existe pas sans l’Occident. Non, c’est quelque chose de beaucoup plus fort que ça. C’est une relation très, très forte, humaine.

            Ça peut changer de Guru en Guru. Souvent, comme tu sais, c’est une musique traditionnelle qui est transmise de père en fils.

            Ça reste souvent dans la famille. Du temps de génération en génération. Donc, tu dois un peu faire prouver que tu veux vraiment et que tu mérites l’enseignement.

            Et une fois que ton maître t’a accepté, il va un peu te mettre à l’épreuve, il va exiger beaucoup de toi. Il va exiger beaucoup de présence.

            Il va peut- être même te demander de faire la vaisselle. À l’époque, c’était comme ça.

            Tu massais les pieds de ton Guru. Tu dédiais complètement ton temps à ton Guru. En fait, même ce que disait Kishore, je suis un peu l’intermédiaire entre toi et Dieu.

            C’est- à- dire que c’est moi qui vais t’apporter, qui vais t’expliquer comment…

            Qui vont t’aider à ouvrir les portes pour que la musique passe.

            Pour que le flow passe en continu. C’est ça. Et ce n’est pas toujours facile à comprendre en tant qu’occidentale.

            Ça, c’est clair. On a beaucoup de…

            Comment est- ce qu’on dit ? Tu appelles ça des… Des barrières ? Des barrières, des blocages, parce que parfois, on se dit « Non mais…

            » Faire la vaisselle, faire la.

            Laver, faire la boue… Ou alors je pourrais avoir…

            Je pourrais avoir un cours qui durait trois minutes comme un cours qui durait trois heures.

            Je pouvais, par exemple, répéter une phrase pendant une heure avec le tabliste en boucle alors qu’elle se lavait les cheveux dans la salle de bain.

            Mais il y a toujours cette oreille. On savait qu’on.

            Était -C’est un « fa » pas un « do ». Voilà.

            Exactement. Et c’est terrible, en fait. J’adore.

            Ce que j’ai retenu de cette expérience, en tout cas, c’est que sur le moment, parfois, tu as rage, t’enrages.

            Mais sur le moment, tu comprends pas toujours ce qui se passe.

            Et c’est parfois trois à six mois après que tu te dis « Ah ! C’était ça. » C’est-à-dire que quelque part, on te dit « À celle-là, t’essaies, pratique.

            »je veux dire, en fait, c’est donner ton temps.

            Je te donne ça, mais de ça, tu vas en faire ça.

            Parce que tu t’essaies, tu pratiques, je pars, je t’écoute de loin.

            Et toi, en fait, t’es laissé un peu quand même à toi- même. Des fois, on se regardait avec cinq étes, le tabliste, en tournant. Mais il suffisait qu’on s’arrête. « Why did you stop ? »

            La réaction était immédiate. C’était très dur, mais très formateur.

            J’ai vécu des choses similaires avec mon Guru de Mridangam que j’ai rencontré d’ailleurs grâce à toi aussi. C’est vrai. C’est vrai, c’est ça en fait, c’est le fait de…

            En tant qu’Occidental, c’est d’apprendre à oublier le temps, tu t’assois, tu donnes ton temps, tu te donnes ton temps, tu te donnes ton temps, tu te donnes ton temps, tu te donnes ton temps, tu te donnes ton temps, tu te donnes ton temps, tudonnes de ta personne, tu oublies ton petit ego et tu es dans l’instant présent.

            Et rien que ça, ça paraît tout bête, ça paraît un peu ouh ouh, mais ce n’est pas évident en fait.

            Ce n’est pas du tout évident.

            Mais tu vois, justement, dans l’enseignement aujourd’hui, je vois aussi qu’il y a des gens qui recherchent ça, qui ont besoin de ça.

            C’est ce qu’on transmet surtout, justement, c’est ça. Tu vois, en chant notamment, tu vois le moment présent, la vibration, être dans ce que tu fais, c’est ce qu’on a envie de Moi, ce que j’ai envie de transmettre.

            Je suis content qu’on ait parlé de tout ça pour cette première partie de la vidéo.

            Pour la deuxième partie de ce podcast, parce qu’il y a une version vidéo comme toujours, je t’invite à rejoindre l’université Groove like a pig, tout simplement, dans lequel tu pourras trouver la suite de cette vidéo et de cet épisode où on va faire des démonstrations avec un harmonium, on va chanter, on va faire de la musique, on va jouer de la basse, on va groover.

            Bref, ça va être la folie. Donc, on se retrouve tout de suite.

            J’espère que cet article t’a plu, n’hésite pas à me faire part de tes commentaires ou à me poser des questions si besoin !

            Bonne créativité, Bon groove, Bonne musique.
            GROOVE LIKE A PIG®

            ——->>>>>>> Est-ce que cet article t’a été utile ? Dis-le-moi dans les commentaires !

            Pour aller plus loin

            Tu es libre de rejoindre l’Université GROOVE LIKE A PIG® dans lequel nous avons des cours dédiés à l’improvisation, les cours sont structurés, organisés et dans le bon ordre. Tu pourras avancer à ton rythme, étape par étape.

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            APPRENDRE LA MUSIQUE AVEC DES PROS PASSIONNÉS

            École de musique GROOVE LIKE A PIG® : groovelikeapig.com

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            27 min
          • Le groove konnokol au service de la musique avec Pascal Lovergne

            Salut les grooveurs créatifs, aujourd’hui nous avons dans ce nouvel épisode des conversations de Pig, Pascal Lovergne, un artiste ouvert, curieux, gentil et généreux avec un talent aussi énorme que son cœur.

            —->>>> Chez GROOVE LIKE A PIG® on adore le Konnokol et le groove . Alors partage cet article sur les réseaux sociaux afin qu’il puisse aider, et encourager d’autres artistes et musiciens motivés à progresser !

            Conversation de Pig avec Pascal Lovergne
            Musique de Pascal Lovergne
            Biographie de Pascal Lovergne

            Pascal Lovergne a commencé  la basse à 16 ans.

            Au CNR de Lille, il a Yves Torchinsky, Gérard Marais et Jean-François Canappe pour professeurs et obtient une médaille d’or de la classe de Jazz en 1998.

            Suivront de nombreuses scènes et séances d’enregistrement, notamment avec Louis Arti, L’ensemble de Guitares de Gérard Marais, Simon Fache big backing band ,la compagnie du Tire Laine ,The Bortsch Orchestra ,Amazing grave, le Trio Vert, le Raoul Band, Ten Worlds, Calvin Owens, Tichot…

            En 2012, il commence l’étude du konnokol avec le maitre percussioniste indien Ghatam Suresh (Chennai).

            De cette rencontre naîtra le trio Nandi, qui marie le jazz et la musique carnatique et permettra à Pascal Lovergne de jouer avec des musiciens prestigieux tels que Ghatam Suresh’s Mrittika Vhaibhabam, Zohar Fresco Amith Nadig ou Ranjit Barot.

            Par ailleurs, il est l’un des fondateurs du label CJN dont le premier disque, « Mylapore », de Nandi a été album « Révélation» dans Jazz Magazine en août 2017.

            Pascal Lovergne anime régulièrement des ateliers de Konnokol (CNR Lille Tourcoing , CRdD de calais ,ESMD Lille,Hôpital de ST Lo….)

            Il enseigne également à Lille à l’ESMD et à Jazlab (Arras).

            Pascal Lovergne, Chronique dans Jazz Magazine
            Pascal Lovergne et le projet : NANDI

            The trio Nandi is made up of Indian master percussionist Ghatam Suresh,

            bassist Pascal Lovergne and pianist Stefan Orins.

            They give the tried-and-true piano-bass-drums format a fresh new sound by blending jazz with South Indian Carnatic rhythms and melodies. These musical worlds complement and enhance each other in a perfectly balanced mix. Ghatam Suresh’s virtuosity on various percussion instruments (ghatam kanjira, morsing, etc.) and vocals, together with Pascal Lovergne’s characteristic sound on acoustic bass guitar and Stefan Orins’ lyrical elegance create a deeply soulful and powerful new sound. Tune in for a magical encounter !

            The band has performed in France (St-Omer Jazz festival, Human World …),England (World Music Conference in Birmingham),Belgium and India (joined by virtuoso flutist Amith Nadig and percussion wizard Zohar Fresco)

            Their first CD « Mylapore » was distinguished as «Revelation» by Jazz Magazine in France.

            The Nandi Live video has been broadcast monthly all over Europe on Stingray DJazz (the 24h 7/7 jazz only channel) for almost three years .

            Nandi on Facebook : facebook.com/nanditheband

            Ressources pour contacter et suivre le travail de Pascal Lovergne

            Pour rester en contact avec Pascal Lovergne, tu peux le suivre sur Bandcamp ici : https://pascallovergne.bandcamp.com/

            Ou sur son site internet : http://konnokol.com

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            Merci d’avoir écouté l’épisode de cette semaine du podcast BassistePro Show — Conversation de Pig.

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            Vos commentaires et vos retours nous aideront non seulement à continuer à fournir un contenu formidable et utile, mais ils nous aideront également à atteindre des amateurs de basse motivés encore plus incroyables comme vous !

            Et en plus, je pourrais lire vos commentaires dans un prochain épisode pour vous remercier chaleureusement de vive voix.

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            36 min
          • Raphaëlle Brochet, découvre cette voix en Or.

            Salut les grooveurs créatifs, aujourd’hui nous avons dans ce nouvel épisode des conversations de Pig, Raphaëlle Brochet, une artiste avec une voie en Or et un talent aussi énorme que son cœur.

            Témoignage de Raphaëlle Brochet

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            Pour te mettre l’eau à la bouche, voici un petit extrait audio.

            Conversation de Pig avec Raphaëlle Brochet
            Musique de Raphaëlle Brochet en solo
            10 years Muziekpublique | Raphaelle Brochet – Pahimam
            Bach Prelude in Misra Chapu
            Musique de Raphaëlle Brochet en groupe
            Stéphane Edouard « FULL METAL » Live Session 2
            ENJOY: Songe en forme de palmier (Sophie Alour)
            « ERUPTIONS », Ivan Paduart & Friends at FLAGEY
            Biographie de Raphaëlle Brochet
            It is very rare that one has the pleasure of meeting a true artist.

            Raphaelle Brochet’s never ending journey into the world of global performing arts and music has led to her becoming a truly powerful and inspiring performer. Her versatility and dedication to learn have all fed into her unique sound. 

            Jazz was truly her native language. Raphaëlle was born to musician parents and started her career at the age of 17 by recording an album with Floris Nico-Bunink (Mingus, Billy Holliday) under the label Daybreak. After studying Jazz in French Conservatories, she spent a year in Montreal and another in New York City, to explore North American performing practices and write music. 

            In parallel to her jazz studies, Raphaëlle went to South India for more than 20 years to study Carnatic singing with Sarada Thota and konnakol with Ghatam Govindarajan. Then she received a full scholarship from the Wesleyan University, USA, and got a Masters of Ethnomusicology from one of the highest ranked universities of the world, specialised in South Indian music. 

            Her main collaborations include Nguyên Lê, Sophie Alour, Philippe Aerts, Prabhu Edouard, Olivier Louvel, Sajad Kiani, and she is also very involved in cross-disciplinary projects such as theater, dance and cinema. She is also very active as an educator and gives regular workshops all around the globe. 

            Raphaëlle‘s current projects as a leader include a duo with Philippe Aerts and her solo performance.

            “Raphaëlle’s voices are superb” – Le Soir

            “Musician of exception” – Jazzaround

            “Outstanding artist, literally juggling with her vocal cords and able to do everything” – Jazz in Belgium

            “Ses grandes qualités vocales et son imprégnation des civilisations qu’elle a côtoyées donnent une remarquable impression d’authenticité, quelque soit le langage dans lequel elle s’exprime, toujours avec une intensité à laquelle on ne peut rester insensible.” – Jazz Magazine

            Ressources pour contacter et suivre le travail de Raphaëlle Brochet

            Voici son site internet : raphaellebrochet.com
            Voici sa chaîne YouTube : https://www.youtube.com/@raphaellebrochet887
            Voici son Instagram : instagram.com/raphaelle_brochet
            Voici sa page Facebook : facebook.com/RaphaelleBrochetPro

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            47 min
          • Norton Sonner, le piano pour tous

            Bonjour les grooveurs créatifs, aujourd’hui nous avons dans ce nouvel épisode des conversations de Pig, Norton Sonner de d’impro Musique.

            Norton est un passionné de musique, il a créé son école de musique en durant le premier confinement, il nous partage son histoire, sa passion pour le piano et son parcours musical. Norton Sonner est passionné d’harmonie et de compréhension de la musique sous toutes ces formes.

            —->>>> Chez GROOVE LIKE A PIG® on adore les pianistes. Alors partage cet article sur les réseaux sociaux afin qu’il puisse aider, et encourager d’autres artistes et musiciens motivés à progresser !

            Biographie de Norton Sonner

            Je m’appelle Norton Sonner et je suis le fondateur et leader d’Impro Musique.

            J’ai commencé réellement à jouer de la musique à 11 ans avec la guitare. Ce n’est qu’à 18 ans que je me suis mis sérieusement au piano dans le but d’intégrer l’école de mes rêves.

            Depuis mes débuts, j’aime jouer de la musique pour partager de bons moments en famille ou entre amis, sur scène ou dans mon studio. 

            J’aime tous les styles mais j’avoue avoir moins d’affinités avec les extrêmes comme le métal, le rap dur et le classique pur et dur. Mes amis m’appellent le jukebox car je peux leur jouer à peu près tous les morceaux qu’ils me demandent en quelques minutes. Je passe donc souvent la soirée à la guitare ou au piano pendant qu’eux boivent l’apéro.

            La musique est à la base une passion mais c’est aussi devenu mon métier.

            Après avoir décroché un Bachelor, un Master of arts et deux premiers prix à la Haute École de Musique de Genève en Musique et mouvement, Pédagogie Jaques-Dalcroze, j’ai enseigné la musique, la rythmique et l’initiation musicale dans différents conservatoires, écoles de musique et écoles primaires en Suisse. 

            Entrepreneur dans l’âme, c’est en avril 2020 que je crée Impro Musique qui compte aujourd’hui plus de 1’900 élèves.

            Mon but est simple, accompagner un plus grand nombre d’adultes sur le chemin de la liberté musicale et du plaisir simple et profond de jouer sa propre musique en la comprenant.

            D’après mes élèves, mes trois principales forces sont ma pédagogie, ma bienveillance et mon enthousiasme à l’idée de transmettre.

            Ressources pour contacter et suivre le travail de Norton Sonner

            Son école de musique : https://www.impro-musique.com/
            Son Facebook : https://www.facebook.com/impromusique
            Son Instagram : https://www.instagram.com/impromusique/
            Sa chaîne YouTube : https://www.youtube.com/c/ImproMusique

            Témoignage de Norton Sonner
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            36 min
          • Emmanuel Camy, production, groove et éclectisme.

            Bonjour les grooveurs créatifs, aujourd’hui je reçois un musicien réunionnais Mr Emmanuel Camy

            Avec Emmanuel Camy nous allons parler de production musicale, de matos pour le studio, le LIVE, la MAO, ses collaborations musicales, de ses process de créativités, etc…

            Si ce sont des sujets que tu aimes aborder, que tu as envie d’apprendre plein de choses pour encore progresser et devenir la meilleure version de toi à la basse, alors reste avec nous et écoute bien cet épisode jusqu’au bout. OK ?

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            Conversation de Pig avec Emmanuel Camy

            J’ai découvert Emmanuel Camy, il y a, à peu près 3 ans, au moment où j’ai déménagé pour venir vivre ici avec toute ma famille à Tallinn, en Estonie.

            J’avais besoin d’un bassiste remplaçant solide pour le Guillaume Barraud Quartet.
            Quelqu’un qui puisse tout jouer, du Jazz, des morceaux slow, voir très slow, d’être à l’aise dans les mesures impaires et composées, ainsi que dans l’improvisation…

            Et c’est ainsi que l’univers m’envoya Emmanuel Camy, haha.

            Emmanuel m’a remplacé au pied levé et a fait super bien le job. Je suis super content de cela.
            Il était donc tout à faire normal que je l’invite pour le mettre en avant lors d’une conversation de Pig.

            De plus, Emmanuel Camy est réunionnais comme moi, si avec tout cela, ça ne crée pas de lien, je n’y comprends plus rien, haha.

            Musique d’Emmanuel Camy

            Voici quelques musiques où tu peux voir et écouter Emmanuel Camy se faire play-jouïr avec ses potes, tout en étant créatif au clavier basse.

            Viens prendre ta dose d’inspiration musicale.

            Biographie d’Emmanuel Camy

            Originaire de l’île de la Réunion, Emmanuel Camy démarre l’apprentissage de la musique à 14ans en tant que guitariste autodidacte.

            À 18 ans, il rejoint Paris pour étudier le Jazz au Cim(Centre d’Informations Musicales) et au CRR (Conservatoire à Rayonnement Régional) D’où il ressort avec un DEM jazz.

            La découverte de John Patitucci et d’Anthony Jackson l’oriente naturellement vers la basse qui devient rapidement son instrument de prédilection. Il a ainsi l’occasion de se perfectionner auprès d’artistes prestigieux: Dominique di piazza, jerry Bergonzy, Bojan Z, Martial Solal, Bob Mintzer, Emil Spanyi, Pierre Bertrand…

            Depuis 10 ans, Emmanuel Camy côtoie les scènes Jazz et Hip-Hop de France en défendant ses projets personnels (Bass&beats ,Pelikeon) , et en accompagnant des artistes nationaux et internationaux (Aloise sauvage, Soweto Kinch, Terreon Gully, Remy Béesau, Rodolphe Lauretta, Guillaume Barraud, Les Xmens, Billie Brelok, Kasual Tee, Malik Crumpler, Jdove, Livetruth, Ray Knight…).

            Son jeu, basé sur l’écoute, un groove solide et une très bonne connaissance de l’harmonie, lui assure la polyvalence, nécessaire aux prestations live ainsi qu’aux séances studio (Estelle mayer, Aka unit, Diood, Frog&beef, Lester getz…).

            Il travaille également comme musicien de session dans la musique à l’image: à Radio France pour des émissions France culture ( Le Laitier de Nuit, Retour à Killyberg), ou encore pour le documentaire Al Safar diffusé sur National Géographic

            Ressources pour contacter et suivre le travail d’Emmanuel Camy

            1 : Son compte Instagram : https://www.instagram.com/emmanuelcamy/
            2 : Son autre compte Instagram : https://www.instagram.com/pelikeon/
            3 : Sa chaîne YouTube : https://www.youtube.com/channel/UCbuZe8rssMDdbpQcVLPKJWQ
            4 : Son SoundCloud : https://soundcloud.com/pelikeon

            Témoignage d’Emmanuel Camy
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            42 min
          • Damian Nueva, l’amour n’a pas de drapeau.

            Bonjour les grooveurs créatifs.

            L’invitée d’aujourd’hui est un excellent musicien de jazz et acteur. J’ai le plaisir de te présenter Damian Nueva.

            Dans cet épisode, nous avons abordé plusieurs sujets très intéressants comme : sa collaboration avec NETFLIX dans la série THE EDDY, les voyages dans d’autres cultures (humaine et musicale), et ce qu’elles apportent dans le parcours d’un musicien de jazz. Nous avons aussi parlé de Cuba son pays d’origine.

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            Conversation de Pig avec Damian Nueva
            Musique de Damian Nueva
            Biographie en anglais de Damian Nueva

            Damián Nueva is a bassist and contrabassist. Currently living in Paris he was born in Cuba in a musician’s familly, he starts to learn percussion from a very young age until he discovers the bass at the age of 13 and his first mentor Orlando López « Cachaito ». He then enters Alejandro Garcí a Caturla School and later Cuba’s National School of Art.

            Meanwhile, he devellops his playing though varied projects such as Oscar Valdés’s afro-latin Orchestra, previously part of “Irakere”. He also works with “la compagnie de ballet et de flamenco Litz Alfonso” during 4 years, which lead Damian to play on stages like Broadway, and Chicago Theater. In the meantime he also creates his own project with « Espiritual », around Regis Molina (saxophone), Harold Lopéz Nussa (piano), Ruy Adrián Lopéz Nussa (drums) et Mauricio Guitérrez (percussion), thanks to what he will have the pleasure to take part to the Jazz Plaza festival in Havana.

            Eventually, he becomes part of the band Mezcla created and lead by guitarist Pablo Menéndez, and will then be part of Equis Alfonso, co-writer of  Habana Blues soundtrack which received a Goya.

            All along his musical career, Damian works with various artists such as Bobby Carcasses , Roberto Fonseca, Chuchito Valdés, Jesús Rubalcaba, etc. Before moving to Paris, he stays in Madrid  for two years where he will also work with Alba Molina, Andreas Lutz, África Gallego, Victor Navarrete, Ogun Afrobeat.

            He finds, inspiration through varied influences like afro-cubans rythms, but also in jazz, funk and soul, which alows him to work in varied and eclectic project.

            Collaborations : Netflix series The EDDY , Glen Ballard, Didier Lockwood , Oum , Roberto Fonseca , John Legend , David Murray , Dimitri Naiditch, Ayo , Z-Star , Flo rida, Irving Acao , Gregory Privat , Charlotte Wassy , La escucha interior , Sabrina Romero , Francis Lockwood.

            Ressources pour contacter et suivre le travail de Damian Nueva

            Son site internet : http://damiannueva.com/
            Son Instagram : https://www.instagram.com/damiannuevamusic/
            Sa chaîne YouTube : https://www.youtube.com/channel/UCwQ6rSHwuuaV0oQTUYGKxpg
            La série THE EDDY (produite par Netflix) : http://damiannueva.com/netflix/

            Témoignage de Damian Nueva
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