Aujourd'hui l'économie

Batterie explosive: Samsung tente de tourner la page.


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Samsung accumule les déboires ces derniers mois. Mis en cause dans un scandale politique en Corée du Sud et affecté par une débâcle commerciale autour de ce qui devait être son produit phare, le Galaxy Note 7, le conglomérat tente de tourner la page de ce fiasco. La firme sud-coréenne confirme aujourd'hui que c'est bien la batterie qui était à l'origine des incendies sur certains appareils.
C'est même la cause unique de ces explosions à en croire Samsung. Une enquête menée par l'entreprise et des organisations indépendantes, des tests effectués sur quelque 200 000 appareils et 30 000 batteries ont montré que des défauts de conception et de fabrication ont provoqué des courts-circuits.  
Une explication qui peut sembler évidente mais qui surprend un peu malgré tout : avant de retirer tout simplement le Galaxy Note 7 du marché, Samsung avait procédé à des changements et avait équipé ses téléphones avec des batteries d'un autre constructeur. Mais les appareils avaient continué à prendre feu. Quoi qu'il en soit aujourd'hui Samsung assure que ni le logiciel, ni les matériaux de ce téléphone haut de gamme ne sont à l'origine du problème.  
 
Rassurer le consommateur
 
SDI, la filiale de Samsung qui a produit une partie des batteries se veut rassurante et a annoncé investir 120 millions d'euros pour améliorer la sécurité de ses produits. De son côté, la maison mère va définir un programme de vérification des batteries en huit points et promet de travailler sans relâche pour regagner la confiance des consommateurs. Une confiance dont ils auront besoin pour que le Galaxy S8 soit un succès. 
 
Le lancement de ce nouveau modèle pourrait d'ailleurs être reporté. Aucun calendrier n'a été donné, mais une chose est sûre, il ne sera pas dévoilé au Congrès mondial du mobile de Barcelone qui se tient fin février. C'est pourtant là que Samsung présente habituellement ses produits vedettes.
 
Des milliards d'euros
 
Ce fiasco coûte des milliards d'euros à Samsung. Lorsqu'il avait tiré un trait sur ce qui devait concurrencer l'iPhone 7 d'Apple, le conglomérat sud-coréen avait annoncé que cela amputerait son bénéfice sur trois trimestres de près de cinq milliards d'euros. Et puis, plus difficile à évaluer : l'impact sur l'image de la marque pourrait continuer de grever ses performances. 
 
Néanmoins, Samsung Electronics ne se porte pas si mal. On attend demain ses derniers résultats. Et cela pourrait être le meilleur résultat trimestriel en près de trois ans, en raison notamment de ventes solides dans le domaine des puces mémoires. 
 
Scandale politique  
 
Mais, les déboires de Samsung ne se limitent pas à ses ventes de téléphones. Le premier conglomérat du pays s'est pris les pieds dans le scandale politique qui a entraîné le vote de destitution de la présidente sud-coréenne, Park Geun-hye. 
 
Le vice-président de Samsung Electronics et héritier de la firme, Lee Jae-yong, a même été interrogé pendant 22 heures. En cause : des versements de quelque 34 millions d'euros au bénéfice de deux fondations créées par la confidente de Park Geun-hye. Toute la question désormais est de savoir si cet argent a influencé la décision du gouvernement de donner son feu vert à une fusion de deux filiales du groupe. Cette fusion devait assurer une passation de pouvoir en douceur au profit de Lee Jae-yong.  Mais elle avait été très critiquée par certains actionnaires estimant que la valeur de l'une des deux unités avait été sous-estimée. Lee Jae-yong n'a pas été arrêté mais depuis un autre dirigeant de l'entreprise qui représente 20% du PIB de la Corée du Sud a été entendu en qualité de témoin.
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Aujourd'hui l'économieBy RFI