À la Libération, entre 1943 et 1946, environ 20 000 femmes ont eu la tête rasée en France lors de la période d'épuration. Si la mémoire collective associe ces actes à la « collaboration horizontale », la réalité est bien plus complexe : pour la moitié d'entre elles, il s'agissait de simples rumeurs, de jalousies de voisinage ou de travaux du quotidien exécutés pour l'occupant allemand (ménage, cuisine, blanchisserie). Marquées de croix gammées, défilant sous les insultes et exposées sur la place publique, ces femmes ont subi une justice punitive visant leur corps, tandis que les hommes accusés de collaboration faisaient face aux pelotons d'exécution.