Mali : tentative d'assassinat contre le président par intérim
Deux personnes ont tenté mardi 20 juillet de poignarder le président de la transition au Mali, le colonel Assimi Goïta, durant le rite musulman de l’Aïd al-Adha, la fête du Sacrifice, à la Grande mosquée de Bamako.
La mosquée du roi Fayçal a ensuite été vidée de ses fidèles et ses abords ont retrouvé le calme une quinzaine de minutes plus tard, une fois le président de la transition emmené au QG des militaires dans la ville-garnison de Katim à une quinzaine de kilomètres de Bamako, selon ses services.
"Je vais très bien, aucun élément n'a été blessé.(...)", a déclaré Assimi Goïta à la mi-journée sur l'Office de radiodiffusion télévision du Mali (ORTM). "Quand on est leader, il y a toujours des mécontents, il y a des gens qui, à tout moment, peuvent vouloir tenter des choses pour déstabiliser, tenter des actions isolées."
Paris "condamne vivement l'agression", un "acte choquant survenu de surcroît un jour particulier de paix et de tolérance", a indiqué sur Twitter l'ambassade française au Mali.
"La France appelle à la sérénité pour la poursuite de la transition jusqu'à son terme", selon la même source.
L'assaillant a été interpellé, tout comme un deuxième homme, qui, dans la confusion, a été pris pour son complice. Il s'agissait en fait d'un membre des forces spéciales, armé d'un pistolet, que la garde présidentielle n'avait pas reconnu comme tel, a indiqué à l'AFP le commissaire principal Sadio Tomoda, du 3e arrondissement de police de Bamako.
L'assaillant est un "enseignant", a aussi précisé le commissaire Tomoda, sans plus de détails sur son identité.
Dans la Grande Mosquée, Assimi Goita était assis auprès d'autres dignitaires du régime, comme il est d'usage pour la "grande fête" – surnommée Tabaski en Afrique de l'Ouest – avant que chacun ne rejoigne sa famille respective.
L'attaque est survenue dans un pays très instable politiquement et aux prises avec des violences multiformes depuis 2012.
Ces violences, qui ont débuté par des rébellions indépendantiste puis jihadiste dans le nord du Mali, se sont ensuite propagées au centre et au sud du pays, se mêlant à des conflits intercommunautaires et à des attaques crapuleuses dans des zones où l'influence de l'État est très faible. Le phénomène touche depuis plusieurs années le Burkina Faso et le Niger voisins, où opèrent également des groupes affiliés à Al-Qaïda ou à l'organisation État islamique (EI).
Bamako, d'habitude relativement épargnée par rapport au reste du pays, a connu par le passé des attentats jihadistes. La capitale a été le théâtre de deux coups d'État en moins d'un an.
Le dernier en date, en mai, a été mené par les mêmes colonels que celui d'août 2020 – conduits par le colonel Assimi Goïta– et a abouti à son investiture comme président de la transition.
Ancien chef d'un bataillon de forces spéciales, il ne se déplace jamais sans ses hommes, cagoulés et armés de fusils d'assaut. Le colonel Goïta et le nouveau gouvernement, nommé par la junte, ont assuré qu'ils tiendraient l'engagement de rendre les commandes aux civils après des élections prévues le 27 février 2022.