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Or


Tu es l’ambassadeur de Nikita. Tu es le passager de Taxi. Tu es le professeur de mathématiques des Choristes. Tu es le généalogiste de Ridicule. Tu es près de deux cents rôles. Tu es cinq minutes à l’écran. Parfois deux. Parfois moins. Tu es un jour ou deux de tournage. Tu es une page Wikipédia. Tu es né le 6 mai 1959. Tu es ce visage que tout le monde connait mais sur lequel personne ne sait mettre un nom. Tu es Philippe du Janerand. Assis sur ton canapé, tu me racontes ta solitude de vieil acteur.
Elsa porte la marque. C’est dans ses yeux, sa façon de sourire, ses absences. On est nombreuse à la porter. Chaque blessure a son histoire, son origine. La blessure d’Elsa remonte à son adolescence. Entre seize et vingt-et-un ans, Elsa a été violée à répétition par son moniteur d’auto-école. Pendant des années, elle refoule ce traumatisme, se raconte la mauvaise histoire. Jusqu’au jour où la tête se relie au corps, où elle prononce le mot viol. Aujourd’hui, Elsa a trente-neuf ans. Elle est comédienne. Elle a porté plainte il y a dix ans contre son agresseur et se bat depuis ce jour.
Le Père Jean-Emmanuel est prêtre du diocèse de Tours. Il est le premier curé à qui je parle. Très vite, je réalise qu’il est aussi un homme comme les autres. Avec des regrets, des doutes, des rêves, des déceptions, des colères. Un homme qui pense à celui qu’il aurait pu devenir s’il n’avait pas choisi de consacrer sa vie à Jésus : le mari, le père de famille. Un homme dans toute sa fragilité.
Il y a une dizaine d’années, Olivier a voulu mourir. En France, près de 9000 personnes se suicident chaque année. Olivier aurait pu en faire partie. Le suicide était une manière de se libérer des affres de son enfance. Aujourd’hui, Olivier a 53 ans. Il est pilote d’hélicoptère pour le SAMU. Son histoire est celle d’un résilient.
Vivre vingt ans sous l’emprise d’un autre. Avoir l’impression de ne plus rien avoir à l’intérieur. Être dépossédée de soi-même. Certains diraient que Marguerite a été la victime d’un pervers narcissique. Aujourd’hui, Marguerite a soixante-cinq ans. Tout l’angoisse : prendre le métro, changer de quartier, faire ses courses… J’ai l’image d’une poupée à qui l’on aurait arraché la tête. Son esprit est enfermé quelque part, dans une boîte dont un homme a la clé.
Vivre vingt ans sous l’emprise d’un autre. Avoir l’impression de ne plus rien avoir à l’intérieur. Être dépossédée de soi-même. Certains diraient que Marguerite a été la victime d’un pervers narcissique. Aujourd’hui, Marguerite a soixante-cinq ans. Tout l’angoisse : prendre le métro, changer de quartier, faire ses courses… J’ai l’image d’une poupée à qui l’on aurait arraché la tête. Son esprit est enfermé quelque part, dans une boîte dont un homme a la clé.
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