« Honnêteté, légalité, transparence ! », les Italiens ont tellement entendu ce slogan du Mouvement Cinq étoiles qu’ils le connaissent tous par cœur. Mais, depuis ces derniers jours, ce parti anti-système est en pleine tourmente à Rome où le plus proche conseiller de la maire Virginia Raggi a été incarcéré pour corruption. A Milan, la situation n’est pas plus brillante pour le maire Giuseppe Salam, élu dans les rangs du Parti démocrate. Il s’est suspendu de ses fonctions dans l’attente de connaitre les raisons précises pour lesquelles il fait l’objet d’une enquête judiciaire.
C’est une fin d’année plutôt cocasse qui s’annonce en Italie. Pour la première fois, Rome et Milan pourraient se retrouver, en même temps, orphelines de leur édile. La maire de Rome, Virginia Raggi, est privée de son bras droit, arrêté pour une affaire de pots-de-vin, alors qu’elle venait déjà de perdre sa conseillère chargée de l’environnement, accusée d’avoir favoriser des entreprises privées de gestion des ordures, au détriment de l’administration municipale.
Cette jeune avocate, dont le portrait a fait le tour du monde après son élection triomphale au mois de juin 2016, risque-t-elle vraiment son fauteuil ? Tout va dépendre de la suite des enquêtes. Virgina Raggi est désormais sous la tutelle des dirigeants du Mouvement Cinq Etoiles. Ils l’ont contrainte à se débarrasser du reste de ce que l’on appelle son « cercle magique ». En l’occurrence : le maire adjoint et son chef de cabinet.
Et pendant ce temps, hasard des agendas, le site de vidéo en ligne Netflix prépare une série, tournée depuis ces derniers jours, sur la Suburra. Une série inspirée du film homonyme, sorti en 2015, qui évoque les scandales mafieux et politiques de Rome. Suburra est le nom du plus ancien quartier de Rome, situé près du Capitole (siège de la mairie) et où naquirent les lupanars à l’époque de Néron.
Le maire de Milan se suspend temporairement de ses fonctions
A Milan, c’est le Parti démocrate qui est frappé au cœur. Le maire, Giuseppe Sala, issu de la formation toujours dirigée par l’ex-président du Conseil, Matteo Renzi, fait l’objet d’une enquête dans le cadre de son rôle de Commissaire général de l’Expo 2015 de Milan. Il a décidé de s’« auto suspendre » de ses fonctions, « jusqu’à ce que le cadre accusatoire ne se précise », a-t-il expliqué.
Le problème, c’est que ces édiles sont la vitrine des deux partis italiens qui sont au coude-à-coude dans les intentions de vote pour les prochaines législatives.
Instabilité gouvernementale
Pour le Mouvement Cinq Etoiles, Rome devait servir de modèle de nouvelle et bonne gestion, avec la participation des citoyens. Et pour le Parti démocrate, Milan, forte d’un système administratif plutôt efficace et du succès de l’Exposition universelle, devait incarner le retour à l’éthique.
Dans ce contexte, on a du mal à imaginer des élections législatives anticipées dès le début du printemps prochain (*). Mais un peu plus de stabilité gouvernementale serait, peut-être, le meilleur cadeau, à placer sous le sapin de Noël de l’Italie.
(*) Après la démission de Matteo Renzi, le nouveau gouvernement de transition - mais avec pleins pouvoirs - est dirigé depuis le 14 décembre par l’ancien chef de la diplomatie, Paolo Gentiloni, 62 ans. Ce dernier est l’un des fondateurs du Parti démocrate. Les partis de l’opposition réclament des législatives anticipées au plus tôt.