C'est l'une des deux Européennes connues pour avoir rejoint les FARC, avec la Française Nathalie Mistral, interrogée par RFI il y a quelques mois. Tanja Nijmeijer, 38 ans, est une Néerlandaise. Comment cette femme est-elle devenue « guérillera » ? Eclairage de Laxmi Lota, qui l'a rencontrée.
De notre correspondante à Bruxelles,
C'est une envie de « révolution » qui pousse Tanja Nijmeijer à quitter sa famille, ses amis et son pays en 2003. Elle a alors 25 ans et certainement de nombreux idéaux. Des rêves qu'elle n'a pas perdu, à 38 ans aujourd'hui.
La combattante des FARC a en effet pu dire, dans une interview publiée il y a quelques jours : « J'ai entendu tant d'histoires, vu tant de misère, je veux que ces gens aient une vie meilleure et que la Colombie puisse devenir un modèle pour le reste du monde. C'est un rêve naïf, peut-être, mais c'est mon rêve. »
« Je ne veux pas que l'on parle de moi, mais des FARC »
C'est avec un diplôme en langues étrangères en poche, que Tanja Nijmeijer se rend en Colombie, où elle fera plusieurs voyages avant de devenir guérillera. Son nom de guerre ? « Alexandra » ou « Holanda ». Brune, très mince, elle affirme avoir joué le rôle d’interprète toutes ces années au sein des FARC.
Elle était de ceux qui ont participé aux négociations pour la paix à La Havane depuis 2013. « Un coup de com' » de la part des FARC, ont pu dire certains commentateurs. Une Européenne, jeune... Elle a été choisie, et depuis son visage est connu, comme on a pu le constater lors de la Xe conférence des FARC.
La semaine dernière à El Diamante, des centaines de journalistes étaient en effet autour d'elle. D'autres personnes souhaitaient la prendre en photo avec un smartphone. Mais la combattante dit ne pas aimer être au centre de l'attention : « Je ne veux pas que l'on parle de moi, mais des FARC, du combat, du processus de paix », dit-elle.
« Alexandra » l'affirme : elle a « la conscience tranquille »
Tanja Nijmeijer fait l'objet d'un mandat d’arrêt international, à la demande des Etats-Unis. Washington la soupçonne dans l'enlèvement de trois Américains en 2003. Ils ont passé cinq ans en captivité, avant d’être libérés avec Ingrid Betancourt par l’armée.
Le retour aux Pays-Bas n'est donc pas programme pour Tanja Nijmeijer, qui affirme qu'elle serait « ravie de pouvoir revoir les Pays-Bas, entendre à nouveau le Néerlandais, voir le paysage, et surtout revoir sa famille ». Un tribunal pour la paix sera créé pour juger les crimes commis pendant ces décennies de conflit.
Tanja Nijmeijer assure « avoir la conscience tranquille ». Elle ne souhaite pas faire de politique pour la suite. Et celle qui avait tout pour devenir professeure de langues et non combattante révolutionnaire, espère désormais « donner des cours d'anglais dans une région rurale de Colombie ».
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