C’est la reprise des chroniques sur les sorties et les évènements qui émaillent la vie musicale de notre vaste région, et même si on peut qualifier cette promotion « locale » il faut considérer quand même que l’idée de proximité et de circuits courts est assez relative sur un territoire grand comme l’Autriche.
Mais pour le groupe dont je vais vous parler, MULE JENNY, les distances ne comptent plus car parmi les membres de ce trio il y en a un bien proche de nous en la personne d’Étienne Gaillochet avec ces deux autres compagnons, Max Roy à la basse et Théo Guéneau guitariste et membre du groupe Lysistrata.
Étienne Gaillochet, nous l’avons connu en il y a quelques bonnes décennies avec We Insist ! (un nom en hommage à Max Roach) un groupe au son post hard-core et déterminé, fidèle aux engagement de ce batteur de jazz afro-américain pour la liberté et la fin de l’apartheid dans les années 60. Ce groupe initié en 1990 avec pas mal de soufflant dure jusqu’en 2017 sous forme de trio .
Puis , avec Phil Reptil et Macdara Smith il monte Zarboth en 2009. Quatre albums à leur actifs avec deux autres titres sortis en juin 2023 accompagnés de Journal Intime pour une production très rappée.
Étienne, batteur et chanteur, je ne l’avais pas dit, toujours imprégné du bain musical dans le lequel il évolue et s'inspire, de Thelonius Monk à Olivier Messiaen en passant par Dick Anegarn et Franck Zappa, participe à divers projets de musiques improvisées . Il dit: "Je sors parfois du rock et des musiques expérimentales pour tenter d'apporter une rythmique simple au timbre travaillé à des belles chansons qui ne demandent pas autre chose. Plus je vieillis, plus je prends conscience que c'est le plus dur des exercices".
On va le retrouver maintenant avec le trio MULE JENNY, nom d’un groupe qui fait référence à beaucoup de choses . Mule Jenny est le nom donné en Grande Bretagne à une machine à tisser inventée à la fin du 18eme siècle et qui marqua le début de l’industrialisation de la production textile. Cette machine est le symbole de la mise au chômage de millier d’artisans et d’ouvriers qui entreprirent de casser ces outils voire de brûler des usines … Et puis il y a aussi Jenny, une héroïne (la prostituée) dans l’Opéra de 4 sous de Kurt Weill et Bertold Brecht qui incarne le combat féministe à Berlin dans les années 30.
Inspiré par ces éléments le groupe s’est formé en 2020. Le morceau que l’on va entendre est issu de leur deuxième album sorti en juillet dernier : Take Enough leeway ; Prends assez de marge en français. Le choix a été dur car tous les titres sont bien. En écoutant Bram FM vous aurez l’occasion de tomber dessus
Vous pourrez aussi aller les voir à Périgueux le 26 septembre au Moulin du Rousseau ou bien à Clermont-Ferrand le 1er novembre chez Raymonde.
Et en attendant la Corrèze pour l’immédiat on écoute : Outsiders sur le dernier album Take Enough Leeway de MULE JENNY sorti chez Vicious Circle label indépendant situé à Bordeaux à 2 heures et demi d’ici seulement.