Vous connaissez le film Les mariés de l’an II avec Belmondo ? Et bien cet An II, c’est pas juste pour faire joli, c’est
le vrai calendrier révolutionnaire, mis en place
ce 24 novembre 1793. Fini le calendrier grégorien, trop chrétien, trop royaliste ! La Révolution, elle veut même
réécrire le temps.
D’abord,
on recommence à zéro : l’
An I démarre le
22 septembre 1792, jour de l’équinoxe d’automne. Logique, naturel, la lumière est égale à l’obscurité, c’est l’équilibre. Et à partir de là,
12 mois de 30 jours chacun. Ah, égalité jusque dans le calendrier ! Problème : 12 x 30 = 360. Il manque 5 jours. Pas grave :
on invente les “sans-culottides”, 5 jours festifs hors calendrier. Et si c’est une année bissextile ? Allez hop,
un 6e jour : le jour de la Révolution.Ensuite,
on supprime la semaine de 7 jours et le
dimanche, jour du Seigneur. A la place, des
décades : des semaines de
10 jours, avec un seul jour de repos, le
décadi. Autant dire que les ouvriers ne crient pas bravo.
Et pour les noms des mois ?
On les reconnecte aux saisons :
- Automne en -aire : Vendémiaire (vendanges), Brumaire (brouillards), Frimaire (givre)
- Hiver en -ôse : Nivôse, Pluviôse, Ventôse
- Printemps en -al : Germinal, Floréal, Prairial
- Été en -or : Messidor, Thermidor, Fructidor
Et les jours ? Primidi, Duodi, Tridi… jusqu’à Décadi, avec des noms de plantes, d’outils ou d’animaux pour chaque jour. Le
4 brumaire an II, par exemple ? C’est le
quartidi, jour de la nèfle.
Ça fait sourire aujourd’hui, mais
les révolutionnaires voulaient tout changer, jusqu’à notre façon de voir le temps. Un beau rêve, un peu compliqué, que
Napoléon abolira en 1805,
le 22 fructidor an XIII. Franchement, la nèfle, c’était un peu trop.