Après le webinaire animé par Thierry Dominici le 24 février 2024, le Centre d'Analyse Géopolitique et Internationale reçoit une grande figure de la vie politique Corse, Jean-Guy Talamoni.
Notre invité est avocat, enseignant-chercheur HDR (habilité à diriger des recherches) à l'Université de Corse, membre de l'UMR Lisa 6240, directeur de la revue scientifique numérique "LUMI" dédiée aux études sur l'âge des Lumières et des révolutions (Revue de l'UMR Lisa et de la chaire Unesco "Devenirs en Méditerranée"): https://m3c.universita.corsica/lumi/
Par ailleurs, ancien président de l'Assemblée de Corse (2015-2021) Jean-Guy Talamoni est militant du parti indépendantiste "Nazione" (Nation).
La Corse nous intéresse parce que son expérience politique comme celle d’autres territoires (Polynésie, Nouvelle Calédonie…) alimente directement ou implicitement le débat statutaire en Guyane, Guadeloupe et Martinique.
La Martinique et le Guyane ont changé de statut, tout en maintenant le régime juridique d’identité législative. Si on se réfère aux catégories juridiques appliquées aux collectivités locales dans l’article 72 de la constitution, ces deux territoires ne sont ni des départements ni des régions, donc pas des « DROM », autre sigle pour désigner aujourd’hui les régions monodépartementales de Guadeloupe et de la Réunion.
La Guyane et la Martinique sont donc, sur la base de l’article 72, des collectivités à statut particulier. Le département et la région disparaissent formellement pour être remplacés par une collectivité unique. Le dernier congrès des élus de Guadeloupe, dans une de ses résolutions, a opté à l’unanimité pour la collectivité unique. Avant ce congrès, un sondage commandé à la société Qualistat par le CAGI avait révélé que 59% des personnes sondées représentatives des électeurs guadeloupéens, étaient également favorables à cette collectivité unique.
Au-delà de ce statut particulier, les élus de Guyane, Guadeloupe et Martinique manifestent leur intérêt pour une autonomie de leurs territoires assortie d’un pouvoir normatif. Faire la loi et le règlement sur place dans les domaines de compétences de la collectivité.
Pour cela, une révision de la constitution s’impose ; objectif réservé pour l’heure à la Nouvelle Calédonie et à la Corse, par le gouvernement.
Comme l’a signalé Jean-Guy Talamoni, la Corse est une île elle aussi située de l’autre côté de la mer. Son actualité politique suggère plusieurs questions :
En quoi consiste le changement statutaire dans ce territoire ?
Quelle est son architecture institutionnelle ? Quel est le bilan des relations entre le conseil exécutif et l’Assemblée de Corse ? quelles sont les avancées des négociations entre les élus corses et le gouvernement ?
Autre question au cœur de ce webinaire : quel est le lien entre la revendication nationale et le changement statutaire ?
Autant de questions qui ont trouvé réponse dans l’intervention pertinente et de qualité de Jean Guy Talamoni que nous remercions.
Nos remerciements également aux personnes présentes et en visioconférence, notamment Ary Chalus président de la région Guadeloupe Ary, messieurs Philippe Bouba et Jean-Pierre Aron de la collectivité de Guyane et Elie Domota syndicaliste et secrétaire général du LKP
Nos remerciements à Charlie Blanchenet pour son précieux concours technique, Camille Brun pour l'affiche.
Des remerciements à deux artistes: Ronald Tulle pour la musique originale du générique (KJ Bee) et Piombu pour son oeuvre que nous affichons. A l'évidence une lecture critique et politique des armoiries de la Corse.