L’heure est à la lutte contre le réchauffement climatique. Les manifestations et les grèves se multiplient. Une bonne méthode pour sensibiliser les responsables politiques et économiques ?
Qu’il y ait des manifs, c’est après tout un moyen assez classique pour faire pression, faire connaitre son opinion. C’est légal, c’est même légitime. On est toutefois en train de vivre un glissement qui est à mon avis dangereux. Cela se traduit de diverses façons
Notamment par une espèce de combat dialectique. Les jeunes contre les vieux, les gentils écolos contre les irresponsables, les lanceurs d’alerte progressistes contre les immobilistes pollueurs, la France contre la Pologne. La bataille pour le respect de l’environnement ne se gagnera pas de cette manière, à mon avis. Les insupportables et irrespectueuses saillies de Greta Thunberg n’appartiennent qu’au registre émotionnel. La fillette qui donne des leçons de morale à l’ONU ne s’est d’ailleurs bizarrement pas beaucoup émue du bilan carbone de son voyage à New York. Trois personnes de l’équipage ont dû prendre l’avion pour rapatrier le voilier. Il y en a qui n’ont pas peur de la contradiction. Dans un autre registre, les leçons de Macron à la Pologne, désignant le pays comme bouc émissaire du retard pris par l’UE dans le domaine. La Pologne a d’ailleurs aussitôt répondu à Emmanuel Macron qu'elle est l’un des rares pays de l’UE qui, avec un développement économique aussi dynamique, a réduit ses émissions de CO2 d’environ 30%.
Si la méthode Thunberg ou Macron n’est pas la bonne, quelle est la bonne méthode ?
Sans doute de commencer par faire plutôt que de seulement dire, d’agir plutôt que de mépriser ou insulter. On ne change pas une société avec de simples coups de com, de mépris. Le patron du groupe LVMH Bernard Arnault a confié avoir plus d’admiration pour les jeunes de polytechnique qui se lancent dans des start up en intégrant la notion environnementale plutôt que pour la jeune militante scandinave. Il a fait un don de 10 millions d’euros au Brésil pour l’aider à faire face aux incendies pendant que Bolsonaro et Macron s’écharpaient en enfantillages.
Si Greta et ses amis prenaient des engagements de sobriété, de réduction de la consommation, de lutte contre le réchauffement climatique à leur échelle, peut-être gagneraient-ils en crédibilité. C’est toujours en commençant par changer soi même que l’on peut prétendre changer le monde…