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Or


Au rayon des classiques qui ne gagnent pas à être connus, évoquons la cocatrix. Vous vous souvenez de son cousin, le basilic ? Elle est pire ! Elle se présente comme un serpent avec des ailes de chauve-souris, mais les pieds et la tête d’un coq. Elle a le même regard mortel, la même odeur toxique, mais pas de chant funeste ; à la place, sa morsure contient un venin fulgurant. Et elle peut voler, contrairement au basilic ! Elle ne craint qu’un adversaire : les belettes.
Plus appréciable, la salamandre est un amphibien légendaire qui incarne la puissance du Feu. Il dort dans les cheminées, se baigne dans la lave et sa peau est si chaude qu’elle enflamme tout ce qui l’approche. A l’inverse, son sang est si glacial qu’il éteint n’importe quel incendie, et elle possède le plus puissant de tous les venins. On la dit capable de vivre mille ans et douée de parole, pour transmettre la sagesse acquise avec sa longévité.
S’il y a bien un guide à écouter, c’est le nahual. Ces esprits mi-humains mi-animaux, parfois associés à des ancêtres réincarnés, sont au cœur du folklore d’Amérique centrale. Ils protègent les lieux sacrés, font respecter les interdits. Et chaque personne est placée sous la protection d’un nahual, en fonction de sa date de naissance, à la manière des totems d’autres cultures.
Connaissez-vous un alan ? Pas le prénom : je parle de l’être philippin décrit comme une grue à tête humaine, avec des orteils au bout des ailes et des mains à la place des pieds, pour mieux se suspendre la tête en bas. Il paraît qu’ils naissent quand l’un des leurs verse du sang menstruel sur un fœtus avorté. C’est bien, mais… dans ce cas, comment est apparu le premier ?!
Le Japon aime bien ses poissons-chats. Il y en a même une espèce magique, tapie au fond des lacs, capable de sentir les vibrations du sol et douée de facultés divinatoires : le namazu. D’ailleurs, l’archipel japonais est censé se trouver sur le dos d’un namazu géant qui, en se débattant contre le pieu qui l’épingle à la croûte terrestre, déclenche les nombreux séismes dont est affligé le pays du Soleil levant.
A choisir, je préfère le namazu à ce qui hante les terres brésiliennes : le minhocão. Un monstrueux maillon manquant entre le lombric et la sangsue, large d’un mètre et long de vingt-cinq, avec deux gros palpes tactiles sur la tête. À l’aise sous terre comme dans les fleuves, il laisse néanmoins un sillon très reconnaissable dans le sol quand il pourchasse de gros animaux, ou bien des humains.
En d’autres eaux, la selkie est une race légendaire présente surtout aux Shetland, avec des traces folkloriques en Norvège ou dans les Orcades, pour laquelle j’ai – je l’avoue – une grande affection et qui est, de fait, très présente dans mes différentes séries. Ayant l’aspect d’un grand phoque, elle peut retirer sa peau pour devenir une belle, curieuse et naïve jeune fille partant à la rencontre des humains. Hélas, elle perd ainsi ses pouvoirs et devient vulnérable.
Plusieurs légendes parlent d’hommes fous « d’amour » – si on ose appeler cela ainsi… – qui volent cette combinaison pour que la selkie les épousent. Mais elle la retrouve un jour, reprend alors son apparence première et s’enfuit dans la mer, abandonnant mari et enfants. J’attire votre attention sur le fait que le récit stigmatise souvent le comportement de mauvaise mère de la selkie et jamais celui du type qui la contraint au mariage par le chantage…
Merci d’écouter La Communauté des Invisibles ! Mon nom est Joffrey Lebourg, journaliste, podcasteur (je propose aussi une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux seize ouvrages en quatre sagas. Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour les amateurs de quête épique cherchant d’un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés).
Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
By Joffrey LEBOURGAu rayon des classiques qui ne gagnent pas à être connus, évoquons la cocatrix. Vous vous souvenez de son cousin, le basilic ? Elle est pire ! Elle se présente comme un serpent avec des ailes de chauve-souris, mais les pieds et la tête d’un coq. Elle a le même regard mortel, la même odeur toxique, mais pas de chant funeste ; à la place, sa morsure contient un venin fulgurant. Et elle peut voler, contrairement au basilic ! Elle ne craint qu’un adversaire : les belettes.
Plus appréciable, la salamandre est un amphibien légendaire qui incarne la puissance du Feu. Il dort dans les cheminées, se baigne dans la lave et sa peau est si chaude qu’elle enflamme tout ce qui l’approche. A l’inverse, son sang est si glacial qu’il éteint n’importe quel incendie, et elle possède le plus puissant de tous les venins. On la dit capable de vivre mille ans et douée de parole, pour transmettre la sagesse acquise avec sa longévité.
S’il y a bien un guide à écouter, c’est le nahual. Ces esprits mi-humains mi-animaux, parfois associés à des ancêtres réincarnés, sont au cœur du folklore d’Amérique centrale. Ils protègent les lieux sacrés, font respecter les interdits. Et chaque personne est placée sous la protection d’un nahual, en fonction de sa date de naissance, à la manière des totems d’autres cultures.
Connaissez-vous un alan ? Pas le prénom : je parle de l’être philippin décrit comme une grue à tête humaine, avec des orteils au bout des ailes et des mains à la place des pieds, pour mieux se suspendre la tête en bas. Il paraît qu’ils naissent quand l’un des leurs verse du sang menstruel sur un fœtus avorté. C’est bien, mais… dans ce cas, comment est apparu le premier ?!
Le Japon aime bien ses poissons-chats. Il y en a même une espèce magique, tapie au fond des lacs, capable de sentir les vibrations du sol et douée de facultés divinatoires : le namazu. D’ailleurs, l’archipel japonais est censé se trouver sur le dos d’un namazu géant qui, en se débattant contre le pieu qui l’épingle à la croûte terrestre, déclenche les nombreux séismes dont est affligé le pays du Soleil levant.
A choisir, je préfère le namazu à ce qui hante les terres brésiliennes : le minhocão. Un monstrueux maillon manquant entre le lombric et la sangsue, large d’un mètre et long de vingt-cinq, avec deux gros palpes tactiles sur la tête. À l’aise sous terre comme dans les fleuves, il laisse néanmoins un sillon très reconnaissable dans le sol quand il pourchasse de gros animaux, ou bien des humains.
En d’autres eaux, la selkie est une race légendaire présente surtout aux Shetland, avec des traces folkloriques en Norvège ou dans les Orcades, pour laquelle j’ai – je l’avoue – une grande affection et qui est, de fait, très présente dans mes différentes séries. Ayant l’aspect d’un grand phoque, elle peut retirer sa peau pour devenir une belle, curieuse et naïve jeune fille partant à la rencontre des humains. Hélas, elle perd ainsi ses pouvoirs et devient vulnérable.
Plusieurs légendes parlent d’hommes fous « d’amour » – si on ose appeler cela ainsi… – qui volent cette combinaison pour que la selkie les épousent. Mais elle la retrouve un jour, reprend alors son apparence première et s’enfuit dans la mer, abandonnant mari et enfants. J’attire votre attention sur le fait que le récit stigmatise souvent le comportement de mauvaise mère de la selkie et jamais celui du type qui la contraint au mariage par le chantage…
Merci d’écouter La Communauté des Invisibles ! Mon nom est Joffrey Lebourg, journaliste, podcasteur (je propose aussi une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux seize ouvrages en quatre sagas. Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour les amateurs de quête épique cherchant d’un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés).
Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish
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