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Or


Jean-Marc Daniel “pense que le message libéral tel qu'il est incarné, notamment par des gens comme Milton Friedman, considère qu'à un certain niveau de richesse d'une société, on doit pouvoir, au travers des mécanismes d'impôt négatif, garantir aux individus que la société ne les laissera pas tomber”. “En revanche”, dit-il, “il faut effectivement faire en sorte que la société soit la plus efficace possible, et donc les rentiers, ce ne sont pas forcément les gens les plus riches, mais des gens qui se débrouillent eux-mêmes pour avoir un revenu, un statut, un niveau social qui ne correspond pas à l'effort qu'ils accomplissent”. Or, “la seule façon qu'on a de vérifier que quelqu'un fournit un effort, c'est de le comparer à quelqu'un d'autre, c'est ça la concurrence” explique-t-il.
Léa Antonicelli estime qu’est là le problème puisqu’on est “tous assignés à une productivité permanente, une performance permanente”. Selon elle, “on ne fait plus juste du sport, on met ses courses sur Strava, il faut qu'on se compare les uns aux autres. Il faut montrer que telle amitié, elle est utile, donc on a l'impression que chaque action de notre vie et de notre vie intime est assignée à cette obligation de productivité”. Alors qu’on “pourrait aussi envisager une existence qui s'auto-suffit, dont la finalité soit le simple fait d'exister”.
Revenant sur les rentiers et les accusations d’inutilité, la philosophe considère que malgré tout “elles ne leur portent pas vraiment préjudice dans le sens où ils n'en souffrent pas énormément”. Par contre avance-t-elle, “la critique d'inutilité, elle devient dangereuse, quand elle attaque les plus pauvres, les gens qui bénéficient du RSA, quand elle impose aux chômeurs de démontrer qu'ils font de la recherche d'activité”. À ses yeux, “cette rhétorique qui est manipulée dans les discours politiques, elle a un impact très concret en termes de précarisation et de marginalisation des plus pauvres”.
Au sujet de l’inutilité, l’économiste Jean-Marc Daniel met en avant le fait que prochainement, “l’une des questions qui va se poser assez vite, c'est est-ce que le progrès technique ne rend, non pas des hommes inutiles, mais des fonctions inutiles et donc ne menace pas un certain nombre d'individus qui se considèrent à l'heure actuelle comme utiles, qui ont fait des efforts pour accéder à des niveaux de formation et de compétences”. Donc, il “pense que l'enjeu utile-inutile à l'heure actuelle dans la société, ça va être le rapport au progrès technique et la capacité de réponse de la société à l'angoisse des gens face à leur inutilité potentielle”.
By Jean-Marc Daniel “pense que le message libéral tel qu'il est incarné, notamment par des gens comme Milton Friedman, considère qu'à un certain niveau de richesse d'une société, on doit pouvoir, au travers des mécanismes d'impôt négatif, garantir aux individus que la société ne les laissera pas tomber”. “En revanche”, dit-il, “il faut effectivement faire en sorte que la société soit la plus efficace possible, et donc les rentiers, ce ne sont pas forcément les gens les plus riches, mais des gens qui se débrouillent eux-mêmes pour avoir un revenu, un statut, un niveau social qui ne correspond pas à l'effort qu'ils accomplissent”. Or, “la seule façon qu'on a de vérifier que quelqu'un fournit un effort, c'est de le comparer à quelqu'un d'autre, c'est ça la concurrence” explique-t-il.
Léa Antonicelli estime qu’est là le problème puisqu’on est “tous assignés à une productivité permanente, une performance permanente”. Selon elle, “on ne fait plus juste du sport, on met ses courses sur Strava, il faut qu'on se compare les uns aux autres. Il faut montrer que telle amitié, elle est utile, donc on a l'impression que chaque action de notre vie et de notre vie intime est assignée à cette obligation de productivité”. Alors qu’on “pourrait aussi envisager une existence qui s'auto-suffit, dont la finalité soit le simple fait d'exister”.
Revenant sur les rentiers et les accusations d’inutilité, la philosophe considère que malgré tout “elles ne leur portent pas vraiment préjudice dans le sens où ils n'en souffrent pas énormément”. Par contre avance-t-elle, “la critique d'inutilité, elle devient dangereuse, quand elle attaque les plus pauvres, les gens qui bénéficient du RSA, quand elle impose aux chômeurs de démontrer qu'ils font de la recherche d'activité”. À ses yeux, “cette rhétorique qui est manipulée dans les discours politiques, elle a un impact très concret en termes de précarisation et de marginalisation des plus pauvres”.
Au sujet de l’inutilité, l’économiste Jean-Marc Daniel met en avant le fait que prochainement, “l’une des questions qui va se poser assez vite, c'est est-ce que le progrès technique ne rend, non pas des hommes inutiles, mais des fonctions inutiles et donc ne menace pas un certain nombre d'individus qui se considèrent à l'heure actuelle comme utiles, qui ont fait des efforts pour accéder à des niveaux de formation et de compétences”. Donc, il “pense que l'enjeu utile-inutile à l'heure actuelle dans la société, ça va être le rapport au progrès technique et la capacité de réponse de la société à l'angoisse des gens face à leur inutilité potentielle”.