En Jordanie, le Premier ministre vient de démissionner ce lundi, après cinq jours de manifestations contre l'inflation et particulièrement l'augmentation des prix des carburants. Pour la même raison, les routiers du Brésil ont fait grève pendant dix jours. L'envolée des cours du pétrole commence à faire mal aux économies.
Si ce n'est pas un nouveau choc pétrolier, cela y ressemble. A moins de 80 dollars, le prix du baril n'est pourtant pas comparable à celui de 2008. Mais sa progression est fulgurante : +60% en un an. Et cela déstabilise des économies nationales et des industries entières.
Jordanie : cinquième hausse des prix
Symptômes les plus récents et les plus spectaculaires : la chute du Premier ministre jordanien Hani Mulki, avec parmi les raisons de la colère des manifestants, la hausse des prix du carburant, la cinquième en un an.
Même motif de mécontentement pour les routiers au Brésil, ils ont stoppé net l'économie du pays, ses exportations de soja, de café et de viande. Les pertes se monteraient à près de 20 milliards de dollars.
-0.2% de croissance en Inde
Mais ces deux pays ne sont pas seuls à souffrir de la hausse des prix du brut. En Inde, la société civile exige le plafonnement des prix de l'essence, au plus haut niveau depuis 4 ans, alors même que le gouvernement de New Delhi doit déjà payer des subventions record, elles atteindront peut-être 8 milliards de dollars d'ici mars 2019. La hausse des cours du pétrole pourrait, selon Moody's, amputer de 0,2% la croissance du géant asiatique.
L'Egypte, elle, hésite à tailler de nouveau dans les subventions comme demandé par le FMI mais elles lui coûtent de plus en plus cher, 6 milliards de dollars.
Les Etats-Unis affectés eux aussi
Même les Etats-Unis, producteurs de pétrole, souffrent de cette hausse des cours, parce qu'ils doivent toujours importer le pétrole lourd qu'ils n'ont pas. Et si les compagnies pétrolières américaines se frottent les mains, ce n'est pas le cas du consommateur américain dont le gallon d'essence augmente. Ni de l'industrie pétrochimique ni de l'industrie automobile américaine dont les gros SUV ne vont plus se vendre…
Vers une hausse des billets d’avion
Au niveau mondial, le secteur aérien tire déjà la sonnette d'alarme. Les profits des compagnies plafonnent, avertit IATA. Même si certaines couvrent leurs achats de kérosène à long terme, il faut bien qu'elles intègrent in fine les hausses. Diminution des capacités, changement de modèles d'avions et gonflement des tarifs passagers sont au programme.