Chronique matinale - investir.ch

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Chronique matinale - investir.ch episodes

  • La claque pour Mister Véto
    L’Audio du 4 novembre 2026

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    Mais le vrai sujet de ce matin, ce n’est même pas le résultat, que les parieurs donnaient gagnant à 99% avant minuit. C’est la réaction de celui qui vient de se prendre la claque et qui n’a encore rien tweeté. Il a annoncé la couleur avant même la fermeture des bureaux de vote : il sera « Mister Véto ». On a donc un président qui perd le Congrès, qui garde les commandes et qui va passer deux ans à nous prouver qu’il existe encore.

    Le rebond d’un soir

    Le S&P 500 termine en hausse de 0,4%, le Nasdaq de 0,8%, les semi-conducteurs reprennent 2,6% et Oracle remonte de 6% après s’être fait défenestrer de 9% la veille. Mais regardez sous le capot : seuls 190 titres du S&P étaient en hausse, le S&P équipondéré recule de 0,2% et seuls quatre secteurs sur onze finissent dans le vert. Lundi, sept secteurs montaient et la tech coulait tout le monde. Mardi, la tech remontait et sept secteurs baissaient. C’est le même marché, c’est juste qu’il change d’avis toutes les cinq minutes. Les génies de la finance appellent ça un « relief rally ». Pour faire simple : AMD avait perdu 23% en un mois, et à un moment donné, il n’y avait tout simplement plus personne pour vendre. Ce n’est pas de l’achat, c’est de l’épuisement.

    Et il y a un chiffre qui me préoccupe plus que tous les autres, parce qu’il tient sur un post-it. Le 16 septembre, le S&P était descendu juste au-dessus des 7’500 points avant de rebondir net. Depuis, les techniciens de Wall Street considèrent ce niveau comme le plancher de la tendance haussière. Ce matin, les futures sont à 7’497. On est au bord du gouffre, et vaut mieux pas faire un pas en avant. Sous ce niveau, selon les EXPERTS du graphique, la pression vendeuse, la volatilité et la corrélation augmentent « de manière spectaculaire ». La corrélation, c’est le mot savant pour dire que quand ça baisse vraiment, tout le monde vend tout, le bon, le mauvais, le moche, et même ce qui était un coup sûr il y a trois semaines.

    La vague

    Les démocrates sont projetés gagnants à la Chambre avec au moins 225 sièges, il leur en fallait 218. Au Sénat, ils reprennent la Caroline du Nord, gardent la Géorgie et font basculer des États où plus personne n’y croyait. Le Kansas n’avait plus élu de sénateur démocrate depuis 1932. C’est dire à quel point ils en ont marre. Mais la grande question du matin, c’est de savoir pourquoi la tech se fait ramasser alors qu’on savait depuis des semaines que ça allait se passer comme ça. Eh ben parce que le sujet n’est pas à Washington, il est dans les États. Au Texas, la démocrate Gina Hinojosa, en tête pour le poste de gouverneur, a fait campagne sur un moratoire immédiat sur les nouveaux data centers. Or le Texas, à lui seul, représente environ 27% de la capacité des data centers américains. En Géorgie, l’autre grand terrain de jeu des bâtisseurs de serveurs, la démocrate projetée gouverneure réclame elle aussi une pause. Traduction : on a passé l’année à expliquer que l’IA allait dépenser des milliers de milliards en béton, en câbles et en électricité, et cette nuit, les électeurs des deux États où on coule le plus de béton ont dit qu’ils préféraient payer moins cher leur facture d’électricité. Résultat, Tokyo se fait démolir de plus de 3% ce matin, et tout ce qui ressemble de près ou de loin à un data center se fait massacrer. Le marché savait à 99%, et il vend quand même au moment où ça arrive. On appelle ça « sell the news ».

    Le plus beau, c’est le sondage de sortie des urnes. Pendant toute la campagne, Tonton Donald a expliqué que c’était « l’âge d’or de l’Amérique » et « la meilleure économie de tous les temps ». Neuf électeurs sur dix disent que le coût de la vie a pesé lourd dans leur vote, trois sur quatre trouvent que l’économie va mal et six sur dix pensent que la guerre en Iran était une erreur. L’âge d’or, vu depuis la station-service, ça ressemble beaucoup à un plein à plus de 4 dollars le gallon. On peut répéter « tout va bien » aussi fort qu’on veut, l’électeur finit toujours par regarder le ticket de caisse.

    On attend le tweet

    Pour l’instant, Oncle Donald n’a pas réagi officiellement. Mais on a déjà la bande-annonce. Dans la nuit, un conseiller anonyme a livré la ligne officielle : Trump n’était pas sur le bulletin, les candidats étaient mauvais, Trump a fait une meilleure campagne pour eux qu’eux-mêmes, et les électeurs démocrates auront des remords quand l’essence baissera. Conclusion, en anglais dans le texte : « Buckle up ». Attachez vos ceintures. Donc on a perdu, c’est la faute des autres, et ça va secouer. Ce n’est pas une déclaration de défaite, c’est une déclaration de guerre.

    Et c’est là que la vieille règle de Wall Street ne marche plus très bien. Les marchés adorent les gouvernements divisés, parce que « rien ne se fait », et historiquement, le S&P monte en moyenne de près de 14% dans l’année qui suit les élections de mi-mandat. Sauf que. Les droits de douane, la guerre contre l’Iran, les pressions sur la Fed, tout ce qui a vraiment fait bouger le marché depuis deux ans s’est fait par décret, sans le Congrès. Le blocage législatif ne bloque donc à peu près rien de ce qui nous fait peur. Pire : un président qui ne veut surtout pas passer pour un canard boiteux a tendance à montrer ses muscles là où il n’a besoin de la permission de personne. S’il accepte le résultat et passe à autre chose, ce qui serait une première, on rachètera la tech à midi. S’il parle d’élections truquées, sort un nouveau tarif ou décide de raser l’Iran pour faire diversion, la falaise des 7’500 va servir de plongeoir. Côté taux, au moins, l’obligataire respire : un Congrès qui ne vote plus rien ne vote plus de baisses d’impôts à crédit, et le 10 ans redescend à 4,90%. Pour une fois, l’actionnaire pleure pendant que le porteur d’obligations sourit.

    AMD, piétiné par un dépouillement

    AMD avait tout pour sauver la tech : 13,4 milliards de chiffre d’affaires, +45%, une activité data centers qui a presque doublé à 8,55 milliards, des prévisions à 17 milliards contre 16,3 attendus et une croissance annoncée de 80% ou plus en 2027. Le titre a pris jusqu’à 7,6% après la clôture avant de rendre plus de la moitié quand les résultats du Texas sont tombés. Super Micro et Arista ont fait le même parcours : des chiffres spectaculaires, une belle envolée après la clôture, et la moitié rendue avec les premiers résultats des midterms. Shopify, lui, s’est pris 8,7% dans les dents pour avoir raté les attentes de 0,8% sur le volume de marchandises vendues. C’est comme arriver en gare avec 30 secondes de retard après une heure de train et se faire virer par les CFF.

    Le programme

    Ce matin, les futures sont au plus mal : -1,3% sur le S&P, -2,3% sur le Nasdaq-100 et -0,9% sur le Dow, avec un VIX qui repasse au-dessus de 20. Tokyo perd plus de 3%, avec SoftBank, Advantest et Kioxia entre -7 et -10%. Le Brent est à 102,88 dollars, le WTI à 95,23. Au programme : l’emploi privé ADP à 14h15, le plan d’émissions du Trésor à 14h30, les stocks de pétrole à 16h30, et Qualcomm et Arm après la clôture. Mais LE rendez-vous de la journée n’a pas d’horaire : c’est le premier message de Trump, qui va reconnaître la défaite ou la coller sur le dos de quelqu’un d’autre.

    Ça, c’était la version courte. Dans la chronique complète, il y a tout ce qui n’a pas tenu ici. Les 189,6 millions de dollars qu’Elon Musk a claqués pour faire élire un sénateur au Texas, et ce qui est arrivé au sénateur. Le montage de Lisa Su, où AMD donne des actions à ses clients, met de l’argent dans leur capital et garantit leurs loyers, avant que ces mêmes clients achètent des puces AMD. La nouvelle sortie de Trump contre les montres suisses, avec un chiffre qui se trompe de 45 milliards, et la statistique américaine qui montre que cette année, c’est plutôt l’Amérique qui est venue braquer la banque. Les 500 milliards de dette que le Trésor américain doit placer chaque semaine. Le trading 23 heures sur 24 qui débarque dans un mois. Et pourquoi, depuis vingt ans, chaque président américain finit par recevoir sa gifle de mi-mandat. Pour lire tout ça, c’est sur Morningbull.ch, et l’abonnement se prend en 2 minutes. Abonnez-vous : quand un président se prend une claque et que le marché vend ce qu’il savait déjà à 99%, mieux vaut avoir quelqu’un qui lit les petites lignes à votre place.

    Passez une excellente journée, gardez un œil sur les 7’500 points du S&P, et on se retrouve demain pour les premiers vétos et les premières accusations de fraude.

    Thomas Veillet

    Morningbull.ch

    « La politique est l’art d’empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde. »

    Paul Valéry

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    8 min
  • Trump vend la paix, la Fed vend la peur et Wall Street vend tout le reste.
    L’Audio du 3 novembre 2026

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    Le vrai sujet de ce matin, c’est la nuit électorale américaine. Mais la vraie leçon d’hier, c’est qu’on a sous les yeux un marché incapable de saluer une bonne nouvelle. Apple et Palantir en ont fait les frais hier soir.

    Le demi-tour de 16 heures

    Le S&P 500 grimpait de 1,1% en séance avant de finir en baisse de 0,5%. C’est la plus grosse hausse effacée en une journée depuis presque un an. Sept secteurs sur onze étaient en hausse, le Dow prend 0,4%, et c’est la tech toute seule, comme une grande, qui a tiré tout le monde vers le fond. Elle est entrée en correction, à plus de 11% sous son record du 6 octobre, il y a moins d’un mois. Oracle s’est fait défenestrer de près de 9% après avoir annoncé une levée de 20 milliards, AMD a pris 7,5% dans les dents, et Intel en remet une couche avec -8,8%. Le 22 juin, Intel valait 140 dollars. Ce matin, ça vaut à peu près 60. Le mécanisme est simple et vicieux : tout le monde est plein de tech jusqu’aux oreilles, donc chaque rebond devient une occasion de vendre. Il n’y a plus de cash sur le banc de touche pour ramasser les miettes. Quand on est valorisé pour la perfection, il faut livrer la perfection. Et depuis un mois, plus personne ne livre la perfection.

    Mais le meilleur, c’est le chiffre que personne ne regarde. DONC, vendredi soir, le S&P 500 a clôturé à 7’580,07 points. Le 29 mai, il avait clôturé à 7’580,06. Cinq mois de guerre, de pétrole à 115 dollars, de hausses de taux, de délires sur l’IA et de tweets en majuscules, et si vous aviez acheté le S&P fin mai, vous avez gagné UN CENTIME. Tout ça pour ça. Pendant ce temps, les bénéfices montent de 30% et le multiple du S&P est tombé à 18,5 fois, contre plus de 22 en début d’année. Le marché devient moins cher sans baisser, parce qu’il ne croit plus les prévisions. C’est la première chose raisonnablement humaine qu’il fait depuis longtemps. Côté taux, le baril qui s’écrase fait respirer le long terme, avec le 10 ans à 4,91%, mais le 2 ans MONTE à 4,60%, parce que la Fed de Warsh ne regarde pas le pétrole d’un jour. Tiens, d’ailleurs, la dette US est à 40’582 milliards. Personne ne regarde, tout le monde a les yeux rivés sur les urnes.

    La guerre qui n’existe pas

    Le matin, le président iranien annonce que le guide suprême lui a donné « certains pouvoirs » pour négocier. Lesquels, on ne sait pas. On ne sait pas non plus s’il peut grimper aux murs ou transformer l’eau en vin. L’après-midi, Trump explique que l’Iran « VOUDRAIT faire un deal » et que ça « POURRAIT arriver ». Et le soir, le Wall Street Journal révèle que les États-Unis ont bombardé l’île de Qeshm, la plus grande du Golfe persique, posée pile à l’entrée du détroit d’Ormuz, avec des tunnels pleins de missiles, de mines et de drones. Et on apprend au passage que ces « frappes limitées » durent depuis des semaines, en silence, volontairement, et qu’elles sont « défensives ». On bombarde une île, mais pour se défendre, et discrètement, pour ne pas déranger les voisins. Une guerre « gentille ». Le soir même, sur Fox News, Trump sort la phrase de la semaine : ce n’est pas vraiment une guerre, il n’y a pas eu de tirs depuis des mois. Le jour où son armée tire sur une île.

    Et le marché s’en tamponne complètement. Le Brent a perdu 7,6% à 104,77 dollars, le WTI 7,4% à 96,46, et ce matin les deux sont stables. Il faut comprendre la mécanique : en octobre, le Brent avait pris presque 14% parce que tout le monde anticipait une grosse offensive APRÈS les élections. Hier, le marché a retiré la prime de risque d’un coup, parce que Trump a fait « non » de la tête quand un journaliste lui a demandé s’il frapperait l’Iran après les midterms. Un « non » mimé, sans le son. Huit pour cent de baril effacés sur un mouvement de lèvres. Évidemment, rien de tout ça n’est un hasard : les Américains votent aujourd’hui, l’essence est le premier sujet de colère des électeurs, et les marchés de paris donnent près de 75% de chances au Sénat de basculer. Donc la veille du vote, comme par magie, la paix devient « possible », le baril s’écroule, et Trump publie en majuscules que c’est UN RECORD. Ce n’est pas un record, mais c’est un très bon slogan. Le marché du pétrole a déjà fait ce coup-là quatre ou cinq fois depuis février : il s’effondre sur une rumeur de paix et remonte sur une explosion. C’est le trading de la girouette.

    Apple et Palantir, punis pour bonne conduite

    Apple a publié le premier trimestre de l’ère John Ternus, et sur le papier c’est parfait : bénéfice de 2,10 dollars par action contre 1,99 attendu, iPhone à +17,5%, Mac à +24%, Chine à +21%. Réaction : -2 à -3% après la clôture, parce que la marge brute va tomber entre 45 et 46%, contre 50,1% il y a trois mois. La faute à la mémoire, dont les prix sont « sans précédent ». Et voilà toute l’ironie : Apple a pris 27% cette année justement parce que c’est LE refuge anti-IA, celui qui ne dépense presque rien en data centers. Et l’anti-IA se fait rattraper par l’IA, parce que toutes les puces mémoire de la planète partent dans les serveurs des autres. Apple ne fait pas d’IA, mais paie quand même l’IA de tout le monde.

    Palantir, c’est encore pire, parce qu’il n’y a rien à reprocher aux chiffres. Il y a un an, la société faisait 1,18 milliard de chiffre d’affaires par trimestre. Hier, elle en annonce 2,31. +96%. Les prévisions annuelles sont relevées à +91%. Et le titre perd plus de 3%. Parce qu’à 80 ou 90 fois les bénéfices, les analystes ne lisent plus les gros titres, ils cherchent la petite ligne en bas du communiqué qui fait douter. Et ils l’ont trouvée. À ce prix-là, on n’achète plus un trimestre, on achète cinq ans de certitude, et la moindre fissure devient une fissure dans la certitude.

    Le programme

    Ce matin, les futures sont légèrement positifs, +0,1% sur le S&P et +0,3% sur le Nasdaq. La Corée se fait laminer de plus de 3%, avec Samsung qui perd entre 4 et 5%, Tokyo est fermé pour la fête de la Culture, et le Brent traîne autour de 104,70 dollars. Aujourd’hui, Pfizer et Shopify avant l’ouverture, les JOLTS à 16h, et AMD, Super Micro et Arista après la clôture. Mais LE rendez-vous, c’est cette nuit : les premiers bureaux de vote ferment vers 1h heure suisse, et c’est au réveil qu’on saura si Wall Street achète la cohabitation ou si elle vend l’IA.

    Ça, c’était la version courte. Dans la chronique complète, il y a tout ce qui n’a pas tenu ici. Le deal Marvell-Lumentum à 115 milliards, où une prime de 24% s’est transformée en décote en une semaine, et ce que le marché vous dit quand un acheteur paie en actions au sommet du cycle. Les 10 millions de barils de diesel que Paris brade en fanfaronnant, et le petit calcul qui montre combien de JOURS ils vont vraiment tenir. Christine Lagarde qui quitte la BCE neuf mois avant la fin de son mandat, et l’opération « technicienne » qui se met en place sous nos yeux pour la présidentielle. Et la petite ligne en bas du communiqué de Palantir qui a fait douter Wall Street, ainsi que les métaphores de premier rendez-vous d’Alex Karp. Pour lire tout ça, c’est sur Morningbull.ch, et l’abonnement se prend en 2 minutes. Abonnez-vous : quand le marché punit les bonnes nouvelles et croit aux promesses de paix de la veille d’une élection, mieux vaut avoir quelqu’un qui lit les petites lignes à votre place.

    Passez une excellente journée, et on se retrouve demain pour le dépouillement, les gueules de bois électorales et les premiers tweets de Trump expliquant qu’il a gagné même s’il a perdu.

    Thomas Veillet

    Morningbull.ch

    « If a man smiles all the time, he’s probably selling something that doesn’t work. »

    George Carlin

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    0 min
  • La facture de la SUPER-INTELLIGENCE et Trump cherche la sortie de secours
    L’Audio du 2 novembre 2026

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    Vendredi, on craignait des frappes sur l’Iran dès le lendemain du scrutin. Ce matin, Trump préfère « donner plus de temps à la diplomatie ». Entre vendredi et lundi, la guerre a donc pris un week-end prolongé.

    Octobre, ce mois maudit

    Le Nasdaq a perdu 5,3% en octobre, le S&P 500 0,9%, et le Dow Jones a pris 1,7%. Pendant qu’on défenestrait la tech, l’argent a filé vers la santé et l’agroalimentaire, et le SMI a fini le mois au plus haut historique. Nestlé et Roche, c’est la doudoune sans manches de la Bourse : personne ne trouve ça sexy, mais quand il fait froid, tout le monde en veut une. Vendredi, Intel et Reddit se sont pris 29% chacun dans les dents, et les semi-conducteurs ont plongé de 7,2% en une séance.

    Le gros paradoxe de l’IA

    Le narratif du moment, c’est « l’IA coûte trop cher ». Sauf que la demande explose : le cloud d’Amazon prend 39%, Azure 48%, Google Cloud 103%, et la Corée publie des exportations d’ordinateurs en hausse de 496,6%. On n’a jamais eu autant besoin de pelles, et on vend les marchands de pelles. Le vrai problème, c’est le cash. DONC, sur douze mois, le free cash-flow d’Amazon est passé de plus 14,8 milliards à MOINS 42,4 milliards. Les hyperscalers, ce sont des types qui gagnent très bien leur vie mais qui ont acheté quatre chalets à Verbier en même temps, et qui appellent leur banquier le vendredi soir pour une rallonge.

    Le chiffre qui résume tout : la croissance attendue des bénéfices des Sept Magnifiques est passée de 33,6% à 22,6% en un mois, pendant que celle des 493 autres sociétés du S&P montait à 32,6%. Si ça tient, ce sera la première fois depuis fin 2022 que les géants de la tech font MOINS bien que le reste de la cote. Bonne nouvelle pour l’économie, la hausse s’élargit. Mauvaise nouvelle pour la tech : plus la Bourse punit les dépenses, plus les patrons seront tentés de lever le pied, et ce jour-là, ce sont les fabricants de puces qui prendront le mur. Le serpent qui se mord la queue, avec 220 milliards de capex dans les dents.

    La guerre en RTT

    D’après Axios, Trump aurait dit à Netanyahu qu’il préférait laisser une chance à la diplomatie. Notez le conditionnel : on ne SAIT ABSOLUMENT rien, et avec un type capable de dire tout et son contraire dans la même phrase, 48 heures et des midterms au milieu, c’est une éternité. Pendant ce temps, le Guide suprême iranien prépare ses généraux, un navire a été touché dans Ormuz et les Houthis ont visé la plus grosse raffinerie saoudienne. Tout le monde négocie le couteau entre les dents, et le marché n’a retenu que le mot « diplomatie ». Le Brent recule vers 110 dollars. Le diesel américain, lui, est 71% plus cher qu’il y a un an. Le routier qui fait le plein vote demain, et la popularité de Trump est à 31%. Il n’est pas totalement impossible qu’il y ait un rapport.

    Les midterms, mode d’emploi

    Les modèles donnent 95% de chances aux démocrates pour la Chambre et 78% pour le Sénat. Si les démocrates raflent tout, Trump perd la main sur le budget, la guerre avec l’Iran se complique et le dollar trinque. Si le Congrès est divisé, Wall Street applaudit, parce qu’un gouvernement qui ne peut rien faire ne peut pas faire de bêtises. Et si les républicains gardent tout, les taux longs remontent, parce que personne ne croit aux économies. Reste le scénario qui fout le doute : Trump acceptera le résultat « si les élections sont honnêtes », et c’est lui qui décidera de ce qui est honnête. Petite consolation historique : huit mois après des midterms, le S&P a TOUJOURS été positif. Les performances passées ne présagent de rien, mais elles remplissent bien les notes de recherche.

    Apple ce soir

    Première publication sous John Ternus. Ironie totale : on reprochait à Apple d’être en retard sur l’IA, elle n’a pas cramé 200 milliards en data centers, et vendredi elle est redevenue la plus grosse capitalisation du monde. Le cancre du fond de la classe est le seul à ne pas s’être fait coller. Les questions porteront sur le prix de la mémoire et sur l’iPhone Duo, un pliable vendu le prix d’un scooter dont certains écrans se plient dans un sens où ils ne devraient pas. Steve Jobs n’aurait jamais laissé passer ça.

    Le fond du panier

    Kioxia se fait démolir de 14% parce que ses prix de vente n’ont augmenté QUE de 25% en trois mois, contre 70% avant. La pénurie qui continue devient une mauvaise nouvelle dès qu’elle ralentit. À Pékin, on pousse les banques à prêter aux entreprises pour qu’elles rachètent leurs propres actions. Manipulation ? Je suis pas sûr… Et Binance s’est fait braquer 6,3 milliards, mais le Bitcoin remonte quand même vers 78’000 dollars. La crypto, c’est le seul marché où on braque la banque et où les clients reviennent le lundi.

    Ce matin

    Futures en hausse de 0,4%, Nikkei légèrement négatif, Hong Kong et Shanghai en hausse, Corée dans le vert. Brent vers 110$, WTI autour de 101$, or à 3’911$. Au programme : l’ISM manufacturier à 16h00, Apple et Palantir vers 22h00. Demain, les midterms et AMD. Vendredi à 14h30, l’emploi, avec 55’000 à 62’000 postes attendus.

    Vous voulez la version longue ?

    Ceci, c’était l’espresso. Le grand crème est sur Morningbull.ch : la chronique complète, avec les chiffres, les scénarios détaillés et tout ce qui ne tenait pas dans deux pages. Dans une semaine où personne ne sait rien, avoir quelqu’un qui le dit franchement tous les matins à 7h, ça n’a pas de prix. Enfin si, il y a un prix. Mais il est beaucoup moins cher qu’un iPhone pliable, et lui ne se casse pas. Abonnez-vous sur Morningbull.ch, et on se retrouve demain pour la nuit électorale.

    À demain !!!

    Thomas Veillet

    Morningbull.ch

    « I’m completely in favor of the separation of Church and State. These two institutions screw us up enough on their own, so both of them together is certain death. »

    ― George Carlin

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    6 min
  • L’intelligence artificielle coûte une fortune. La connerie reste gratuite.
    L’Audio du 29 octobre 2026

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    Warsh regarde par la fenêtre

    Le marché a donc choisi son camp : il aime les machines, il aime le cash, et il aime beaucoup moins les gens qui paient l’addition.

    La Fed n’a pas bougé ses taux, ce que tout le monde attendait. La surprise était ailleurs.

    D’abord dans le vote : 10 contre 2, et les 2 dissidents voulaient MONTER les taux. Parmi eux, Lisa Cook, la gouverneure que Papy Trump essaie de virer depuis l’été 2025, qui signe là son tout premier vote dissident. Le président qui hurle pour des taux plus bas essaie donc de mettre dehors une gouverneure qui vote pour les monter. Si c’est une vengeance, elle se mange froide et à 25 points de base.

    Ensuite dans le communiqué : l’inflation reviendra vers 2% « dans les temps ». Elle est au-dessus depuis 66 mois d’affilée, la 3ème plus longue série en 100 ans, et la Fed elle-même ne voit pas l’objectif atteint avant 2029. « Dans les temps », c’est le plombier qui passe « dans la semaine », sans préciser laquelle.

    Et enfin, le vrai scoop : 8 décisions de taux cette année, 7 en 2027, 6 en 2028. Les réunions sans vote serviront à « réfléchir aux grandes questions ». Le marché a adoré et le 2 ans a reculé de 7 points de base : moins de banquiers centraux qui parlent, moins de bruit. Sauf que moins de réunions ET aucune indication sur la suite, ça veut dire que chaque décision pèsera plus lourd et que le marché devra tout deviner seul.

    Pendant ce temps, le 30 ans finit vers 5,37% et les taux hypothécaires dépassent 7% pour la 6ème semaine d’affilée. La Fed peut se permettre d’être patiente parce que l’obligataire, lui, ne l’est pas. C’est le long terme qui fait le sale boulot. Et la Fed regarde par la fenêtre.

    Oracle promet, Microsoft encaisse, Google crame

    Oracle, LE sujet d’angoisse de l’automne, a tenu sa journée investisseurs à Las Vegas (on ne pouvait pas rêver meilleur décor pour parler de paris). Au menu : 225 milliards de chiffre d’affaires en 2030, du cash positif fin 2028, et la promesse que les 20 milliards qui restent à lever sont le « montant final ». Le dernier, promis. L’action a pris 11%. Mais le coût de l’assurance contre une faillite d’Oracle n’a reculé que « légèrement », à 2,87% par an. Les actionnaires ont lu le PowerPoint, les obligataires ont lu le bilan : 125 milliards de dettes pour 36 milliards de cash. 11%, c’est cher payé pour un horoscope.

    Microsoft, lui, a livré un trimestre parfait, et je le dis sans « mais » pendant au moins 3 lignes. Azure fait +48%, au-dessus de tous les chiffres chuchotés. Le chiffre d’affaires grimpe de 19% à 92,3 milliards et le bénéfice dépasse les attentes. Puis vient le « mais ». 39 milliards investis sur le trimestre, 2 fois plus qu’il y a 1 an, et 190 milliards prévus sur l’année. Et un plan de départs volontaires qui concerne près d’1 quart des effectifs. Les machines ont droit à 190 milliards, 1 employé sur 4 est invité à prendre la porte, et Wall Street applaudit. Pour le marché, 1 employé en moins, c’est 1 coût en moins, et 1 serveur en plus, c’est de la croissance. L’IA remplace les gens avant même d’avoir été rentabilisée.

    Et puis Google. Le bénéfice par action ressort à 2,12 dollars contre 3,01 attendus : 30% à côté de la plaque. La marge d’exploitation recule de 34% à 32%, parce que les serveurs achetés l’an dernier tombent maintenant dans les comptes en amortissements, comme les mensualités d’un leasing de voiture de sport. Et surtout, le free cash-flow plonge à MOINS 9,07 milliards au 3ème trimestre, après moins 5,86 au 2ème, une première dans son histoire en bourse. Le plus absurde, c’est que Google Cloud a fait +103% sur 1 an. C’est le cloud qui grandit le plus vite de la planète, le marchand d’armes de toute l’industrie de l’IA, et l’action perd 9%. En 2026, le marché ne paie plus la croissance, il paie le cash. Ce qui laisse une question gênante : si même Google n’arrive pas à financer l’IA sans brûler du cash, qu’est-ce que ça dit de tous les autres ?

    Le programme

    Les futures vont devoir digérer un Microsoft en hausse et un Alphabet à -9%. Le WTI traîne autour de 103 dollars. Aujourd’hui, PIB américain et inscriptions au chômage à 13h30, la BCE à 14h15 avec sa conférence de presse à 14h45. Côté résultats : Eli Lilly, Caterpillar, STMicro, Intel, Sandisk, Starbucks, et Amazon après la clôture, qui est LE rendez-vous de la journée. Après le match nul de cette nuit, il faudra bien quelqu’un pour départager Microsoft et Google.

    Ça, c’était la version courte. Dans la chronique complète, il y a tout ce qui n’a pas tenu ici. Les 2-3 phrases de Warsh qui ne tiennent pas debout, de l’emploi « très positif » avec 29’000 postes créés aux anticipations d’inflation « bien ancrées » alors qu’elles grimpent. Pourquoi la Fed qui se tait devient plus dangereuse que la Fed qui parle. La petite leçon de comptabilité qui explique comment le bénéfice de Google dépend de sociétés qui ne sont même pas en bourse. Le client unique d’Oracle qui va faire ses courses chez Google. Et Apple qui découvre l’écran tactile 20 ans après avoir juré que c’était stupide, avec la leçon que ça vous donne pour vos prochains achats d’actions.

    Pour lire tout ça, c’est sur Morningbull.ch, et l’abonnement se prend en 2 minutes. Abonnez-vous : quand les géants de l’IA commencent à choisir entre leurs serveurs et leurs salariés, mieux vaut savoir de quel côté se trouve votre portefeuille.

    Passez une excellente journée, et on se revoit demain pour savoir si Amazon fait plutôt du Microsoft ou plutôt du Google.

    Thomas Veillet

    Morningbull.ch

    « La seule fonction de la prévision économique est de rendre l’astrologie respectable. »

    John Kenneth Galbraith

    L’article L’intelligence artificielle coûte une fortune. La connerie reste gratuite. est apparu en premier sur investir.ch.

    6 min
  • Le Père Noël existe, il s’appelle Kevin Warsh
    L’Audio du 28 octobre 2026

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    Le marché, lui, vient d’enchaîner deux séances de hausse sur la tech parce qu’une société qui a perdu 80 milliards en six mois a publié ses documents d’introduction en bourse, et que ça a RASSURÉ tout le monde. On aborde donc le grand soir avec des rennes, une guerre qui couve et une perte record en guise de bonne nouvelle. Le traîneau est chargé.

    Rassurés par une perte

    Il y a dix jours, le marché nous jurait que l’intelligence artificielle ne pouvait plus se financer et que les prêteurs avaient quitté la soirée. Lundi, Anthropic a déposé son prospectus, et en quarante-huit heures l’interrupteur s’est remis sur « on » : le Nasdaq a pris 0,8% puis 1,2%, les semi-conducteurs 3,6%, et ceux qui s’étaient fait le plus démolir sont remontés le plus vite. Pourquoi ? Parce que le chiffre d’affaires du semestre a été multiplié par quatorze, à 16,3 milliards de dollars. Ça, c’est le chiffre qu’on a mis en titre. Le chiffre qu’on a mis un peu plus loin, c’est une perte nette de 80,7 milliards, dont 72 milliards d’écritures comptables sans sortie de cash. Mais quand même. Et surtout, Anthropic s’est engagé à dépenser, je cite, au moins 855 milliards de dollars en puissance de calcul sur dix ans. Plus de six fois ce qu’elle a en caisse. Le marché avait peur que l’IA manque d’argent, on lui présente une société qui va devoir lever 100 milliards en bourse pour honorer ses factures, et il s’est dit : formidable, ils vont dépenser, donc NOS actions vont monter. Cotation possible dès la semaine du 16 novembre sous le ticker « ANT ». « Ant », ça veut dire fourmi. La fourmi va lever 100 milliards. On se croirait dans un film hollywoodien tellement ça finit bien !!!

    Et pour que la fête continue, l’industrie a trouvé la formule magique. Des banques prêtent 63 milliards pour acheter des puces Broadcom qui seront louées à Anthropic, et Broadcom prête lui-même jusqu’à 42 milliards pour que ces locations se fassent. Nvidia met 3 milliards dans l’augmentation de capital de Meta, qui en échange… achète plus de matériel Nvidia. AMD investit dans Anthropic, qui achète du AMD. En clair, tout le monde se prête dans tous les sens, pour autant que celui qui emprunte consomme les produits de celui qui prête. Un circuit fermé qui s’auto-alimente. Rien ne peut lui arriver. Rien, tant qu’aucun rouage ne se grippe…

    L’obligataire, la Fed et le baril

    Le dix ans américain est repassé AU-DESSUS des 5% et tout le monde s’en fout. Ce soir, la Fed ne devrait RIEN faire, mais personne ne croit à la pause : le marché intègre déjà une hausse en décembre, avec une inflation à 3,7%. Si on ne monte pas ce soir, c’est parce que les élections sont mardi prochain. Officiellement, la Fed est indépendante. Officieusement, elle a quand même regardé le calendrier.

    Côté pétrole, le Brent est remonté vers 114 dollars ce matin, parce que le Wall Street Journal rapporte que les États-Unis ont prévenu les pays du Golfe de se préparer à une nouvelle campagne contre l’Iran APRÈS les midterms, pour une opération qui irait au-delà de « tondre la pelouse ». Tondre la pelouse, c’est quand on bombarde un peu. Là, on parle de retourner le jardin. Et jamais dans l’histoire militaire on n’a été aussi bien tenu au courant des attaques à venir. Pendant ce temps, l’automobiliste américain a dépensé 145 milliards DE PLUS à la pompe depuis le 1er mars, alors que la guerre elle-même a coûté 47 milliards au Pentagone. Il a donc payé trois fois le prix de la guerre rien qu’à la station-service. Joe American s’en souviendra. Et il va l’exprimer dans les urnes dès la semaine prochaine.

    Le programme

    Les futures américains sont stables, ce qui en dit long sur la confiance qu’on accorde au « plus beau jour de l’année ». En Asie, la Corée s’envole de plus de 6% sur des résultats de SK Hynix complètement délirants, le Nikkei prend 1,4%. Le Brent est vers 114 dollars, l’or autour de 4’060. Ce matin, UBS, Sandoz, Straumann, Amrize et BNP publient, les stocks pétroliers américains tombent à 15h30, la Fed à 19h00 et Kevin Warsh à 19h30, puis Microsoft et Alphabet après la clôture, LE rendez-vous de la soirée. Demain, Samsung, la BCE, le PIB américain et Amazon. Va falloir être solide sur ses appuis.

    Ça, c’était la version courte. Dans la chronique complète, il y a tout ce qui n’a pas tenu ici. SK Hynix qui garde aujourd’hui 80 wons de bénéfice sur 100 wons de mémoire vendue, et pourquoi ce n’est plus une marge mais un droit de péage. Ce qui se serait passé si Trump avait organisé le débarquement de 44 avec la même discrétion. Netanyahu qui annonce une « majorité claire et décisive » avec 51 sièges sur les 61 nécessaires. Les deux sociétés de l’eau du S&P 500, même métier, 27 points d’écart en une séance, à cause d’un seul mot. General Motors qui s’achète une trottinette électrique. Et la phrase d’anthologie de Trump sur les pétroliers, avec la question que personne ne pose : qui paie la fortune ?

    Pour lire tout ça, c’est sur Morningbull.ch, et l’abonnement se prend en deux minutes. Abonnez-vous : le soir où la Fed et les géants de l’IA passent à l’examen le même jour, mieux vaut savoir quoi regarder.

    Passez une excellente journée, et on se revoit demain pour le débriefing. Ou pas.

    Thomas Veillet

    Morningbull.ch

    « Have you ever noticed that anybody driving slower than you is an idiot, and anyone going faster than you is a maniac? »

    George Carlin

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  • On va tous mourir, mais ça va bien se passer
    L’Audio du 27 octobre 2026

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    Parlons chiffres

    Le Nasdaq prend 0,8%, le S&P 500 0,7% et Mister Dow Jones 0,3%. Rien d’historique, sauf qu’à l’intérieur les semi-conducteurs prennent 3%, leur meilleure séance depuis plus d’un mois, et que l’optique s’envole de 4%. CoreWeave, l’enfant-symbole de la peur de la dette IA, qui avait perdu plus de 30% en octobre, reprend des couleurs. Il y a dix jours, tout ce secteur était un château de cartes. Hier, un PDF et les 95 milliards d’actions que Meta veut vendre pour financer ses data centers ont suffi à tout racheter. En Europe, ambiance correcte, et le SMI remet 0,5% à la cagnotte. Le vrai carnage s’est passé à São Paulo : -14% en bourse après la réélection surprise de Lula, alors que le marché avait passé trois semaines à parier sur l’inverse.

    Ce qu’il y a dans le prospectus

    La vitrine fait saliver. Au premier semestre, Anthropic a réalisé 16,3 milliards de chiffre d’affaires, contre 1,2 milliard un an plus tôt. Multiplié par 13,6 en douze mois. La marge brute est passée de 12% à 85% : il y a un an, la société gardait 12 centimes par dollar facturé, aujourd’hui elle en garde 85. Et ses clients existants dépensent neuf fois plus que l’an dernier, quand la médiane du logiciel tourne à 8% de plus. C’est comme aller au restaurant pour un café et ressortir après avoir vidé la cave à grands bourgognes et flingué une douzaine de homards. Il y a bien une perte de 80,7 milliards, mais elle vient de la réévaluation comptable des convertibles : la société vaut beaucoup plus cher, donc elle doit plus à ses porteurs, donc elle perd de l’argent. Le seul endroit au monde où devenir riche vous appauvrit. Mon divorce fonctionnait sur le même principe, en plus petit.

    Ensuite, il y a le garage. DONC, Anthropic s’est engagée à dépenser, je cite, environ 630 milliards de dollars en data centers et en puces sur dix ans, et jusqu’à 170 milliards de plus. On approche des 800 milliards, dus « indépendamment de l’utilisation réelle ». C’est l’abonnement au fitness qu’on paie même sans y aller, sauf qu’il fait à peu près la taille du PIB suisse. Pour suivre, il faudra multiplier par huit les rentrées de cash actuelles. Rien que SpaceX touchera 3,1 milliards PAR MOIS, et Anthropic pèse déjà un tiers de son chiffre d’affaires. Le plus troublant, c’est que les fournisseurs sont aussi les financiers. Amazon, Google et les fabricants de puces sont actionnaires ou prêteurs d’un client qui leur achète de la capacité. Le même jour, Nvidia, AMD et Broadcom pourraient acheter des actions Meta pour que Meta puisse… acheter des puces Nvidia, AMD et Broadcom. C’est le garagiste qui vous prête l’argent de la voiture et vous fait signer vingt ans d’entretien. Fin des années 90, ça s’appelait du « vendor financing », et on a vu comment le film s’est terminé. Heureusement que cette fois, c’est différent. Ouf.

    Et puis les petites lignes. Les cofondateurs ont « promis » de donner 80% de leur fortune, mais page 118 on apprend que ce n’est ni contraignant ni irrévocable. Une intention, comme moi quand je me suis dit que j’allais me remettre à courir en mars… 2025. Ils garderont 50,1% des droits de vote, les employés pourront vendre dès le premier jour, et la valorisation espérée est déjà passée de 2000 à 1500 milliards. Une seule banque mène l’IPO d’Anthropic, les 95 milliards de Meta et le financement de 40 milliards de puces de SpaceX. Qui paiera si ça tourne mal ? Les épargnants, les fonds de pension, les assurés vie. En tous les cas, ça ne sera pas Goldman.

    Les statues de cire et la France en sursis

    Fed mercredi, BCE jeudi, Banque du Japon vendredi : RIEN, trois fois. Les élections de mi-mandat sont dans une semaine, et on ne monte pas les taux huit jours avant un scrutin quand on a été nommé par celui qui joue sa majorité. Le marché attend plutôt une hausse en décembre. De toute façon, le 10 ans américain fait le boulot tout seul : il a tapé 5,35% début octobre et revient à 4,99%. La seule vraie détente est française. Moody’s a maintenu la note à Aa3 alors que TOUT LE MONDE attendait une dégradation, et l’écart avec l’Allemagne s’est resserré de 14 points de base, sa plus forte baisse depuis 2020. Sauf que le déficit file vers 5,4% du PIB, que le gouvernement n’a pas de majorité et que Moody’s table sur un budget adopté « possiblement par décret ». On fait confiance au 49-3 pour réussir à se passer de démocratie. Ce n’est pas un soulagement, c’est un sursis.

    Les pelles, les pioches et les poireaux

    Pendant que les labos d’IA signent des reconnaissances de dettes, ceux qui leur vendent les pelles distribuent les bonbons. SK Hynix grimpe de 7% ce matin à Séoul sur l’idée d’un dividende spécial d’environ 12 milliards de dollars, pas encore confirmé, soit à peu près ce qu’Anthropic versera à SpaceX en quatre mois. Dans une ruée vers l’or, c’est rarement le chercheur qui finit avec les lingots, c’est le marchand de tamis. Et DoorDash serait en discussions avancées pour racheter Instacart autour de 17 milliards. En 2021, on parlait de 40 à 50 milliards. Le livreur de pizzas rachète le livreur de poireaux au prix des soldes.

    Le programme

    Les futures sont stables, la Corée prend près de 4%, le Nikkei 2%, le Brent est à 110 dollars. Novartis publie ce matin, Boeing avant l’ouverture, puis Coca-Cola, UPS et Corning. Mais LE rendez-vous, c’est demain soir avec Microsoft et Alphabet, puis Amazon jeudi. Ce sont eux qui diront si l’enthousiasme d’hier tenait à autre chose qu’un PDF.

    Envie de la version complète ?

    Ce que vous venez de lire, c’est l’express. La chronique complète est sur Morningbull.ch, deux fois plus longue et deux fois plus méchante. On y décortique tout le montage financier d’Anthropic, pourquoi Goldman a probablement vécu hier la meilleure journée de sa vie, pourquoi la France n’est pas tirée d’affaire, et l’histoire de la petite société minière canadienne de six personnes qui risque de récupérer, par erreur, les ordres de bourse de milliers d’investisseurs pressés. Je la garde pour les abonnés parce qu’elle est trop belle. Tous les matins avant l’ouverture, la séance racontée sans langue de bois et sans jargon, par quelqu’un qui en a vu d’autres depuis trente ans.

    Abonnez-vous sur Morningbull.ch : c’est moins cher que vos erreurs de trading, et nettement plus drôle.

    Passez une excellente journée, et on se revoit demain pour Microsoft, Alphabet et une Fed qui nous expliquera très sérieusement pourquoi elle ne fait rien.

    À demain !!!

    Thomas Veillet

    Morningbull.ch

    “The reason I talk to myself is because I’m the only one whose answers I accept.”

    ― George Carlin

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  • Huit jours de sursis
    L’Audio du 26 octobre 2026

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    Le vrai sujet, c’est que nous entrons dans la semaine la plus chargée de l’année avec le réservoir à moitié vide et le voyant moteur qui clignote en rouge. C’est le jour du contrôle technique. Et tout le monde y va en priant pour tomber sur le fonctionnaire qui ne s’est pas pris la tête avec sa femme hier soir.

    L’inventaire

    Le S&P 500 gagne encore 11,4% depuis janvier et reste à quelques pourcents de ses records. Sauf qu’il a perdu 1,6% sur le dernier mois et que la tech s’est fait démolir deux semaines de suite. Ce que le marché VEUT croire tient en un chiffre : 29,5% de croissance des bénéfices attendue au troisième trimestre. AU MOINS. Sauf que si on enlève la tech et l’énergie, l’entreprise médiane du S&P fait du 10%. Banal. Pendant ce temps, l’économie américaine tourne à plus de 3%, les marges des entreprises frôlent 16%, et le moral des ménages a perdu un tiers depuis l’arrivée de Trump. Parce que le gallon d’essence a pris 40% en un an. Et le président vient d’expliquer que le coût de la vie était un « canular » inventé par les démocrates. Expliquer à des gens qui font le plein tous les deux jours que leur ticket de caisse est une fake news, c’est audacieux. Dernier chiffre pour la route : si les marges et les valorisations étaient restées au niveau d’il y a dix ans, le S&P 500 vaudrait aujourd’hui 45% de moins. Ceci en partant du principe que la bourse est encore le reflet de l’économie. Ce dont je suis de moins en moins convaincu.

    Deux calendriers

    Le 3 novembre, toute la Chambre et un tiers du Sénat sont remis en jeu, et les sondages donnent les démocrates favoris. Trump a donc sorti l’arme lourde : un « dividende » de 5’000 dollars à chaque adulte américain si les républicains gardent le Congrès. À vue de nez, autour de 1’300 milliards, payés par un État qui en doit déjà plus de 40’000. C’est ce qu’on appelle payer sa tournée avec la carte de crédit de la société qui va nous virer dans deux ans.

    Et le marché vit maintenant avec deux calendriers sur la porte du frigo. Celui des statisticiens dit que depuis 1950, le S&P 500 a gagné en moyenne 15,5% entre le jour des midterms et le 30 juin suivant, et qu’il n’a JAMAIS fini en baisse sur la période. La meilleure stratégie, c’est d’éteindre la télé et d’acheter le jour du vote. Celui du Pentagone dit que l’armée a préparé des options de frappes contre l’Iran POUR APRÈS les élections, et que la période jusqu’à l’installation du nouveau Congrès, début janvier, pourrait être « particulièrement dangereuse ». Traduction pour les gens normaux : on ne bombarde pas avant de voter, parce que ça fait monter l’essence, mais après, on a les mains libres pendant deux mois. Vendredi, Trump parlait de faire « un autre petit Epic Fury ». Un « petit » Epic Fury. Comme nous on dirait un petit verre pour la route. Donc les statistiques vous disent d’acheter le 3 novembre, et le calendrier militaire vous dit que c’est précisément à partir du 4 que ça peut chauffer. Ajoutez les élections israéliennes de demain, où Netanyahu joue sa survie, et la géopolitique a pris un ticket de première classe pour chaque séance. Les statistiques de 1950 n’ont pas été établies avec un porte-avions qui attend la fin du dépouillement.

    Et pour ceux qui pensent que le scrutin lui-même est le seul risque, petit détour par le Brésil. Hier soir, Lula a remporté un quatrième mandat à 80 ans, avec 51,8% des voix. Un fonds sur les actions brésiliennes coté à Tokyo a plongé jusqu’à 16% ce matin. Mais le détail qui compte, c’est le perdant : Flávio Bolsonaro refuse de reconnaître sa défaite et réclame l’annulation du scrutin. Un candidat battu qui crie au vol. Ça ne vous rappelle personne ? Le vrai risque du 3 novembre, ce n’est pas le résultat. C’est la contestation du résultat.

    Les taux et le pétrole

    L’argent qui fuit l’intelligence artificielle continue d’aller se planquer dans la dette américaine : le 10 ans est retombé sous les 5%. Mercredi, la Fed de Kevin Warsh devrait ne rien faire. Mais le sujet, c’est déjà décembre, comme les supermarchés qui sortent les décorations qui clignotent : le marché parie de plus en plus sur une nouvelle hausse avant Noël, parce que l’inflation est à 3,7% et que le baril va FORCÉMENT finir dans le prix du diesel, puis du pain, puis de tout le reste. Et Warsh ne prévient plus avant de décider : plus d’indication, plus d’indice, même pas un état d’âme. Depuis son arrivée, la Fed n’a jamais été autant un mystère à déchiffrer.

    Le Brent, justement, qui a terminé vendredi à 116,72 dollars, retombe vers 110 ce matin : les bombardements promis pour le week-end ont été repoussés à une date ultérieure. Mais le vrai feu prend en Arabie saoudite, où les Houthis tirent sur le royaume comme on lance des pétards un soir de 1er août. Et pendant ce temps, Washington a débloqué vendredi 400’000 barils de sa réserve stratégique pour dépanner une raffinerie en Louisiane. La planète en consomme environ cent millions par jour. Ça fait donc à peu près six minutes de consommation mondiale. Le temps de faire chauffer une pizza surgelée. Le prix à la pompe, lui, ne redescendra pas avant les élections.

    Le vrai test

    179 sociétés du S&P publient cette semaine, dont Microsoft, Alphabet et Amazon, près de 11’000 milliards de dollars à elles trois. Et la barre touche le plafond : 83% des sociétés ont déjà battu les attentes, et ça ne rapporte plus rien. L’élève qui ramène un 5,5 se fait engueuler parce que tout le monde attendait 6 et ESPÉRAIT 6,5. Mais la question n’est plus de savoir combien ils vendent. C’est COMMENT ils financent. Depuis Meta, l’IA est passée des ventes à la dette. Elon Musk a d’ailleurs sorti la phrase du week-end : SpaceX aurait bouclé 40 milliards de dette pour acheter des puces Nvidia, le marché du crédit serait « presque entièrement fermé » pour tous ceux qui n’ont pas d’autres revenus que les data centers, et les quelque 200 « néoclouds », ces loueurs de serveurs pour l’IA, vont connaître selon lui « une mort de guppy ». Le guppy, c’est le petit poisson qu’on retrouve le ventre en l’air un lundi matin. Détail savoureux : selon des gens proches du dossier, le deal de SpaceX n’était PAS encore bouclé hier. Mais l’important, c’est d’annoncer qu’on est le seul poisson qui a encore de l’oxygène. Quant aux hedge funds, ils sont désormais short sur les actions américaines à des niveaux plus vus depuis presque cinq ans. Petite précision : c’est exactement le carburant d’une remontée violente le jour où Microsoft publierait le 6,5 qu’on n’osait plus rêver.

    Le programme

    Les futures américains sont en légère hausse, la Corée perd 1,6% sur les doutes autour de l’IA, et le Brent est vers 110 dollars. Aujourd’hui, Ifo allemand à 10h et Verizon côté résultats. Demain, Novartis, Visa, Coca-Cola, Boeing et les élections israéliennes. Mercredi, UBS, la Fed à 19h, Microsoft et Alphabet, LE rendez-vous de la semaine. Jeudi, le PIB, la BCE et Amazon. Vendredi, la Banque du Japon. Dormez avec le téléphone allumé.

    Ça, c’était la version courte. Dans la chronique complète, il y a tout ce qui n’a pas tenu ici. Les politiciens français qui se félicitent d’une NON-décision de Moody’s comme d’une preuve de confiance, pendant que l’Italie est jugée meilleure débitrice que Paris, et mon choix électoral entre les candidats à l’Élysée et une huître pas fraîche. L’assurance contre la faillite de CoreWeave qui coûte plus de 10% par an, et ce que ça dit de la suite pour l’IA à crédit. UBS et les 12’000 emplois suisses dans la balance. Les quatre choses à surveiller ces huit prochains jours, la leçon de 2018 qu’il ne faut surtout pas oublier, et Trump qui invente la diplomatie de Schrödinger. Pour lire tout ça, c’est sur Morningbull.ch, et l’abonnement se prend en deux minutes. Abonnez-vous : à huit jours d’un vote qui peut tout faire basculer, mieux vaut savoir quel calendrier regarder.

    Passez une excellente journée, et on se revoit demain pour la suite du feuilleton. Ou pas.

    Thomas Veillet

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    « Volatility is not chaos — it’s the voice of the market breaking its mask. »

    Rafael J. Davila

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    8 min
  • Le Bear Market est parmi nous, on ne veut juste pas se l’avouer
    L’Audio du 23 octobre 2026

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    Deux marchés pour le prix d’un

    On n’a pas vu un krach, on a vu une rotation de secteur dans sa forme la plus pure. Les gens ont pris leur pognon dans la poche gauche, où c’est écrit « IA », pour le mettre dans la poche droite, où c’est écrit « dentifrice, lessive et céréales », c’est-à-dire des trucs dont on a vraiment besoin, bien plus qu’un data center à plusieurs milliards. Le S&P équipondéré et le SOX partent dans des directions opposées depuis HUIT semaines d’affilée, du jamais vu depuis le milieu des années 90.

    On a un indice qui ne représente plus le marché, mais dix sociétés et une grosse croyance collective. Quand la croyance tousse, l’indice se prend une pneumonie. Le problème, c’est qu’une rotation aussi violente finit en général par s’arrêter d’un coup, le jour où il n’y a plus de poche où ranger l’argent. Ce jour-là, on appelle ça un bain de sang. On n’y est pas. Mais il n’est ABSOLUMENT pas certain que les vendeurs de soupe fassent diversion assez longtemps pour nous sauver les fesses.

    Meta, ou l’art de dépenser plus qu’on ne gagne

    Sur le papier, le trimestre de META était bon : 64,6 milliards de chiffre d’affaires, en hausse de 26%. Sauf qu’il y a une ligne plus bas sur laquelle tout le monde a fait une fixette. DONC, au troisième trimestre, Meta a dégagé un free cash flow de, je cite, MOINS 2,1 milliards de dollars. Une première depuis l’IPO de 2012, à l’époque où ça s’appelait encore Facebook. La raison, c’est 35 milliards d’investissements en un seul trimestre. Une Porsche 911 Turbo S avec toutes les options chaque minute. Je vous laisse imaginer la taille du garage pour stocker 60 Porsche par heure.

    Ajoutez à ça un budget annuel relevé à 135-145 milliards, des « centaines de milliards » à lever, des actions SANS droit de vote, une charge de 9,9 milliards pour solder les procès sur la santé mentale des ados et des CDS à un record historique. Résultat, moins 7% et un « courage, fuyons » général.

    L’effet domino

    Ensuite, Elon Musk a RÉDUIT son budget d’investissement de 25 à 20 milliards, et Lam Research a publié des prévisions décevantes (moins 11,8%). AMD et Intel ont perdu 8%, Micron 6,3%, Nvidia 4,4%, et TOUS les titres de l’indice des semi-conducteurs ont fini dans le rouge. Le SOX est à plus de 26% sous ses sommets de juin, ce qui s’appelle officiellement un BEAR MARKET. Et comme le SOX est réputé être un indicateur avancé, le reste des indices pourrait bien finir par suivre. Le plus drôle, c’est que Sandisk affiche toujours environ plus 430% depuis janvier et Micron plus 200%. Avec autant de gains sur la table, la tentation de passer à la caisse devient irrésistible.

    Jensen Huang jure qu’il n’y aura pas de surproduction de mémoire avant 2029. Le type qui vend les pelles vous garantit qu’il n’y aura pas trop de pelles. En Corée, le Kospi a perdu 21% en octobre, et SK Hynix renonce à l’IPO de sa filiale Solidigm. Il y a quinze jours, on construisait des usines de mémoire. Ce matin, on annule le financement.

    Un trillion, sinon rien

    OpenAI lève 30 milliards, surtout dans le Golfe, sur une valorisation de 1’250 milliards. En début de semaine, ils en demandaient plus de 1’400. C’est la première correction de 10% d’une société non cotée, sans écran et sans vendeur. Lever 30 milliards dans le Golfe au moment où le Golfe se prend des drones sur la tête, c’est quand même un timing assez osé.

    L’obligataire, la France et le plan B

    Le 10 ans américain a perdu près de 20 points de base, à 4,95%, son plus gros plongeon depuis la faillite de SVB. La semaine dernière, on nous jurait que 5% était le nouveau plancher. Il a suffi que Meta crache un morceau de poumon pour que tout le monde revienne en courant. Le 2 ans perd 18 points de base : le marché se dit que si l’IA se dégonfle, Kevin Warsh n’aura peut-être pas besoin de serrer les boulons aussi fort. Les constructeurs de maisons ont pris 5 à 7% parce que le taux hypothécaire est passé de 7,44% à 7,32%. Pas sûr que ça me décide à acheter sur les collines de Malibu. En France, l’OAT à 10 ans finit à 5,07%, plus haut depuis 2002 et AU-DESSUS du 10 ans américain. Paris emprunte désormais plus cher que l’Italie, ce qui mérite une place dans les livres d’histoire. Et pendant ce temps, Macron continue d’être le Président le plus déconnecté de la réalité depuis l’invention même de la réalité.

    Côté pétrole, les Houthis frappent l’Arabie saoudite à un rythme inédit, le siège d’Aramco a été évacué et Washington rapatrie son personnel non essentiel. L’Arabie, c’était le plan B si Ormuz tournait mal. Aujourd’hui, c’est le plan B qu’on évacue. Ma contradiction préférée : Tonton Donald promet que le pétrole baissera « immédiatement » après les midterms, pendant que le New York Times révèle des plans de frappes sur l’Iran… juste après les midterms. Pour faire baisser la pompe, la Maison Blanche a ressorti une loi de la Guerre froide. Réaction du baril : moins 0,07%. Ça fait cher le dépoussiérage électoral.

    Les résultats, vite fait

    Moderna s’est effondré de 17,6% après une fuite des résultats de son vaccin contre le mélanome : 42% de réduction du risque de récidive ou de décès. Un vaccin contre le cancer qui MARCHE, exactement comme prévu, et c’est bien le problème quand l’action a déjà été multipliée par six. Lockheed Martin prend 7% avec 62 milliards de commandes en trois mois, dont 850 F-35 (en espérant que les Ricains auront une meilleure version que celle qu’on nous a refilée en Suisse). La guerre, c’est mauvais pour l’humanité et excellent pour la comptabilité. Bloom Energy publie des ventes en hausse de 138% et perd 5,5% parce que son free cash flow vire au rouge. C’est LA leçon de la semaine : le marché ne lit plus la première page des résultats, il saute directement au tableau des flux de trésorerie.

    Pour conclure

    Le marché a découvert que l’IA coûte de l’argent. Beaucoup d’argent. Et qu’il faut bien que quelqu’un paie : l’actionnaire sans droit de vote, l’obligataire ou le fonds souverain du Golfe entre deux alertes aux drones. La semaine prochaine, on aura Microsoft, Amazon, Alphabet et la Fed, puis les élections américaines, qui marqueront soit la baisse du pétrole, soit la reprise des bombardements. Ce matin, les futures sont stables, le Nikkei recule de 2%, le Kospi aussi, et Taïwan est fermé pour typhon, ce qui est probablement la meilleure chose qui pouvait arriver à TSMC. Au programme, les PMI américains à 15h45 et le Michigan à 16h00.

    Dernière chose : l’Arabie saoudite a reporté à 2027 son « Davos du désert ». Les patrons de Wall Street vont donc passer la fin octobre au bureau, à s’occuper de votre portefeuille. Je ne sais pas vous, mais moi, ça ne me rassure pas du tout.

    Vous venez de lire la version EXPRESS. La version complète, c’est le double de chiffres, de contexte et de mauvaise foi assumée : la mécanique exacte des taux, pourquoi le transport du pétrole est en train de devenir plus important que le pétrole lui-même, pourquoi l’or s’est fait vendre le jour où tout le monde cherchait un refuge, et tout ce que je n’ai pas eu la place de vous raconter ici. Tous les matins avant l’ouverture, c’est sur Morningbull.ch.

    Vous pouvez continuer à lire les marchés comme une dépêche d’agence, ou les comprendre autour d’un café à 5h du matin avec quelqu’un qui les regarde depuis trente ans. Abonnez-vous sur Morningbull.ch, et on se retrouve lundi.

    Et si je vous manque vraiment, demain y aura Swiss Bliss sur la chaîne YouTube Swissquote en français !

    Thomas Veillet

    Morningbull.ch

    “The secret of his success is that he never went to business school. Imagine all the lessons he never had to unlearn.”

    Peter Lynch

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    8 min
  • La danse des trimestriels
    L’Audio du 22 octobre 2026

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    Télécharger le podcast

    Il n’en fallait pas plus pour que toute l’IA reparte à la hausse et que le Nasdaq prenne 1,1% comme si la semaine dernière n’avait jamais existé. Le soir, Meta et Tesla ont publié. Les deux ont battu les attentes, et un seul des deux a été récompensé. Pendant ce temps, Washington demandait à ses diplomates de quitter l’Arabie saoudite et le Brent repassait au-dessus de 110 dollars. Si je résume, le marché a racheté l’IA sur la foi d’une fusée reconvertie en loueur de serveurs, et il a ignoré une ambassade qui fait ses valises.

    Le retour du grand frisson

    Il y a dix jours, l’IA était en train de mourir. CoreWeave se faisait démolir, les semi-conducteurs alignaient huit séances de baisse, et les EXPERTS nous expliquaient que la rentabilité restait « à démontrer ». Hier, la démonstration est arrivée. SpaceX a pris 7,8%, soit environ 150 milliards de capitalisation en une séance. Pour ce prix, on rachète tout UBS et il reste de quoi partir en week-end à Zermatt. Super Micro a relevé sa prévision de chiffre d’affaires de 4 milliards d’un coup, ce qui ressemble moins à un ajustement qu’à un ratage monumental de la compta, et le titre prend 9,6%. Nvidia gagne 2,5% avec des data centers « déployables en quelques jours », comme une tente Quechua. Sauf que sans la tech, le S&P aurait fini inchangé.

    Et sur le Nasdaq, il y a eu 53 nouveaux plus hauts sur un an contre 216 nouveaux plus bas. Ça fait quatre fois plus de titres au fond du trou qu’au sommet, avec des indices qui frôlent les records. C’est une toute petite partie de la cote qui tient le marché. Tout va bien tant qu’elle tient le coup, et le jour où elle craque, ce sera un GROS PROBLÈME. Pour info, sur Polymarket, on peut désormais parier sur l’éclatement de la bulle avant le Nouvel An, avec la même appli que pour un match de foot. Les parieurs y voient 10% de chances.

    Pendant ce temps, chez Zuckerberg

    Meta a publié 64,6 milliards de chiffre d’affaires, en hausse de 26%, son 17ème trimestre consécutif au-dessus des attentes. La pub marche du feu de Dieu. Mais il faut prendre le temps de lire la suite, parce que pour la première fois depuis 2012, le free cash flow de Meta est NÉGATIF, et les analystes ne le voient pas redevenir positif avant 2029. En 2012, j’expliquais avec beaucoup d’assurance qu’une boîte qui vend des « likes » ne vaudrait jamais rien. Le titre vaut 700 dollars aujourd’hui. Personne n’est parfait. Les investissements de l’année sont attendus jusqu’à 145 milliards, soit à peu près 4’600 dollars par seconde, jour et nuit, week-end compris.

    Tout ça pour Muse, l’agent IA qui touche moins d’un utilisateur de Meta sur mille. Le même jour, un juge du Nouveau-Mexique a infligé à Meta 25 milliards d’amende pour avoir menti sur l’utilisation des données de ses utilisateurs, pendant que Meta leur demande de confier à Muse leurs emails et leurs relevés bancaires. Condamnée pour abus de confiance le matin, la main tendue vers votre compte en banque le soir. Pour finir en beauté, Meta crée des actions SANS droit de vote. Vous financez l’aventure, et en échange vous avez le droit de fermer votre gueule à l’assemblée générale. Le titre prend 2 à 4% après la clôture. Évidemment.

    Claquettes dans un champ de mines

    Chez Tesla, les résultats battent les attentes, la marge auto remonte et le cash redevient positif. Le titre avait pris 3,4% en séance sur l’espoir d’une fusion avec SpaceX. Puis l’appel avec les analystes a commencé par cette phrase : « nous ne répondrons à aucune question sur une éventuelle fusion avec SpaceX ». Le seul sujet qui intéresse les gens était interdit, et c’était un seau d’eau glacée sur la foule en délire. Musk a ensuite demandé de « tempérer les attentes » sur le robot Optimus, il a repoussé les revenus des robotaxis à 2027 et il a annoncé une usine de puces à « bien plus de 100 milliards », sans savoir qui paiera. Le titre perd 4% après la clôture. Ce qui me fascinera toujours, c’est que le gars repousse tout depuis des années et que personne ne lui en tient rigueur. On ne contredit pas un « visionnaire ».

    Les résultats d’hier soir, vite fait

    Lam Research a publié un trimestre record avec des prévisions au-dessus du consensus, et le titre perd 6 à 7%. Il avait pris 80% en un an, donc battre les attentes, c’est devenu le minimum syndical. Netflix perd 5,3% et AT&T 6,5%, parce que SpaceX, avec ses nouvelles fréquences, va paraît-il manger le gâteau des opérateurs télécoms. Depuis 24 heures, SpaceX est la solution à tout. Bientôt, elle fera revenir l’être aimé, réglera l’Iran et l’Ukraine avant Trump, et Musk recevra le Nobel de la Paix en 2027.

    L’obligataire

    Le 10 ans américain est à 5,10% et le 30 ans à 5,38%, et personne ne réagit, comme si 5% était devenu normal. Le Trésor a dû payer plus que prévu pour placer ses obligations à 20 ans. Ce n’est pas un signal d’alarme, mais méfiance quand même. Le meilleur est en Europe, où le 10 ans français dépasse 5% pour la première fois depuis 2002. La France emprunte donc au même taux que les États-Unis, sans l’armée américaine, sans le dollar et sans la Silicon Valley. La fin de règne commence à sentir le pâté en croûte pas frais.

    Le pétrole ne lit pas les statistiques

    Les exportations du Golfe sont revenues à 10% de leur niveau d’avant-guerre, et pourtant le Brent a pris près de 10% ce mois-ci. La raison est probablement politique. Trump a promis de ne pas attaquer l’Iran avant les élections du 3 novembre, juste le temps de se faire défoncer dans les urnes, et le New York Times révèle que les frappes doivent s’intensifier APRÈS. Le marché ne paie donc pas le pétrole d’aujourd’hui, il paie celui du 4 novembre. Mention spéciale à cette banque qui annonce, avec un brushing impeccable, un Brent à 74 dollars en cas de paix et à 130 en cas de guerre. C’est aussi utile que de prévoir entre moins 10 et plus 40 degrés à Genève l’an prochain.

    Le programme

    Ce matin, les futures reculent de 0,4% sur le S&P et de 0,7% sur le Nasdaq, à cause de Tesla et Lam. Le Nikkei a ouvert dans le rouge avant de se reprendre. Le Brent est au-dessus de 110 dollars. Nestlé et Roche ouvrent le bal ce matin et donneront le ton au SMI. Ensuite viennent Procter & Gamble, Lockheed Martin et Honeywell avant l’ouverture américaine, puis Western Digital après la clôture, qui sera LE test du jour pour le délire autour des puces mémoire.

    Et ce soir à 18h00, webinaire gratuit chez Swissquote avec Marco Rastaldi et votre serviteur, sur les matières premières et la hausse des prix agricoles, avec du temps pour vos questions.

    Inscription GRATUITE ici : INSCRIPTION WEBINAIRE

    Ceci, c’était la version EXPRESS. Celle qu’on lit entre deux gorgées de café, pendant que l’ascenseur arrive. La version intégrale, avec tout ce que j’ai dû couper (les vrais chiffres de Meta, les détails de la fusion Musk-Musk, le pourquoi du pétrole et toutes les digressions qui ne servent à rien mais qui font du bien), elle vous attend tous les matins sur Morningbull.ch.

    Pas d’algorithme qui choisit pour vous, pas de pub pour des crèmes antirides, juste 30 ans de marché racontés sans filtre avant l’ouverture. Abonnez-vous sur Morningbull.ch. Moins cher qu’un abonnement Netflix, et en plus, chez nous, la saison ne déçoit jamais.

    À demain !!!

    Thomas Veillet

    Morningbull.ch

    « Les hommes d’affaires sont comme les requins, pas seulement parce que nous sommes gris et légèrement huileux, mais parce que nous devons avancer ou mourir. »

    Stanley Bing

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    7 min
  • Des Post-it et des fusées
    L’Audio du 21 octobre 2026

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    Hier, Wall Street a passé la journée à fuir la thématique de l’IA pour aller se planquer dans les Post-it, les cartes Magic et les médicaments contre l’obésité. Et puis Elon Musk a annoncé qu’il allait claquer 40 milliards en trois mois, que tous les géants du cloud le « harcelaient sans relâche » pour louer ses puces, et que SpaceX pourrait tourner à 1’000 milliards de rythme annuel fin 2027. Le monde a changé. Encore une fois. L’action a explosé de 8% après la clôture, la Corée grimpe de plus de 3% ce matin, et tout le monde a oublié en dix minutes ce qu’il avait vendu pendant dix heures. Le vrai sujet du jour, ce sont les résultats de Meta et Tesla ce soir.

    La grande évasion

    Pendant la séance, le Dow a pris 1%, le S&P 500 0,3%, et le Russell 2000, l’indice des petites capitalisations que tout le monde avait oublié dans un coin du garage, s’est envolé de 1,7%. C’est sa meilleure séance depuis le 4 août. La santé termine à un record historique, parce que quand on ne sait plus quoi faire, il reste toujours les gens qui veulent maigrir sans arrêter le fromage et le dessert. Neuf secteurs sur onze dans le vert, deux fois et demie plus de titres en hausse qu’en baisse : un vrai marché sain, avec tout le monde à bord et pas seulement les trois mêmes milliardaires de la tech. Et le plus drôle, c’est qui a mené la danse.

    3M, le fabricant de Post-it, prend 6%, notamment parce qu’Amazon a obtenu le droit d’acheter 3,16 millions de ses actions dans le cadre d’un partenariat… dans les data centers. Même le petit carré jaune collé sur le miroir de la salle de bain possède maintenant une « exposition à la SUPER-INTELLIGENCE ». Hasbro bondit de 11% parce que Magic: The Gathering vient de dépasser pour la première fois 600 millions de dollars de chiffre d’affaires en un trimestre. Le marché a fui les data centers à 40 milliards pour se réfugier dans les cartes à jouer.

    Côté résultats, on frôle la stratégie du pile ou face. Equifax publie un chiffre d’affaires simplement en ligne, ABAISSE ses prévisions… et bondit de 11%. GE Aerospace bat le consensus de 12%, RELÈVE ses prévisions… et perd 3,7%. C’est la quatrième fois d’affilée que GE publie au-dessus des attentes et se fait défoncer derrière. General Motors bat aussi, annonce un rachat d’actions de 20 milliards, et se prend 6,8% dans les dents parce que ses prévisions sont 17 cents sous le consensus. Fondamentalement, les chiffres sont bons. Psychologiquement, c’est une autre histoire.

    Pendant ce temps, chez Elon

    Je pourrais m’arrêter à « il y a eu SpaceX », parce qu’au niveau de fanatisme où nous en sommes, ça suffit amplement à expliquer les 8%. Musk est un DIEU, et il faut le dire haut et fort. Mais avant de le canoniser, il faut reconnaître que les chiffres sont spectaculaires : 14,6 milliards de chiffre d’affaires, +161% sur un an, contre 12,9 attendus. La division IA, rebaptisée « Super Intelligence » parce que « location d’ordinateurs », ça faisait moins rêver, pèse désormais plus de la moitié des ventes. Les fusées ? 12%. Premier bénéfice depuis la cotation, 4,4 milliards. Et pour le premier trimestre 2027, la société vise entre 33 et 37 milliards de ventes, quand le consensus en attendait 22.

    Mais le meilleur, c’est la facture. DONC, pour le quatrième trimestre SEULEMENT, SpaceX va dépenser entre 35 et 40 milliards de dollars en infrastructures. En TROIS MOIS. Wall Street en attendait 19. Ça fait à peu près 5’000 dollars par seconde : le temps que vous finissiez votre café, ils auront dépensé 900’000 dollars. Et Elon voit le rythme annuel de chiffre d’affaires atteindre « entre 500 et 1’000 milliards » fin 2027, avant de préciser, en rigolant, qu’il ne voulait pas « donner une crise cardiaque » à son directeur financier. Traduction pour les gens normaux : il faut multiplier les ventes mensuelles par huit en quatorze mois. Le titre se paie déjà 106 fois les bénéfices attendus. Cerise sur le gâteau, SpaceX et Tesla ont formé des comités spéciaux pour étudier une fusion.

    Deux vérités pour le prix d’une

    Le problème, c’est que le même jour, le marché a cru deux histoires qui s’opposent. SpaceX explique que le prix de la puissance de calcul monte et qu’une installation est remboursée en moins d’un an. Une grande banque estime que CoreWeave, qui loue exactement les mêmes puces Nvidia aux mêmes clients, encaissera l’an prochain environ 70% de moins par mégawatt. Ou alors les deux ont raison, et c’est pire : le même business est excellent pour celui qui a 90 milliards de cash au bilan, et mortel pour celui qui doit emprunter pour acheter chaque puce. Pour assurer 10 millions de dollars d’obligations CoreWeave contre un défaut, il faut aujourd’hui payer 1,1 million par an. En gros, le marché obligataire voit plus d’une chance sur deux de faillite d’ici cinq ans. Et pourtant, après SpaceX, l’action prenait 5% hier soir. Le marché obligataire dit « faillite probable », le marché actions dit « super nouvelle ». Reste à voir qui aura raison.

    L’obligataire

    Le 10 ans américain recule à 5,09%, surtout parce que le pétrole s’est retourné. Mais dans un sondage, 100 économistes sur 100 prévoient une nouvelle hausse de la Fed en décembre. Il y a un mois, ils étaient moins de la moitié. Les économistes n’ont pas la réputation d’avoir raison tout le temps, mais ce serait quand même dommage qu’ils aient TOUS TORT en même temps. La facture arrive déjà dans l’immobilier : les promesses de vente sont tombées à leur plus bas depuis le début des statistiques, en 2001, avec un taux hypothécaire à 7,4%. Concrètement, c’est 400 dollars de plus par mois pour la même maison, et l’affaire tombe à l’eau. En Europe, l’écart entre les taux français et allemand signe sa plus haute clôture depuis 2011, et l’assurance contre un défaut de la France est au plus haut depuis 2013. Paris continue d’inquiéter, et pas seulement à cause des vitrines.

    Le programme

    Les futures américains sont en hausse, +0,3% sur le S&P et +0,7% sur le Nasdaq, l’effet SpaceX. La Corée grimpe de plus de 3%, au point que Séoul a dû suspendre brièvement le trading automatique, à la hausse cette fois. Le Nikkei prend environ 1%, CATL se fait démolir de 9% à Hong Kong. Le Brent est vers 110 dollars, le 10 ans américain à 5,09%. Au programme : l’inflation britannique à 8h00, les stocks pétroliers américains à 16h30, l’adjudication de 20 ans du Trésor à 19h00, puis après la clôture Tesla, IBM et Meta, LES rendez-vous de la journée.

    Ça, c’était la version courte. Dans la chronique complète, il y a tout ce qui n’a pas tenu ici. Netflix, qui a cessé de publier ses abonnés et range maintenant ses heures de visionnage au placard, la bonne vieille technique de la balance de salle de bain. L’Iran, qui a inventé la contravention maritime payable à l’explosif. Le supertanker qui coûte aujourd’hui sept fois plus cher qu’il y a un an pour faire exactement le même voyage. Macron qui revient du Golfe avec une promesse de diesel qui couvre à peu près deux jours de consommation française par mois. Super Micro qui s’est trompé de 27% sur ses propres ventes, trois semaines après la fin du trimestre. L’introduction en bourse coréenne qui « rebondit » de 30% et laisse quand même ses acheteurs 12% dans le rouge. Et surtout, l’histoire du jour : comment Elon Musk aurait bridé Starlink pour l’armée ukrainienne, pendant que Trump jure qu’il aimerait bien savoir qui a donné l’ordre.

    Pour lire tout ça, c’est sur Morningbull.ch, et l’abonnement se prend en deux minutes. Abonnez-vous : quand le marché vend l’IA à midi et la rachète à minuit, on vous explique qui se fait balader.

    Passez une excellente journée, et on se voit demain, si Musk le veut bien !

    Thomas Veillet

    Morningbull.ch

    « Les prévisions vous en disent beaucoup sur celui qui les fait ; elles ne vous disent rien sur l’avenir. »

    Warren Buffett

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