Que devient une ville lorsqu’elle cesse d’être habitable?
Dans cette émission de Chroniques d’un trottoir à l’autre, Toufik Hedna propose d’explorer une notion encore peu connue du grand public : l’urbicide.
Le terme apparaît dans les années 1990 pour décrire la destruction de villes pendant les conflits armés. Mais au-delà de cette définition initiale, il permet aujourd’hui de penser une réalité plus large.
Une ville peut disparaître de plusieurs manières.
Elle peut être détruite physiquement, par la guerre, lorsque les infrastructures, les logements et les réseaux sont directement visés. Mais elle peut aussi rester debout, tout en devenant inhabitable, lorsque les conditions nécessaires à la vie urbaine ne sont plus réunies.
Pollution, contamination, raréfaction des ressources, dérèglements climatiques : autant de phénomènes qui peuvent, progressivement, rendre un territoire invivable sans pour autant le raser.
L’urbicide ne désigne donc pas uniquement une destruction visible.
Il interroge la capacité même d’une ville à continuer d’accueillir la vie.
À partir de cette réflexion, l’émission propose un déplacement du regard.
Elle invite à penser la ville non seulement comme une forme construite, mais comme un ensemble de conditions qui rendent possible l’habiter.
Car une ville ne tient pas seulement par ses murs.
Elle tient par ce qu’elle permet.
Et lorsque cette possibilité disparaît, c’est l’idée même de la ville qui vacille.