Dark Vador, Sauron, Thanos, le Joker, Dolores Ombrage, Hannibal Lecter… les « bons » méchants sont bien souvent plus célèbres que les héros contre lesquels ils se battent et pour cause, les histoires reposent sur leurs épaules fortes et rectilignes.
Si vous voulez que votre histoire soit prenante, si vous voulez que les lecteurs s’y intéressent et croient aux rebondissements que vous leur proposez, vous n’avez pas le choix : vous devez fignoler votre méchant jusqu’à l’aimer et même à vouloir, parfois, souhaiter sa victoire.
D’abord, qu’est-ce qu’on entend par « méchant » ?
Par « méchant » (et ce sera le cas tout au long de cet article), j’entends évidemment « antagoniste ».
L’antagoniste n’est pas forcément un être maléfique, un magicien diabolique ou un savant fou qui tortille sa moustache dans son laboratoire de Transylvanie en se demandant quelles souffrances gratuites il va bien pouvoir infliger à de pauvres créatures sans défense. Muahahahahaha !
Nope. L’antagoniste c’est avant tout la chose ou le personnage qui va se dresser sur la route du héros (ou protagoniste) pour l’empêcher d’atteindre son objectif.
L’antagoniste peut être un personnage représenté par une personne « physique », mais il peut également être plus immatériel comme une société, un gouvernement ou une religion. Même les histoires d’amour ont un antagoniste, car si le bel amant n’a pas de compétition pour conquérir sa dulcinée, alors l’antagoniste sera la dulcinée elle-même.
Cependant, si l’antagoniste est immatériel, il devra systématiquement être incarné par un personnage physique avec un visage et une caractérisation (passé, apparence, psychologie, etc.) de façon à ce que le lecteur se représente clairement contre qui le héros se bat.
(Lisez l’article : « Les 10 composants d’un personnage de roman »)
Donc, en définitive, que votre antagoniste soit immatériel ou non, vous ne pouvez pas vous affranchir de la création d’un bon méchant.
Protagoniste ou Antagoniste, quel est le plus important ?
Un grand nombre d’auteurs débutants sont persuadés que le personnage le plus important de leur histoire est le héros, et ils ont…
À votre avis ?
Tort ou raison ?
Vous devinez ?
Quel suspens !
Ni l’un ni l’autre pour être honnête, dans la mesure ou l’un est totalement indispensable à l’autre.
L’erreur qui est souvent faite est de se concentrer sur le héros et de considérer le méchant comme un personnage secondaire, de croire que c’est le héros seul qui porte l’histoire. Cela génère presque à chaque fois des histoires avec peu d’enjeux et qui tombent vite dans l’ennui.
Dans son anatomie du scénario, Truby nous le dit de façon on ne peut plus claire :
« Pour avoir un bon personnage principal, il lui faut un bon adversaire »
Le méchant est plus que l’opposant du héros, ils sont les deux faces d’une même médaille. Le méchant représente les failles du héros, ses faiblesses psychologiques et morales (doute, confiance en soi, etc.), mais il est également le représentant des valeurs opposées à celles du héros (justice/injustice, paix/guerre, etc.) et, surtout, ils ont le même objectif.
Tout est une question de point de vue
Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Obiwan Kenobi dans « L’Empire contre-attaque » et il a entièrement raison.
« Tu apprendras que beaucoup de vérités auxquelles nous tenons dépendent avant tout de notre propre point de vue. »
Lorsqu’un auteur écrit un roman, il donne son point de vue sur un sujet (le thème) à travers le positionnement de son héros. Par voie de conséquence, le point de vue du méchant est le point de vue opposé à celui de l’auteur.
C’est, entre autres, une des raisons pour laquelle héros et méchant doivent avoir le même objectif,