La chute du Mur de Berlin est, pour ma génération, celle des gens qui avaient une vingtaine d’années à cette époque, l’événement historique le plus heureux que nous ayons connu de notre vivant. Jamais je n’aurais cru alors que nous nous retrouverions 35 ans plus tard dans la situation d’aujourd’hui où des féroces dictateurs, héritiers directs des tyrannies communistes, se pavanent ensemble, montrent leur force à coup de défilé militaire et se posent en modèle pour tous les pays non-alignés qui pourraient souhaiter rejoindre leur front anti-occidental.
C’est ce qu’ont fait le 3 septembre dernier à Pékin Kim Jong-un, Ubu roi d’une pseudo-république opaque et cruelle, Vladimir Poutine, ancien espion du KGB, Xi Jinping, successeur assumé de Mao, l’un des plus grands criminels du XXème siècle, et de ceux qui ont écrasé dans le sang les manifestants de la place Tiananmen, en 1989, la même année que la chute du mur.
Comment d’aussi sinistres individus et leurs régimes attentatoires aux libertés les plus élémentaires peuvent-ils présenter auprès de quiconque un visage un tant soit peu séduisant ? Il faut vraiment que l’Occident fasse office de repoussoir et je me demande si, de fait, il ne s’est pas discrédité par son manque d’espérance collective et de fidélité à des valeurs universelles telles que par exemple le respect de la vie. Le camp des démocraties est, de plus, largement fragilisé par l’avènement de Donald Trump, lui-même fruit du rejet de la part de toute une partie des Américains de ce qu’on a appelé à tort ou à raison le wokisme. C’est un paradoxe car la tendance que représente Trump constitue une autre face d’un individualisme débridé et d’une absence totale de sens moral.
Mais je pense que nos démocraties ont aussi pêché par naïveté, laissant à d’autres les instruments de la puissance économique et militaire. Il ne s’agit évidemment pas de rechercher une quelconque hégémonie, mais simplement de ne pas contribuer par notre faiblesse à rendre le monde encore plus dangereux. Poutine sait bien qu’il n’a rien à craindre des Etats-Unis tant que Donald Trump est au pouvoir, ce dernier pouvant même être tenté de rejoindre la coalition des affreux. Donc Poutine ne se gêne pas pour tester nos lignes rouges sur tout le flanc est de l’Europe et même au-delà, le Danemark ayant été récemment survolé par des drones. L’Europe saura-t-elle trouver la réponse appropriée ? Je trouve que la question est angoissante, d’autant que la confiance des peuples européens en leurs dirigeants paraît bien limitée.
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