A vrai dire...

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By Alain Charlier,Thierry Grenet,P. Vincent de Labarthe,Anne-Cécile Suzanne,Marc Tesniere,Lecointre VianneyNews
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A vrai dire... episodes

  • Nous voulons des commerces, mais où achetons-nous ?
    Thibault Nivière est le fondateur du cabinet Nivière Subventions et Consulting, spécialisé dans la recherche de subventions et dans l'optimisation ds processus avec l'IA.

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  • Notre Salut, par Vianney Lecointre
    Une fois n’est pas coutume, je voudrais vous proposer, chers auditeurs, d’aller au cinéma pour voir le film d’Emmanuel Marre, Notre Salut, si du moins il est encore sur les écrans au moment où vous écoutez cette chronique.


    L’action se passe en septembre 1940 alors que le régime de Pétain se met en place. Henri Marre, 49 ans, y voit une opportunité pour rebondir, lui qui a connu quelques déboires dans sa vie professionnelle antérieure, et il débarque à Vichy sans femme ni enfant. C’est ce qui fait qu’il y a une correspondance avec sa famille, matériau qu’utilise ici son arrière-petit-fils, le cinéaste, pour raconter sa vie de fonctionnaire sous l’Occupation, puisqu’il réussit à se faire embaucher pour diriger la section limousine du Commissariat à la lutte contre le chômage. Il y met en œuvre ses idées sur la conduite des affaires et le management qu’il a d’ailleurs théorisé dans un ouvrage précisément intitulé Notre Salut. Ce qui nous vaut un certain nombre d’échanges de platitudes tout à fait dignes de celles que l’on peut encore entendre dans les entreprises d’aujourd’hui. La fameuse banalité du mal est ici parfaitement illustrée par le fonctionnement quotidien d’une administration où l’on s’efforce de bien faire, de respecter ses collègues, de maintenir une bonne ambiance de travail, d’être loyal à l’égard de sa hiérarchie, d’être un peu ingénieux pour résoudre les problèmes qui se posent. Bref chacun fait de son mieux, mais finalement sans jamais trop s’interroger sur le contexte délétère dans lequel on évolue, ni sur les finalités. A peine si l’on comprend qu’il s’agit à un moment donné de fournir aux Allemands des camions et du carburant pour envoyer des convois vers l’est… D’ailleurs, la petite famille, qui a finalement rejoint notre homme à Limoges, n’est pas trop affectée par les événements, elle tient surtout à poursuivre sa vie quotidienne, faite parfois de mesquineries, mais aussi d’affections authentiques.
    On ne peut que penser à la situation actuelle même si les problèmes moraux ne sont pas exactement de même nature. Il faut bien vivre, comme on dit, mais je me demande parfois si par nos actions anodines, dans notre travail ou en tant que consommateur, ou simplement par nos indifférences, nous ne contribuons pas au mal qui prospère autour de nous, dans ce monde qui se délite de par les guerres, les atteintes à l’environnement, le manque de respect pour la dignité humaine… Pour info, dans le film, cela finit mal, en tout cas pour le personnage principal.

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    3 min
  • Refuser la polarisation du débat, par Mahaut Herrmann
    Bonjour, chères auditrices et auditeurs ! Je suis très heureuse de vous retrouver sur les ondes de RCF Normandie.

    La semaine qui vient de se dérouler me laisse une impression amère, anxiogène. Les mobilisations lycéennes n’ont pas faibli, et la convergence des revendications lycéennes et des Gilets Jaunes a donné lieu à des manifestations impressionnantes partout en France, ainsi qu’à des scènes de violence urbaine. Samedi soir, sur les réseaux sociaux, deux récits se sont affrontés. Le récit de mes amis Facebook par les images de violences, et le récit de mes amis Facebook revenant de manifestation, racontant les nassages et les jets policiers de gaz lacrymogènes avant même que les cortèges se mettent en mouvement. Ces deux récits n’ont pu que très difficilement se parler. Les comptes-rendus complexes de la journée de samedi n’ont pas pu trouver la place qu’ils méritaient. Les cercles dans lesquels j’évolue sont variés : il y a des gens de gauche pas forcément croyants mais souvent écologistes, des écologistes chrétiens, des chrétiens de droite pas forcément écologistes. Autant d’amis rencontrés au hasard de la vie, mais qui n’arrivent plus à débattre calmement et de manière constructive aujourd’hui.

    Je suis loin d’être la seule à faire ce constat : la complexité peine à se faire une place dans l’opinion publique. Les débats se polarisent, et il est difficile de tenir des positions complexes qui font place à la fois aux victimes des pillages et aux victimes des forces de l’ordre. Il devient difficile d’expliquer qu’une partie de la jeunesse dit qu’elle n’a plus que la violence pour se faire entendre, car on ne l’écoute pas quand elle est non-violente, sans être accusé de défendre la violence comme moyen d’action légitime. Chercher à expliquer les causes de la violence pour l’empêcher de survenir nous fait passer pour des apologistes de la violence gratuite. Il devient tout aussi difficile de critiquer l’action des forces de l’ordre sans passer pour quelqu’un qui veut du mal à la France.

    Même chez les chrétiens, beaucoup de personnes semblent se satisfaire de la polarisation croissante du pays, qui divise les gens en deux catégories, soutiens inconditionnels ou ennemis dangereux, et qui n’admet plus aucune réflexion critique.

    Comment retrouver le sens du bien commun ? Comment choisir un autre chemin que celui du conflit ouvert et de la division inéluctable ? Comment guérir les maux d’une partie du pays en retrouvant la voie de l’écoute et du déplacement de soi ? Je n’ai pas malheureusement pas la réponse. Mais j’ai une conviction forte : même face à la situation actuelle en France, même quand l’angoisse et la peur semblent l’emporter – et que certains travaillent activement à cette victoire –, il y a une place pour les récits complexes et pour les paroles qui refusent les divisions binaires et manichéennes. Il y a encore une place pour l’écoute et la désescalade, pour la recherche de la paix et de la justice sociales.

    Souhaitons que nous puissions nous appuyer sur notre foi pour travailler en ce sens !

    Merci, chères auditrices et auditeurs, et à bientôt !

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    3 min
  • Quel est le sens du malaise des lycées ? Par Vianney Lecointre
    Comment ne pas évoquer ici la crise des lycées ? Au chaos du monde, s’ajoute celui propre à la France, celui d’un pays qui s’enfonce dans la dette, peine à faire fonctionner correctement ses services publics, dont celui de l’Education Nationale, et paraît maltraiter sa jeunesse.


    Il est navrant de constater qu’une fois de plus les actions violentes accompagnent toute revendication et que les forces de l’ordre elles-mêmes, au fil des mouvements sociaux d’année en année, ont des pratiques de plus en plus brutales. A côté de cela, la réponse de la classe politique paraît presque lunaire. La plupart du temps, elle s’adresse surtout à leurs électeurs visiblement bien plus vieux que les manifestants, en ne mettant l’accent que sur le rétablissement de l’ordre. Elle est obsédée par les futures échéances électorales et n’analyse ce qui se passe qu’à cette aune-là, alors que les lycéens sont pour la plupart loin de ces préoccupations. Quant au neuvième ministre de l’Education Nationale en neuf ans, qui s’est dans un premier temps moins exprimé que le ministre de l’Intérieur, il invente d’un seul coup plus de 3.000 professeurs qui ne seraient actuellement pas devant les élèves, ce qui laisse quand même perplexe !
    On peut vraiment se demander quel est le sens de tout cela. Une partie du malaise semble se focaliser sur Parcoursup, la plateforme qui permet d’orienter les élèves vers l’enseignement supérieur. Dans La Croix, Mgr Rougé fait le lien avec les alertes contenues dans Magnifica Humanitas, l’encyclique dans laquelle Léon XIV explique que la solidarité exigerait que les choix en matière d’algorithmes, de plateformes ou d’intelligence artificielle tiennent compte de l’impact sur l’ensemble des peuples et sur les générations à venir. Il ne s’agit pas de remettre en cause l’utilité des outils de ce type, dont le but était de rationnaliser la sélection, mais cela ne va pas quand ils se transforment en sorte de « boîtes noires » sans qu’on sache désormais qui décide de quoi (comme pour l’affectation des profs, soit dit en passant). Et la dignité du travail y perd aussi. Faut-il rappeler que les années de lycée n’ont pas pour seul objet de constituer un dossier pour attendre dans l’angoisse les résultats de Parcoursup ? Cela finirait par paraître accessoire, voire dérisoire au temps où l’intelligence artificielle menace d’en réduire la valeur, mais, pour un lycéen, la finalité première est d’acquérir de la culture, des savoirs, des compétences qui l’élèveront. Il faudrait, comme nous y appelle Léon XIV, que l’humain reprenne la main et que les outils numériques ne se substituent pas à la responsabilité personnelle et collective.

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