Dès le 16 février, c’est-à-dire lundi prochain, les députés vont réexaminer le projet de loi sur l’aide à mourir qu’ont pourtant rejeté les sénateurs fin janvier.
Alors que par ailleurs, la loi sur le grand âge, qui nous est promise depuis le début du premier quinquennat d’Emmanuel Macron, est encore repoussée, pour cause de proximité avec les élections municipales, entend-on, et qu’il a été décidé que la loi pour encourager les soins palliatifs attendrait aussi. On a les urgences que l’on se choisit.
Or, on le sait, la France vieillit. Les plus de 75 ans représentent désormais une personne sur dix et potentiellement 16 % de la population d’ici 2060. C’est une bonne nouvelle en soi, mais cela implique de se préparer à vivre de manière renouvelée la fraternité que nous devons à tous nos concitoyens.
Les soins palliatifs ne sont pas le tout du grand âge évidemment, mais ils permettent d’allier l’expertise dans le soulagement de la douleur, de la souffrance psychologique, sociale et spirituelle et le soutien et l’accompagnement du patient et de son entourage.
Quel message envoie-t-on à la société quand on vise avant tout à légaliser l’euthanasie et le suicide assisté, en plus en invoquant la dignité, comme si celle-ci consistait à ce que les personnes concernées acceptent de partir le plus vite possible ?
Les députés de la commission des affaires sociales, qui ont mis au point le projet de loi qui sera soumis à l’Assemblée, ont jugé bon de s’applaudir mutuellement à la fin de leurs travaux. Ce que des personnes susceptibles d’être bientôt considérées comme « éligibles » à l’aide à mourir, compte tenu de leur handicap ou de leur état de santé, ont pu juger particulièrement violent.
Qu’ont-ils applaudi ? Un texte qui ouvre le droit à l’aide à mourir à toutes personnes présentant des souffrances psychologiques. Un texte qui exclut toute clause de conscience pour les pharmaciens, les aide-soignants et pour les établissements qui refuseraient de pratiquer l’euthanasie. Un texte qui introduit un délit d’entrave à l’aide à mourir, mais qui a par ailleurs rejeté l’interdiction d’inciter une personne à demander à mourir. Un texte qui loin d’être équilibré est pour le moins désespérant, donc, en tant que tel, par les valeurs dévoyées qu’il porte, et aussi par le message potentiellement adressé aux familles épuisées dans les hôpitaux saturés, aux plus âgés qui craignent de peser, aux malades qui s’excusent déjà d’exister. Ce message, c’est : « rien ne vous retient ».
Non décidément, il n’y a pas là de quoi restaurer la confiance à l’égard des élus et ce n’est pas une manière digne de faire vivre notre chère devise nationale : Liberté, égalité, fraternité.
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