Chers auditeurs,
Le 1 er mai dernier, j’ai été heureux de prendre ma journée choisissant une activité bénévole
d’accompagnant plutôt que des tâches liées à mon job.
J’ai été heureux d’écouter des journalistes à la radio, parce que la Terre ne s’arrête pas de tourner ce
jour-là.
J’ai été heureux d’acheter du pain frais, de discuter avec la boulangère qui m’a confié que le contexte
actuel ne lui permettait pas de fermer boutique ce jour-là.
J’ai été heureux d’aller chercher ma maman âgée dans sa résidence sénior, où du personnel
s’occupait des résidents avec le sourire et sans imaginer un seul instant s’interdire ce jour-là de faire
ce métier qu’ils aiment.
J’ai été heureux d’être servi dans un bon restaurant avec cette personne qui m’est chère, et de voir la
joie du patron et de son personnel à mon arrivée. Parce qu’ils aiment accueillir des clients, les
satisfaire et se faire une journée avec de nombreux couverts.
J’ai été heureux de voir que, ce jour-là, beaucoup travaillaient non par contrainte, mais par choix.
Par goût du service, par nécessité économique, par engagement, ou simplement parce que leur
métier a du sens, même ou surtout un jour férié.
Pourtant, chaque année revient le même débat : faut-il sanctuariser le 1 er mai, interdire à certains de
travailler, même lorsqu’ils le souhaitent ?
Curieuse conception de la liberté.
Bien sûr, il faut protéger les salariés contre les abus.
Mais protéger n’est pas interdire.
Quand un boulanger veut ouvrir, quand un restaurateur veut accueillir, quand un étudiant veut
gagner sa journée, quand un salarié souhaite être mieux rémunéré ou simplement parce qu’il préfère
le travail à l’oisiveté… pourquoi l’en empêcher ?
Au nom de quoi décide-t-on, depuis Paris ou depuis certains appareils syndicaux, ce qui serait bon
pour chacun ?
Peut-on encore parler de défense des travailleurs lorsque l’on refuse à certains la liberté même de
travailler ?
Malheureusement, il arrive qu’une poignée de personnes dans des structures continuent de parler
au nom de ceux qu’elles ne représentent plus vraiment. Elles défendent parfois davantage un
symbole qu’une réalité vécue.
Le Christ nous rappelle que le sabbat est fait pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat.
Un jour férié peut être une bénédiction lorsqu’il est choisi. Il devient une contrainte lorsqu’il est
imposé sans discernement.
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