Aujourd'hui l'économie

Comment prendre soin des cadres exécutifs ?


Listen Later

Le groupe américain Johnson & Johnson se lance dans la lutte contre le « burn-out », l'épuisement au travail. Il a mis sur pied un programme à destination des cadres exécutifs.
L'entreprise de produits cosmétiques et pharmaceutiques a travaillé pendant un an sur ce programme qu'elle commercialise depuis cette semaine auprès des 100 plus grands groupes américains. Ces derniers devront débourser 100 000 dollars par personne pour connaître les recettes miracles élaborées par Johnson & Johnson en interne, toute l'année dernière. Sept dirigeants ont joué les cobayes. Mais le groupe a refusé de dévoiler leur nom.
Souffler et mieux manger
 
Dans le cadre de ce programme, les hauts dirigeants apprennent à se reposer, à manger équilibré et aussi à garder du temps pour leur vie privée. Chaque haut dirigeant est encadré par un médecin, un préparateur physique et un diététicien pendant neuf mois.
 
Tout commence par un examen médical approfondi qui dure deux jours et demi. Puis des entretiens avec les trois coachs qui rencontrent aussi la famille, les amis et les collègues du cadre exécutif pour mieux comprendre comment il fonctionne.
Le diététicien se rend aussi chez lui pour vérifier ce qu'il y a dans son frigidaire et ses placards, et lui expliquer comment manger correctement lorsqu'il -ou elle- est en voyage d'affaires.
 
Au-delà de tous ces conseils pratiques, l'équipe est là pour aider le cadre exécutif à trouver une raison qui justifie qu'il travaille autant. L'idée, c'est de lui montrer que son entreprise le soutient. Outre le stress, les cadres exécutifs disent souvent se sentir seuls. A leur niveau de responsabilités, ils ont peu de collègues avec qui échanger sur les problèmes qu'ils rencontrent au travail.
Les entreprises pensent aussi à leurs intérêts.
Le retour sur investissement est plutôt bon. Selon l'Institut d'analyses Korn Ferry, les entreprises récupèrent six fois ce qu'elles dépensent pour accompagner leurs cadres exécutifs. Ils travaillent mieux, ils sont plus productifs et donc, à l'arrivée, l'entreprise est gagnante.
Le burn-out coûte cher
 
Selon le cabinet d'audit Price Waterhouse Coopers, le remplacement brutal d'un haut dirigeant fait chuter la valeur en bourse de l'entreprise de 1,8 milliard de dollars en moyenne. Or lorsqu'ils accèdent à des postes à responsabilités, la moitié des cadres exécutifs ne tiennent le coup qu'un an et demiparce qu'ils ne sont pas « préparés physiquement et moralement », explique l'un des responsables du programme de Johnson & Johnson.
 
Ces dernières années, de plus en plus de cadres font appel à des consultants, des mentors, des soutiens, des gourous. L'industrie brasse un milliard de dollars par an, aux Etats-Unis. Dernier en date à y avoir eu recours - ou en tout cas à avoir promis de le faire : le PDG d'Uber, Travis Kalanick. Après s'être énervé contre l'un des chauffeurs de son entreprise, fin février, il a présenté ses excuses et reconnu qu'il devait « changer en tant que dirigeant et devenir adulte. J'ai besoin d'aide au niveau managérial et j'ai l'intention d'y avoir recours", a encore ajouté le grand patron âgé de 40 ans. »
...more
View all episodesView all episodes
Download on the App Store

Aujourd'hui l'économieBy RFI