3ème volet de la rencontre avec le Dr Xavier Amiot, amoureux de la vie, conférencier et auteur du livre « trouver le bonheur en soi ».
« Il y a des fleurs partout pour qui veut bien les voir » Henri Matisse
« Tombé dans le bonheur quand il était petit », il découvre la thérapie cognitive comportementale, alors qu’il est médecin généraliste. Le Dr Xavier Amiot a commencé à animer des conférences, il y a environ 12 ans, d’abord auprès de ses confrères puis auprès d’un large public. C’est un problème de santé qui le cloue au lit, qui lui donne l’opportunité et le temps d’écrire un livre dans lequel il transmet son expérience de la thérapie cognitive et dans lequel il décrit sa méthode pour « trouver le bonheur en soi ».
Lors de notre rencontre, il nous partage sa vision du bonheur et nous indique sa méthode pour y arriver.
Bonne écoute 😉
Rémi
Extrait :
Rémi LEVY : Quelles sont les démarches concrètes que vous préconisez. Vous citiez Lao Tseu qui dit « Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas.”». Quel est le premier pas que vous conseilleriez à des personnes qui voudraient se lancer dans cette quête et retrouver le bonheur ?
Docteur Xavier Amiot : Il y a une phrase que j’aime bien de Matisse : « il y a des fleurs partout pour qui veut bien les voir ». Voyons, déjà ce qui est beau autour de nous et non pas ce qui est moche. Beaucoup de gens s’attardent sur les catastrophes naturelles et un tas d’autres choses au lieu de regarder ce qui est beau. Si l’on me donnait la possibilité de regarder soit « Des racines et des ailes » sur la France vue du ciel ou les informations sur les crues et les massacres en Afghanistan, je sais, tout de suite, ce que je vais choisir. Mais 90% des gens regarderont les catastrophes !
Regarder ce qui est beau
Donc, regarder ce qui est beau, parce qu’il y a des choses belles, se rendre compte de tous les petits plaisir de tous les jours. Manger un bon morceau de pain qui sort de chez le boulanger c’est non seulement un plaisir, mais c’est un bonheur car on peut le reproduire autant de fois que l’on veut.
Il est important de prendre l’instant présent tel qu’il vient comme un bonheur total. Prendre chaque instant comme celui-ci où l’on discute ensemble, c’est un bonheur. Tout peut être un bonheur si on veut bien le comprendre et le vivre dans l’instant présent.
Pour moi le bonheur c’est l’instant présent.
Bien sûr, l’avenir doit être préparé, on sait qu’on est mortel. Pour ma part, j’ai payé mes obsèques, j’ai choisi mon cercueil, mes fleurs, ma tombe, comme ça, mon entourage n’aura pas à le faire pour moi. Mais dès qu’on a préparé l’avenir, il ne faut pas ressasser les choix qu’on a faits. En sachant que tout peut changer, évidemment.
Vivre l’instant présent tout le temps, cela signifie aussi, par exemple, que lorsqu’on mange, on ne regarde pas la télévision en même temps. On prend plaisir à chaque bouchée. Chaque moment est un bonheur. Mais c’est un entraînement.
Une minute de colère équivaut à 60 secondes de bonheur perdu
La dernière fois j’ai pris le bus, je me suis assis à côté d’un jeune qui écoutait de la musique d’Afrique du nord, il avait l’air d’y prendre plaisir donc très bien. Je veux surtout pas réagir parce que ce n’est pas une musique que j’ai l’habitude d’entendre. Ce n’est pas comme ça qu’on arrive à être dans le bonheur. Et la colère, c’est quelque chose pour moi de très exceptionnel parce qu’une minute de colère équivaut à 60 secondes de bonheur perdu. Donc comme le bonheur est essentiel, j’évite la colère.
La tristesse : perdre un enfant ou quelqu’un de très proche que l’on aime est très dur. En sachant que si l’on veut être apte à pouvoir donner du bonheur autour de soi à ceux qui restent, il ne faut pas non plus rester dans cet état d’esprit pendant des années.