Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (3, 13-17)
Alors paraît Jésus. Il était venu de Galilée jusqu’au Jourdain auprès de Jean, pour être baptisé par lui. Jean
voulait l’en empêcher et disait : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à
moi ! »
Mais Jésus lui répondit : « Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi
toute justice. » Alors Jean le laisse faire.
Dès que Jésus fut baptisé, il remonta de l’eau, et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu
descendre comme une colombe et venir sur lui.
Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. »
Commentaire du père Michel Mounier
Il y a un très vieux contrat qui relie les hommes et Dieu depuis la création du monde. Le baptême de Jésus
révèle ce contrat comme on remonte du fond des mers un vieux trésors oublié. Un vieux trésor qui
attendait son heure pour revenir à la lumière.
Jésus demande le baptême à Jean. Jean s’y oppose et nous le comprenons bien, car le baptême de Jean est
un jeu de dînette, du « faire semblant » comme disent les enfants, en attendant Jésus qui baptisera pour de
vrai. Et pourtant, Jésus réclame le baptême de Jean !
Manifestement, Jésus a besoin de Jean pour être baptisé. Mais pourquoi donc ? Pour accomplir toute
justice, pourquoi a-t-il besoin de ce baptême, de ce symbole...
Dans la Grèce antique, le mot symbole désignait un tesson de poterie cassé en deux morceaux. Lorsqu’un
contrat était passé entre deux personnes, chaque partie recevait un des deux morceaux. Pour attester que le
contrat a été accompli et avait été honoré, les deux parties rassemblaient les deux morceaux de tesson qui
était ainsi reconstitué.
On comprend ainsi que Jésus a besoin du symbole du baptême de Jean pour accéder à son propre
baptême, car ce symbole vise à rassembler deux parties qui ont contracté une alliance depuis des
millénaires, les hommes et Dieu.
Mais il semblerait que les hommes ont oublié que Dieu possédait le deuxième tesson, alors que Dieu,
depuis son alliance avec les hommes en Adam et Ève, tend vers nous son propre tesson. Pour renouveler
l’alliance, il se départit de sa propre unité en donnant son fils pour le mettre dans la rencontre. À partir de
là, Dieu dépend effectivement de nous, de ce rassemblement entre Dieu et les hommes, des deux
morceaux brisés remis bout à bout en Jésus.
En manifestant la nécessité d’être baptisé par un homme, Jésus, le premier, rassemble les deux parties du
tesson et renouvelle le très vieux contrat qui unit Dieu et les hommes. Jésus qui est tout à la fois vrai Dieu
et vrai homme. Aussi, l’Esprit descend, tel une colombe, pour accomplir le symbole de l’alliance,
pleinement accomplie en Jésus, de Dieu et des hommes.
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