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Or


Bonjour ou bonsoir auditeurs ou lecteurs de Fréquence Terre.
Tout d’abord, vous qui vous interrogez sur l’intelligence artificielle et autres technologies dites modernes, voici une expérience.
Je suis une voix virtuelle qui, mot à mot, va vous lire la lettre ouverte envoyée par le chroniqueur Pierre Guelff à Madame Dedonder, ministre belge de la Défense.
Son contenu est tout aussi intéressant pour expliquer la politique du ministre français des Armées, Sébastien Lecornu.
Madame Dedonder,
En lisant et relisant vos déclarations publiques et en analysant de plus près leurs contenus idéologiques, je ne me retrouve absolument pas en tant que citoyen dans cette volonté de déployer une véritable culture de guerre, au point, par exemple, de cautionner que l’on supprime quasiment la Protection civile pour favoriser les armées, de faire des économies ou autres accommodements dans les budgets de la Santé, de la Culture, de l’Enseignement, de la Recherche scientifique…
La Belgique est mal ou très mal classée aux niveaux de la qualité de l’air, de la liberté de la presse, de l’enseignement des matières fondamentales (lecture et écriture), de la sécurité routière, de l’état des voieries, des rendez-vous de consultations médicales…, en revanche, elle fait figure de « bonne élève, le doigt sur la couture » en matière d’augmentation du budget des armées.
Dans tout ce contexte, je pense que le titre de ministère de la Défense nationale devrait reprendre l’original : ministère de la Guerre.
De plus, se présenter en tant que socialiste (Jean Jaurès doit se retourner dans sa tombe !) au lieu de sociale-démocrate, est, selon ma perception, un leurre, car vous devriez quand même savoir que le monde ouvrier et socialiste était originellement antimilitariste.
La raison ? La solidarité entre gens du métier : ne pas attenter à l’intégrité physique d’un collègue de travail et, surtout, ne pas être complice du business déployé par l’industrie de l’armement au détriment des classes laborieuses, du peuple.
Le militarisme bafoue allègrement les principes fondamentaux de pacifisme chers au mouvement socialiste.
De plus, une femme, à qui la Nature a donné le merveilleux pouvoir de donner naissance à un enfant, peut-elle promouvoir une activité qui fait de ce futur adulte de la chair à canon ?
C’est bien la raison des manifestations de courageuses mères et grand-mères de soldats en Russie, naguère en Argentine.
Car, ne nous y trompons pas, la toute première vocation d’un militaire est bien d’apprendre à tuer. Et, je ne crois pas un instant à la sincérité intrinsèque d’une armée tournée vers des missions humanitaires. C’est l’arbre qui cache la forêt.
Cette question éthique ne devrait-elle pas être d’application pour tout progressiste ?
Alors, qu’est-ce qui motive pareil déploiement de militarisme ?
La patrie ? Ce nationalisme, tellement décrié par Tolstoï, par exemple, doit être banni du vocabulaire progressiste et faire place à la Fraternité universelle, l’Histoire a démontré à suffisance à quoi menait le nationalisme.
Pour les armes belges envoyées à l’Ukraine, que l’on retrouve en Russie ou pas, peu importe, vous avez déclaré qu’un document spécifie avec chaque envoi qu’il s’agit d’armes de défense : c’est prendre les citoyens pour des minus habens qui goberaient pareil argument, comme si les destinataires de ces engins de mort avaient une quelconque conscience en la matière.
Mais, suis-je tenté de vous demander : les affaires (business) primeraient-elles sur toutes considérations d’ordre éthique ?
J’ai aussi lu que vous étiez fière d’avoir fait augmenter de manière considérable le budget des armées, là où l’enseignement du maniement des armes a pour unique but de détruire les êtres humains « ennemis », rappelons-le, voire de s’opposer par la force aux légitimes revendications citoyennes, comme ce fut réalisé dans le temps.
Vous clamez une augmentation qui donnerait de l’emploi : c’est un mantra récurrent faisant totalement fi des préceptes humanistes, autre arbre qui cache la forêt.
Comme cette volonté d’établir un service dit civique qui ne serait qu’un service militaire déguisé, à l’instar du Service National Universel (SNU) en France placé entre les mains de militaires qui, de la sorte, tentent de former une jeunesse soumise, embrigadée et exploitée au profit d’une idéologie droitière qui ne cache même pas sa satisfaction devant pareille organisation menée par un ministère régalien de l’État.
À vrai dire, se prétendre socialiste et être gestionnaire des affaires entre le lobby de l’industrie de l’armement et des militaires et militaristes avides de galons et de notoriété, c’est très inquiétant pour la démocratie, car, selon Louis Lecoin : « S’il m’était prouvé qu’en faisant la guerre mon idéal avait des chances de prendre corps, je dirais quand même non à la guerre. Car on n’élabore pas une société humaine sur des monceaux de cadavres. »
Est-ce que la conscience d’un progressiste ne lui dicte pas d’arrêter de faire la part belle aux pouvoirs militaro-industriels et, plutôt, de mettre toute son énergie à promouvoir une culture de paix ?
Celle de véritables acteurs d’un pacifisme actif, celui qui fit tomber maints dictateurs et régimes tyranniques.
Oublie-t-on que les conflits, depuis la nuit des temps, se terminent régulièrement par un arrêt des hostilités, par un traité de paix ?
Le conflit Russie-Ukraine actuel ne va-t-il pas, un jour, se régler dans des pourparlers ?
Et si on œuvrait avec force pour qu’il en soit ainsi, mais de préférence AVANT que le mal soit fait, bien entendu. Car, le pacifisme se travaille, se milite.
Je ne dois certainement pas vous apprendre que les cas de conflits réglés par le pacifisme actif (désobéissance civile, actions non-violentes, objection de conscience, insoumission, résistance collective contre les armes chimiques, ruines, viols, drones exterminateurs, tortures…) ont de 60 à 70% plus de réussite en faveur d’une paix entre les belligérants par rapport à l’utilisation des armes ?
Et si notre Société déployait un arsenal de pacifisme plutôt qu’entretenir le mythe de la « Grande Muette », celle qui massacre ?
Utopie ? « L’utopie n’est pas ce qui est irréalisable, mais ce qui est irréalisé », déclara le regretté Cabu, pacifiste notoire.
La légalité doit toujours s’effacer en présence de la légitimité, c’est un principe humaniste inaliénable et, quand le pacifisme apparait comme une notion de faiblesse (« Des dégonflés ! », « Des poules mouillées !) ou de soumission, c’est l’indéniable double symptôme d’une méconnaissance du concept et un échec pédagogique.
Pourtant, comme le signala le psychologue Serge Moscovici, les minorités agissantes ont une réalité politique bien supérieure à leur représentation statistique.
Je vous remercie de m’avoir prêté attention. Du moins, je l’espère.
Photo principale : Pexels-berke-arakli (merci !)
Grand silence.
Je répète : « Bonjour ! »
J’ai beau ressasser cette marque de politesse élémentaire, rien n’y fait !
Je suis pourtant à un secrétariat médical de la très humaniste institution Université Catholique de Louvain, mieux connue sous l’appellation « Cliniques Saint-Luc » dans la capitale de l’Europe, eh bien, l’accueil est devenu glacial, mécanique, si j’ose dire, totalement inhumain.
En effet, la traditionnelle secrétaire (plus rarement un homme) a tout bonnement été remplacée par une borne.
C’est-à-dire une machine qui vous réclame par écran interposé votre pièce d’identité, vous demande de confirmer votre rendez-vous chez tel médecin, puis vous dit que tout est en ordre et que vous devez vous diriger vers telle salle d’attente.
Grand silence, bien entendu.
Ainsi, les citoyens se laissent de plus en plus envahir, jusque dans leur vie privée, par l’intelligence artificielle au point d’admettre sans broncher et le doigt sur la couture le remplacement de secrétaires par des bornes, de caissières de grandes surfaces par des caisses dites automatiques et, à présent, des reporters par logiciels.
Je savais que des articles ou chroniques étaient déjà conçus par l’intelligence artificielle, mais un pas supplémentaire vient d’être franchi avec le remplacement de reporters sur le terrain par des commentaires de matches de tennis à Wimbledon gérés par des ordinateurs IBM.
Une certitude, une seule. Tous les actionnaires, tant aux Cliniques Saint-Luc, que dans les grandes surfaces et à Wimbledon, qui concoctent ce grand remplacement d’êtres humains par des bornes, des caisses automatiques et des ordinateurs ont bien leurs propres yeux pour lire les faramineux dividendes qu’ils perçoivent à déshumaniser de telle sorte la Société.
Et c’est bien en chair et en os qu’ils jouissent de cette politique ultracapitaliste tellement éloignée des concepts de solidarité humaniste.
Le business avant et contre tout. Tel est leur leitmotiv dans l’existence.
Après lui avoir promis une balle dans la tête, tirer à mort sur un jeune conducteur à l’arrêt pour une infraction routière parce qu’il n’a pas obtempéré à une injonction policière, est-ce « inexcusable », comme le déclara le président Emmanuel Macron.
Est-ce vraiment un acte « inexplicable » ? tel qu’il le souligna encore.
C’est bien méconnaître ou occulter les violences policières qui tuent et mutilent depuis que la culture de l’excuse et de l’impunité à l’égard des forces de l’ordre règne dans ce milieu professionnel.
Et, c’est sans compter avec la culture du mensonge de celui-ci afin de disculper l’auteur d’une bavure ou couvrir les faits d’un ripou.
Culture développée au plus haut niveau de l’État.
Alors, il ne faut pas s’étonner du tout qu’à la violence policière avérée et pratiquement autorisée, une violence populaire se développe comme un grand cri de saturation et d’indignation de citoyens, celui de la légitime colère.
Voitures brûlées, matériel urbain saccagé, vitres volant en éclats contre la mort d’un être humain. On en est là.
François Ruffin, outre député français du Nord de « Picardie debout » et qui connait bien le terrain, est avant tout un journaliste et essayiste aguerri, fondateur du magazine alternatif et indépendant Fakir, César du meilleur film documentaire avec Merci Patron !
C’est lui qui, sous le titre de Nahel : l’apaisement, mais comment ?, vient de déclarer « On n’en sortira ni par le déni, ni par la violence aveugle. On s’en sortira par le haut : par la vérité, par la justice, par l’égalité. Par une réconciliation nationale qui ne sera possible que si le Président Macron et le gouvernement remettent tout sur la table. Sans tabou. Nous, nous voulons la paix. Pas la guerre civile. La réconciliation nationale, il la faut. »
La mort de Nahel, ce jeune conducteur à l’arrêt et puis qui démarra, pour être ensuite abattu par un policier à Nanterre, déchaîne les passions, les inepties, les sous-entendus et rumeurs tout aussi scandaleux que l’intervention de ces forces dites de l’ordre.
J’ai même lu sur les réseaux sociaux et entendu dans la bouche de politiciens qu’il l’avait un peu cherché ce gamin sans permis, et non pas fonçant sur les policiers.
Un mensonge policier démenti par l’implacable vision d’une vidéo des faits, son en appui.
Rappelons le prêchi-prêcha de ceux qui trouvaient que les journalistes de Charlie Hebdo et de Samuel Paty, abattus par le fanatisme religieux, l’avaient également bien cherché en montrant le visage du Prophète sur des caricatures.
À vrai dire, au-delà de ces indécentes considérations populistes, il y a la dérive d’un système policier qui se croit quasiment tout permis, puisqu’il a le soutien inconditionnel des plus hautes autorités de l’État, malgré les récriminations de la Justice européenne et de l’ONU, notamment.
Force doit revenir à la loi, coûte que coûte, clament-elles.
En Belgique, les autorités, ministre de l’Intérieur en tête, concoctent même une loi anticasseurs qui, en filigrane, tend à bâillonner les activistes écologiques et les syndicalistes progressistes qui les dérangent tant.
Pourquoi la police tue-t-elle ? s’interroge Libé de ce 29 juin 2023 au surlendemain de la mort de Nahel ?
Parce qu’il serait grand temps de légiférer clairement en la matière, d’appeler un chat un chat lorsque les forces de l’ordre dérapent et commettent des bavures, d’arrêter d’occulter ou de les minimiser, de ne plus admettre que le ministre de l’Intérieur considère principalement son travail pour protéger la police qu’il est censé diriger, de ne plus taire les causes de drames et de violences récurrentes, dont celle d’un racisme larvé, d’établir un contrôle externe indépendant, y compris de la police des polices.
L’impunité policière est un temps révolu.
Place au respect de la légitimité, nuance fondamentale par rapport à certaines lois antidémocratiques ou règles non précisées, comme celle de tuer pour un refus d’obtempérer lors d’un contrôle routier ou d’oser manifester son désaccord en présence de la destruction massive de l’environnement.
Photo : Pixabay.
« Les vrais casseurs n’ont pas de cagoules mais des Rolex », fut un slogan lu dans une récente manifestation et repris en boucle sur les réseaux sociaux.
Vu de Bruxelles, capitale de l’Europe, le président Macron perd de plus en plus de son aura qu’il s’était tissée à force de décisions que d’aucuns croyaient innovantes, responsables, sensées, voire visionnaires.
Quel leurre ! Après des mois d’affrontements avec sa réforme des retraites, le voici sortant l’artillerie lourde, comme l’écrit Libé de ce jeudi 22 juin.
Effectivement, avec le sinistre Darmanin à la manœuvre, de plus en plus droitier au point de le confondre avec un lepéniste, Macron a ordonné la dissolution de « Soulèvements de la terre », ce mouvement écologique de désobéissance civile au titre de violences et de menaces pour l’État de droit, alors que tous les deux savent très bien qu’elles sont principalement l’apanage du Black bloc avec l’appui de flics-casseurs infiltrés dans les manifestations.
La terre crève, la terre brûle, la terre se noie, les séismes et phénomènes météorologiques extrêmes se multiplient de manière dramatique, les glaciers et les pôles fondent, les mers et les océans sont devenus des cloaques, et les Macron et Cie ne trouvent rien de mieux que de casser un mouvement écolo plutôt que de se pencher avec efficacité sur l’urgence climatique.
Pire, ils cataloguent ces écolos, souvent pacifistes, de terroristes.
Ça, c’est un argument-bidon qu’ils apprécient ressortir comme une évidence, pareil à un mantra. Le poids des mots, le poids de populisme.
Si le peuple, celui qui les nourrit et les blanchit de leurs taxes et impôts, n’est plus dupe, cela les émeut-il ?
Même pas. Les caciques qu’ils se disent, sont en place, tirent les ficelles du pouvoir, pactisent avec les plus gros pollueurs, au nom, disent-ils, de l’emploi et du mieux vivre-ensemble, ou, sans vergogne, pour notre bien vivre-ensemble.
Je rappelle un principe démocratique fondamental : il faut toujours préférer la légitimité à la légalité !
Dès lors, sous une forme ou une autre, poursuivre et surtout accentuer la désobéissance civile.
Photo : réseaux sociaux, dont Facebook.
Qui est Kenza ? propose le Vayu Quartet[1], vayu signifiant souffle de vie, un quatuor qui vous distille l’existence d’une jeune fille, Kenza, à travers un concert particulier, engagé même, avec, pour les anciens, un air de nostalgie des bons anciens festivals folk et de musiques du monde, tels les Brosella Folk, Fêtes des Leus à Frasnes-les-Couvin avec Emmylou Harris, Les Vieilles Charrues en Bretagne à leurs débuts…
Voici, donc, une soirée de deux heures sur un fond musical de jazzy, d’afro et de blues, un véritable moment de grâce qui peut vous apporter ce supplément d’âme que l’on appelle « prise de conscience », voire un rappel ou une confirmation pour les initiés à une réalité géopolitique et humaine passablement ébranlée ces temps-ci.
Ce concert est un engagement opéré de manière subtile et qui met en relief peurs et actes tyranniques avec quelques touches poétiques dans un récit qui trace le cheminement de cette jeune fille Kenza, déracinée dans tous les sens du terme.
Un récit qui fait place à Jacques Brel, à Georges Brassens, à Aristide Bruant, à Barbara, ceux-là mêmes qui nous ont tant laissé de propos, eux aussi, engagés dans un humanisme et une fraternité universelle qui fait tant défaut en ce XXIe siècle.
Lorsque Anne Fievez, soutenue par ses trois comparses à la guitare, aux percussions, au saxo…, vous déclare que l’homme crache ses mots dans l’entonnoir de l’indifférence, aussitôt, j’ai pensé à ces contemporains qui nient ou dénient la crise climatique, les drames sociaux, la précarité, le racisme ambiant.
Le quatuor nous invite à choisir, vivre, réinventer face à la mort du monde, à cette logique basée sur le cannibalisme économique, culturel, esthétique, en présence d’un ensauvagement de la vie humaine.
Pourtant, rappelle-t-il, la Culture reste une démarche d’humanisme et il faut faire en sorte que ce miracle perdure.
Car, un jour, un autre jour, viendra, accompli, ensoleillé.
Kenza vit dans ce concert avec les croquants de Brassens, jeune fille salie par des militaires français…
Loin des sons, des cris, des gestes parmi d’autres murmures, voici Nina Simone, John Baez, les arbres qui parlent, la voix du vent, du soleil et de la Terre, il faut écrire le monde des femmes dans un monde d’hommes, clame Anne Fievez.
Ah ! Ce mal de vivre qu’il faut bien vivre…
Voici Aristide Bruant, Saint-Lazare, il y aura une fin de règne, là, au centre de la Terre, au cœur de l’Univers…
Il y aura des fléaux et les miracles habituels, un siècle de pluies, un siècle de sécheresse, puis une évasion collective…
On cherchera la fontaine où l’eau devient âme, on cherchera la voie du retour, mais il y aura aussi à composer, comme Kenza, avec la guerre des menteurs, celle qui portera la justification de la terreur, de la part du gain et de la haine.
Kenza disparue, Kenza déesse du soleil, pourvoyeuse de lumière, d’énergie, pour réchauffer l’âme humaine.
Kenza insinuée parmi les insoumises et leurs frères chercheurs de vérité, choisir, vivre, réinventer…
Allez écouter et voir un avant-goût de Kenza et autres morceaux du Vayu Quartert sur youtube.
Photos : Marie-Paule Peuteman pour Fréquence Terre.
[1] Anne Fievez : chant, récit et conception, Pierrot Debiesme, guitares et voix, Olivier Stroobant, kamele n’goni, percussions et voix, Frad Willaume, saxophones, percussions.
À la salle Pleyel à Paris, sous haute surveillance policière et tenant, de manière musclée, des centaines de militants pour le climat à l’écart, s’est déroulée l’assemblée générale de Total Énergies présidée par le PDG Patrick Pouyanné.
Le directeur financier, Jean-Pierre Sbraire y annonça des résultats, je cite, exceptionnels, en 2022 avec 32,6 milliards de dollars de bénéfice net ajusté, dont 9,4 milliards reversés aux actionnaires.
Le PDG, lui argumenta sa stratégie par une importante demande mondiale en pétrole qui ne bouge pas, et par le gaz considéré comme une énergie de transition.
Il rejeta fermement un éventuel greenwashing, c’est-à-dire un procédé de marketing pour donner une image trompeuse, de la part de Total Énergies et, dans la foulée, accueillit avec la joie que l’on devine les 90% d’actionnaires qui validèrent sa super rémunération de plus de dix millions d’euros, alors qu’un activiste du mouvement climatique constatait, amer, l’indécence à réaliser du profit et laisser l’humanité s’effondrer.
Parallèlement à cette assemblée générale, se tenait une séance du Parlement européen qui finit par voter, le 1er juin 2023, une nouvelle législation qui exigera des entreprises de l’Union européenne qu’elles identifient, évaluent et préviennent les impacts négatifs potentiels sur les droits humains et l’environnement.
Mais, bien entendu, ce fut un leurre, car à la lecture attentive de cette législation, on constate d’importantes lacunes, le secteur financier, par exemple, bénéficiera d’un traitement dit préférentiel.
Assurément Total Énergies et compagnies ont encore de beaux jours devant elles, au détriment des citoyens et de la planète, mais de ça, Pouyanné et consorts n’ont vraiment que faire.
Photo Pixabay.
Darmanin par ci, Darmanin par-là, jusqu’à l’Obs qui en fit sa couverture et lui consacra une dizaine de pages en en faisant le futur locataire de l’Élysée.
Car, tenez-vous bien, Matignon serait un peu court pour ce politicien bourré de prétention.
En attendant, outre sévir rigoureusement les intérêts ultracapitalistes de son mentor Emmanuel Macron, il fourbit ses armes, c’est le cas de le dire, au travers d’une politique policière répressive qui fait contre elle l’unanimité des défenseurs des droits fondamentaux, tant à l’ONU qu’à la Communauté européenne.
De plus, il fait des émules puisque le ministre de l’Intérieur belge, de droite, bien sûr, a dans ses cartons une loi interdisant les manifestations qui nuiraient aux intérêts de l’establishment et de ses acolytes les gros financiers et industriels polluants.
Quand Paris tousse, Bruxelles éternue.
La Décroissance, autoproclamé le journal de Casseurs de pub ou 1er journal d’écologie politique, a consacré un important et très documenté reportage sur le sujet sous le titre Défendre la ZAD et la non-violence, pour rappel ZAD signifie Zone à Défendre.
Il y est question d’une quarantaine de projets toutes voiles dehors contre l’enfouissement des déchets nucléaires, extension d’aéroport, méga méthaniseur, retenues d’eau comme à Sainte-Soline, autoroute, urbanisation et bétonnisation, carrières et mines de lithium et de tungstène…
Pour Darmanin, ce sont des zones de non-droit où se cacherait un ennemi intérieur coupable de contrecarrer la croissance illimitée de la société technicienne et l’artificialisation galopante de l’espace.
Bien sûr, pas question pour lui d’admettre qu’une zone à défendre est une forme de lutte essentielle de l’écologie.
Alors, brandissant l’argument des « casseurs » contre qui il envoya 3 000 gendarmes, 20 escadrons de gendarmerie mobile soutenus par des hélicoptères, des blindés, des canons à eau, qui lancèrent plus de 5 000 grenades lacrymogènes et assourdissantes, des tirs de balles…, il n’y a qu’une attitude : faire barrage à cette politique par une désobéissance civile pacifique d’envergure et, alerter davantage sur ce risque immense de militarisation de la société en interpellant, sans concession, les politiciens qui se revendiquent les représentants légitimes du peuple.
Un sain harcèlement citoyen, en somme.
Photos Fréquence Terre.
Le wokisme serait-il un totalitarisme ? se demande Nathalie Heinich, auteure d’un essai chez Albin Michel. La réponse de la sociologue du CNRS et membre de l’Observatoire des idéologies identitaires est « oui ».
Oui pour un totalitarisme d’atmosphère, spécifie-t-elle. Et d’expliquer que wokisme peut se traduire par « vigilantisme » ou « éveil systématique envers toutes formes de discrimination à l’égard des minorités », mais qu’il peut être emblématique de dérives et de surenchères, de positions dogmatiques, d’impositions de thématiques, d’interdits terminologiques.
Ainsi, selon elle, les victimes se dressent parfois les unes contre les autres pour mieux combattre leurs ennemis.
C’est dire qu’à force d’outrances, une cause pourtant largement fédératrice en vient à éloigner une partie de ses possibles soutiens, lesquels n’acceptent pas l’écrasement des valeurs de liberté, de justice et de rationalité sous le fanatisme woke.
Le communautarisme ou affirmation systémique de l’identité raciale flirte souvent avec le racisme prétendant faire de tout Blanc un privilégié, un profiteur du colonialisme, un ennemi du peuple de couleur, d’où une haine de l’Occident qualifiée d’hespérophobie. Certains y ajoutent la haine des juifs ou évoquent le complot judéo-maçonnique, par exemple.
Le wokisme est une importation directe des formes américaines de militantisme en faveur des droits des minorités sur fond de communautarisme.
L’absurde confine à la bêtise pure quand, exemple concret, des étudiants américains ont exigé que le mot « champ » c-h-a-m-p ne soit plus utilisé dans les cours car cela rappelle les champs de coton, donc l’esclavagisme.
En France, on en est à la déconstruction en tendant à s’affranchir des expériences et des normes scientifiques de disciplines traditionnelles.
Autre cas sensible : les caricatures qui valurent les drames à Charlie Hebdo et celui de Samuel Paty : confondre liberté de croyance et interdiction de critiquer cette croyance revient à étouffer la liberté d’expression, par la menace qui bâillonne ou par les armes qui tuent.
Ainsi, le défenseur des croyances présente celles-ci en victimes de la liberté d’expression là même où c’est en leur nom qu’on égorge et qu’on décapite. Bienvenue en tartufferie, clame Nathalie Heinich.
Dorénavant, certains ne militent plus contre le grand capital, l’illibéralisme, le fanatisme, le négationnisme, mais ils font fait glisser le démocratique concept de multiculturalisme vers le communautarisme identitaire, celui-ci ayant tendance à virer vers le totalitarisme.
Pourtant n’avoir rendre de comptes qu’au collectif abstrait du genre humain, offre une liberté beaucoup plus grande que de devoir afficher en permanence à un collectif sa prétendue communauté.
Dès lors, il faut que des causes légitimes ne soient plus défendues par des moyens totalitaires et que la chose soit bien entendue, combattre le wokisme n’est pas refuser de lutter contre les discriminations, conclut l’auteure.
À vrai dire, les valeurs démocratiques fondamentales, celles, entre autres, de l’universalisme de la Déclaration des droits humains, de la rationalité scientifique chère à Descartes, de la liberté d’expression prônée par La Boétie, de la laïcité des Épicure, Averroès, Diderot, Voltaire, Jefferson, Ferry…, toutes ces valeurs fondamentales sont mises à mal à partir, certes de louables intentions de lutte contre les discriminations, mais certaines flirtent avec des tentations totalitaires qui rappellent de sombres passés.
Alors, face aux dérives du wokisme, il serait judicieux de citer cette déclaration de Descartes clamant que « le bon sens est la chose au monde la mieux partagée. »
Dimanche de double prise de conscience pour les citoyens de la capitale de l’Europe et ceux qui lui rendent visite.
D’abord, un bon et chaleureux concert de musique en plein air dans le cadre d’un « Jazz au Marché ».
C’est-à-dire au marché de Boitsfort, là où des artisans boulangers, crémiers, légumiers et autres agriculteurs bio, proposent un magnifique étal géant de produits du terroir, ce qui change du préemballé et du sulfité des grandes surfaces.
Bernard Degavre accompagné par un band de talent, a distillé ses morceaux de bonne chanson française, celle qui tente également de survivre dans un monde musical de plus en plus anglicisé, entre autres.
Ensuite, cap, à trois ou quatre kilomètres de ce chaud concert, au cœur de Bruxelles où était organisé une marche urbaine pour la biodiversité et la reconnaissance du crime d’écocide, à savoir la destruction massive ou le dommage irréversible d’un écosystème international ou non, résultant d’activités humaines.
À l’heure actuelle, l’écocide est défini de manière très restrictive, d’où la piqure de rappel aux politiciens.
Le micro a été tendu à deux participants, dont Patricia, cheville ouvrière du mouvement lors qu’une manifestation qui, hélas, ne mobilisa que quelques centaines de participants alors que la veille, et c’est tant mieux, je m’empresse de le souligner, il y avait 150 000 personnes à la Gay Pride et une pléthore de politiciens se pressant devant les caméras.
Mais, avec Patricia, soyons positifs, car il y a une prise de conscience écologique qui va augmentant, et à présent on parle écologie dans tous les secteurs et à tous les niveaux de la société.
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