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Gouvernance par les nombres et extension du domaine comptable : le cas de l’environnement
La comptabilité s’étend à tous les types d’organisation. Le nouveau management public a notamment conduit à importer au sein des administrations publiques et des organisations sans but lucratif des concepts et outils issus de la comptabilité des entreprises privées. Les notions de performance, de coût ou de rentabilité sont par exemple devenues omniprésentes dans la gestion des écoles, des hôpitaux ou des ministères.
En plus de toucher toutes les organisations, la comptabilité se développe à de nouveaux domaines.La création du Conseil des normes internationales d’information sur la durabilité sous l’égide de l’International Financial Reporting Standards (IFRS) Foundation – organisme qui s’occupe initialement de la normalisation comptable – est à ce titre particulièrement représentative. Elle traduit à la fois la reconnaissance par les cabinets comptables des enjeux relatifs au développement durable et leur prétention hégémonique. Ils souhaitent ainsi définir les « bonnes normes » de divulgation des informations environnementale afin d’étendre leur domaine d’expertise au-delà des informations financières. Cependant, les recherches montrent que cette divulgation environnementale est souvent utilisée par l’entreprise pour faire de l’écoblanchissement et qu’elle comporte de nombreuses failles.
Dans cette troisième séance, nous explorerons les effets de l’extension du domaine comptable à toutes les strates de la société et nous proposerons une analyse critique de la construction et de la divulgation des informations environnementales.
Présentation
La comptabilité est considérée comme LE langage des affaires. Ce langage est apparu pour donner une image chiffrée et monétaire des entreprises à but lucratif. Pourtant, les outils et concepts de la comptabilité envahissent aujourd’hui de larges sphères de la société. Les notions de rentabilité, de coût ou de performance sont omniprésenteset la gouvernance par les nombres est devenue un dispositif central de régulation de la plupart des organisations.
La comptabilité est généralement vue comme une simple technique -obscure et ennuyeuse- qui dit le juste et le vrai. Pourtant, les comptables savent qu’elle repose sur des conventions, qu’un résultat d’entreprise est une construction et qu’il n’existe pas de coût juste. La comptabilité est à la fois le reflet des rapports sociaux et un dispositif utilisé, notamment par les actionnaires, pour s’approprier la valeur créée. Elle ne fait pas que donner une image de l’organisation, elle la crée et la transforme. Elle permet ainsi de raconter des histoires, de rationaliser des décisions et de discipliner les individus.
Accessible aux non-initiés, l’objectif de ce cours est de mettre en évidence les conventions sur lesquelles reposent les dispositifs comptables et d’explorer les effets de ces conventions sur les organisations, sur les individus et sur la société.
Professeur-e(s)
Samuel Sponem est professeur à HEC Montréal et ancien président de l'association Canadienne des Professeurs de Comptabilité. Son enseignement et sa recherche portent principalement sur l’utilisation, la diffusion et les impacts des dispositifs de comptabilité et de contrôle de gestion au sein des organisations.
Mădălina Solcanu est professeure à l'École des sciences de la gestion de l'Université du Québec à Montréal. Elle est membre de l'ordre des CPA et a été directrice adjointe certification et services conseils chez Deloitte. Elle enseigne la comptabilité financière avancée et les systèmes d’information comptable. En 2022, elle a soutenu sa thèse de doctorat intitulée « Les données environnementales traduisent-elles la performance environnementale? Une analyse de la construction des données environnementales en organisations »
By UPop MontréalGouvernance par les nombres et extension du domaine comptable : le cas de l’environnement
La comptabilité s’étend à tous les types d’organisation. Le nouveau management public a notamment conduit à importer au sein des administrations publiques et des organisations sans but lucratif des concepts et outils issus de la comptabilité des entreprises privées. Les notions de performance, de coût ou de rentabilité sont par exemple devenues omniprésentes dans la gestion des écoles, des hôpitaux ou des ministères.
En plus de toucher toutes les organisations, la comptabilité se développe à de nouveaux domaines.La création du Conseil des normes internationales d’information sur la durabilité sous l’égide de l’International Financial Reporting Standards (IFRS) Foundation – organisme qui s’occupe initialement de la normalisation comptable – est à ce titre particulièrement représentative. Elle traduit à la fois la reconnaissance par les cabinets comptables des enjeux relatifs au développement durable et leur prétention hégémonique. Ils souhaitent ainsi définir les « bonnes normes » de divulgation des informations environnementale afin d’étendre leur domaine d’expertise au-delà des informations financières. Cependant, les recherches montrent que cette divulgation environnementale est souvent utilisée par l’entreprise pour faire de l’écoblanchissement et qu’elle comporte de nombreuses failles.
Dans cette troisième séance, nous explorerons les effets de l’extension du domaine comptable à toutes les strates de la société et nous proposerons une analyse critique de la construction et de la divulgation des informations environnementales.
Présentation
La comptabilité est considérée comme LE langage des affaires. Ce langage est apparu pour donner une image chiffrée et monétaire des entreprises à but lucratif. Pourtant, les outils et concepts de la comptabilité envahissent aujourd’hui de larges sphères de la société. Les notions de rentabilité, de coût ou de performance sont omniprésenteset la gouvernance par les nombres est devenue un dispositif central de régulation de la plupart des organisations.
La comptabilité est généralement vue comme une simple technique -obscure et ennuyeuse- qui dit le juste et le vrai. Pourtant, les comptables savent qu’elle repose sur des conventions, qu’un résultat d’entreprise est une construction et qu’il n’existe pas de coût juste. La comptabilité est à la fois le reflet des rapports sociaux et un dispositif utilisé, notamment par les actionnaires, pour s’approprier la valeur créée. Elle ne fait pas que donner une image de l’organisation, elle la crée et la transforme. Elle permet ainsi de raconter des histoires, de rationaliser des décisions et de discipliner les individus.
Accessible aux non-initiés, l’objectif de ce cours est de mettre en évidence les conventions sur lesquelles reposent les dispositifs comptables et d’explorer les effets de ces conventions sur les organisations, sur les individus et sur la société.
Professeur-e(s)
Samuel Sponem est professeur à HEC Montréal et ancien président de l'association Canadienne des Professeurs de Comptabilité. Son enseignement et sa recherche portent principalement sur l’utilisation, la diffusion et les impacts des dispositifs de comptabilité et de contrôle de gestion au sein des organisations.
Mădălina Solcanu est professeure à l'École des sciences de la gestion de l'Université du Québec à Montréal. Elle est membre de l'ordre des CPA et a été directrice adjointe certification et services conseils chez Deloitte. Elle enseigne la comptabilité financière avancée et les systèmes d’information comptable. En 2022, elle a soutenu sa thèse de doctorat intitulée « Les données environnementales traduisent-elles la performance environnementale? Une analyse de la construction des données environnementales en organisations »

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