Dans la série "Les plantes qui ont marqué lʹhistoire", voici, ce matin, le saule. Aucun médicament dans le monde nʹa été aussi utilisé que lʹaspirine. Au fond quʹest-ce que lʹaspirine: une molécule qui provient dʹune plante? Non, cʹest un produit synthétique qui, indirectement, provient du saule. Alors, parlons du saule! Son nom latin est Salix alba. Il était déjà connu des Grecs (Hippocrate, 5e BC, Pline, Hildegarde de Bingen, Paracelse) pour ses vertus antidouleurs chez les femmes en train dʹaccoucher. On utilisait lʹécorce de saule à mâcher. Les Européens, en arrivant en Amérique du Nord, ont découvert que les Amérindiens utilisaient le saule pour lutter contre la fièvre et les douleurs en faisant des décoctions et des infusions. Sautons au XIXe: la firme Bayer cherchait des médicaments pour lutter contre la douleur. Elle a isolé la molécule salicine. Cette molécule se transforme dans notre corps rapidement en acide salicylique. Comme cela provoquait des douleurs dʹestomac, de lʹacétyle a été ajouté. En cherchant un nom commercial pour ce produit, on est tombé sur la reine des prés (Filipendula ulmaria) et sur la spirée. Or la spirée contient de la salicine en plus grande quantité que le saule. Lʹidée est venue alors de parler de ce médicament synthétique comme étant "sans spirée" => a spirea => aspirine. Une remarque pour terminer: les dérivés salicylés ne se trouvent pas seulement dans le saule ou la spirée, mais dans lʹécorce du peuplier, du bouleau et, en grande quantité, dans la pensée sauvage Viola tricolor.