Par cette plaie de l’eau changée en sang, Dieu répond directement à la question narquoise du pharaon en 5.2 : « Qui est l’Éternel pour que je lui obéisse ? » par ces mots « Voici comment tu sauras que je suis l’Éternel… » En Égypte, le Nil est un fleuve sacré, et si le pharaon, le demi-dieu, s’y rend de bon matin, ce n’est pas pour y effectuer une toilette, mais un rituel religieux. Les hauts fonctionnaires sont d’ailleurs présents (20). Le signe de l’eau changée en sang était aussi destiné aux Israélites (4.9), mais appliqué aux Égyptiens, il transforme ce qui est la source de vie de tout le pays en source de mort (notamment celle des poissons dans le fleuve). Il y a peut-être aussi une référence discrète à un temps où ce même fleuve fut source de mort : celle des enfants Israélites qui y furent jetés à leur naissance (1.22). À ce stade les magiciens arrivent à imiter le signe. Si le fléau est décrit avec minutie à Moïse et à Aaron, le texte ne relève pas les circonstances où la menace est proférée. On passe directement à la réalisation. (...)