Pour cette série d’épisodes de la fin juillet, j’ai décidé de vous faire voyager en parlant du design cubain à Cuba, en France, par les cubains, pour les cubains, mais aussi pour les occidentaux. Mais pas que du design. Dans cette première partie c’est avec Jenny Feal artiste plasticienne cubaine, fille et petite fille d’écrivain que je me suis entretenue. Nous sommes revenues sur son parcours, sur le confinement, sur ces projets passés, présents et futurs, et sur le lien qu’elle entretient avec l’écriture, comme pierre angulaire de sa démarche artistique.
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Date de première diffusion : 29 juillet 2020
Entretiens, montage et graphisme : Laure Choquer
Typographie : Milena Brandao
Musique : Equal to all, Goodman
Ecrivez-moi à [email protected]
Suivez le podcast sur instagram @dessin_dessein
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LIENS
Le site de Jenny : http://jennyfeal.fr
L’exposition Mar Occulto : http://www.galeriedohyanglee.com/mar-oculto
Livre la nuit est tombée : https://www.lesbelleslettres.com/livre/660-et-la-nuit-est-tombee
Exposition à Bruxelles: https://www.angelinna-bxl.be/
Exposition Madeleine à Paris : https://www.cnap.fr/madeleine
Traductions des poèmes de Dulce Maria Loynaz lus par Jenny :
LA HORMIGA
La miel guardé y se me agrió la miel:
-mariposa con sed junto a mis rosas...-
Guardé la luz y se extinguió en lo obscuro:
-noche la de tu amor... ¡Y sin auroras...! -
Guarde el beso... Y el beso se hizo estrella,
dulzura muerta, claridad remota
y fría... -Tú en la tierra; yo en la tierra...
La tierra dura que se pega... -Ahora
guardo la estrella y me pregunto a veces
qué nueva frialdad será en la hora
de mañana, qué sal aun no probada,
¡qué sombra todavía entre mi sombra!...
LA FOURMI
J'ai sauvé le miel et il s'est aiguisé :
-papillon de soif à côté de mes roses...
J'ai gardé la lumière et elle s'est éteinte dans l'obscurité :
-La nuit de ton amour... Et sans aube... ! -
Sauvez le baiser... Et le baiser est devenu une étoile,
Douceur morte, clarté lointaine
et froid... -Toi sur la terre ; moi sur la terre...
La terre dure qui colle... -Maintenant
je garde l'étoile et je me demande parfois
ce que sera le nouveau froid dans l'heure
le matin, quel sel non éprouvé,
quelle ombre encore dans mon ombre...
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TU PAZ MIA...
Tú, paz mía...
Aceite sobre mi mar en remolino,
gusto, sal de mi vida.
Tú, espejo milagroso
que no reflejas mis tinieblas
y reflejas la luz que ya no es mía...
Tú, jazmín dormido...
Estrella descolgada
para mi cielo tan vacío...
TOI MA PAIX
Toi, ma paix...
De l'huile sur ma mer tourbillonnante,
goût, sors de ma vie.
Toi, miroir miraculeux
que vous ne reflétiez pas mon obscurité
et reflètent la lumière qui n'est plus la mienne...
Toi, le jasmin qui dort...
Étoile suspendue
pour mon ciel si vide...
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LA BALADA DEL AMOR TARDIO
Amor que llegas tarde,
tráeme al menos la paz:
Amor de atardecer, ¿por qué extraviado
camino llegas a mi soledad?
Amor que me has buscado sin buscarte,
no sé qué vale más:
la palabra que vas a decirme
o la que yo no digo ya...
Amor... ¿No sientes frío? Soy la luna:
Tengo la muerte blanca y la verdad
lejana... No me des tus rosas frescas;
soy grave para rosas. Dame el mar...
Amor que llegas tarde, no me viste
ayer cuando cantaba en el trigal...
Amor de mi silencio y mi cansancio,
hoy no me hagas llorar.
LA BALADE DE L'AMOUR TARDIF
Amour, qui es en retard,
Apporte-moi au moins la paix :
L'amour au coucher du soleil, pour quel étrange chemin arrives-tu à ma solitude ?
Amour que tu m'as cherché sans te chercher,
Je ne sais pas ce qui vaut le plus :
le mot que vous allez me dire
ou celui que je ne dis plus...
L'amour... Tu n'as pas froid ? Je suis la lune :
J'ai la mort blanche et la vérité
lointaine... Ne me donnes pas tes roses fraîches;
Je suis sérieuse pour les roses. Donnes-moi la mer...
Amour, qui es en retard, tu ne m'as pas vu
hier quand j'ai chanté dans le champ de blé...
L'amour de mon silence et de ma fatigue,
Ne me faites pas pleurer aujourd'hui