Destins d’émigrées : de la Tchécoslovaquie communiste vers la France

Destins d’émigrées : de la Tchécoslovaquie communiste vers la France

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Destins d’émigrées : de la Tchécoslovaquie communiste vers la France episodes

  • Kamila Leclerc : « Le jour de mon départ de Prague, j’ai vu mon père pleurer pour la première fois »
    Née à Prague en 1945, Kamila Leclerc a grandi à Plzeň (Pilsen). Elle est retournée ensuite dans la capitale pour étudier le français et le russe à l’université. Lors d’un stage à la Sorbonne, elle a connu son futur mari français, avec lequel elle a quitté la Tchécoslovaquie quelques jours seulement après l’invasion du pays par les chars soviétiques en août 1968. « Mon père a été rétrogradé de son poste militaire, ma mère ne pouvait plus exercer son métier d‘animatrice à la radio », décrit-elle les conséquences de son émigration. Après la chute du régime communiste, Kamila Leclerc a fondé l’Association Olga Havel France, soit la branche parisienne de l’organisation caritative tchèque mise sur pied par l’épouse de l’ancien président Václav Havel.
    28 min
  • Judith Lego : « Quand Jan Palach s’est immolé, j’ai décidé d’émigrer »
    Originaire de Plzeň (Pilsen), Judith Lego, née Jitka Legová, a quitté la Tchécoslovaquie communiste pour la France le 11 avril 1969. La jeune femme a été bouleversée par la mort de son amie, tuée par un soldat soviétique à un arrêt de tramway à Prague, ainsi que par l’immolation de l’étudiant Jan Palach qui, par son acte, a protesté contre l’apathie de la population vis-à-vis de l'occupation de la Tchécoslovaquie par les troupes du pacte de Varsovie. « Je ne pouvais pas vivre dans un État dirigé par des criminels », a confié Judith Lego au micro de Radio Prague Int. Diplômée de l’Université polytechnique de Prague (ČVUT), elle a poursuivi ses études au sein du prestigieux Centre des hautes études de la construction à Paris.  « J’ai terminé cette formation comme l’unique femme ingénieur parmi 99 hommes, avant d’être embauchée, sans problèmes, dans une grande entreprise de construction française », se souvient-elle.
    27 min
  • Jiřina Rodolphe : « Quand j’ai appris comment fonctionnait l’État, je me suis enfin sentie comme une Française »
    Originaire de České Budějovice, Jiřina Rodolphe vit à Paris depuis soixante ans. Elle a rencontré son futur mari français lorsque, jeune fille, elle travaillait comme guide touristique au château de Hluboká nad Vltavou. Tout en restant très attachée à sa famille, à sa ville natale et à son pays, Jiřina est partie à l’aventure peu avant l’invasion de la Tchécoslovaquie en août 1968. Sans parler un mot de français (qu’elle a d’abord appris seule puis avec ses enfants), elle a alors rejoint son mari en France. Après la chute du régime communiste en 1989, Jiřina Rodolphe est devenue l’une des interprètes les plus demandées par les délégations politiques tchèques lors de leurs visites en France.
    31 min
  • Noemi Prečanová : « En juillet 1976, le régime nous a autorisés à partir à l’Ouest, habillés en vêtements d’hiver »
    Fille de l’éminent historien tchèque Vilém Prečan, âgé aujourd’hui de 93 ans, Noemi Prečanová est née en 1958 en Slovaquie, pays d’origine de sa mère, mais elle a vécu, avec ses parents, son frère et sa sœur, à Prague. Subissant le harcèlement perpétuel de la police d’État, la famille est contrainte à l’exil et, au milieu des années 1970, quitte la Tchécoslovaquie avec l’accord des autorités communistes. Les Prečan s’installent alors près de Hanovre, en RFA et, quelques années plus tard, Noemi obtient son diplôme de sociologie à Francfort. Ce n’est toutefois pas l’Allemagne, mais la France qui devient sa seconde patrie. Après avoir passé de nombreuses années à Paris, Noemi Prečanová vit aujourd’hui de nouveau à Prague et affirme son identité tchécoslovaque. Témoignage poignant à écouter !
    29 min
  • Helena Barbot : « Ma fille avait la phobie des chiens à cause des contrôles à la frontière tchécoslovaque »
    Originaire de Domažlice et installée depuis de longues années à Pyla-sur-Mer, dans le bassin d’Arcachon, la jeune enseignante Helena Barbot avait son premier rendez-vous avec son futur mari français sur la place de la Vieille-Ville à Prague, précisément le 21 août 1968… Le couple s’est marié en Tchécoslovaquie, car Helena ne voulait pas rompre définitivement avec son pays d’origine ni abandonner ses parents, déjà tombés en disgrâce auprès du régime communiste. Installée en France, la famille pouvait donc voyager régulièrement en Tchécoslovaquie, tout en subissant des brimades à la frontière. Plus tard, avec ses enfants alors adolescents, Helena a été témoin d’un autre tournant de l’histoire tchécoslovaque : la révolution de Velours.
    27 min
  • Ivana Jirovec : « En dix jours, une vie peut basculer pour toujours »
    Originaires de Poděbrady, les sœurs Ivana et Dana Jirovec (Jírovcovy en tchèque) sont parties, en août 1968, pour un simple voyage de vacances en auto-stop à travers la Suisse, en direction de la Scandinavie. Ce qui devait être une aventure est devenu un tournant. Après l’invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes du Pacte de Varsovie, leur voyage se transforme en exil. Elles s’installent finalement en France et doivent réinventer leur vie. Ivana entreprend des études théâtrales, obtient un poste à Radio France Internationale et, mère célibataire, élève sa fille, avec le soutien de sa sœur Dana.
    27 min
  • Jiřina Bystrická : « Condamnés en Tchécoslovaquie, nous avons évité tout contact avec l’ambassade à Paris »
    Née en 1936, Jiřina Bystrická a passé son enfance et sa jeunesse à Poděbrady, où elle a fréquenté le même lycée que Miloš Forman et Václav Havel. Diplômée de l’Université Charles de Prague (langues russe et bulgare) Jiřina a d’abord travaillé comme interprète et guide touristique, avant de vivre, pendant trois ans, dans la ville scientifique de Dubna (ex-URSS), avec son mari Jiří Bystrický, mathématicien et physicien nucléaire. En 1969, lorsque Jiří obtient un poste au CNRS, le couple décide de rester en France, ce qui lui vaut une condamnation à une peine de prison en Tchécoslovaquie. Ce n’est qu’à Noël 1989 que les Bystrický ont enfin pu se rendre dans leur patrie. Bibliothécaire et mère de trois enfants, Jiřina a été très active au sein du Sokol de Paris, de même que son mari, devenu président de cette organisation sportive, culturelle et patriotique dans la capitale française. Dans les années 1980, le couple a séjourné quelque temps au Canada et aux États-Unis. Il vit aujourd’hui à Gif-sur-Yvette, près de Paris.
    27 min
  • Marcela Maftoul : « Il n’y avait pas de quoi respirer dans la Tchécoslovaquie des années 1970 »
    Née en 1947 de parents juifs rescapés de la Shoah, Marcela Maftoul a toujours eu le goût de l’exploration. Traductrice et interprète, elle est partie en 1978 à Paris, où son mari a obtenu un poste à l’université. Dans la capitale française, Marcela a collaboré avec les revues d’exil « Svědectví » (Témoignage), « 150 000 mots » et « Lettre Internationale ». À Grenoble, où la famille a déménagé, elle s’est consacrée à l’informatique, avant de découvrir la magie de l’hypnose. Aujourd’hui, elle la partage entre les deux pays, la France et la Tchéquie.
    17 min
  • Florianna Kudrnová : « À quatorze ans, je savais déjà que je ne pourrais pas vivre en Tchécoslovaquie »
    « À l’école, certains garçons me traitaient de pute française. J’avais huit ans et c’était en pleine guerre d’Algérie. Quand j’avais quatorze ans, la jeunesse communiste de ma ville me demandait d’accompagner des délégations françaises qui venaient en Tchécoslovaquie », se souvient Florianna Kudrnová, fille d’une mère franco-polonaise et d’un père tchèque qui dirigeait la Chambre de commerce de Plzeň, jusqu’à sa fermeture en 1950. Comme ses parents, Florianna a subi la pression du régime communiste. À treize ans, elle voyage seule en France pour rendre visite à sa famille. Deux ans plus tard, en septembre 1965, alors qu’elle se trouve de nouveau à Paris, la jeune fille décide de ne plus retourner en Tchécoslovaquie. Elle sera rejointe par sa mère quelque temps plus tard.
    28 min

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Hommes ou femmes, de nombreux citoyens tchécoslovaques ont fait le choix, à un moment donné de leur vie, de fuir leur pays pour s’installer en France. Mariées dans leur pays d’adoption, parties seules…