Il a triché, René. Au moment de choisir un lieu emblématique de Marseille, il est parti à Plan-de-Cuques, au bar des Madets, entre le fournil du même nom et un institut de coiffure. Il n’y sera pas question du célèbre casque gris que porte René Malleville pour aller parler OM face caméra. L’infatigable hâbleur a choisi le troquet car il figure parmi les trois, quatre bars que cet ancien professionnel du comptoir fréquente assidûment. Un bar de « l’ancien Marseille » où il se sent « chez lui » où se pratique ce « lien social » entre l’OM, la contrée et le jeu de boules. On y frôle autant la caricature qu’on y cultive l’authentique. De l’hommage à Lolo Altieri, figure du banditisme récemment décédé, à ses choix politiques réservés à des « vrais Marseillais », René Malleville raconte la ville avec une science consommée de l’exagéré. Né à Carcassonne, l’ancien élu, syndicaliste RTM, est une figure de la ville, insupportable et attachant, jusqu’au sieston qui, à la fin, s’impose.