Je n’attends rien… je tends le soir aux songes
Je laisse les lueurs glisser, lentes, qui prolongent
Je vous aime sans détour, sans dessein
Comme un souffle se glisse entre les mains
Je vous le soufflerai, suave et sans éclat
Avec la lenteur liquide des pas
Mot après mot, murmure après murmure
Je délierai vos silences, vos armures
Goutte à goutte, je me faufile en vous
Comme une pluie de velours au seuil des verrous
Lettre à lettre, je laisse couler
Ma liqueur lente dans vos pensées
Je veux verser ma voix dans vos veines
Comme une onde qui s’épanche et se promène
Qu’elle caresse vos doutes, qu’elle sème ses lueurs
Qu’elle se love au plus doux de vos heures
Je ne réclame rien, je ne retiens pas
Je me fonds dans la brume, je demeure là
Heure après heure, lentement je me glisse
Comme la lumière lèche une vitre lisse
Goutte à goutte, je me faufile en vous
Comme une pluie de velours au seuil des verrous
Lettre à lettre, je laisse couler
Ma liqueur lente dans vos pensées
Et si, un soir, sous un ciel sans défense
Vous sentez frissonner une douce présence
Alors peut-être, dans un souffle suspendu
Vous murmurerez : “Moi aussi…” éperdu
Goutte à goutte, je me faufile en vous
Comme une pluie de velours au seuil des verrous
Lettre à lettre, je laisse couler
Ma liqueur lente dans vos pensées
Goutte à goutte…
Velours et pluie douce…
Je vous aime… en silence.