Le choix musical de RFI

«Elementos», le Brésil pluriel et l'âme métissée de Sapocaya


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Le groupe Sapocaya dévoile son tout premier album, Elementos. Sapocaya, ce sont neuf musiciens venus de France hexagonale, de Guadeloupe, du Brésil et d'Haïti, tous passionnés de musique et de voyages. Le groupe présentera son disque sur scène les 21 janvier et 21 février 2026 au Baiser Salé, à Paris.

L'histoire commence en 2023, au retour d'un voyage au Brésil qui va marquer la vie et la musique de Jamayê Viveiros et Tristan Boulanger. Le premier joue de la trompette et du pifano, une flûte traditionnelle du Nordeste, et le second, percussionniste, compose les morceaux. Ensemble, ils s'entourent de sept artistes venus d’horizons variés, fondent Sapocaya et l'aventure commence.

Leur premier disque entremêle musiques brésiliennes, jazz, rythmes afrocaribéens et funk. Une véritable exploration sonore autour de la nature et des quatre éléments. Au-delà des textes et des mélodies, Sapocaya puise aussi son inspiration dans une grande diversité de rythmes brésiliens. Rythmes de samba, symbole universel de la culture brésilienne, forro, musique populaire du Nordeste, mais aussi rythmes afoxés, issus des percussions traditionnelles, ou encore rythmes sacrés de la religion du Candomblé.

« C'est la religion principale au Brésil, afro-descendante, qui vient des régions comme le Bénin, l'Angola » explique Tristan Boulanger. « Elle est fondée sur le culte des divinités de la nature. Chaque rythme a la vocation d'invoquer un Orisha, c'est-à-dire une divinité qui représente la plupart du temps un élément de la nature, que ce soit le feu, l'eau, le vent. C'est très codifié, très précis. C’est en utilisant ces rythmes-là qu'on peut invoquer ces éléments de la nature, finalement. Les rythmes afoxés viennent plutôt de la région de Bahia, tandis que le Candomblé est présent dans tout le Brésil, avec des variations selon les régions. C'est très large, mais on utilise plusieurs de ces rythmes dans notre musique pour faire des clins d'œil à toute cette culture. »

Les racines rythmiques du Brésil

L’album Elementos explore également les rythmes du Nordeste comme le baião et le maracatu, issu de traditions africaines. Le maracatu est un rythme de procession hérité de l'histoire des esclaves et des cérémonies de couronnement des rois et reines du Congo, bien loin du carnaval de Rio et de ses sambas. Ces sonorités festives s’incarnent notamment dans le morceau « Ribeirao ».

« Ce titre s’inscrit plutôt dans la tradition du samba carioca, donc de Rio » poursuit Tristan Boulanger. « On a vraiment essayé de s’inscrire dans la lignée de tous les albums de MPB [musique populaire brésilienne, NDLR], de samba traditionnel, avec notamment l’ajout de quatuors à cordes. Ce sont des éléments présents dans les anciens enregistrements de samba, je pense à Jobim, à João Gilberto, à tous ces grands noms du samba brésilien. »

Elementos est un voyage musical au cœur de l'Amazonie, influencé de toutes parts par les batucadas, l'afrobeat, les rythmes antillais et le kompa haïtien. C'est un hommage vibrant à la diversité des cultures afro-brésiliennes, mais aussi un disque dédié à la mémoire du musicien Hermeto Pascoal. Ce grand maître de la musique brésilienne avait offert au monde une partie de ses compositions libres de droits, pour que tous les musiciens puissent les jouer et les réinventer.

Le groupe Sapocaya présentera Elementos sur scène les 21 janvier et 21 février au Baiser Salé, à Paris.

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