Avec sa chevelure de rock star et son violon de virtuose, David Garrett brouille les frontières entre musique classique et culture pop. 32 Disques d'or, 14 de platine et plus de cinq milliards d'écoutes : le musicien germano-américain est devenu l'un des ambassadeurs du violon les plus populaires de la planète. Actuellement en tournée avec son dernier album crossover Millennium Symphony, il fait étape au 70e Menuhin Festival de Gstaad, dans les Alpes suisses, aussi comme collectionneur et passionné d'instruments historiques, pour un rendez-vous exceptionnel autour de violons de légende.
Dans la station alpine de Gstaad, à plus de 1 000 mètres d'altitude, David Garrett a réuni pour la première fois les membres d'un club très exclusif qu'il a fondé il y a cinq ans : le Del Gesù Club, qui rassemble les propriétaires de violons italiens d'exception des XVIIe et XVIIIe siècles.
Au total, 26 instruments mythiques étaient exposés et joués dans l'église de Saanen, bâtie en 1604. Parmi eux, figuraient plusieurs Stradivarius et Guarneri del Gesù, considérés comme le sommet de la lutherie italienne. La valeur de l'ensemble est estimée à quelque 340 millions d'euros.
Loin d'un simple rassemblement de collectionneurs, l'événement avait pour vocation de faire vivre ces instruments à travers la musique. Au programme : des œuvres majeures du répertoire classique, mais aussi du George Gershwin et des musiques de film, à l'image de la démarche artistique de David Garrett.
Un enfant prodige du violon
Né d'une mère ballerine américaine et d'un père allemand, commissaire-priseur spécialisé dans les violons, David Garrett découvre son instrument très tôt. Il reçoit ses premières leçons à l'âge de quatre ans et remporte déjà un concours un an plus tard.
À 10 ans, il donne ses premiers concerts officiels. Deux ans plus tard, il devient le plus jeune artiste à signer un contrat exclusif avec une grande maison de disques. Son parcours le mène ensuite au Conservatoire de Berlin, puis à la prestigieuse Juilliard School de New York.
La virtuosité de Garrett lui vaut également un record du monde grâce à une interprétation fulgurante du célèbre « Vol du bourdon », exécuté en seulement une minute et six secondes.
Du classique au crossover
Malgré une carrière toute tracée dans le monde du classique, David Garrett refuse rapidement de se laisser enfermer dans un seul univers musical.
Avec son allure de rock star, il défile pour Armani, pose pour Vogue et incarne même Niccolò Paganini, le légendaire « violoniste du diable », au cinéma. Surtout, il développe le style qui fera sa marque de fabrique : l'adaptation de titres pop, rock ou r'n'b pour violon, orchestre symphonique et guitare électrique. Une formule qui lui permet de faire dialoguer les grandes œuvres classiques avec la culture populaire contemporaine.
Millennium Symphony, les tubes des 25 dernières années revisités
David Garrett alterne aujourd'hui albums classiques et projets crossover. Son dernier opus, Millennium Symphony, revisite quelques-uns des plus grands succès des 25 dernières années.
De Kylie Minogue à Coldplay, de David Guetta à Rihanna, en passant par Taylor Swift, Ed Sheeran ou Beyoncé, le violoniste s'approprie des tubes mondialement connus pour leur offrir une nouvelle dimension orchestrale. Avec lui, le violon quitte les salles de concert traditionnelles pour investir les stades, les festivals et même les églises, sans jamais perdre son pouvoir émotionnel.
Une tournée mondiale et déjà un nouvel album en préparation
L'artiste regarde déjà vers la suite. Son prochain album, intitulé Immortal, marquera un retour à un répertoire purement classique. Sa sortie est annoncée pour l'automne.
À 45 ans, David Garrett continue ainsi de suivre sa propre partition, faisant dialoguer les siècles, les styles et les publics, sans jamais choisir entre la musique classique et la culture pop.