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Le groupe britannique Ezra Collective signe Here Because of Hope, un quatrième album pour danser l’espoir. Sa fusion détonante de jazz, calypso, rap, dub et afrobeat y trouve un nouvel élan. A l'arrivée : dix-sept titres célèbrent la liberté, la circulation des peuples et des cultures, et surtout l'ouverture au monde.
Derrière cette musique métissée, un groupe devenu incontournable de la scène britannique. Né en 2012 dans les clubs et les structures jeunesse de Londres, Ezra Collective réunit cinq musiciens dont les frères nigérians Femi et TJ Koleoso, tous ont grandi ensemble. Une dizaine d'années plus tard, ils entrent dans l’histoire en devenant la première formation de jazz à remporter le prestigieux Mercury Prize, avant d’être sacré groupe de l’année 2025 aux Brit Awards.
Here Because of Hope ouvre un nouveau chapitre pour le collectif. Il raconte son histoire, celle des diasporas d’Afrique de l’Ouest et des Caraïbes dans la capitale anglaise. De l’afrobeat de Fela Kuti, né dans le Nigeria en guerre, au calypso façonné par l’esclavage, une question traverse l’album : pourquoi tant de musiques noires, nées dans la douleur, dégagent-elles autant de joie ?
Réponse Ezra Collective : la musique africaine ne s’attarde pas dans la souffrance. Elle regarde un autre ailleurs, imagine un monde meilleur. Cet élan de joie irrigue tous les morceaux, instrumentaux ou chantés et les collaborations avec Lila Iké ou Leona Lewis
Esprit de communauté et pont entre les générations« Only Love », avec le rappeur britannique d’origine gambienne PA Salieu, en dit long. Ici, l’amour n’est pas une affaire de sentiments, c’est une manière de résister. Ezra Collective convoque une constellation d’artistes afro-descendants, chacun avec sa grammaire musicale, ses racines, son parcours. Un hommage à l'esprit de communauté, mais aussi un pont entre les générations.
Chez Ezra Collective, l’héritage n’est pas un musée, c'est une matière vivante, irrésistible, à faire groover. Les guerriers du jazz manient les sons et les mots comme un bouquet de grenades. Mais une fois explosées, elles font pousser des nénuphars.
Ezra Collective Here Because of Hope (Partisan Records) 2026
En concert le 24 février 2027 au Zénith de Paris.
Casquette jaune vissée sur la tête et sourire contagieux, HYL fait partie de ces artistes qui mettent des mots sur les préoccupations de toute une génération. Entre rap, chanson, slam, funk et électro, le Toulousain dévoile un univers singulier avec La Vie en jaune, une mixtape de douze titres portée par une écriture engagée, sensible et résolument tournée vers l'avenir.
À l'écoute du titre « Le monde est immense », une question s'impose : pourquoi voir la vie en jaune ? Pour HYL, il ne s'agit ni d'un rire jaune, ni d'une référence directe aux gilets jaunes. Cette couleur symbolise plutôt une façon de résister au découragement. Si ses textes dressent un constat lucide de notre époque, ils ne cèdent jamais au fatalisme.
Le rappeur mêle ainsi préoccupations sociales, regard critique sur le monde et volonté d'avancer. Une démarche qui traverse l'ensemble de son projet et qui fait de La Vie en jaune une œuvre à la fois engagée et lumineuse.
Un parcours nourri de multiples influencesDerrière le débit rapide et la spontanéité qui caractérisent HYL se cache avant tout un amoureux des mots. Introverti dans sa jeunesse, il commence à écrire dès l'âge de 9 ou 10 ans. Très vite, il explore différents horizons musicaux.
Au fil des années, il joue dans des groupes de hard rock, de funk, de hip-hop ou encore de jazz. Un parcours éclectique qui lui permet d'affiner progressivement sa propre identité artistique. Après un premier EP, Monopoly, consacré à la fin de l'adolescence, viennent une période de doute, une dépression, puis un second EP.
Aujourd'hui âgé de 32 ans, graphiste de formation et fort de plus de 150 concerts, HYL semble avoir trouvé sa voie et sa couleur.
Entre urgence politique et émotions intimesAvec La Vie en jaune, l'artiste parvient à trouver un équilibre subtil entre les grandes questions de société et les préoccupations personnelles. Ses chansons parlent autant du monde qui l'entoure que de ses propres fragilités.
Des titres comme « Sauvetage » ou « Laisser tomber » illustrent cette double dimension : l'envie de poursuivre le combat sans perdre de vue l'importance de prendre soin de soi. Derrière l'énergie de ses morceaux affleure une sincérité qui rend son propos particulièrement accessible.
Et malgré la gravité de certains thèmes, HYL conserve toujours une forme de légèreté, refusant de se prendre trop au sérieux.
Un album attendu en octobreParmi les morceaux déjà dévoilés figure « PGCAP (Pas grand-chose à perdre) », un titre à la croisée de l'insouciance et de la prise de conscience, porté par une énergie dansante. Il s'agit de l'un des six singles qui annoncent la sortie de La Vie en jaune.
L'album complet paraîtra le 9 octobre. D'ici là, HYL poursuit sa tournée à travers la France et fera notamment étape au Point Éphémère à Paris le 6 novembre, l'occasion pour le public de découvrir sur scène l'univers coloré et énergique de cet artiste inclassable.
À seulement 23 ans, Liim Lasalle s'impose comme l'une des figures les plus singulières du rap alternatif américain. Originaire de Harlem, à New York, le jeune artiste dévoile son deuxième album, A Sunflower Garden in Harlem Is Hard to Find. Un disque où hip-hop, soul, r’n’b et pop se croisent dans une esthétique libre et lumineuse.
Avec ses dreadlocks aux épaules, ses lunettes fines et son vélo, Liim Lasalle incarne une nouvelle génération de rappeurs qui s'affranchissent des codes traditionnels du genre. Sur ce nouvel album de treize titres, A Sunflower Garden in Harlem Is Hard to Find, il privilégie les mélodies chantées, les compositions jouées entre amis — synthétiseurs, batteries, cuivres — et une écriture introspective.
Des morceaux comme « Machete Summer », « I Wanna Be With You » ou « Right Ride » témoignent de sa volonté de construire un univers à part. Loin de glorifier la violence ou les excès, Liim Lasalle évoque les relations humaines, critique les drogues et la vanité, et défend l'idée qu'une forme de douceur peut aussi avoir sa place dans le rap.
« À Harlem, on ne s'attend pas à ce genre de sensibilité »Élevé par sa mère marocaine, qui lui transmet la foi musulmane, Liim Lasalle grandit à Harlem aux États-Unis. Son père afro-américain quitte le foyer alors qu'il est enfant, mais lui laisse un héritage précieux : un iPod rempli de blues, de funk, de soul et des grands classiques du hip-hop des années 1980, 1990 et 2000. Il rend d’ailleurs hommage à cette culture dans son titre retro, « 1980 ».
Adolescent, il passe son temps entre le skateboard, les sessions rap avec ses amis et les premiers clips publiés sur YouTube. « Les gens à New York m'associent à Harlem. Je parle de la vie ici. Il y a des choses dures dans mon album, parce que c’est la réalité, et ça a traversé mon enfance. Bien sûr, à Harlem, il y a des gens comme moi et mes amis, qui sont ouverts, vulnérables, sensibles... Mais ce n'est pas la norme. C’est un quartier difficile où grandir...et ma sensibilité peut surprendre. »
Cette tension entre dureté urbaine et aspiration à la douceur traverse tout le disque. Liim Lasalle la fait apparaître sur sa pochette : « On voit un ciel gris, de grands immeubles presque vides, et devant, une photo de moi quand j'étais enfant, avec des petites fleurs... C'est comme si j'apportais de la lumière dans cet endroit sombre. »
Le bouche-à-oreille et le soutien de Tyler, The CreatorDans un paysage rap américain particulièrement foisonnant, Liim Lasalle s'est fait connaître grâce au bouche-à-oreille, aux réseaux sociaux et au soutien de plusieurs figures de la scène alternative, parmi lesquelles Tyler, The Creator.
Son premier album, Liim Lasalle Loves You, publié en 2025, avait déjà attiré l'attention par sa liberté de ton et son refus des étiquettes. Avec A Sunflower Garden in Harlem Is Hard to Find, il confirme cette identité artistique singulière.
Chanteur émergeant, il revendique la simplicité, la patience et l’authenticité. De passage à Londres, il confie avoir été surpris d’entendre le public entonner ses chansons… loin de son Harlem natal.
Liim Lasalle A Sunflower Garden in Harlem Is Hard to Find (three times LOUDER) 2026
Liim Lassalle se produira à Paris en novembre pour son premier concert en France.
Aurus est un drôle d’ovni. Bastien Picot, son vrai nom, ne choisit jamais entre les effluves du maloya, la pop orchestrale, les acrobaties polyphoniques et les architectures synthétiques. Il assemble et superpose. Une manière de faire de son identité réunionnaise non pas une frontière, mais un terrain d’expérimentation.
Aurus, avait déjà goûté au décloisonnement des genres avec les 3someSisters, quatuor transgenre découvert notamment aux Trans Musicales en 2015, où glam, pop tribale et esthétique queer se mêlaient dans un spectacle aussi musical que théâtral, façon de David Bowie..
Avec son nouvel album Prism, paru le 5 juin 2026, le chanteur proféiforme, pousse plus loin cette logique kaléidoscopique. Le disque part d’une idée simple : le monde change selon le regard qu’on porte sur lui, et sa richesse tient à la multiplicité des identités qui le composent. Chaque morceau devient une pièce d’un puzzle qui ne révèle sa cohérence qu’une fois assemblé.
Le voyage va des traditions réunionnaises aux musiques actuelles , de la pop urbaine au rock tribal, jusqu’aux polyphonies réunionnaises. Créole et anglais, voix organiques et matières électroniques se répondent. Aurus préfère le mélange au folklore, la collision à la carte postale de l'ile de l'océan indien.
Sur scène, le chanteur, performeur aux airs de chaman , transforme cette profusion en expérience physique. Perché sur son « caillou volcanique », il fait de La Réunion un laboratoire, plutôt qu’un décor hédoniste.
Prism ne brouille pas les pistes, il les multiplie. Aurus signe un album foisonnant, libre et résolument singulier.
En concert aux Francofolies de La Réunion, au Téat Plein Air de Saint-Gilles le 2 septembre 2026 .
Figures incontournables du rock post-punk américain, les new-yorkais d'Interpol reviennent en cette fin d'été avec leur huitième album This Mirror Weighs a Ton (« Ce miroir pèse une tonne »). Un disque avec lequel les cinq musiciens restent fidèles à leur univers sombre et introspectif, tout en proposant quelques expérimentations musicales : pas une révolution, mais bien une évolution.
Ils se taisaient depuis quatre ans. Les new-yorkais d'Interpol viennent d'offrir, comme un cadeau de rentrée, leur huitième album This Mirror Weighs a Ton – un disque enregistré dans leur ville natale de New-York, pour la première fois depuis dix ans. Surtout, après The Other Side of Make-Believe, sorti en 2022 et enregistré à distance pendant la pandémie de coronavirus, les musiciens se sont cette fois retrouvés en chair et en os, pour donner corps à leur vision crépusculaire de la musique.
Interpol, fidèle à son universPrès de trente ans après leur formation et un quart de siècle après leur premier disque, les new-yorkais sont restés fidèles à eux-mêmes. Costumes impeccables, cheveux gominés et l'air toujours tiré à quatre épingle, les musiciens proposent une nouvelle fois ce qu'ils savent faire de mieux : un rock aux sonorités post-punk, froid, presque clinique, et surtout introspectif. Le titre du disque lui même (« Ce miroir pèse une tonne ») est une invitation à la réflexion.
Mais plutôt qu'une profonde inspection de soi, le groupe propose de regarder en face l'état de nos sociétés. La couverture - un chandelier où les caméras de surveillance ont remplacé les lumières – donne le ton, sans ambigüité. De fait, au fil des titres, voilà l'auditeur catapulté dans l'univers de Brazil, le film culte de Terry Gilliam : un univers où les machines et la déshumanisation sont omniprésentes. Ainsi du dystopique « Iron City », où le chanteur Paul Banks s'imagine déambulant seul dans un New York où les intelligences artificielles ont pris le contrôle, au détriment de l'humain et de ses émotions.
L'art d'évoluer sans se transfigurerDire qu'en trois décennies Interpol n'a pas bougé d'un iota serait mentir. La composition du groupe elle-même a évolué : pour la première fois, le trio est devenu un quintet sur cet album. Interpol abrite désormais sous son aile le bassiste et le claviériste qui, depuis plusieurs années, accompagnaient la formation sur scène.
Surtout, le groupe s'est, pour ce disque, offert la collaboration du producteur Andrew Wyatt. Oscarisé pour la chanson « Shallow » dans A Star Is Born, producteur de la bande originale du film Barbie, collaborateur de Rosalia, Charli XCX ou encore Liam Gallagher : il est l'une des têtes de pont de la production actuelle. C'est donc sous son égide qu'Interpol s'est amusé à intégrer, sur ce disque, des instruments à corde et des vents. Le groupe s'est même risqué, avec « So Rides The Reindeer », à livrer son premier titre à la guitare acoustique : une réussite, le titre est l'un des plus beaux de l'album.
Pas une révolution donc mais au moins une évolution, qui ne semble pas surprendre le chanteur : « Rien de tout ça n'est soudain pour moi », susurre-t-il dans « Sudden ». Avant de s'interroger sur la suite, pour lui, pour le groupe, pour l'humanité : « l'avenir nous le dira, tous les chemins sont ouverts ». Au moins, en fermeture de l'album, l'espoir est-il permis.
Interpol, This Mirror Weighs a Ton (Partisan Records), sortie le 28 août 2026
Légende du rock alternatif, The Cramps n’a jamais vraiment disparu. Le quintette américain s’était simplement tapi dans ses archives, prêt à ressortir les crocs. Les pionniers du psychobilly signent Gravest Gravy.
Les douze titres inédits de Gravest Gravy, dormaient depuis 1977 dans les archives des Cramps. Près de cinquante ans plus tard, les revoilà sous les projecteurs avec un album inattendu qui ressuscite les architectes du psychobilly et, surtout, la voix sauvage de leur chanteur, Lux Interior, mort en 2009.
Le disque rappelle aussi une évidence : les Cramps ont largement contaminé le rock actuel. Dès 1976, les New-Yorkais se distinguent en mélangeant l’urgence du punk avec le rockabilly pur et dur des années 1950. Un mix unique et déglingué qu’ils baptisent donc de psychobilly. De Nick Cave aux White Stripes, jusqu’aux Français des Limiñanas, leur influence continue de ramper sous les riffs.
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Et puis il y a les classiques, comme « Goo Goo Muck ». Mais pour eux, les guitares ne sont jamais là pour faire joli. Sexe, drogue, folie, monstres : le groupe préfère les sujets qui grattent là où ça démange. Même les laissés-pour-compte et les éboueurs ont droit à leur quart d’heure de gloire, avec « Garbage Man ».
Sur scène, les Cramps ne faisaient pas davantage dans la dentelle. Imaginez Elvis Presley sous acide, plein de vice : du rock'n'roll malade de la braguette, compressé dans un petit string en cuir. Lors d’un concert devenu mythique dans un hôpital psychiatrique de New York, les patients, la peur aux tempes, grimpaient aux rideaux. Certains sont même partis en courant en entendant « Human Fly ».
Et si vous aimez le trash, le gore et le rock primitif, The Cramps connait aussi une nouvelle jeunesse à l’écran. Dans Mercredi, sur Netflix, le réalisateur américain Tim Burton les met à l’honneur et propulse leur décadence au sommet du grand art.
Une deuxième vie, donc, pour les Cramps, avec en prime un trésor de perles rares, « Gravest Gravy », paru chez Vengeance Records le 21 août 2026. Il prouve une chose : même les morts ont encore quelque chose à dire. Et généralement, ça fait plus de bruit que les vivants.
Avec deux moyen formats et trois albums, Saint Levant s'affirme comme la star montante de la pop arabe. Le Palestinien livre avec Afandi douze titres chantés exclusivement en arabe – contrairement à ses habitudes de polyglotte – dans lesquels il rend hommage aux dandys du showbiz arabe des années 1990.
« Afandi » est un terme qui désigne un gentlemen, une personne élégante, parfois provocatrice, en un mot : un dandy. Le terme colle parfaitement à l'image que donne de lui depuis ses débuts en 2022 Saint Levant. Marwane Abdelahamid né d'un père serbo-palestinien et d'un mère française d'origine algérienne s'est construit depuis quelques années une image de dandy de la pop et du r'n'b. Un lover boy à la moustache soignée, à la voix grave, souvent sussurrée, et aux tenues impeccables d'autant qu'elles sont désormais signées Prada, marque dont il est l'ambassadeur.
Lui qui avait pour habitude chanter en anglais, en français et en arabe, c'est cette fois-ci concentré sur la seule langue arabe. Afandi et ses douze titres forme un hommage aux chanteurs arabes des années 1990-2000, hommage aussi aux divers styles musicaux comme la dabkeh, la danse palestinienne de mariage, mais aussi le chaâbi, le raï, l'électro-pop arabe. Saint Levant explore tout cela en compagnie de têtes d'affiches orientales comme palestinien Mohammed Assaf et la libanise Haïfa Wehbe.
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Légende de la musique noire américaine, Gil Scott-Heron est à l'honneur de l'édition 2026 du festival Jazz à la Villette.
Disparu en 2011 à l'âge de 62 ans, ce chanteur, romancier, poète, slammeur, demeure une référence pour de nombreux rappeurs du monde entier.
La soirée hommage de Jazz à la Villette est prévue ce mercredi 2 septembre 2026 dans la grande salle de la Philharmonie. Brian Jackson, claviériste et flutiste, collaborateur musical de Gil Scott-Heron sur une dizaine d'albums sera sur scène en compagnie de Yasiin Bey, alias le rappeur Mos Def, pour réinterpréter des titres devenus emblématiques comme « The Revolution Will Not Be Televised » (« La révolution ne sera pas télévisée »). Dans ce poème mis en musique en 1971, Gil Scott-Heron se livre à une critique au vitriol des médias de masse et de l'ignorance de l'Amérique blanche des conditions de vie dans les cités.
Dans cette décennie 1970, il se fait le porte-parole des désherités et des Afro-américains. Et il peut faire passer des messages forts sur de la musique avenante, funk, soul ou groove, comme sur Angel Dust : il y chante les ravages de la drogue
Pionnier du rapCe titre a été depuis samplé, notamment par Kanye West. Car l'influence de Gil Scott-Heron est immense dans le milieu du rap américain et mondial. Plus de vingt ans après sa mort, des artistes comme Pharrell Williams, Eminem, Snoop Dog, le Wu-Tang, Chuck D, Kanye West, Jay Z, Ice Cube se réclament encore de lui.
Gil Scott-Heron, avec son phrasé rythmique, ses vers déclamés – on parle de spoken word – est considéré comme un pionnier du rap. C'est ce que confirme l'un des deux programmateurs de Jazz à la Villette : « On dit souvent que c'est un des père du rap, affirme Franck Picard. D'un seul coup un Afro-américain arrive à faire état d'une condition difficile, et puis il était contre Nixon à l'époque, contre Bush à la suite. Donc c'est sûr que dans une Amérique aujourd'hui trumpienne, ça résonne avec beaucoup de force et on voit des artistes afro-américains très engagés politiquement, je pense à Kendrick Lammar. Mais il y a quelque chose de particulier avec Gil Scott-Heron c'est son lien avec le jazz. Les musiciens qui jouent sur ses albums les plus connus, c'est par exemple Ron Carter qui a joué avec Miles Davis. Il y a un lien qui est très fort. »
Yasiin Bey, qui sera sur scène ce mercredi, a déjà samplé des titres de Gil Scott-Heron. Par exemple « Legend in His Own Mind », un titre de 1980. Samplé par Yasiin Bey, alias Mos Def avec Q-Tip en 1999 cela donne Mr Nigga.
Artiste suisse bilingue, Zoë Më s’est imposée entre indie pop intimiste et ambitions plus pop, depuis l’Eurovision où elle a porté la Suisse avec « Voyage ». Née à Bâle, installée à Fribourg, elle mêle allemand et français et signe « Jamais été (cool) », titre lucide et fédérateur. Un coup de cœur que nous partage Karine Vouillamoz de la RTS pour les Médias francophones publics.
Zoë Më est grande. Si grande qu’elle a failli devenir professionnelle de volleyball. Mais voilà, elle est finalement devenue chanteuse. Zoë Më, c’est un nom qui vous dira peut-être quelque chose si vous êtes fan de cet événement assez unique en Europe : le concours Eurovision de la chanson, un ovni pour les Québécois, une référence pour les Européens. Elle y avait représenté la Suisse en 2025, avec un titre très inspiré, « Voyage ».
Au croisement de quatre culturesHeureusement, sa carrière ne s’arrête pas à une représentation à l’Eurovision. Zoë Më est née à Bâle, une ville où l’on parle allemand, avant d’émigrer à Fribourg, une ville où l’on parle allemand… et français.
Cette question des langues est importante parce qu’en Suisse, petit pays de 7 millions d’habitants, il y a quatre langues nationales, quatre cultures différentes qui cohabitent. On y parle majoritairement allemand, puis français, puis italien, puis romanche.
Et Zoë Më n’est pas née dans une famille bilingue. Elle a appris le français à l’école et avec ses amis. Elle est devenue un doux mélange de deux cultures.
Pour ses premières compositions, elle a choisi de ne pas choisir : de mêler l’allemand et le français dans le texte. Et c’est troublant à s’y méprendre tant les langues se marient bien. C’est d’ailleurs avec cette chanson, « OK », qu’elle a tapé dans nos oreilles du programme de soutien à la musique suisse, Radar.
« OK », c’était bien avant l’aventure de l’Eurovision, bien avant son émancipation musicale, puisque son premier album date de 2020. Auteure, compositrice, interprète, pianiste, Zoë Më a tous les talents.
Hold-up pop de l’été en SuisseLa vision musicale de Zoë Më s’est élargie. Ses compositions, ses textes ont pris de l’ampleur, ont gagné en espace, même si elle garde toujours cette touche si personnelle, avec une profondeur dans les textes, une approche très indie de ses compositions.
Elle rêve de partager une valse avec Stephan Eicher, star nationale en Suisse. Proposition faite, emballement du chanteur, le titre sort sous le nom de « Valse à demi ».
Mais si les compositions de Zoë Më ont toujours baigné dans une certaine torpeur, dans un univers plutôt intimiste, rien ne l’empêche de poursuivre sa quête des grands espaces. Et de verser du côté plus pop pour tenter, pourquoi pas, le hold-up de l’été, en Suisse déjà, avec « Jamais été (cool) ».
Ce titre porte un regard personnel et lucide sur son monde, sur notre monde, celui dans lequel on vit, où les comparaisons sont reines, en particulier pour les jeunes générations. C’est un morceau qui pousse à s’affirmer, à s’aimer tel que l’on est.
Vous l’aurez compris, Zoë Më, c’est une artiste authentique, simple, une fille attachante, qui mérite clairement le détour.
Black Boy (Alternative), voilà le titre du premier album du Californien d'origine ivoirienne Dahi. Celui qui s'est fait un nom en composant pour Kendrick Lamar, Madonna ou encore Tyler the Creator a décidé de voler de ses propres ailes avec un premier album pétri de bonnes idées puisées dans son immense culture musicale.
Des géants se cachent parfois dans l’ombre, dit-on. Cette maxime s’applique à merveille à Dahi. Durant une quinzaine d’années, le compositeur et musicien a travaillé pour d’autres. On lui doit notamment une foule de titres pour Kendrick Lamar dont « Money Trees » et quatre autres pépites de l’album Damn du rappeur de Compton.
Madonna, Vampire Weekend, 21 Savage ou encore Tyler the Creator ont fait appel à ses talents. Loué pour son originalité et la musicalité de ses samples, Dahi a décidé de vivre dans la lumière avec un premier album mûri durant des années. « Trouver ma voie créative fut un long processus », dit-il. Le résultat est à la hauteur.
Un « Radiohead africain »Black Boy (Alternative) foisonne d’inventivité et ne craint pas d’afficher ses références. C’est « un Radiohead africain », explique à la presse américaine Dahi. De fait, le titre « Find Me » et ses arpèges de guitare n’est pas sans rappeler « Reckoner » du groupe britannique Radiohead.
Quant à l’Afrique, elle appartient au patrimoine génétique et musical de cet homme de 39 ans. Dacoury Dahi Natché est né d’un père ivoirien et d’une mère africaine. Il a grandi entouré d’instruments de musique et au son de la folk-soul ouest-africaine des années soixante-dix et quatre-vingt.
Un sampleur entouré de voix prestigieusesDahi est un sampleur hors pair, il est aussi un instrumentiste qui aime s’entourer de musiciens pour composer. Ce qui donne une coloration très particulière à ce premier album. Et comme il a travaillé avec la moitié des artistes de sa génération, il a invité beaucoup de monde sur l’album.
À commencer par Kendrick Lamar et Vince Staples, en passant par Childish Gambino, Obongjayar mais aussi Fousheé et Mez. Car s’il s’essaie timidement au chant sur certains titres, il préfère encore laisser le micro à d’autres. Sortir de l’ombre, tout en évitant de se brûler les ailes… Dahi prend manifestement toujours le temps de bien faire les choses.
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