The Coral, formé il y a trente ans, célèbre son treizième album, 388, preuve d’une longévité rare. Depuis son premier opus en 2002, le groupe britannique a marqué la scène pop/rock par son énergie nostalgique des années 60, son succès immédiat (Mercury Prize) et une créativité intacte. Après une pause salutaire et une quête d’authenticité, il revient aux sources avec un album enregistré en live sur une console vintage, mêlant spontanéité et magie intemporelle.
The Coral, un groupe à la longévité exceptionnelle, puisqu’il s’est formé il y a trente ans et que l’album 388, qui vient donc de sortir, est déjà leur treizième.
Leur carrière discographique démarre avec un album simplement appelé The Coral en 2002. Ils se démarquent par une musique pop/rock acidulée aux accents et l’on sent déjà chez eux une forme de nostalgie pour les années 60.
Le succès est immédiat. Les mélodies sont entraînantes, la voix puissante, l’énergie communicative. Ils se hissent très vite en haut des classements et remportent même le Mercury Prize, qui est une sorte de « meilleur album de l’année » au Royaume-Uni. A ce moment-là, le morceau qui les fait connaître est « Dreaming of you ».
Après ça, ils vont continuer à creuser leur sillon et le succès ne se dément pas. Ils se produisent dans le monde entier et, surtout, ils continuent à sortir des disques très régulièrement, grosso modo un par an. Ce qui est remarquable, c’est que les disques sont toujours intéressants et que leur créativité ne semble pas s’épuiser.
Une pause pour éviter l’essoufflement
Au bout de dix ans de carrière, ils sentent que l’inspiration n’est plus vraiment là. Le rythme effréné – enregistrements, tournées, promotion non-stop – est en train de les épuiser, et ils risquent de perdre leur mojo.
Ils prennent alors une décision très sage : faire une pause à durée indéterminée. Cette pause va durer quatre ans avant qu’ils se réunissent à nouveau. Les disques sont toujours bons, mais ils ont perdu de leur spontanéité. Le groupe se lance dans des projets plus complexes, plus ambitieux, comme une trilogie sortie entre 2021 et 2023, jusqu’à ce qu’ils se remettent à nouveau en question.
Ils se posent alors question simple : quel est le point commun des membres du groupe, qu’est-ce qui les rassemble ? Et la réponse est simple : c’est l’amour qu’ils ont tous pour les musiques des années 60, le doo-wop, la soul américaine, voire le ska et le rock-steady jamaïcain.
Retour aux racines sixties
Ils vont donc se lancer dans la composition de nouveaux morceaux, inspirés de ces genres musicaux. C’est là que l’on reconnaît un grand groupe : ils réussissent à s’approprier chacun de ces styles. Loin d’être caricaturaux, les morceaux ont un son qui leur ressemble, et l’on reconnaît immédiatement la pâte The Coral.
Enfin, ils se sont donné des contraintes techniques : ils enregistrent tous ensemble, dans la même pièce, et le morceau est mixé le jour même. Pour cela, ils utilisent une vieille console Tascam 388 – qui donne son titre à l’album –, du matériel des années 80 destiné aux amateurs et qui a plein de défauts.
Le résultat est concluant. Certes, le disque est plein de petits défauts, mais plutôt que d’offrir un disque lisse, corrigé par l’ordinateur, ils ont su capter un moment de spontanéité.
Le résultat donne un album intemporel, très agréable à écouter de A à Z, un disque sur lequel le groupe a su se renouveler et retrouver la touche de magie de ses débuts.